21 février 2009

Vera ; Elizabeth Von Arnim

untitledSalvy ; 287 pages.
Traduit par Bernard Delvaille. 1921.*

Cet été, une commentatrice de ce blog, en me parlant de Daphné Du Maurier, disait ne pas du tout apprécier sa Rebecca. En revanche, elle me conseillait un ouvrage d'Elizabeth von Arnim, publié bien avant, et dont le postulat de départ ressemble étrangement à celui de Rebecca. Il ne m'en a pas fallu plus pour que je me lance dans une quête effrenée de ce livre (et malheureusement, il semble bien que pour le dénicher, il faille beaucoup de volonté...). Il faut savoir qu'Elizabeth von Arnim était la cousine de la délicieuse Katherine Mansfield, ce qui constituait pour moi une motivation supplémentaire.

Vera débute alors que la jeune Lucy vient de perdre son père. Ils étaient très proches, elle l'avait emmené en Cornouailles afin qu'il se repose et qu'elle prenne soin de lui au mieux, mais maintenant qu'il est mort, elle ne ressent rien. Elle sort se promener, perdue dans ses pensées, et croise sans le voir un homme beaucoup plus âgé qu'elle, en deuil lui aussi, mais qui est frappé par l'expression qu'il lit sur le visage de la jeune fille. Cet homme s'appelle Everard Wemyss, et sa femme vient de mourir dans des circonstances troubles. Des liens se tissent immédiatement entre Lucy et Wemyss. Ce dernier s'occupe d'organiser les funérailles du père de la jeune femme, et que tous les proches du défunt prennent pour un parent de Lucy, ou un ami très proche de ce cher Jim qui vient de mourir. Même la tante de Lucy, l'affectueuse Miss Entwhistle, n'envisage pas un seul instant que cet inconnu puisse être un nouveau venu dans la vie de sa nièce.
Lucy et Everard tombent naturellement amoureux, et ce dernier, impatient d'avoir sa "petite fille" pour lui seul, décide de ne pas respecter l'obligation de deuil d'un an avant de se remarier. Ils choquent les proches de la jeune fille, qui ont tous eu connaissance de la mort de Vera, la première épouse de Wemyss dans les journaux. Toutefois, ils sont déterminés à ce que rien ne viennent entraver leurs plans.

Il est certain que l'on ne peut s'empêcher de penser à Rebecca en lisant la première partie du roman. J'ai sursauté en lisant les propos de Wemyss au sujet d'une servante de Vera qu'il n'appréciait pas. Difficile de ne pas croire que l'on va se retrouver face à une nouvelle Mrs Danvers. Après le mariage, alors que le couple se rend aux Saules, la demeure dans laquelle Vera est morte, le fantôme de cette dernière semble hanter les pièces. 
Mais en fait, on se trompe du tout au tout. Dans ce livre, Elizabeth von Arnim se joue de son lecteur, et n'a d'autre but que de lui montrer que l'amour aveugle, et que ce que l'on prend pour une affection touchante n'est parfois autre chose que de la tyrannie. Si vous voulez lire ce livre, je pense que vous ne devez pas lire ce qui suit.
En fait, Wemyss, qui semble impatient parce qu'amoureux fou de Lucy, se transforme très vite en personnage détestable. Certaines de ses réactions lors des funérailles du père de Lucy, puis lors du séjour de cette dernière à Londres, que je prenait pour des réactions raisonnables, et comme une volonté d'indépendance vis à vis des conventions, n'étaient en fait que le reflet du caractère odieux de Wemyss. Cet homme est capricieux, tyrannique, manipulateur et égoïste comme peu de gens. Son comportement à l'égard de Lucy se révèle de plus en plus insupportable. Il ne pense qu'à son bonheur, ne désire voir que ce qu'il a envie de voir, et refuse d'entendre les plaintes pourtant bien compréhensibles de sa jeune épouse. Comme Lucy, on lui pardonne presque à chaque fois. Après tout, Wemyss est bel et bien amoureux de la jeune fille qu'il croit avoir entre les doigts. En fait, il m'a fallu attendre que Miss Entwhistle, celle que l'on prend au départ pour la vieille bique rabat-joie (ces pantalons gris !), dise ses quatre vérités à Wemyss, pour que je saisisse que cet homme ne peut être que détestable, et qu'il n'est d'ailleurs pas loin d'être un meurtrier du fait de sa négligence. Il sait tellement se faire plaindre !
Elizabeth von Arnim est terrible, puisqu'elle signifie en fait au lecteur que Lucy ne s'en sortira sans doute pas de sitôt. Miss Entwhistle, jetée dehors pas Wemyss, ne pourra pas lui ouvrir les yeux comme elle l'a fait pour le lecteur. La dernière phrase du livre m'a glacé le sang. Ces appellations que Wemyss donne à Lucy tout au long du livre, et que je trouvais déjà malsaines et hypocrites jusque là, prennent une autre dimension qui n'est pas pour réjouir le lecteur.

