01 juillet 2017

Parle-leur de batailles, de rois et d'éléphants - Mathias Enard

9782356412881-TUn titre poétique, une couverture brumeuse, il ne m'en avait pas fallu plus pour acheter ce livre à sa sortie...  tout ça pour le ranger dans ma bibliothèque où il patientait depuis. Ayant quelques heures de travail peu prenantes intellectuellement cette semaine, j'ai sauté sur l'occasion d'enfin découvrir ce texte de Mathias Enard en version audio.

Michel-Ange vient de subir une fois de trop les caprices du pape Jules II. Furieux, il retourne à Florence, où des émissaires du sultan ottoman lui demandent de se rendre à Constantinople. Bajazet veut construire un pont au-dessus de la Corne d'Or, reliant les deux rives de la capitale ottomane. Dans cette entreprise, il a fait appel aux plus grands. Michel-Ange réussira-t-il là où le grand Léonard de Vinci en personne a échoué ?

Lire ce livre, c'est plonger dans une ambiance rappelant les histoires de sultans et de princesses des Mille et une nuits, les odalisques d'Ingres et les romans de Pierre Loti. J'ignore si Mathias Enard a lu Aziyadé et Fantômes d'Orient, mais j'ai souvent eu l'impression d'y trouver des références. Je ne suis jamais allée à Istanbul, mais cette ville habite les romans qui s'y déroulent comme peu d'autres.
A la frontière de civilisations qui tour à tour s'affrontent, échangent, se mêlent, cette cité permet plus qu'une autre au génie des artistes de s'exprimer. Ce n'est bien sûr pas un hasard si Michel-Ange a été choisi par le sultan Bajazet. Il s'agit de créer un pont hautement symbolique, sublime. De faire rayonner Constantinople, ville refuge pour les non chrétiens chassés d'Espagne, et pour cela d'utiliser tous les talents disponibles sans se soucier de leurs origines. Une tâche que la plupart des nations aimeraient accomplir encore aujourd'hui.
Mais là où les intentions sont bonnes, les hommes échouent souvent. A son arrivée, Michel-Ange est accueilli et guidé par le poète Mesihi, qui tombe amoureux de l'artiste florentin. Il admire la force de travail de celui qui est déjà un héros dans les cités italiennes et qui en tire un immense orgueil (à défaut d'être bien traité et rémunéré par ses illustres commanditaires). L'esprit de l'architecte est cependant préoccupé par son coup d'éclat. Jules II ne risque-t-il pas de le punir s'il apprend sa présence auprès d'un infidèle ? Lequel de ses rivaux menace de tout révéler ? Michel-Ange est aussi fasciné par la créature andalouse (homme ou femme, il l'ignore) qu'il a vue danser et noue des amitiés qui pourraient se révéler dangereuses.
Chacun des membres du trio amoureux s'exprime, via des missives réellement écrites ou par le biais de monologues amoureux ou menaçant prononcés au-dessus de la tête de Michel-Ange endormi. La musique ajoutée au livre audio renforce également cette impression de lointain et de monde imaginaire.

La fin abrupte ramène cependant bien vite le lecteur sur Terre, qui laisse à regret ce livre s'achever.

Une histoire prenante, servie par une jolie plume et la voix rapidement envoûtante de Thibault de Montalembert (qui double Hugh Grant quand même !). 

L'avis de Karine.

Audiolib. 3h20.
2010 pour l'édition originale.

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04 juin 2014

Le peintre d'éventail - Hubbert Haddad

3218992835_1_2_CXL00NYqAprès des années d'absence, Hi-han retourne voir Matabei, son vieux maître. Celui-ci lui livre alors l'histoire de sa vie, dans la pension de Dame Hison, où il fut amant de l'ancienne courtisane puis jardinier.

J'ai mis un moment à me plonger dans ce livre. J'ai même songé à renoncer, tellement les descriptions me gonflaient, tellement les petites phrases de début et de fin de chapitre me semblaient surfaites. Je ne suis pas quelqu'un de patient, peu d'auteurs parviennent à me captiver avec des pages entières de descriptions.

