22 juillet 2018

Le Comte de Monte-Cristo - Alexandre Dumas

cristo1A l'aube des Cent Jours, alors que les tensions sont à leur apogée entre royalistes et bonapartistes, Edmond Dantès rentre à Marseille. Ce jeune marin de dix-neuf ans a un bel avenir devant lui. M. Morrel, son employeur, veut le nommer capitaine. Il s'apprête également à épouser la belle Mercédès, une catalane de dix-sept ans à qui personne ne résiste.
Trois hommes, jaloux des succès de Dantès, vont alors comploter pour le faire accuser de bonapartisme. Arrêté, on le conduit au substitut du procureur du roi, qui va définitivement le réduire au silence pour ne pas se compromettre, et l'envoyer au château d'If. Lorsque le prisonnier s'échappe enfin, au bout de quatorze ans, il est bien décidé à se venger de ceux qui l'ont brisé.

Quel roman ! Je souhaitais le lire depuis très longtemps, mais entreprendre la lecture d'un tel pavé fait souvent peur. J'avais lu, il y a quelques mois, une adaptation manga de ce texte, et je craignais donc que cela me gâche ma lecture. Cela n'a absolument pas été le cas. Ce livre est tellement foisonnant, passionnant, que je ne me suis pas ennuyée une seule seconde.
Dans cette immense fresque qu'est Le Comte de Monte-Cristo, il est question de trésors enfouis, de contrebandiers, de brigands, de beautés orientales. On y croise aussi des empoisonneuses, des duélistes et des êtres sans scrupules, prêts à tout pour l'argent ou le pouvoir. On voyage de Marseille à Paris, en passant par les îles méditerrannéennes et l'Italie. En arrière-plan se dessine le contexte historique dans lequel se déroule l'action. Tous ces éléments vont être utilisés par le comte pour mettre en oeuvre sa vengeance.
Lui-même est un personnage duquel émane un charisme hors du commun. On imagine sans peine ses cheveux noirs et son regard sombre, son impassibilité, sa bestialité. Son sens de la mise en scène donne lieu à des tableaux toujours frappant, parfois terrifiants, comme lorsqu'il savoure le malaise du fils de son pire ennemi lors d'une exécution.

« Pour cette fois, Franz n’y put tenir plus longtemps; il se rejeta en arrière, et alla tomber sur un fauteuil à moitié évanoui.
Albert, les yeux fermés, resta debout, mais cramponné aux rideaux de la fenêtre.
Le comte était debout et triomphant comme le mauvais ange. »

P1200687Il n'hésite pas à revêtir toutes sortes de costumes ou à prendre différents noms aux accents exotiques (oui, pour moi un nom de lord anglais est exotique). Tous les regards se tournent vers lui lorsqu'il pénètre dans une pièce, il désarme avec éloquence ceux qui tentent de le contredire, tout procureurs du roi qu'ils soient. Ses années de captivité l'ont rendu insensible à la détresse de ceux qu'il veut punir, et ce caractère impitoyable confine parfois à la cruauté. Si les ennemis du comte souffrent de la vengeance qui s'abat sur eux, ses amis sont également les victimes de sa dureté. Son comportement avec Haydée, mise en présence de l'assassin de son père sans qu'elle y ait été préparée, ou envers les Morrel père et fils, qui auraient tous deux pu s'ôter la vie si le comte avait été moins chanceux dans ses calculs, m'a peut-être davantage glacée que ce que Monte-Cristo fait subir à ses ennemis.

« — Oh ! si fait ! dit le comte. Entendons-nous : je me battrais en duel pour une misère, pour une insulte, pour un démenti, pour un soufflet, et cela avec d'autant plus d'insouciance que, grâce à l'adresse que j'ai acquise à tous les exercices du corps et à la lente habitude que j'ai prise du danger, je serais à peu près sûr de tuer mon homme. Oh ! si fait ! je me battrais en duel pour tout cela ; mais pour une douleur lente, profonde, infinie, éternelle, je rendrais, s'il était possible, une douleur pareille à celle que l'on m'aurait faite : œil pour œil, dent pour dent, comme disent les Orientaux, nos maîtres en toutes choses, ces élus de la création qui ont su se faire une vie de rêves et un paradis de réalités.
— Mais, dit Franz au comte, avec cette théorie qui vous constitue juge et bourreau dans votre propre cause, il est difficile que vous vous teniez dans une mesure où vous échappiez éternellement vous-même à la puissance de la loi. La haine est aveugle, la colère étourdie, et celui qui se verse la vengeance risque de boire un breuvage amer. »