Un roman mené d'une main de maître donc, absolument glaçant. Je relirai sans aucun Elizabeth von Arnim. 

*Impossible de trouver la couverture de mon édition sur internet, mais la traduction est la même.


16 février 2009

Le cher ange ; Nancy Mitford

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La Découverte ; 276 pages.
Traduction de Olivier Daria.
V.O. : The Blessing. 1951.

Je vous en prie, dîtes-moi que vous aussi vous trouvez la couverture de ce livre affreuse ! On dirait celle d'un mauvais roman à l'eau de rose, et lorsqu'on ne connaît pas la signification du titre, ni l'auteur, je comprends que l'on parte en courant...
De Nancy Mitford, j'avais lu La poursuite de l'amour, un livre très sympathique, mais qui ne m'avait pas non plus entièrement conquise. Le cher ange s'est chargé de le faire, ce livre est absolument exquis !

Grace, une jeune et riche anglaise, rencontre Charles-Edouard de Valhuibert, de passage à Londres pendant la Deuxième Guerre mondiale. Il est Français, de haute lignée, passionné d'art, et coureur de jupons insouciant. Bien que fiancée à un autre homme, Grace accepte d'épouser Charles-Edouard, dont elle est tombée éperdument amoureuse. Après une courte et singulière lune de miel, Charles-Edouard part sur le front, où il demeure sept ans.

« Quand, durant les années solitaires à venir, Grace tentait de se remémorer ces dix brèves journées, la même image s’offrait toujours à son esprit : Charles-Edouard déplaçant les meubles. »

A son retour, il retrouve son épouse, ainsi qu'un petit garçon, Sigismond. Le couple se rend immédiatement en France, où les habitudes de vie différentes des deux époux, qui étaient jusque là uniquement un sujet de plaisanterie, deviennent un sujet de discorde.  

C’est alors que le rôle de Sigismond prend toute son importance. Le « cher ange », comme le baptisent volontiers sa mère et sa Nanny, délaissé par son père lorsque ses parents étaient heureux, devient le centre de toutes les attentions, et n’est pas près à renoncer à ce nouveau statut.

Ayant moi-même vécu à l’étranger, je sais combien passer une simple frontière peut déboussoler un individu, même lorsque celui-ci est plein de bonne volonté. Les personnages de ce roman sont tous ou presque fort sympathiques, curieux, mais si pleins de préjugés, envers les autres nationalités, envers l’autre sexe, que cela donne lieu à des situations loufoques, et parfois douloureuses. L’Europe se relève difficilement des ravages occasionnés par la Seconde Guerre mondiale, et malgré l’entente cordiale, la "vieille petite Europe" et les "grands Etats-Unis d'Amérique" ne se comprennent pas davantage que les Anglais et les Français. De toute façon, même lorsqu’ils ont des points communs, ils sont incapables de les voir. 

