28 novembre 2009

Lord of the Flies ; William Golding

Eighty_Years_of_Book_Cove_006_1_Faber and faber ; 225 pages.
1954
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Lettre G du Challenge ABC :

J'ignore comment, mais j'ai réussi à passer le bac sans avoir jamais eu à étudier ni 1984 d'Orwell, ni Sa Majesté des mouches de Golding, ce qui relève plutôt de l'exploit si je me fie à mes amis et aux étiquettes indiquant chaque année que ces deux livres sont au programme de terminale. Heureusement, ma passion pour l'Angleterre et tout ce qui y touche m'a permis de réparer ces lacunes.

Un avion s'est écrasé sur une île du Pacifique, laissant un groupe de jeunes garçons anglais livrés à eux-mêmes. Conscients de la nécessité de s'organiser, ils désignent Ralph, l'un des plus âgés, qui semble à la fois fort, séduisant et sûr de lui, pour être leur chef. Ceci se fait au détriment d'un autre garçon, Jack, qui prend la tête d'un groupe de "chasseurs" pour nourrir le groupe. Ralph insiste également sur la nécessite qu'il y a de maintenir un feu en permanence au cas où un bateau passerait à proximité de l'île. La situation, bien que fragile, est stable dans un premier temps, car les garçons sont encore guidés par les principes qu'on leur a inculqués. 
Cependant, si l'île est belle le jour, la nuit rôde une "bête" qui effraie peu à peu le groupe de garçons, des plus petits aux plus grands. La cruauté n'a pas non plus disparu. Le garçon obèse, asthmatique et trop sérieux, est immédiatement surnommé Piggy par ses camarades, et a bien du mal à se faire entendre. C'est dans cette voie de la déraison que les naufragés risquent en permanence de s'engouffrer, sans retour possible.

Sur la quatrième de couverture de mon édition, mon cher E.M. Forster décrit ce livre en quelques mots : "Beautifully written, tragic and provocative". Je suis on ne peut plus d'accord. L'écriture de Golding nous emporte dans de très belles descriptions tout en maintenant une tension permanente, qui n'est brisé que par l'effroi suscité lors des drames qui secouent le groupe de garçons, quand des marches vers la déshumanisation sont franchies. Je pense notamment à la mort de Simon, qui précipite d'autant plus la fuite de toute une partie vers une situation où la haine et la conformité prennent le dessus que ceux qui prônent la raison décident de ne pas mettre de mots sur ce qui s'est passé.
Les personnages ou les fantômes qui occupent ce récit symbolisent une partie de l'âme humaine, chacun à leur manière. Les garçons sont isolés, dans le Pacifique, loin de tout danger extérieur, mais la bête est là qui rôde. Être loin de la guerre et des adultes, c'est aussi sentir peu à peu s'éloigner les contraintes imposées par la vie en société démocratique, et établir peu à peu ses propres règles.

"Roger gathered a hanful of stones and began to throw them. Yet there was a space round Henry, perhaps six yards diameter, into which he dare not throw. Here, invisible, yet strong, was the taboo of the old life. Round the squatting child was the protection of parents and school and policemen and the law. Roger's arm was conditioned by a civilization that knew nothing of him and in ruins."

Cela peut sembler d'autant plus choquant que ce sont des enfants qui sont mis en scène, et donc un symbole de pureté et d'innocence. Plus que le fait que Golding n'avait visiblement pas une grande confiance en l'esprit humain, ce qui m'a choquée est le fait de m'apercevoir que ces garçons, à peine adolescents pour quelques uns, et encore de très jeunes enfants pour les autres, perdent pied sans être capables de le réaliser. Lord of the Flies date de 1954, et il est difficile de ne pas voir des échos de ce qui s'est produit notamment dans le nazisme lorsqu'on lit ce livre.

Lord of the Flies est donc un roman dérangeant, mais aussi captivant, et toujours autant nécessaire.   

Erzébeth, plutôt convaincue.
Les avis déçus d'Allie et de Karine.
(je me sens très seule d'un coup)


27 septembre 2009

Lolita ; Vladimir Nabokov

LolitaFolio ; 501 pages.
Traduit par E.H. Kahane.
1955
.

Lettre N du Challenge ABC 2009 :

C'est un long monologue que nous livre Lolita, écrit par un homme qui tente d'expliquer ses actes aux juges que constituent à la fois les individus qui exercent cette profession mais aussi les lecteurs.
Humbert Humbert débute par son enfance, et par celle par qui, nous dit-il, tout a commencé. Elle s'appelait Annabelle, ils étaient enfants, ils se sont aimés, puis il l'a perdue. Dès lors, Humbert Humbert cherche un type particulier de jeunes filles, pas forcément très jolies, pas forcément remarquables par la plupart des gens, mais qui correspondent à sa définition des nymphettes.
Il se marie tout de même à l'âge adulte, puis divorce avant de se rendre aux Etats-Unis. Là-bas, il est interné quelques temps pour des troubles psychologiques. A sa sortie, un concours de circonstances l'amène à prendre pension chez une certaine Mrs Haze. C'est là qu'il voit pour la première fois celle qui deviendra sa plus grande obsession, la fameuse Lolita.