cristo2L'autre personnage que j'ai trouvé sublime dans chacune de ses (rares) apparitions est Mercédès. Je me suis longtemps demandé comment une femme pouvait ne pas reconnaître son ancien amant adoré, je n'ai pas été déçue.  Cette femme est magnifique, je regrette qu'il paraisse impossible dans les romans de cette époque qu'un personnage de sexe féminin puisse s'émanciper ailleurs qu'au couvent, dans un nouveau mariage ou dans un célibat béat. Mais alors, que d'étincelles dans chacune de ses rencontres avec Monte-Cristo ! Elle est la seule capable de lui imposer des limites, d'opposer sa fermeté à l'orgueil démesuré de ce personnage qui désarme tout Paris. Face à Mercédès, le comte redevient Edmond, malgré tous ses déguisements.
Alexandre Dumas, payé à la ligne, donne moult détails. Pourtant, à aucun moment je n'ai senti qu'un passage aurait pu être enlevé. Les techniques de travail de l'abbé Faria sont indispensables pour comprendre comment son oeuvre, matérielle et intellectuelle, est possible. La description du carnaval de Rome est l'une des plus visuelles du roman. Toutes les intrigues secondaires, de la relation amoureuse secrète aux histoires de brigands kidnappeurs, en passant par les esclaves venus d'Orient et les nouveaux-nés sacrifiés, s'imbriquent parfaitement, et servent à construire l'intrigue principale. La jeune génération, très présente, remplie d'honneur et de passion, est parfois un peu excessive dans ses chagrins, mais Albert, Valentine, Maximilien, Beauchamp ou encore Franz sont si sympathiques qu'on leur pardonne tout.

Pas de grandes réflexions, de l'action en permanence, des personnages un peu trop passionnés ou manichéens parfois, Le Comte de Monte-Cristo est ce que je considère comme un vrai roman populaire. Cela ne l'empêche pas d'être très bien écrit, solidement construit et de mettre en scène des figures inoubliables.

Les avis de Karine, Lili et Tiphanie (plus mitigée).

Sixtrid. Environ 50h d'écoute.
Lu par Eric Herson-Macarel
1844-1846 pour l'édition originale.

pavé


27 janvier 2017

Vango. 1 : Entre ciel et terre - Timothée de Fombelle

Source: Externe

Alors qu'il s'apprête à être ordonné prêtre à Notre-Dame de Paris, la police arrive pour arrêter Vango. Le jeune homme utilise alors ses capacités de grimpeur pour échapper aux autorités. Mais le commissaire Boulard n'est pas le seul à vouloir discuter avec Vango. Des tirs de provenance inconnue rebondissent sur les pierre de la cathédrale sans atteindre leur cible, et une mystérieuse jeune femme rousse ne rate pas une miette de la scène.
Pourquoi ce garçon dont beaucoup pensent le plus grand bien est-il pourchassé par autant de gens ? Qui est-il ? Quel danger peut-il représenter ?

Timothée de Fombelle est un auteur que je souhaite découvrir depuis qu'il a séduit les lecteurs avec Tobie Lolness il y a déjà dix ans. Vango avait tout pour me plaire, et je suis à la recherche d'un coup de coeur jeunesse du niveau de La Passe-Miroir (dont le troisième tome est enfin achevé !!! ).
Timothée de Fombelle est un conteur de grande qualité. Ici, il mélange les genres. Certains personnages ont réellement existé : Hugo Eckener en tête, tentant de résister à la montée du nazisme, même si le plus inquiétant est évidemment Staline, dont l'ombre se contente de planer de façon menaçante pour l'instant. D'autres personnages semblent sortis tout droit des contes de fées, comme le violoniste, la jeune fille aisée qui passe ses nuits sur les toits, Mademoiselle, ses protecteurs et évidemment le grand amour de Vango (je n'en dis pas plus pour l'instant). Nous croisons même quelques pirates et une île mystérieuse et secrète.
Si Vango est le point vers lequel convergent tous les événements, nous découvrons son histoire par le biais des différents personnages qui l'ont cotoyé. Lui-même n'a pas tous les éléments en tête, et il devient vite évident qu'un mystère qui le dépasse largement entoure son passé. Quel rôle Hugo Eckener et ses amis ont joué pour qu'un cruel mafieux les pourchasse ? Quel est le lien avec Vango ? Où le commissaire Boulard a-t-il mis les pieds sans en avoir encore conscience ?

Il est difficile de se faire un véritable avis avec la seule lecture du premier tome de Vango qui expose les faits et soulève d'inombrables questions. Il suscite une curiosité et une envie vorace de découvrir le fin mot de l'histoire, ce que je vais m'empresser de faire.