Heureusement, l’ironie de Nancy Mitford bat son plein dans ce roman. J’avais souri dans La poursuite de l’amour, Le cher ange se sert admirablement de l’humour pour calmer les esprits, relativiser, envisager tous les points de vue, et finalement accepter l’autre et arrêter de ne percevoir la situation qu’à travers ses propres principes. Ce Charles-Edouard ! Il ressemble d’abord à un horrible type, mais comme on comprend Grace à la fin ! J’aime sa façon de voir les choses, et même si je partage plutôt les conceptions de Grace, la manière dont il envisage parfois le mariage est tellement naïve qu’on la lui envie. Lorsque sa femme lui avoue qu’elle a pensé épouser deux autres hommes,  voilà ce qu’il lui répond :

« Extraordinaire ! Avouez que vous ne vous seriez jamais amusée autant qu’avec moi ?
- L’amusement n’est pas le but du mariage, fit Grace, très digne.
- Vous en êtes sûre ? »


Sans commentaire. Il n’est pas tout le temps comme cela non plus, il sait aussi agir en adulte, et pourquoi il a épousé Grace (non, rien à voir avec l’argent, même si, comme tout le monde le sait, les Français, qu’ils soient richissimes ou non, ne négligent jamais la perspective d’en avoir encore plus…).

Le couple formé par Grace et Charles-Edouard est victime des manigances de Sigismond, mais ce dernier sait aussi être plus attendrissant aux yeux du lecteur, lorsqu’il entreprend de se faire gâter également par ceux qui aspirent à devenir ses beaux-parents. L’une des maîtresses de Charles-Edouard, afin de conquérir le garçon, organise un bal où les enfants sont conviés. C’est une première dans la bonne société parisienne, et une véritable catastrophe. Les adultes s’arrachent les enfants, relégués à la campagne d’ordinaire, afin d’être admis au bal, deux mères incapables de reconnaître leur bébé à la fin de la soirée tirent au sort l’enfant qu’elles vont remporter, et le petit Sigismond s’endort, tandis que son père est parti s’amuser avec une honnête épouse... 

Un roman délicieux, idéal en cas de petite baisse de morale ou simplement pour se divertir.

Emjy aussi a adoré.

10 février 2009

Les vies d'Emily Pearl ; Cécile Ladjali

resize_3_Actes Sud ; 191 pages.
2008.

Il y a des livres qui vous semblent plein d'espoir, qu'il vous faut absolument, mais que vous méprisez quand même un peu, puisque leurs ambitions ont l'air ridiculement grandes. Quand je lis des romans dits "d'inspiration victorienne", il s'agit essentiellement pour moi de trouver des clins d'oeil aux oeuvres des maîtres de l'époque. Cette fois, ce but n'a pas été atteint, mais c'est parce que Cécile Ladjali a accompli quelque chose de beaucoup plus grand.   

Emily Pearl est une pauvre fille de la campagne à l'extrême fin du XIXe siècle anglais. Dans un cahier, elle inscrit sa vie, vécue ou rêvée, peu importe. Elle parle des lettres de sa soeur Virginia, qui a fuit une existence misérable pour une autre existence misérable, mais choisie celle-là, de son rôle de perceptrice auprès de Terrence, le fils malade de Lord Auskin, de sa relation avec ce dernier, de la vie à Green Worps, d'elle même en fait.

Moi qui aime si peu les auteurs français contemporains, j'ai complètement succombé à la poésie, à la fantaisie et à la tristesse de ce petit livre. A côté de Rachel, Lucy, Kath ou Angel, se trouvera Emily Pearl désormais. Je pourrais vous dire qu'on perçoit les ombres de Jane Eyre et Virginia Woolf en lisant ce livre, mais cela n'a aucune importance en fin de compte. J'ai été totalement éblouie par l'héroïne de Cécile Ladjali. Elle est bourrée de défauts, et certaines de ses actions peuvent rebuter nombre de personnes, mais j'ai toujours eu un faible pour les héroïnes à l'imagination débordante, qui cherchent dans l'écriture un sens à leur vie. Elles sont finalement avant tout des prisonnières, même lorsque, comme Emily, elles ont conscience des conséquences de leurs actes :