Comme tout le monde, je connaissais ce que l’on dit toujours lorsqu'on évoque le plus célèbre roman de Vladimir Nabokov, à savoir qu’il raconte l’histoire d’un homme d’âge mûr qui tombe amoureux d’une nymphette, Dolorès Haze, douze ans. A première vue, il n’y a pas de raison de chercher plus loin la raison pour laquelle les éditeurs américains refusèrent le texte en 1955. Pourtant, si Lolita est un chef d’œuvre, c’est parce que chaque fibre de ce roman provoque délibérément le lecteur, et pas nécessairement en faisant appel à la relation Humbert Humbert/Lolita.

Lolita nous entraîne en effet dans une histoire où le sarcasme, la mauvaise foi et le délire sont rois. Nabokov n’épargne aucune exagération à son lecteur. Je pense notamment au moment où là mère de Lolita, qui vient de découvrir la personnalité d’Humbert Humbert est éliminée en se faisant réduire le crâne en bouillie. Notre narrateur ainsi libéré peut aller récupérer sa Lolita, et en faire sa maîtresse dans un établissement appelé Les Chasseurs Enchantés, sans doute rempli de personnes bien pensantes. Avec elle, il parcourt l’Amérique, toujours plus vers l’ouest comme un pionnier, et peut intenter un procès à la société de consommation, aux apparences, à la psychiatrie (ce n’est pas Sylvia Plath qui le contredira), etc...

« Je me surprends à penser aujourd’hui que notre voyage n’avait fait que souiller de longs méandres de fange de ce pays immense et admirable, cette Amérique confiante et pleine de rêves, qui n’était déjà plus pour nous, rétrospectivement, qu’une collection de cartes écornées, de guides disloqués, de pneus usés –et des sanglots de Lo dans la nuit, chaque nuit, chaque nuit, dès que je feignais de dormir. »

Lolita est aussi un hymne à la littérature. Humbert Humbert n’est qu’un surnom, son histoire est un récit écrit. Il se protège dernière Poe et sa Virginia pour défendre son amour, la préface du livre est une fausse. On peut aussi voir dans cette œuvre un pastiche des contes de fées, et plus particulièrement du Petit Chaperon Rouge, avec le Grand Méchant Loup et la petite fille qui se fait croquer*. Le texte entier est de toute façon une pure merveille. Quand on prononce le titre « Lolita », il est bien difficile de ne pas ajouter la suite de l’incipit du roman tellement il fait partie de la mélodie. Nabokov joue avec les mots, leur donne une dimension poétique humoristique puis de plus en plus tragique.
Pour preuve, mon stock de mouchoirs a sérieusement souffert durant la dernière partie du livre. Les masques tombent un peu, le propos se fait moins assuré, et on a du mal à s’y retrouver. On pleure pour Lolita, Lolita la manipulatrice qui n’est qu’une enfant, dont on ne connaîtra jamais les pensées, mais qui a été brisée par son existence et qui n’a plus aucun repère.


« Il m’a brisé le cœur. Toi, tu n’as brisé que ma vie. »

Et puis on pleure aussi pour Humbert Humbert, cet homme détestable, qui finit par devenir pathétique. Nabokov avait bien calculé sont coup, car en donnant la parole à un narrateur tel que H.H., qui écrit pour se réhabiliter mais aussi peut-être pour les raisons qu'il énonce à la fin du roman, dans ses dernières lignes, il est impossible pour le lecteur de ne pas finir par ressentir de l'empathie pour le "monstre" de l'histoire. La confrontation entre poésie et perversité est irrésistible, et j'ai refermé le livre complètement piégée par l'auteur et son héros.


"Il était indispensable que H.H. subsiste deux ou trois mois de plus afin qu'il te fasse vivre à jamais dans l'esprit des générations futures. Ainsi subsistent les aurochs et les anges, tel est le secret des pigments immuables, tels sont les sonnets prophétiques, tel est le refuge de l'art. Et c'est la seule immortalité que je puisse partager avec toi, oh, ma Lolita."

Je parle très mal de ce livre, mais il m’a véritablement bouleversée. Alors bien sûr, Lolita est un roman sulfureux, même aujourd’hui. Mais pour le lecteur qui parvient à prendre un peu de recul, c’est la découverte d’un chef d'oeuvre qu'il y a au bout.


Les avis d'Erzébeth, Dominique, Essel, Le Livraire, et d'autres sur Blog o Book.


Les plus attentifs d’entre vous se souviennent peut-être que j’ai lu, au début de l’année, un livre de Francis Garnung, La pomme rouge. En relisant mon billet sur ce dernier texte, je réalise à quel point les parcours de François et d’Humbert Humbert sont semblables quand débutent leurs récits. Tous deux ont perdu leur premier amour, tiennent les rênes de l'histoire. Y avait-il des études sur les pédophiles leur donnant un profil type ? Les auteurs se sont-ils influencés (ça paraît étrange) ? Quelqu'un a t-il une explication ?

* Il se peut aussi que Ne le dites pas aux grands d'Alison Lurie, que j'ai lu juste après, me fasse un peu délirer.