Et puis, j'ai décidé de me secouer, de lâcher prise et de me concentrer, pour finalement laisser la magie opérer.
Le peintre d'éventail, c'est une drôle d'histoire. Le prologue laisse entendre qu'il faut s'attendre à découvrir une histoire captivante, à un personnage extraordinaire (ce fameux peintre d'éventail), mais lorsque la rencontre se produit, c'est déstabilisant d'une façon que l'on n'avait pas anticipée.
L'espace dans lequel se déroule l'action est très restreint. Une maison semblant hors du monde, ainsi que quelques montagnes et un lac alentours. Le nombre des acteurs aussi est réduit : à peine une dizaine, les habitants de la pension, presque des fantômes au début tellement ils se confondent. Puis, on se met à distinguer Dame Hison, les amants Ken et Anna, le maladroit Hi-han, et surtout Matabei et son obsession pour le jardin. Ils nous deviennent familiers, et dans ce havre de paix on se prend à se sentir en sécurité, apaisé.
Chacun de ces personnages a fuit le monde. Dame Hison est une ancienne courtisane, Ken et Anna fuient la haine d'un mari jaloux, Enjo est une jeune fille égarée. Ils semblent n'exister que dans le monde clos que forment la maison et son magnifique jardin.
L'art de communier avec la nature, de la dessiner, de l'écrire, est d'abord maîtrisé par Osaki qui le transmet à Matabei. Lorsque Hi-han rejoint la demeure, le nouveau jardinier tente de l'initier.

Puis, tout s'écroule. Matabei était arrivé à la pension de Dame Hison en partant sur les traces de la jeune fille qu'il avait renversée sous un tunnel à Kobe, peu avant le tremblement de terre. La seconde réplique de ce drame précipite à nouveau Matabei dans une réalité insupportable.

Pourtant, Hubert Haddad ne modifie son écriture à aucun moment. Le rythme reste calme, et c'est sans doute ce qui m'a le plus impressionnée dans ce livre : comment l'auteur parvient à faire passer tant de choses, tant d'émotions en restant si simple dans son propos.

Un beau moment de lecture.

Merci à Lise et Anna de Folio pour le livre.

Folio. 179 pages.
2013 pour l'édition originale.

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13 octobre 2009

Le Maître et Marguerite ; Mikhaïl Boulgakov

9782266134378_1_Pocket ; 581 pages.
Traduit par Claude Ligny.
1940
.

Cela fait des années que je me dis qu'il faut que je lise un roman russe. J'ai bien lu quelques textes, mais toujours très courts, trop pour m'ôter la peur que j'éprouve quand on prononce devant moi les noms de Tolstoï, Dostoiëvski, Gogol etc.
C'est Praline qui m'a décidée à sortir ce roman de ma minuscule PAL, sans même savoir de quoi il s'agissait.

Je serais bien en peine de vous faire un résumé de ce texte d'ailleurs, tellement il mêle les destins, les lieux, les époques et les genres.
Tout commence à Moscou, alors que Berlioz, "rédacteur en chef d'une épaisse revue littéraire" et le poète Biezdomny se promènent en discutant de religion. Ils sont accostés par un étrange personnage qui affirme avoir assisté à la mort du Christ, et prédit que Berlioz va mourir décapité.
Cela ne manque pas d'arriver, et le poète Biezdomny se retrouve à courir dans les rues de la capitale russe à la poursuite du mystérieux devin, désormais accompagné d'un autre homme ainsi que d'un gros chat.