" Virginia et son époux luttent pour la vérité et la liberté. Alors que moi, je fais enfermer les innocentes. Qu'est-ce qu'il y a donc de pourri en moi ? Qu'est-ce qui me fait, dans le banal petit jour du matin, haïr à ce point l'humanité ? "

En fait, paradoxalement, Emily est la seule à percevoir la réalité des choses. Elle veut être libre, être heureuse, mais elle a quand même conscience de la médiocrité de son existence et de celle des autres, quand ces derniers se voilent la face, par refus du chagrin ou par vanité :

" J'enviai alors cet homme et sa capacité à sélectionner les détails de la vie susceptibles de ne lui apporter que du bonheur et à jeter dans les douves de l'amnésie ceux qui auraient pu le conduire au désespoir. Je n'avais pas cette force. "

"Ce vieil homme connaît aujourd'hui ce qu'il n'aurait jamais pensé pouvoir vivre : une apothéose sociale ! Il ne réalise pas que la moitié de l'assistance est composée des plus grands marginaux du pays, de toute la fratrie artiste et homosexuelle du Nord de l'Angleterre. Non, cela il ne le voit pas. Il ne retient de cette faune bizarre que ce qu'en retiendrait un parvenu : le velours des redingotes, la cherté des toilettes, la lourdeur des parfums coûteux qui empoisonnent l'air, le fait que trois prêtres, dix enfants de choeur et cinq choristes soient convoqués pour le mariage de sa cadette. Je suis certaine aussi qu'il n'a pas manqué de considérer, à l'entrée de la chapelle, les trente superbes bêtes, harnachées à de profondes calèches couvertes d'armoiries ducales. Mon père n'a d'yeux que pour ces spectacles. En revanche, il reste aveugle à celui de ma détresse, il ne devine même pas le ventre de Pitch qui déborde de son habit, il ne voit pas non plus sa femme, secouée par les sanglots de bonheur, et que compresse une abominable robe d'apparat vert canard. "

Emily sait aussi aimer, même si elle se répète sans cesse le contraire. Fuir ses sentiments, ce n'est pas ne pas les éprouver. Terrence, ce gamin difforme, encore un genre de personnages que j'aime inévitablement, Emily est prête à tout pour le soulager, et elle le fera.

On ne sait pas ce qui est exact, qui existe vraiment, ce qui est écrit, ce qui est réellement dit. Cécile Ladjali ne signale pas les dialogues par une ponctuation spécifique. Ce livre est un tout, parfaitement harmonieux, une longue réflexion sur ce que l'on fait de sa vie, sur ce que l'on n'ose pas et sur les peines inévitables auxquelles il faut faire face. C'est enchanteur malgré la tristesse qui se dégage de l'histoire. Un bijou !

Malice et Lou ont adoré.
Emjy est plus mitigée. 

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29 janvier 2009

Nineteen-Eighty-Four ; George Orwell

9780141187761_1_Penguin Modern Classics ; 325 pages.
1959. V.F. :
1984.

Lettre O Challenge ABC :

Cette année, j'avais prévu de lire deux livres qui ont obtenu le statut de chef d'oeuvre en Angleterre et dans le monde : Lord of the Flies de William Golding, et Nineteen Eighty-Four de George Orwell. Ce dernier a en plus bénéficié du relooking des éditions Penguin Modern Classics, ce qui donne très envie de le lire. Il s'agit d'une excellente initiative, puisque Nineteen Eighty-Four est un chef d'oeuvre.