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15 juin 2009

Vingt-quatre heures de la vie d'une femme ; Stefan Zweig

resize_4_Le Livre de Poche ; 124 pages.
Traduit par Olivier Bournac et Alzir Hella.
1927.

Lettre Z du Challenge ABC :

J'aime beaucoup Zweig, mais pour une raison inexplicable, j'ai toujours un sentiment d'appréhension lorsque j'ouvre l'un de ses livres. Et pour celui-ci, c'était encore pire, j'étais certaine que j'allais m'ennuyer.

Nous sommes à Monte-Carlo, et les clients d'un hôtel sont sous le choc. Une femme d'une trentaine d'années, mariée et mère de famille, vient d'abandonner les siens pour fuir avec un jeune homme rencontré seulement quelques heures plus tôt. Bien entendu, les commentaires acerbes sont de la partie. Tous affirment que les deux amants se connaissaient de longue date, que la jeune femme était nécessairement dérangée, et que l'enlèvement était prévu depuis longtemps.
Seul notre narrateur s'oppose à cette vision, ce qui donne lieu à une forte dispute avec ses compagnons. Une vieille dame anglaise semble particulièrement intéressée par sa conception des choses et, après s'être assuré qu'il reste ferme sur ses positions, elle décide de se confier à lui, de lui raconter comment en vingt-quatre heures, la femme respectable qu'elle était a renoncé à tout.

Ce roman est une merveille ! Je pense même que je l'ai préféré à Lettre d'une inconnue, que j'ai longtemps confondu avec ce livre, et qui était jusque là mon favori de Zweig.
La patte de l'auteur est bien présente. L'ambiance est nostalgique, l'action ne se déroule pas au moment où nous la découvrons. La folie liée à une obsession guette, comme souvent chez Zweig. Folie ou humanité d'ailleurs, mais qui se révèle quoi qu'il en soit tragique.
La bonne société qui juge les "gourgandines" est remise en cause par ce portrait de femme qui n'avait pas prévu qu'elle serait celle qui aurait le droit de contempler la vie. Elle l'a payé cher, son coeur a été brisé et elle s'est sentie coupable pendant le restant de sa vie. Mais au final, sa rencontre avec notre narrateur est une récompense, un droit au soulagement. Zweig souligne les risques auxquels exposent les "bonnes manières". En étouffant les passions, elles éclatent avec une intensité encore plus violente, et au moment le moins opportun. "Seuls peut-être des gens absolument étrangers à la passion connaissent, en des moments tout à fait exceptionnels, ces explosions soudaines d'une passion semblable à une avalanche ou à un ouragan : alors, des années entières de forces non utilisées se précipitent et roulent dans les profondeurs d'une poitrine humaine". Et heureusement sans doute, parce qu'il est malheureux qu'un être humain dise que pendant plus de quarante ans, il n'avait rien vécu.
La minutie avec laquelle l'auteur étudie les caractères humains se révèle surtout dans la salle de jeux, endroit symbolique, où a lieu la rencontre entre Mrs C. et l'homme dont elle ne connaîtra jamais le nom. Etre impassible est un idéal dans une société tout en retenue, mais même dans les lieux où les émotions sont les plus dangereuses, les traîtres qui sont en nous se dévoilent. Je n'aurais jamais pensé lire un jour avec autant d'émotion des descriptions de mains, et pouvoir y trouver un tel désespoir !

Zweig m'a encore une fois fait passer un excellent moment, si vous n'avez pas encore découvert ce livre, il faut le faire au plus vite !

Karine :) , Karine, Keisha, Malice et bien d'autres ont également été conquis.

18 mars 2009

Lumière pâle sur les collines ; Kazuo Ishiguro

resize_4_10/18 ; 256 pages.
Traduit par Sophie Mayoux.
V.O. : A Pale View of Hills. 1982.

Lettre I du Challenge ABC :

Kazuo Ishiguro est l'un de mes auteurs préférés, même si jusque là je n'avais lu que Les vestiges du jour et surtout Auprès de moi toujours.
Avec Lumière pâle sur les collines, le premier roman de l'auteur, j'ai pu le suivre pour la première fois dans son pays d'origine, le Japon. Je pensais vraiment m'attaquer à une oeuvre assez mineure d'Ishiguro, mais je peux vous assurer que ce livre défend à lui tout seul le génie de l'auteur.

Etsuko est une Japonaise, qui a quitté son pays d'origine quelques années après la guerre, en compagnie d'un deuxième époux. De son premier mariage, elle avait eu une fille Keiko. Celle-ci vient d'être retrouvée pendue dans sa chambre à Manchester lorsque le livre débute, des années plus tard. Elle avait quitté sa mère depuis six ans, incapable de s'adapter à la vie en Angleterre et à sa nouvelle famille.
A l'occasion d'une visite de sa deuxième fille Niki, Etsuko se remémore son passé. Elle se souvient de Jiro, son premier mari, au temps où elle attendait Keiki. Elle revoit aussi les deux occupantes mystérieuses d'une petite maison près de chez elle, Sachiko et sa fille Mariko. Cette gamine qui aimait tant les chats, et qui ne voulait pas s'en aller.

