28 décembre 2022

Le Berger de l'Avent - Gunnar Gunnarsson

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 " Si l’homme a un rôle à tenir, un seul peut-être, c'est de tenter de trouver un sens à ce qui n’en à pas, de refuser de jeter le gant, de combattre son destin, et même la mort jusqu'à ce qu'elle le pénètre et l’atteigne au cœur, définitivement. "

Pour la vingt-septième fois, Benedikt part le premier dimanche de l’Avent chercher les moutons égarés dans les pâturages hostiles des terres intérieures de l’Islande, accompagné de son fidèle chien et de son courageux bélier.

La session mensuelle des Classiques c'est fantastique nous embarquait au Grand Nord, l’occasion rêvée de sortir ce texte on ne peut plus de saison recommandé il y a quelques années par Dominique et Marilyne.
Malgré le faible nombre de pages et le caractère pudique de Benedikt, les mots de l’auteur soulèvent assez le voile de mystère qui entoure le personnage pour le rendre aussi émouvant que bien des héros de plusieurs centaines de pages.
Pourquoi cette détermination ? Pourquoi cette fuite ? A moins qu’au contraire, Benedikt rende visite à ses rêves enfouis :

" Était-ce à cause d’eux qu’il revenait ici chaque hiver ? Pour voir s’ils s’étaient dissous, si la terre les avait absorbés ? "

Impossible de ne pas penser à Stefánsson, auteur de la postface, en découvrant ce texte tant il est évident que Le Berger de l’Avent lui a servi d’inspiration. Le facteur que nous croisons très brièvement ici pourrait aisément avoir été repris pour La Tristesse des anges. La beauté de l’écriture, ainsi que les réflexions sur la condition humaine et ses rapports avec la nature, ont aussi certainement inspiré Stefánsson.

Une pépite qui a pour seul défaut de nous mettre l’eau à la bouche alors que les autres textes de Gunnarsson sont introuvables...

Zulma. 96 pages.
Traduit par Gérard Lemarquis et María S. Gunnarsdóttir.
1936 pour l'édition originale.

Source: Externe

Posté par lillylivres à 15:15 - - Commentaires [10] - Permalien [#]
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