BIG BROTHER IS WATCHING YOU. Imaginez un monde où, si vous n'être pas un simple prolétaire, vous ne pouvez pas faire le moindre mouvement sans être scruté à l'aide d'écran, ou écouté grâce à des micros dissimulés absolument partout. Un monde où l'amitié n'existe pas, où les unions sont autorisées seulement dans un but de procréation, où vous devez être fier lorsque vos enfants vous dénoncent comme dissident.
Voilà ce que connaît Winston Smith, habitant d'Océania, l'un des trois groupes territoriaux qui se sont formés au milieu du XXe siècle. Winston travaille au ministère de la Vérité, où il doit sans cesse participer aux mensonges du Parti, transformer les faits, au point de ne plus toujours savoir ce qui est vrai et ce qui ne l'est pas. La ration de chocolat a baissé ? Mais non, elle a augmenté ! Et n'essayez pas d'aller affirmer le contraire, même en pensée, car tous les crimes contre le Parti sont ressentis de la même façon en Oceania.
Winston ne parvient cependant pas à se sentir à l'aise dans cette vie et ce monde qu'il ne comprend pas. Un jour (il faut attendre le deuxième tiers du livre, les résumés sont trompeurs), il entame une liaison avec Julia, une jeune femme qu'il croyait pourtant être totalement acquise à la cause du Parti. Mais leur amour ne peut pas durer, et tous deux savent qu'ils se feront prendre, qu'ils seront torturés, qu'ils se dénonceront mutuellement. La seule chose en laquelle ils croient fermement est l'impuissance du Parti face à leurs sentiments :

" They can't do that,' she said finally. It's the one thing they can't do. They can make you say anything -anything- but they can't make you believe it. They can't get inside you."

Julia et Winston ont tort de dire cela. Car il s'agit justement de ce qui rend Nineteen Eighty-Four si puissant. On croit toucher le fond à chaque instant, on croit que les choses s'amélioreront forcément, mais il devient de plus en plus évident que les personnages sont totalement cernés, dans une situation que l'on ne pouvait même pas concevoir avant d'ouvrir ce livre (si vous cherchez à vous remonter le moral, n'ouvrez pas ce livre). Je n'avais déjà pas une haute opinion de la télé-réalité, je crois que je n'entendrais plus jamais le terme de "Big Brother" comme avant.
Ce qui est le plus effrayant dans ce livre, c'est la lucidité dont fait preuve George Orwell à l'égard de la nature humaine. Il dénonce les totalitarismes, particulièrement le communisme (le livre a été publié en 1949), mais il n'a surtout aucune foi dans l'être humain. Il sait ce qui a fait défaut aux régimes nazi, fasciste, et ce qui fera défaut à l'URSS, et il crée un régime qui n'a pas hésité à aller encore plus loin. Le Parti ne veut pas une soumission de ses membres, il veut une adhésion totale et irréfléchie. L'idée du Nouveau Langage m'a glacé le sang :

"Don't you see that the whole aim of Newspeak is to narrow the range of thought ? In the end we shall make thoughtcrime literally impossible, because there will be no words in which to express it."

La dernière phrase du livre est la plus cynique que j'ai jamais lue. Oui, parce que l'on plonge tellement loin dans la noirceur de l'Homme, que beaucoup de passages nous font quand même rire jaune.
J'ai cherché une note d'espoir dans ce livre. Je pensais que Julia pouvait la représenter. Elle n'a pas connu ce qu'il y avait avant, et pourtant elle semble différente. Seulement, plus j'y repense, et plus je me dit que le Parti nous prouve avec ce qu'il fait à Winston, qu'il est capable de tout, et que personne ne peut lui échapper. S'il est impossible que Julia ait échappé au Parti, il n'y a qu'une solution possible, et c'est pire que tout...

Ce roman est horriblement frustrant, car toutes les questions restent sans réponse. Mais c'est parce que chaque mot que Orwell a écrit est parfaitement pensé. J'ai trouvé Le Livre horriblement ennuyeux et sans intérêt, j'ai vite compris pourquoi. Vraiment le meilleur livre que j'ai lu depuis un moment je crois.