Dans ce livre, on retrouve tout ce qui fait le charme d'Ishiguro. Son style d'abord, faussement détaché, qui nous fait pourtant ressentir parfaitement l'atmosphère dans laquelle l'histoire se déroule. Les phrases se suffisent à elles mêmes, et ne nécessitent aucun artifice. Une remarque ironique n'a pas besoin d'être signalée, ni même un immense chagrin.
Etsuko nous emmène à Nagasaki, ville qui, comme chacun le sait, a été particulièrement meurtrie par la Deuxième Guerre mondiale. Les familles sont détruites, et les repères ont disparu. Car au-delà des personnages que nous cotoyons et des bâtiments détruits, le Japon tout entier voit s'opérer des changements très importants. Les légendes entourant l'Histoire du Japon sont remises en cause, les tenants de l'ancienne doctrine sont poussés vers la sortie. Tout n'est qu'opposition entre les modes de vie occidental et japonais, et l'existence d'Etsuko sera exactement à cette image.
Elle est mariée à un homme qui ne partage pas les événements qui le touchent avec elle, et qui lui accorde une place qui ferait bondir à peu près n'importe quel individu qui a intégré les valeurs occidentales (dans mes rêves en tout cas). Son beau-père est quant à lui profondément choqué d'apprendre qu'une femme peut ne pas partager les opinions politiques de son mari. En face d'Etsuko, se reflète l'image de Sachiko qui, elle, ne rêve plus que d'ailleurs, et qui refuse d'attendre la vieillesse dans les pièces vides et silencieuses de la maison de son oncle. Elle ne peut accepter une vie dans laquelle les femmes se battent pour faire le repas, non parce qu'elles aiment faire la cuisine, mais parce que cela leur permet de s'occuper un peu. Elle préfère espérer en vain plutôt que de renoncer. Elle veut offrir le meilleur à sa fille, et essaie de se convaincre qu'elle fait le bon choix.
Aucun jugement n'est prononcé dans ce livre, et personne n'est diabolisé. Au contraire, si on ressort de ce roman avec le sentiment que quelque chose n'a pas marché, on réalise surtout que toute décision aurait nécessité des sacrifices. Etsuko le sait, et l'on voit apparaître chez cette femme la terrible résignation propre aux personnages d'Ishiguro. Il m'arrive parfois de me demander comment je réagirais si dans quelques années, je devenais quelqu'un que la fille d'aujourd'hui mépriserait. Ce roman montre bien à quel point il s'agit d'une situation compliquée sans réponse toute faite. 

Lumière pâle sur les collines ne lève pas tous ses mystères, mais il s'agit surtout d'un livre magnifique et bouleversant. J'ai été soufflée.

L'avis d'Erzébeth, conquise elle aussi (et là je vois que Fashion n'aime pas Ishiguro !!). Erzébeth, si tu passes par là, j'aimerais bien discuter de quelques trucs avec toi.
Rose aussi a aimé.

Mon compte en banque tient aussi à remercier la personne qui a revendu Un artiste du monde flottant dans sa toute nouvelle édition Folio à mon bouquiniste, sans même l'avoir ouvert visiblement. 

02 février 2009

Route des Indes ; Edward Morgan Forster

resize_1_10/18 ; 406 pages.
Traduction de Charles Mauron.
V.O. : A Passage to India. 1924.

Lettre F du Challenge ABC :

J'ai découvert Forster totalement par hasard. J'étais en vacances, je devais partir à la mer, et je voulais profiter de l'été pour effectuer les lectures auxquelles je n'avais pas droit durant l'année. Je suis allée à la Fnac juste avant la fermeture, et j'ai commencé à regarder les livres proposés pour l'été. J'ai attrapé L'objet de mon affection (une amie avait adoré le film), et j'ai repensé à un livre dont le résumé avait attiré mon attention sur une librairie en ligne : Avec vue sur l'Arno. Un vendeur que j'aimerais toujours me l'a tendu, et je suis rentrée chez moi avec ce qui est devenu l'un des livres les plus importants de ma vie. Quand j'ouvre un roman de Forster, je me sens chez moi, et j'ai l'impression de retourner quelques années en arrière, et d'être encore la jeune fille qui n'avait pas tout compris au livre qu'elle lisait, mais qui savait qu'elle avait fait une des plus belles rencontres de sa vie.

Mrs Moore et Miss Adela Quested, deux Anglaises, arrivent à Chandrapore, afin d’y rejoindre Ronny Heaslop, le fils qu’a eu Mrs Moore d’un premier mariage. L’Inde est alors colonisée par les Anglais, qui s’y comportent comme des empereurs. Elle est aussi divisée par l’animosité qui règne entre musulmans et hindouistes. La fantasque Mrs Moore, qui s’est échappée durant une représentation théâtrale, fait la connaissance du Docteur Aziz, un Hindou musulman. Elle est une femme sans préjugés, il est un homme sincère. Leur amitié est dès lors scellée. Ils se revoient finalement chez Mr Fielding, qui semble être le seul Anglais vivant en Inde qui ne méprise pas les Hindous. Car, comme le constate Adela, qui était venue pour épouser Ronny, ce dernier a bien changé :

« L’Inde avait développé dans le caractère du jeune homme des côtés qu’elle n’avait jamais admirés. »

Aziz se retrouve malgré lui entraîné dans un projet de visite des grottes de Marabar, situées un peu à l’écart de Chandrapore. Là-bas, Miss Quested est victime d’une agression, et accuse le docteur d’en être l’auteur. Les Anglais font tous bloc derrière Adela, convaincus qu’ils ont toujours su ce qui allait ce produire. Seul Fielding prend ouvertement parti contre les siens. Quant à Mrs Moore, elle se rembarque pour l’Europe, après avoir signifié clairement à Adela qu’elle ne la croyait pas.