Titine, Saleanndre et la chèvre grise ont également été conquise.

Je remercie Folio pour ce livre.

Folio. 448 pages.
2012 pour l'édition originale.

Posté par lillylivres à 15:05 - - Commentaires [10] - Permalien [#]
Tags : , ,

30 janvier 2016

Les fiancés de l'hiver (La passe miroir, tome 1) - Christelle Dabos

 

61xRkwKL9wLDepuis la Déchirure, le monde est divisé en arches qui n'ont que peu de contacts entre elles. Chacune de ces arches est gérée par un esprit de famille, aïeul de tous les habitants de son territoire. Ophélie vit sur Anima avec ses parents, ses frères et soeurs, ses tantes et oncles, et surtout ses inombrables cousins. Son rôle est de tenir le musée familial qui renferme des objets se rapportant à l'histoire de sa famille. C'est une lectrice remarquable. En effet, en touchant les objets, elle peut lire leur histoire et celle de leurs propriétaires successifs. Par ailleurs, c'est une passeuse de miroirs, ce qui lui permet de se déplacer d'un miroir à l'autre et parfois d'échapper aux pressions exercées sur elle par sa mère et sa soeur. Car cette jeune femme maladroite et peu attentive à son apparence a la mauvaise habitude de décevoir sa famille quand il s'agit de la marier. Elle a déjà refusé deux cousins, mais le troisième mariage qu'on lui propose semble difficile à refuser. Il a été organisé par les Doyennes, sans consultation de sa famille, et surtout, avec un habitant du Pôle !
La rencontre avec son fiancé, le brutal et taciturne Thorn, la laisse perplexe. Pourquoi les Dragons veulent-ils de cette union alors que Thorn semble aussi hostile qu'Ophélie à l'idée de se marier ? Pourquoi les Doyennes d'Anima ont-elles choisi Ophélie ? Et surtout, pourquoi les gens semblent-ils si hostiles les uns envers les autres sur la Citacielle du Pôle, la nouvelle demeure d'Ophélie ?

J'ai ouvert ce livre avec énormément d'attentes. Il est encensé de partout, le second tome vient de sortir et semble provoquer l'hystérie chez certaines (je n'ai pas encore lu d'avis de garçons). Pourtant, ces derniers temps la littérature jeunesse m'agace. J'en ai toujours lu, j'y ai découvert des pépites, mais mes dernières lectures étaient pleines de clichés et de facilités.
Je vais tout de suite mettre un terme à l'insoutenable suspens que j'ai créé avec mon premier paragraphe : j'ai absolument adoré Les fiancés de l'hiver. Cela faisait longtemps, tous genres confondus, que je n'avais pas plongé dans un livre avec un tel plaisir.
Le monde créé par Christelle Dabos s'inspire de nombreux autres que j'apprécie énormément. L'auteur plante son décor essentiellement dans la première partie du roman, mais prend le soin de décrire chaque nouvel objet ou nouveau personnage avec soin, de façon à ce que l'on s'imerge complètement dans cet univers. On pense à Philip Pullman, à Hayao Miyazaki pour la Citacielle, la magie et les illusions, mais aussi pour son personnage féminin.
Ophélie est une jeune femme peu attrayante (et peu soucieuse de son apparence), maladroite, mais surtout doté d'un fort caractère et d'une grande curiosité. Les autres personnages ont tous leur place, aucun n'est là pour le décor (même si certains cachent très bien leur jeu). On pourrait penser que le duo (trio ?) amoureux risque de glisser du côté du cliché (la jeune et effacée jeune fille qui se révèle peu à peu rencontre le taciturne et brutal Thorn et va briser la glace qui lui sert de coeur...), mais Christelle Dabos gère parfaitement cet aspect de l'histoire en le développant juste assez pour lancer l'intrigue sentimentale tout en nous épargnant le moindre passage dégoulinant. Les histoires d'amour ne sont d'ailleurs pas heureuses au Pôle ou sur Anima.
L'intrigue se met doucement en place dans ce premier tome, et nous fait essentiellement nous interroger sur le fonctionnement de la société du Pôle. Loin de l'ambiance familiale d'Anima, le monde de Thorn est divisé en castes, en familles rivales aux pouvoirs redoutables. Les faux-semblants, les meurtres et les complots sont légions. Ophélie tente tant bien que mal de se faire discrète tout en enquêtant sur les raisons de sa présence dans ces lieux et sur les très nombreuses choses que son fiancé lui cache. On a beau être dans un roman jeunesse, Christelle Dabos ne se gêne pas pour décrire des scènes et des personnages à la limite du glauque, Farouk en tête (bon, on n'est pas chez Ian McEwan à ses débuts non plus).