Pour des avis moins décousus, allez chez Erzébeth et Karine.   

22 janvier 2009

A Tale of Two Cities ; Charles Dickens

doverpublications_2035_411048333_1_Dove Thrift Editions ; 304 pages.
1859.
V.F. : Un conte de deux villes ou Le marquis de Saint Evrémont
.

Lettre D du Challenge ABC :

Je crois que j'avais acheté ce livre plutôt qu'un autre Dickens parce que j'aime beaucoup l'édition (économique, format agréable, couvertures soignées...). Il s'agit d'une oeuvre de l'auteur peu connue en France par rapport à Oliver Twist ou David Coperfield je pense. C'est aussi l'un des seuls romans historiques de Dickens d'après ce que j'ai pu lire (Isil et Fashion, les gardiennes du temple de Dickens, le savent mieux que moi), et un très très grand livre.

L'histoire se déroule entre deux villes, Paris et Londres, pendant la Révolution française. Cela donne lieu à des personnages dont on ne sait plus trop de quelle nationalité ils sont et surtout à des situations très cocasses. J'ai particulièrement apprécié le face à face entre Miss Pross et la terrifiante Madame Defarge dans les toutes dernières pages :

"Each spoke in her own language; neither understood the other's words; both were very watchful, and intend to deduce from look and manner, what the unintelligible words meant."

Tout commence en 1775, lorsque le docteur Manette est sorti de prison après dix-huit ans à la Bastille. On ignore tout de ce qui lui est arrivé, et lui-même semble avoir perdu la raison : il se prend pour un cordonnier lorsque Mr Lorry, qui prétend n'être qu'un businessman, et la fille du docteur, le retrouvent chez un ancien serviteur, Monsieur Defarge. Après qu'il ait recouvré ses esprits, il se rend en Angleterre, et tente de reprendre une vie normale auprès de sa fille qu'il n'avait jamais vue et qui le croyait mort.
Cinq ans plus tard, le docteur Manette et sa fille sont amenés à témoigner dans un procès pour trahison. L'accusé, Charles Darnay, ne doit sa survie qu'à sa ressemblance troublante avec le clerc de son avocat, un jeune homme peu avenant, Sydney Carton.
Les années passent, Charles Darnay épouse Lucie Manette, qui a aussi fait (bien involontairement) la conquête de Sydney. Mais le bonheur du jeune couple est fragile.
Lorsque la Révolution éclate, avec les Defarge mari et femme en première ligne, Charles est contraint de retourner en France pour secourir un ancien serviteur.

Je suis vraiment désolée pour ce résumé absolument minable, mais je ne veux pas en dire trop, et le livre ne me facilite vraiment pas la tâche. Les intrigues sont beaucoup plus nombreuses et complexes qu'elles ne le paraissent. Je ne suis pas une grande amatrice de livres concernant la Révolution (à part Quatre-Vingt Treize lu et adoré il y a bien longtemps), et j'ignorais totalement les talents de Dickens pour le roman historique, mais là je suis bluffée. Il est évident que c'est du Dickens : ses personnages hauts en couleur (Mme Defarge et son tricot, Mr Lorry, Miss Pross...), ses périphrases exquises, sa façon de nous faire rire et pleurer à la fois... Je ne sais pas si c'est juste moi, mais il me semble qu'il y a vraiment un côté enfantin chez Dickens. Dans le ton employé par moments, qui fait que l'on sourit même dans les situations les plus tragiques, même lorsqu'on a le coeur brisé. La dernière phrase du roman est l'une des plus belles que j'ai jamais lues, une des plus émouvantes (je la remets pour ceux qui l'ont lue, les autres ne pourront de toute façon pas la comprendre hors contexte) :

"It is a far, far better thing that I do, than I have ever done; it is a far, far better rest that I go to than I have ever known."