Route des Indes, qui est le dernier roman à avoir été écrit par E.M. Forster, me semble être un pur produit de l’auteur. On y retrouve son écriture très imagée, qui fait comprendre pourquoi ses romans ont tous été adaptés au cinéma (à l’exception de The longest journey). J’avais eu le bonheur de découvrir l’Italie en lisant et relisant A room with a view et Monteriano, cette fois-ci il est impossible de ne pas sentir l’Inde :

« - Oui, Ronny est toujours surchargé de travail, dit-elle en contemplant les collines. Comme elles étaient devenues belles brusquement ! Devant elle tomba comme une jalousie une vision de leur vie commune. Elle viendrait au club avec Ronny chaque soir, une voiture les ramènerait chez eux au moment de s'habiller ; ils verraient les Lesley, les Callendar et les Turton et les Burton qu'ils inviteraient et par qui ils seraient invités, cependant qu'à côté d'eux l'Inde vraie glisserait, inaperçue. La couleur resterait : le déploiement des oiseaux à l'aube, les corps bruns, les blancs turbans, les idoles à chair écarlate ou bleue ; et le mouvement resterait, aussi longtemps qu'il y aurait une foule aux bazars et des baigneurs aux citernes. Perchée sur le siège élevé d'un dog-cart, elle regarderait. Mais la force qui anime couleur et mouvement lui échapperait et même plus sûrement qu'aujourd'hui. Elle verrait l'Inde comme une frise, elle n'en connaîtrait jamais l'âme et c'était l'âme que Mrs Moore avait, pensait-elle, entrevue. »

Cette magnifique citation me semble également être un bon aperçu de la personnalité d’Adela. Elle semble être la jumelle de Lucy Honeychurch, rencontrée dans A room with a view. Tout comme cette dernière, Miss Quested est une jeune fille un peu emprisonnée entre son sens du devoir et sa volonté de découvrir le fond des choses. Leur parcours, quand j’y pense, est sensiblement identique. Seulement, les errements de Miss Quested ont des conséquences bien plus tragiques, pour tout le monde. Elle symbolise le pourquoi de l’impossibilité selon Forster d’une compréhension entre Anglais et Hindous. Car tout ce livre a pour but que de critiquer, avec beaucoup d’humour mêlé au tragique, la politique coloniale anglaise. E.M. Forster avait effectué un voyage en Inde avant d’écrire ce roman, et je trouve qu’il a capté la complexité de la situation de façon admirable. Je suis très portée sur les fins des romans que je lis en ce moment, elles ont tendance à être toutes excellentes. Je ne vous la reproduirais pas cette fois, elle en révèlerait trop, mais en lisant ce dialogue entre le docteur Aziz et Fielding, on comprend qu’à eux deux, ils ont tout saisi.

Route des Indes est aussi un roman sur l’amitié. La plus belle est sans doute celle qui lie Mrs Moore à l’Inde. Le « culte » d’Esmiss Esmoor est plein d’espoir. De même, Fielding est sans doute l’un des meilleurs amis du monde, pour Aziz comme pour Adela. Il faut absolument que vous lisiez ce livre, ne serait-ce que pour en lire les dernières lignes ! Face à eux, les amitiés entre Anglais, ou entre colons et colonisés, semblent bien hypocrites, et surtout très fragiles. 

Il y aurait encore beaucoup à dire sur ce magnifique roman. Mais il m’a déjà fallu des heures pour parvenir à ce piètre résultat. J’ai conscience de manquer d’impartialité face à Forster, mais je suis quand même convaincue qu’il s’agit d’un très très grand auteur.

Si vous ne me croyez pas, allez voir chez Canthilde.

 

29 janvier 2009

Nineteen-Eighty-Four ; George Orwell

9780141187761_1_Penguin Modern Classics ; 325 pages.
1959. V.F. :
1984.

Lettre O Challenge ABC :

Cette année, j'avais prévu de lire deux livres qui ont obtenu le statut de chef d'oeuvre en Angleterre et dans le monde : Lord of the Flies de William Golding, et Nineteen Eighty-Four de George Orwell. Ce dernier a en plus bénéficié du relooking des éditions Penguin Modern Classics, ce qui donne très envie de le lire. Il s'agit d'une excellente initiative, puisque Nineteen Eighty-Four est un chef d'oeuvre.