Autant le dire tout de suite, j'ai été complètement déboussolée en lisant les premiers chapitres de ce livre. Je m'attendais à trouver un texte de facture classique, et je me suis retrouvée dans une comédie burlesque où les choses partent dans tous les sens, et avec des diables (dont, je le répète, un gros chat) et Ponce Pilate comme personnages principaux...
Boulgakov ne pouvait ouvertement critiquer le régime stalinien, alors il lui a substitué des éléments magiques, des références littéraires, historiques et religieuses pour le symboliser (à noter que cela n'a malgré tout pas empêché le texte d'être amputé d'un bon morceau lors de sa parution). La terreur ambiante des rues de Moscou, avec les arrestations arbitraires, les gens corrompus, la pensée unique, et surtout la place de l'artiste empreintent le texte. La littérature d'Etat est raillée, tout comme les critiques vendus et incultes.
Je sais que certains n'aiment pas forcément les textes laissant la part belle à la politique (promis Erzébeth, je ne te dénoncerai pas), mais ils ne doivent pas fuir ce texte pour autant. Certes, le Maître et la Marguerite du titre sont plutôt aux abonnés absents (Marguerite n'apparaît pas avant la page 300, et l'on voit encore moins le Maître...), mais les thèmes abordés par ce livre vont bien au-delà. Notamment à partir de la deuxième partie et dans les chapitres consacrés à Pilate, certaines scènes sont incroyablement belles. Boulgakov est un maître de l'ironie, mais il sait aussi mettre en place des moments enchanteurs. Je pense à Marguerite, nue et hilare, à cheval sur un balai et à travers les rues de Moscou, au bal des damnés, avec une Marguerite toujours nue mais couverte de sang cette fois, et surtout à la chevauchée au cours de laquelle nos diables, le Maître et Marguerite quittent Moscou, et laissent enfin tomber les masques. 

Je n'ai pas eu un coup de coeur absolu pour ce roman, mais il s'agit d'un très grand livre, qui ne m'a pas fait regretter un seul instant l'histoire que je pensais trouver en l'ouvrant.

"Le poète avait dépensé sa nuit en pure perte, pendant que d'autres festoyaient, et il comprenait qu'il lui était impossible de la recommencer. Il suffisait, au lieu de regarder la lampe, de lever les yeux vers le ciel pour se rendre compte que la nuit était partie sans retour. Les garçons se hâtaient de débarasser les tables et d'ôter les nappes. Les chats qui furetaient aux alentours de la tonnelle avaient un air matinal. Irrésistiblement, le jour investissait le poète."

Papillon aussi a lu ce roman.

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20 mars 2009

Prodige ; Nancy Huston

resize_8_Babel ; 173 pages.
1999.

Je n'étais pas revenue à Nancy Huston depuis L'empreinte de l'ange, qui m'a laissé un drôle de goût dans la bouche. Toutefois, j'ai n'ai pas pu m'empêcher d'acheter la moitié de la bibliographie de l'auteur, certaine que de belles découvertes m'attendaient encore.

Maya vient de naître, avec trois mois et demi d'avance. Les médecins sont pessimistes, mais Lara refuse de baisser les bras, et décide qu'elle sauvera son enfant. Elle lui raconte ainsi la vie qu'elle aura, la merveilleuse pianiste qu'elle sera, la cuisine qui sent l'ail de sa grand-mère, et Robert, son mari qu'elle aime et qui est fou d'elle, mais qui ne peut rester auprès des deux femmes de sa vie. "Parfois, peut-être... on ne peut pas tout avoir. Parfois on repousse ce qu'on a, simplement pour ne pas tout avoir. Je ne sais pas l'expliquer autrement."   

Je suis vraiment gâtée côté lectures en ce moment. Ce livre est juste sublime. Les narrateurs sont nombreux, mais il n'y a que deux lignes de lecture. L'une suit Lara, celle qui joue la musique pour elle, qui y plonge toutes ses peines et tous ses espoirs. L'autre suit Maya, qui exprime ce que sont les choses. Tout au long du livre, on a le sentiment que ces deux courbes, la mère et la fille, s'affrontent et s'éloignent de plus en plus l'une de l'autre, mais le fait de ne pas savoir laquelle a le dessus évite tout pathos. Tout le roman se déroule dans un état de tension pour le lecteur, qui pressent un drame, mais qui ignore ce qu'il doit vraiment redouter.
On voit un rêve, plein de libellules, de papillons et de vers à soie, ainsi que de musique, la petite Maya prodigieuse. Tout le livre est baigné de délicatesse et d'images métaphoriques très belles, mais on ne peut en profiter pleinement, tellement les pages qui nous sont encore inconnue semblent nous promettre de cruelles déceptions. J'ai sourit parfois, comme lorsque Sofia, la grand-mère russe, raconte un concert de Glenn Gould, où les gens s'étaient tous précipités : "à l'époque on savait qu'un grand pianiste qui joue, c'est une urgence."
Mais j'ai surtout eu mal de voir Lara s'enfoncer comme cela. Elle est la rêveuse, aussi elle ne devrait pas être celle qui plonge, celle qui est blessée, celle qui perd espoir. Ou peut-être que si, rêver rend plus fragile sans doute.
Je n'avais pas vu venir la fin, ce qui prouve que Nancy Huston tenait parfaitement les fils de son histoire, et qu'elle n'est pas un auteur qui surprend son lecteur d'une seule façon.