Sans avoir la profondeur d'A la croisée des mondes (la série à laquelle j'ai le plus pensé en lisant ce livre), La Passe-Miroir est un roman remarquable et passionnant de bout en bout. Il me tarde de découvrir la suite.

Gallimard. 528 pages.
2013.

Posté par lillylivres à 12:38 - - Commentaires [16] - Permalien [#]
Tags : , , , ,

17 octobre 2013

Ce qu'il advint du sauvage blanc - François Garde

C_Ce-quil-advint-du-sauvage-blanc_960Au milieu du XIXe siècle, alors que les terres inexplorées se réduisent à peau de chagrin et que les sciences humaines se développent, le vicomte Octave de Vallombrun tente de partir à l'aventure et d'apporter une grande découverte à la Société de Géographie. Après une expédition décevante en Islande, il se rend en Australie où, par hasard, il va rencontrer un "sauvage blanc". Il s'agit en fait de Narcisse Pelletier, un marin disparu dix-huit années qui a été recueilli par des autochtones et a assimilé leur culture au point d'en oublier son ancien nom.
Octave, qui se prend d'affection pour cet être insaisissable et qui voit en lui la possibilité de développer une nouvelle science, passera des années à tenter de comprendre ce qui lui est arrivé.

Je n'ai jamais lu Robinson Crusoë et je n'ai jamais vraiment goûté au roman d'aventure, mais j'espère combler en partie cette lacune après avoir découvert le livre de François Garde. Je n'ai pas éprouvé un coup de coeur à sa lecture, mais c'est un récit très prenant et documenté difficile à lâcher.
La vie de Narcisse Pelletier nous est contée par deux narrateurs. Le premier est le principal intéressé, Narcisse Pelletier lui-même, dont on découvre les débuts sur les côtes australiennes. Abandonné par son capitaine, il est recueilli par une communauté régie par des règles qui lui échappent complètement. D'abord peu soucieux de s'intégrer, convaincu que son séjour sera de courte durée, il semble qu'il ait été obligé de se mêler à son nouveau peuple puisqu'il ne sera recueilli que près de vingt ans plus tard. De cette partie de l'histoire on ne saura presque rien, le second narrateur restant incapable de faire parler Narcisse au sujet de son passage forcé en Australie.
Octave de Vallombrun est un personnage très intéressant. Naïf, sincère et enthousiaste, c'est aussi un jeune homme ambitieux, qui voit en Narcisse Pelletier une sorte d'homme de la nature fruit d'une expérience involontaire inéite, qui va pouvoir le renseigner sur la vie de ses sauveurs ainsi que lui permettre d'étudier le mécanisme qui fait qu'on peut oublier jusqu'à son nom.

"Le voyage de retour de Narcisse vers notre monde n'aura lieu qu'une fois et dans un seul sens. J'en serai le scribe."

Malgré tout, le vicomte ne va pas tarder à être surpris par son élève, à douter, et enfin à être déçu. Les découvertes qu'il fait suggèrent des choses inconcevables à ses yeux (et que l'on ne peut rendre publiques). Certains comportements de Narcisse laissent penser que les "sauvages" sont plus civilisés face à certaines situations que les Europées, ce qui va totalement à l'encontre des défenseurs de la Colonisation qui se targuent d'apporter le Bien aux populations non chrétiennes.
Par ailleurs, l'accueil réservé au "sauvage blanc", ainsi que l'on surnomme Narcisse, est celui que l'on ferait à une bête de foire. Narcisse fascine, fait peur, suscite des réserves (qu'est-ce qui nous dit qu'il ne s'agit pas d'un simple menteur ?). Quant aux scientifiques de la Société de Géographie française, elle se montre finalement assez peu convaincue par les recherches d'Octave de Vallombrun sur cet ancien simple matelot, qui a peut-être perdu tous ses repères tout simplement parce qu'il n'était qu'un homme insignifiant et ignorant.
Enfin, Octave devra se résoudre à accepter son échec, et s'interrogera même sur le bien-fondé du retour de Narcisse Pelletier en France.

"Deux fois il a franchi ce passage impossible d'un monde à l'autre. Pour vivre avec les sauvages, il avait dû tout oublier de sa vie de matelot (qui saura jamais au prix de quels efforts !). Revenu parmi les Blances, et se refusant d'instinct à endurer à nouveau pareille ordalie, il s'était réfugié dans l'amnésie volontaire. Répondre lui était impossible, sauf à rabaisser le pont-levis de sa forteresse et laisser le matelot et le diablotin s'affronter en un combat mortel. Sa raison n'y eût pas survécu."