BIG BROTHER IS WATCHING YOU. Imaginez un monde où, si vous n'être pas un simple prolétaire, vous ne pouvez pas faire le moindre mouvement sans être scruté à l'aide d'écran, ou écouté grâce à des micros dissimulés absolument partout. Un monde où l'amitié n'existe pas, où les unions sont autorisées seulement dans un but de procréation, où vous devez être fier lorsque vos enfants vous dénoncent comme dissident.
Voilà ce que connaît Winston Smith, habitant d'Océania, l'un des trois groupes territoriaux qui se sont formés au milieu du XXe siècle. Winston travaille au ministère de la Vérité, où il doit sans cesse participer aux mensonges du Parti, transformer les faits, au point de ne plus toujours savoir ce qui est vrai et ce qui ne l'est pas. La ration de chocolat a baissé ? Mais non, elle a augmenté ! Et n'essayez pas d'aller affirmer le contraire, même en pensée, car tous les crimes contre le Parti sont ressentis de la même façon en Oceania.
Winston ne parvient cependant pas à se sentir à l'aise dans cette vie et ce monde qu'il ne comprend pas. Un jour (il faut attendre le deuxième tiers du livre, les résumés sont trompeurs), il entame une liaison avec Julia, une jeune femme qu'il croyait pourtant être totalement acquise à la cause du Parti. Mais leur amour ne peut pas durer, et tous deux savent qu'ils se feront prendre, qu'ils seront torturés, qu'ils se dénonceront mutuellement. La seule chose en laquelle ils croient fermement est l'impuissance du Parti face à leurs sentiments :

" They can't do that,' she said finally. It's the one thing they can't do. They can make you say anything -anything- but they can't make you believe it. They can't get inside you."

Julia et Winston ont tort de dire cela. Car il s'agit justement de ce qui rend Nineteen Eighty-Four si puissant. On croit toucher le fond à chaque instant, on croit que les choses s'amélioreront forcément, mais il devient de plus en plus évident que les personnages sont totalement cernés, dans une situation que l'on ne pouvait même pas concevoir avant d'ouvrir ce livre (si vous cherchez à vous remonter le moral, n'ouvrez pas ce livre). Je n'avais déjà pas une haute opinion de la télé-réalité, je crois que je n'entendrais plus jamais le terme de "Big Brother" comme avant.
Ce qui est le plus effrayant dans ce livre, c'est la lucidité dont fait preuve George Orwell à l'égard de la nature humaine. Il dénonce les totalitarismes, particulièrement le communisme (le livre a été publié en 1949), mais il n'a surtout aucune foi dans l'être humain. Il sait ce qui a fait défaut aux régimes nazi, fasciste, et ce qui fera défaut à l'URSS, et il crée un régime qui n'a pas hésité à aller encore plus loin. Le Parti ne veut pas une soumission de ses membres, il veut une adhésion totale et irréfléchie. L'idée du Nouveau Langage m'a glacé le sang :

"Don't you see that the whole aim of Newspeak is to narrow the range of thought ? In the end we shall make thoughtcrime literally impossible, because there will be no words in which to express it."

La dernière phrase du livre est la plus cynique que j'ai jamais lue. Oui, parce que l'on plonge tellement loin dans la noirceur de l'Homme, que beaucoup de passages nous font quand même rire jaune.
J'ai cherché une note d'espoir dans ce livre. Je pensais que Julia pouvait la représenter. Elle n'a pas connu ce qu'il y avait avant, et pourtant elle semble différente. Seulement, plus j'y repense, et plus je me dit que le Parti nous prouve avec ce qu'il fait à Winston, qu'il est capable de tout, et que personne ne peut lui échapper. S'il est impossible que Julia ait échappé au Parti, il n'y a qu'une solution possible, et c'est pire que tout...

Ce roman est horriblement frustrant, car toutes les questions restent sans réponse. Mais c'est parce que chaque mot que Orwell a écrit est parfaitement pensé. J'ai trouvé Le Livre horriblement ennuyeux et sans intérêt, j'ai vite compris pourquoi. Vraiment le meilleur livre que j'ai lu depuis un moment je crois.

Pour des avis moins décousus, allez chez Erzébeth et Karine.   

22 janvier 2009

A Tale of Two Cities ; Charles Dickens

doverpublications_2035_411048333_1_Dove Thrift Editions ; 304 pages.
1859.
V.F. : Un conte de deux villes ou Le marquis de Saint Evrémont
.

Lettre D du Challenge ABC :

Je crois que j'avais acheté ce livre plutôt qu'un autre Dickens parce que j'aime beaucoup l'édition (économique, format agréable, couvertures soignées...). Il s'agit d'une oeuvre de l'auteur peu connue en France par rapport à Oliver Twist ou David Coperfield je pense. C'est aussi l'un des seuls romans historiques de Dickens d'après ce que j'ai pu lire (Isil et Fashion, les gardiennes du temple de Dickens, le savent mieux que moi), et un très très grand livre.

L'histoire se déroule entre deux villes, Paris et Londres, pendant la Révolution française. Cela donne lieu à des personnages dont on ne sait plus trop de quelle nationalité ils sont et surtout à des situations très cocasses. J'ai particulièrement apprécié le face à face entre Miss Pross et la terrifiante Madame Defarge dans les toutes dernières pages :

"Each spoke in her own language; neither understood the other's words; both were very watchful, and intend to deduce from look and manner, what the unintelligible words meant."