J'ai refermé Prodige complètement secouée, à la fois émerveillée et pleine de tristesse. Un livre peut-être un peu moins maîtrisé que Lignes de faille, mais un coup de maître quand même.

Les avis de Malice, Sylvie, et Karine.

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10 janvier 2009

Le portrait de Dorian Gray ; Oscar Wilde

98375630_L_1_Presses Pocket ; 283 pages.
Traduction de Michel Etienne.
V.O. : The Picture of Dorian Gray. 1891.

Oscar Wilde est un auteur dont j'aime tout, et dont la vie me fascine. Pourtant, je n'avais jamais lu son unique roman, dont tout le monde connaît la trame sans même l'avoir lu tellement il a marqué les esprits. En voyant la couverture, j'ai du mal à croire que c'est moi qui ai acheté ce livre. Je suis plus exigeante d'ordinaire, j'essaie quand même d'acquérir des livres dont l'aspect fait envie.

Basil Hallward est peintre à Londres, à la fin du XIXe siècle. Sa vie bascule lorsqu'il rencontre le jeune Dorian Gray, au visage d'ange et à l'âme encore pure. Son portrait est un chef d'oeuvre complet, mais il sera aussi le début de la fin pour nombre de protagonistes de l'histoire. Car le tableau est magique, il vieillit et encaisse les erreurs de l'homme qu'il représente à la place de ce dernier. Dorian est en effet un esprit naïf, ce qui est très dangereux lorsque l'on possède la jeunesse éternelle et que rien ne semble pouvoir nous détruire.

A l'exception de quelques passages que j'ai trouvés un peu laborieux (quelques descriptions sont franchement longues et ennuyeuses), cette lecture a dépassé mes espérances (pourtant élevées). Le portrait de Dorian Gray est un roman incroyablement fort, dont on ne ressort pas indemne. Je crois que j'avais rarement utilisé autant de post-it pour noter les passages marquants d'un roman.
Celui-ci est composé de plusieurs couches. La première donne une apparence de légèreté à l'histoire. Dorian et Lord Henry sont de véritables dandys qui ne se préoccupent que de clubs, opéras, apparences, femmes, et autres plaisirs en tous genres. Ce sont des hommes très jeunes, qui semblent très éloignés des ennuis en général, et qui ne veulent que jouir de la jeunesse.
La deuxième couche est beaucoup plus sombre, et l'on réalise vite que la légèreté apparente de ce roman n'a pour but que de faire mieux ressortir le drame qui se noue. Mon personnage préféré est sans aucun doute Lord Henry Wotton. Il est délicieusement ironique et détaché, ses conversations sont toujours extrêmement drôles, mais c'est bien lui qui, par son insouciance, fait basculer Dorian. Basil avait prévenu :

" He has a very bad influence over all his friends, with the single exception of myself. "

Du début à la fin, Henry demeure le même, et malgré sa vivacité d'espritoscar_wilde, on réalise qu'il n'est pas plus clairvoyant qu'un autre. Ses propos sur la fin de son mariage m'ont beaucoup émue, et montrent à mon avis bien davantage le personnage et ses blessures dans ces quelques phrases échappées avec un ton ironique, que le reste du livre. Ce personnage m'a vraiment intéressée, pour moi il contient à lui seul tout le livre.
Plus discret, parce que plus timide, mais tout aussi émouvant, Basil Hallward est également un personnage indispensable au livre. Il est l'auteur du fameux portrait, et son amitié pour Dorian Gray est touchante, mais comme beaucoup de passionnés, il entraîne sa propre destruction.
Quant à Dorian, son insouciance est aussi grande que celle de ses amis. D'un caractère naïf et innocent, il se transforme peu à peu en individu instable. Il est impossible de le détester tout à fait, car il est une victime lui aussi, d'une certaine manière. J'ignorais la fin exacte du roman, aussi ai-je été surprise. Je pense qu'il peut y avoir une double interprétation de ce que Dorian désirait faire. Je préfère pour ma part penser qu'une part de lui même savait ce qu'il allait provoquer.

