04 février 2021

Chocolat amer - Laura Esquivel

esquivelDès sa naissance, Tita refuse de quitter la cuisine. Elle est élevée par Nacha, qui lui apprend l'art des fourneaux et lui donne l'amour que la tyrannique Mama Elena lui refuse.
Lorsque Pedro, l'amoureux de Tita, vient demander sa main des années plus tard, sa demande est rejetée. En effet, en tant que dernière née de sa famille, son devoir est de prendre soin de sa mère et donc de demeurer célibataire. En revanche, Mama Elena offre sa fille aînée, Rosaura, à Pedro, qui accepte, dans l'espoir de vivre malgré tout aux côtés de Tita.

Voilà un livre que l'on m'a offert il y a plus de dix ans et que je ne trouvais jamais l'envie de lire. Pour commencer, je sentais qu'il s'agissait d'une histoire assez légère, ce qui n'est pas trop ce que j'aime le plus en littérature. Et puis surtout, c'est un livre mexicain, et je ne lis jamais de livres ayant été écrits par des auteurs venant d'Amérique Latine. Grâce à Ingannmic et Goran, j'ai bousculé mes habitudes, et ce livre est enfin sorti de ma PAL.

Les premières pages m'ont plu. Je trouvais à cette histoire de femmes ayant des relents de traditions familiales et de magie un charme présent dans Le Coeur cousu. Les personnages féminins sont enfermés dans des rôles qui ne leur conviennent pas toujours et dont certains vont réussir à se défaire, même si cela a un prix. Après deux lectures éprouvantes, Chocolat amer adopte un ton reposant.

Cependant, c'est un livre qui m'a fait passer par des émotions de plus en plus négatives.  J'ai éprouvé de plus en plus d'antipathie pour Pedro, dont la relation avec Tita m'a fait penser à celle de Nino et Elena dans L'Amie prodigieuse. Leur amour d'enfance ressemble beaucoup moins à un conte de fées, surtout quand Pedro commence à se montrer désagréable et jaloux, comme s'il était la première et unique victime du destin de Tita.
Je n'ai pas non plus toujours saisi l'humour du livre, souvent grossier. La pauvre Rosaura, décrite comme un ballon de baudruche pleine de gazs n'en méritait pas tant. Quant aux effets lubriques des recettes de Tita, qui permettent lors de leur première manifestation la fuite flamboyante de Gertrudis, ils deviennent lassants.
Bien que ce livre vise à faire découvrir la cuisine mexicaine, les innombrables recettes qui parsèment le récit l'alourdissent inutilement et j'ai bien vite pris le réflexe de les survoler.

Une première intrusion dans la littérature mexicaine pour le moins décevante, mais qui aura eu le mérite de faire baisser ma PAL et m'aura convaincue de tenter d'autres auteurs latino-américains.

Folio. 247 pages.
Traduit par Eduardo Jimenez et Jacques Rémy-Zéphir.
1989 pour l'édition originale.

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31 mars 2018

Agatha Raisin : La Quiche Fatale ; M.C. Beaton

51nw1KTqr3LAgatha Raisin, cinquante-trois ans, décide de vendre son entreprise de relations publiques londonienne et de s'offrir une retraite anticipée dans un cottage des Costwolds.
Arrivée à Carsely, son nouveau village, elle découvre l'ennui et la solitude, les autochtones se limitant à lui parler de la météo. Lorsqu'un concours de quiches est organisé, elle saute sur l'occasion, achète une quiche chez un traiteur et attend les résultats en pensant que sa victoire lui permettra de s'intégrer à Carsely.
Mais, cette entourloupe a des conséquences dramatiques. Le juge du concours, M. Cummings-Browne, est retrouvé mort, empoisonné par la quiche d'Agatha.

Après avoir vu une grande partie de la blogosphère, Lou en tête, conquise par cette série, je l'avais mise dans un coin de ma tête. A l'occasion du British Mystery Month (je suis pile dans les temps) et en quête d'une lecture simple et agréable, j'ai décidé de rencontrer Agatha Raisin.
Si vous cherchez un roman policier élaboré, dans lequel cet aspect est essentiel, passez votre chemin. En revanche, si vous voulez lire un hommage sans prétention à Miss Marple et au mode de vie fantasmé de la campagne anglaise, foncez, ce livre est pour vous.
J'ai adoré me plonger dans les Costwolds avec Agatha. Je ne connais pas cette région de l'Angleterre (même si j'ai une envie folle d'y aller maintenant), mais imaginer cette succession de villages aux noms improbables et aux cottages irrésistibles est délicieux. Agatha a beau être nulle en cuisine, elle adore manger, et ses descriptions, mêmes succintes, de plats anglais, met l'eau à la bouche (je plaide coupable, j'aime la nourriture de pub).
L'autre grande réussite de cette série, ses personnages hauts en couleur. Agatha n'est pas une héroïne très sympathique à première vue. Elle a l'habitude qu'on fasse ses quatre volontés, elle n'a aucun scrupule à tricher et n'hésite pas à se comporter comme la reine des goujates (en témoigne son attitude vis-à-vis du Londonien qui n'apprécie pas qu'elle lui souffle sa fumée de cigarette dans les narines), mais elle rejoint vite le rend de ces personnages qu'on adore voir mal se comporter. Ses tentatives de se faire apprécier sont hilarantes. Après le désastre du concours de quiches, Agatha passe une horrible journée avec un vieux couple insupportable qui ne lui épargne rien, puis vend aux enchères le contenu de sa maison. Ses efforts vont payer. Si les habitants de Carsely sont méfiants au premier abord, Agatha finit par les faire réagir (en bien ou en mal). Et puis, évidemment, un beau colonel à la retraite va faire son apparition dans ce petit monde.  Certes, rien de bien original (j'ai même trouvé le personnage de Roy bien trop caricatural), mais le mélange fonctionne à merveille et je me réjouis de retrouver ces personnages dans les futures aventures d'Agatha.

En ce qui concerne l'enquête et sa résolution, elle n'a d'intérêt que pour présenter les différents personnages de la série. Beaucoup d'heureuses coincidences mènent à la découverte du pot aux roses. Pour l'instant, l'honneur de la police semble vouloir être ménagé. Agatha se lie même d'amitié avec l'un de ses représentants, qui lui offre un chaton, accessoire indispensable à toute enquêtrice anglaise qui se respecte.

Un roman délicieusement british qui lance une série que je compte bien poursuivre lorsque je serai en manque d'une lecture légère.

L'avis de Lou.

Audible Studios. 6h20.
Traduit par Esther Ménévis.
Lu par Françoise Carrière.
1992 pour l'édition originale.

Source: Externe

Posté par lillylivres à 10:34 - - Commentaires [17] - Permalien [#]
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