Tout commence en 1775, lorsque le docteur Manette est sorti de prison après dix-huit ans à la Bastille. On ignore tout de ce qui lui est arrivé, et lui-même semble avoir perdu la raison : il se prend pour un cordonnier lorsque Mr Lorry, qui prétend n'être qu'un businessman, et la fille du docteur, le retrouvent chez un ancien serviteur, Monsieur Defarge. Après qu'il ait recouvré ses esprits, il se rend en Angleterre, et tente de reprendre une vie normale auprès de sa fille qu'il n'avait jamais vue et qui le croyait mort.
Cinq ans plus tard, le docteur Manette et sa fille sont amenés à témoigner dans un procès pour trahison. L'accusé, Charles Darnay, ne doit sa survie qu'à sa ressemblance troublante avec le clerc de son avocat, un jeune homme peu avenant, Sydney Carton.
Les années passent, Charles Darnay épouse Lucie Manette, qui a aussi fait (bien involontairement) la conquête de Sydney. Mais le bonheur du jeune couple est fragile.
Lorsque la Révolution éclate, avec les Defarge mari et femme en première ligne, Charles est contraint de retourner en France pour secourir un ancien serviteur.

Je suis vraiment désolée pour ce résumé absolument minable, mais je ne veux pas en dire trop, et le livre ne me facilite vraiment pas la tâche. Les intrigues sont beaucoup plus nombreuses et complexes qu'elles ne le paraissent. Je ne suis pas une grande amatrice de livres concernant la Révolution (à part Quatre-Vingt Treize lu et adoré il y a bien longtemps), et j'ignorais totalement les talents de Dickens pour le roman historique, mais là je suis bluffée. Il est évident que c'est du Dickens : ses personnages hauts en couleur (Mme Defarge et son tricot, Mr Lorry, Miss Pross...), ses périphrases exquises, sa façon de nous faire rire et pleurer à la fois... Je ne sais pas si c'est juste moi, mais il me semble qu'il y a vraiment un côté enfantin chez Dickens. Dans le ton employé par moments, qui fait que l'on sourit même dans les situations les plus tragiques, même lorsqu'on a le coeur brisé. La dernière phrase du roman est l'une des plus belles que j'ai jamais lues, une des plus émouvantes (je la remets pour ceux qui l'ont lue, les autres ne pourront de toute façon pas la comprendre hors contexte) :

"It is a far, far better thing that I do, than I have ever done; it is a far, far better rest that I go to than I have ever known."

Grâce à son génie, Dickens nous fait littéralement vivre dans le Paris de la fin du XVIIIe, plein de misères et de colère. La description des miséreux se jetant sur le vin renversé m'a particulièrement marquée. L'ironie que l'auteur met dans les descriptions d'exécutions sous la Terreur, ses répétitions, rendent la guillotine encore plus menaçante, et la misère encore plus visible.
Je ne peux pas clôre ce billet sans avoir un peu parlé de Sydney Carton. Il est présenté comme un être raté, peu intéressant, dont il faudrait presque se défier. Mais quand on comprend le rôle qu'il doit jouer... ! Je crois que c'est l'un des personnages de roman les plus sincères que j'ai rencontré. Ses discussions avec Mr Lorry, totalement insouciant, et sa promenade dans Paris, sa rencontre avec la jeune femme, toutes ces scènes sont superbes et terribles à la fois.   

Je voudrais bien avoir du mal à dire de ce livre afin de contrarier Isil et Cryssilda, une fois de plus... Mais je ne peux que vous engager à vous plonger dans ce chef d'oeuvre. J'ai découvert qu'il avait fait l'objet d'une récente réédition l'année dernière, sous le titre de Le marquis de Saint Evrémont.

L'avis de Karine (dans le même état que moi après sa lecture, en plus je vois qu'elle aussi a adoré le chapitre "Echoing Footsteps")

04 janvier 2009

La Fille du capitaine ; Alexandre Pouchkine

resize_4_Le Livre de Poche ; 222 pages.
Traduction de Vladimir Volkoff.
1836.

Lettre P du Challenge ABC :

Le 1er janvier, j'ai rassemblé tous les livres que j'ai choisis pour mon challenge "classiques", et pendant quelques minutes, j'ai été horrifiée : rien ne me tentait... Il faut dire que je viens de passer une semaine avec Philip Pullman ( je vous en reparle très vite), et je ne savais pas si je pourrais apprécier une autre ambiance. Pouchkine m'a été conseillé pour compléter ma liste de livres à lire en 2009, alors j'ai ouvert La Fille du capitaine sans savoir de quoi il s'agissait.