Oscar et moi sommes donc plus copains que jamais ! J'espère que vous ne tarderez pas à vous plonger dans cette merveille (pour ceux qui ne l'ont pas déjà fait).

Les avis de Livrovore, Papillon, et de Nanne.

05 décembre 2008

De pierre et de cendre ; Linda Newbery

resize_5_Phébus ; 400 pages.
Traduction de Joseph Antoine. 2006.
V.O. : Set in Stone.

Ne vous fiez pas au titre digne d'un vulgaire roman à l'eau de rose de de ce livre, ce serait un grand tort. Je l'ai découvert sur un blog, impossible de savoir lequel (car Allie me jure que ce n'était pas le sien), mais je n'y pensais plus jusqu'à ce qu'il tombe dans mon panier. Le résumé de la quatrième de couverture rendra folles au moins Cryssilda, Madame Charlotte, Isil et Lou, car il rappelle furieusement La dame en blanc. N'ayant pas apprécié ce dernier, j'ai hésité au moins un quart de seconde avant de voir que Charlotte Brontë était aussi citée, et de me dire que ça n'avait pas l'air mal du tout quand même. 

Impossible de ne pas remarquer l'hommage à la littérature anglaise du XIXe siècle lorsqu'on lit ce livre qui se déroule en 1898. Linda Newbery n'a même pas pris la peine (ou si peu) de changer le nom des deux soeurs dont le maître de dessin (!) Samuel Godwin doit s'occuper lorsqu'il se rend à Fourwinds, engagé par le père des jeunes filles. Son premier contact avec Marianne, la plus jeune, est déroutant. La jeune fille pousse un cri terrible dans la nuit avant d'appeler Samuel à son secours. La gouvernante, Charlotte Agnew, qui a connu un parcours très similaire à celui d'une certaine Jane Eyre, lui explique dès lors que Marianne est en proie à certains accès de folie. Quant à Juliana, l'aînée des Miss Farrow, elle se remet doucement d'une maladie.
Très vite, Samuel, qui est fasciné par Marianne, commence à soupçonner de terribles secrets liés au sculpteur qui avait été chargé de réaliser les quatre oeuvres, quatre vents correspondant aux points cardinaux, qui devaient trôner dans le parc de Fourwinds. Or si le Vent du nord, celui de l'est et celui du sud sont bien exposés, Marianne est convaincue que le Vent d'ouest se promène, et que le calme ne pourra se faire que losqu'on l'aura retrouvé. Charlotte, bien que présente depuis plus longtemps dans la demeure, va elle aussi finir par mener une chasse aux secrets.

Les premiers chapitres de ce roman m'ont déconcertée. La dame en blanc était tellement présent dans mon esprit que je me demandais si l'auteur allait m'offrir un récit qui soit plus qu'un hommage au roman de Wilkie Collins. Linda Newbery a même conservé l'utilisation de différents personnages pour narrer l'histoire. Inutile de faire durer le suspens, on entre rapidement dans une nouvelle demeure, dont les mystères sont suffisants à chasser les éléments étrangers au livre de Linda Newbery.
Les personnages auxquels sont confrontés Samuel et Charlotte sont fascinants. Ceci d'autant plus que l'auteur nous met dans la tête de personnages qui sont assez aisément induits en erreur.
Une fois embarqué, il est presque impossible de se détacher du livre. Les rebondissements ne sont pas forcément très bien menés, mais comme Charlotte et Samuel, plus on avance et plus on se dit que ce n'est pas possible.
De plus, les thèmes abordés sont variés (même si je ne peux pas tous les exposer pour ne pas vous spoiler), et contribuent à rendre De pierre et de cendre captivant. 

Dans le même genre, j'ai quand même préféré Le treizième conte. Mais je ne peux que vous engager à lire De pierre et de cendre, qui est une très bonne lecture victorienne.

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