Bref, un livre avec un fond historique comme je les aime, des personnages qui soulèvent des questions passionnantes et un dépaysement total à certains moments. Une très jolie découverte.

Folio. 380 pages.
2012.

logo-challenge-littc3a9rature-culture-du-commonwealth

 

Posté par lillounette à 20:53 - - Commentaires [8] - Permalien [#]
Tags : , ,

18 août 2013

Percy Jackson : Le voleur de foudre - Rick Riordan

percyPercy Jackson est un jeune garçon à problèmes. Dyslexique, pas très bon à l'école, peu populaire, il met un point d'honneur à se faire renvoyer suite à un événement étrange de chaque école qu'il fréquente. La seule personne qui lui est vraiment attachée est sa mère, qui lui a cependant donné le pire des beaux-pères, Gaby Pue-Grave. Alors qu'il a onze ans, il trouve une école dans laquelle il se fait un ami, Grover, et où le professeur de latin semble avoir foi en lui et insiste pour que Percy connaisse la mythologie grecque sur le bout des doigts.
Tout bascule lors d'une visite au musée, quand Mrs Dodds, la prof de maths, se transforme en une horrible créature et agresse Percy.

J'ai ouvert ce livre surtout par obligation et en craignant le pire. En fin de compte, je l'ai suffisamment apprécié pour avoir envie de lire la suite.
Comme j'ai quelques réserves, on va commencer par là. Déjà, le livre ne brille pas par son originalité. J'ai passé la première partie avec la désagréable sensation de lire un remake de Harry Potter à la sauce grecque. Comme Harry, Percy passe les onze premières années de sa vie à être mal dans sa peau et rejeté par beaucoup de monde. Tous deux provoquent des incidents qu'ils ne s'expliquent pas lorsqu'ils ne parviennent plus à contrôler leurs émotions. Enfin, les deux garçons rencontrent finalement une personne qui va les mener dans un lieu d'apprentissage (école et colonie de vacances) où ils découvrent ce qu'ils sont vraiment (sorcier et demi-dieu), et à partir duquel ils vont se lancer dans une enquête flanqués chacun de deux compagnons.
Le style de l'auteur n'est pas non plus remarquable par son excellence. Les traits d'humour sont souvent forcés et semblent déjà destinés à être reproduits dans le scénario d'un film. Etant bon public et adepte des blagues pourries, j'ai quand même souri, mais je n'aime pas vraiment lire des livres que j'aurais presque pu écrire moi-même (si j'avais de l'imagination pour ça bien entendu).
Dernier reproche, j'ai sauté au plafond lorsque l'on apprend que l'Olympe est aux Etats-Unis, parce que c'est là que se trouve le coeur de l'Occident, que la civilisation occidentale a sorti le monde d'une époque sombre, et qu'il faut tout faire pour ne pas qu'elle s'effondre car cela provoquerait un chaos indescriptible. C'est très lourd et j'ai beau être fascinée par les Etats-Unis, cet aspect patriotique que l'on trouve dans beaucoup d'oeuvres (qui ne font souvent pas partie des meilleures) m'a toujours agacée.
Malgré cela, j'ai fini par me laisser porter par cette histoire et par beaucoup l'apprécier. D'une part, j'ai toujours aimé les histoires en rapport avec la mythologie grecque. Les dieux, les héros, leurs histoires de coeur et de pouvoir m'ont souvent régalée quand j'étais plus jeune. Rick Riordan ne s'en tire pas trop mal lorsqu'il réécrit certains des mythes ou nous présente des personnages comme Méduse ou Cerbère. Ensuite, une fois la colonie derrière nous, le livre s'affranchit beaucoup des histoires qui l'ont inspiré, ce qui permet au lecteur de partir pour des aventures qui n'ont pas trop un goût de déjà-vu et qui sont très distrayantes. J'ai eu du mal à lâcher le livre sur la fin, et je me suis retenue pour ne pas commencer immédiatement le tome suivant une fois la dernière page tournée.

Je n'ai donc pas que des éloges à adresser à ce livre, mais il est très sympathique malgré tout.

Yue Yin et Karine aiment aussi Percy Jackson.

Le Livre de Poche. 472 pages.
Traduit par Mona de Pracontal.
2005 pour l'édition originale.

Posté par lillounette à 12:21 - - Commentaires [10] - Permalien [#]
Tags : , ,