Russie, 1773. Après avoir reçu une éducation plutôt succincte, Piotr Andréïtch Griniov est confié par son père, un ancien grand soldat, aux soins d'un vieil ami, qui doit faire de lui un combattant de Catherine II. Son vieux serviteur l'accompagne, et tous deux se rendent au fort de Bélogorsk (où les envoie l'ami du père de Piotr), où son supérieur et sa femme l'accueillent comme leur propre fils. Bien que le fort n'offre pas les loisirs dont Piotr pensait jouir à Saint Petersbourg (où il désirait faire son apprentissage de soldat avant que son père ne l'expédie dans un endroit plus dur), il se sent très vite à l'aise avec ses nouveaux compagnons, et son affection pour la fille de son supérieur se transforme très vite en amour.
Mais le rebelle Pougatchov attaque les forts de la tsarine, et menace celui où se trouve Piotr. 

 

Pour commencer, j'ai deux scoops à vous annoncer :
- Un roman russe peut être drôle : bon, ce n'est pas le livre le plus euphorique de la Terre, mais certains passages, particulièrement avec le valet de Piotr, sont extrêmement amusants.
- Un roman russe peut bien se terminer : désolée de vous gâcher le suspens, mais je ne m'y attendais pas le moins du monde. Et puis, tout est relatif, tout ne va pas non plus pour le mieux dans le meilleur des mondes. 
En revanche, j'ai pu vérifier avec délice que les noms des personnages russes sont impossibles à retenir... Les personnages de La Fille du capitaine ont la bonne idée de tous s'appeler Ivan, donc il faut retenir leurs autres noms. Sans parler des surnoms dont les russes sont très friands je crois... Moi qui ai prévu de lire Guerre et Paix, je sens que je vais déguster !

A part ça, j'ai bien aimé ce livre, mais je n'ai pas été subjuguée non plus. J'ai beaucoup aimé les personnages qui font ce livre, particulièrement Pougatchov, Shvabrine et la femme du capitaine. Ce sont des personnalités fortes, complexes, qui donnent lieu à des scènes cocasses, et dont la détermination est à toute épreuve.
Autre élément très appréciable, le contexte historique. Je n'y connais rien à l'Histoire de la Russie, mais j'adore l'Histoire en général, alors quelques bribes sont toujours bonnes à prendre. D'autant plus que je compte lire d'autres romans russes cette année, et je trouve qu'il est toujours bon d'avoir quelques bases.
Mais j'ai eu du mal à me mettre dans l'ambiance. J'ai trouvé le style assez froid (j'aimerais vraiment lire le russe...), l'histoire un peu trop rapide. J'aurais aimé voir davantage la Russie, vivre un peu plus avec les personnages. J'aime les pavés, et certains livres ont besoin de beaucoup de pages pour me captiver réellement. Je crois que La Fille du capitaine en fait partie. 

Une bonne lecture donc, pas totalement convaincante, mais qui me conforte dans mon envie de découvrir les auteurs russes !   

Les avis de Papillon et Majanissa.

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31 octobre 2008

Un Challenge ABC Classique pour 2009

fragoliseuse_1_

J'entends d'ici les mauvaises langues me dire que je n'ai jamais tenu le moindre de mes engagements en la matière, mais tant pis. Il se murmurait sur la blogosphère que 2009 serait l'année des classiques, et je m'en réjouissais d'avance. J'ai l'impression que ce ne sera pas le cas, mais je vais pour ma part tenter de lire 26 livres que j'estime être des classiques...
Ma liste n'est pas terminée (vos idées sont les bienvenues), et je suis à peu près certaine qu'il y aura des changements effectués au cours de l'année. Je ne les lirai pas tous, mais j'espère bien faire de belles découvertes et dépoussiérer des livres que je possède depuis parfois plusieurs années.
Personne n'est tenté, même par une liste réduite ?

A- Arnim Elizabeth (von) ; Avril enchanté.
B- Balzac Honoré (de) ; Le Père Goriot.
C- Carroll Lewis ; Alice au Pays des Merveilles. 
D- Dickens Charles ; A tale of two cities.
E- Eliot George ; Middlemarch.
F- Forster E.M. ; Route des Indes.
G- Golding William ; Lord of the Flies.
H- Hawthorne Nathaniel ; La Maison aux sept pignons.
I- Ishiguro Kazuo ; Lumière pâle sur les collines.
J- James Henry ; Le Tour d'écrou.
K- Kafka Franz ; La métamorphose.
L- Lawrence David H. ; L'étalon.
M-Maupassant Guy (de) ; Une vie. 
N- Nabokov Vladimir ; Lolita.
O- Orwell George ; Nineteen-Eighty-Four.
P- Pouchkine Alexandre ; La fille du capitaine.
Q- Queneau Raymond ; On est toujours trop bon avec les femmes.
R-  Pas de "R", donc Selby Hubert ; Last Exit to Brooklyn.
S- Stevenson Robert L. ; Le Maître de Ballantrae.
T- Thackeray W.M. ; Ivanhoé à la rescousse !
U- Updike John ; Jour de fête à l'hospice.
V- Vian Boris ; Elles se rendent pas compte.
W- Wharton Edith ; Eté.
X- Pas de "X", donc Peake Mervyn ; Titus d'Enfer.
Y- Pas de "Y", donc Du Maurier Daphné ; Le général du Roi.
Z- Zweig Stefan ; Vingt-quatre heures dans la vie d'une femme.

Tableau : La liseuse, Fragonard.

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