Grâce à son génie, Dickens nous fait littéralement vivre dans le Paris de la fin du XVIIIe, plein de misères et de colère. La description des miséreux se jetant sur le vin renversé m'a particulièrement marquée. L'ironie que l'auteur met dans les descriptions d'exécutions sous la Terreur, ses répétitions, rendent la guillotine encore plus menaçante, et la misère encore plus visible.
Je ne peux pas clôre ce billet sans avoir un peu parlé de Sydney Carton. Il est présenté comme un être raté, peu intéressant, dont il faudrait presque se défier. Mais quand on comprend le rôle qu'il doit jouer... ! Je crois que c'est l'un des personnages de roman les plus sincères que j'ai rencontré. Ses discussions avec Mr Lorry, totalement insouciant, et sa promenade dans Paris, sa rencontre avec la jeune femme, toutes ces scènes sont superbes et terribles à la fois.   

Je voudrais bien avoir du mal à dire de ce livre afin de contrarier Isil et Cryssilda, une fois de plus... Mais je ne peux que vous engager à vous plonger dans ce chef d'oeuvre. J'ai découvert qu'il avait fait l'objet d'une récente réédition l'année dernière, sous le titre de Le marquis de Saint Evrémont.

L'avis de Karine (dans le même état que moi après sa lecture, en plus je vois qu'elle aussi a adoré le chapitre "Echoing Footsteps")


12 janvier 2009

The Amber Spyglass ; Philip Pullman

51dum6TvBYLScholastic Press ; 1024 pages.
V.F. : Le miroir d'ambre.

Je n'arrive pas à croire que j'ai mis un an à lire le dernier volet de la trilogie de Pullman. Enfin, si : mon livre regroupant les trois tomes pèse au moins deux kilos, et n'est pas du genre à tenir dans un sac à main... C'est après avoir terminé le tome 1 des Sally Lockhart que j'ai éprouvé une irrésistible envie de replonger dans l'univers de Lyra.

A la fin de The Subtle Knife, la fillette avait disparu. Nous la retrouvons en compagnie de la mystérieuse Mrs Coulter, qui la cache dans une grotte en la maintenant endormie, afin qu'elle ne s'échappe pas. Pendant ce temps, Will, qui a rencontré deux anges qui sont opposés au Régent, traverse l'Asie pour la retrouver. Tout comme les agents de Lord Asriel et ceux de l'Eglise.
Mary, la scientifique dont Lyra avait fait la connaissance en découvrant le monde de Will, découvre quant à elle un monde peuplé de créatures assez étranges, avec lesquelles elle sympathise rapidement. Ce monde est en déperdition, car la Poussière n'agit plus comme il le faudrait. Mary s'engage donc à chercher quelles sont les causes de ce phénomène. Un prêtre est à sa poursuite. Il a reçu pour mission d'éliminer Lyra, et sait qu'il la trouvera grâce à Mary.

Je ne sais pas comment exprimer ce que j'ai pu ressentir à la lecture de ce dernier tome. Les fins sont souvent un peu décevante, mais ce n'est pas du tout le cas ici. Non seulement le ton de l'histoire demeure le même que dans les volets précédents, mais en plus, il reste encore énormément de choses à accomplir avant de boucler l'histoire.
Pullman a encore de l'imagination a revendre, et c'est ainsi que nous découvrons toutes sortes de nouvelles créatures, que nous n'étions pas encore prêts à rencontrer dans les volets précédents. Certaines phrases du premier tome prennent toute leur importance seulement dans The Amber Spyglass. Absolument rien n'est laissé au hasard, et toutes les explications prouvent à quel point Pullman est un auteur talentueux. C'est déchirant, certes (ah ! cette trahison dans le monde des morts ! Cette révélation finale à propos de la poussière ! ), mais l'auteur veux être le seul maître à bord, et il s'en donne les moyens.
Impossible de souffler, ce tome est celui de tous les combats. Les personnages savent que c'est l'avenir de l'univers qui est en jeu. Outre les péripéties de Will et de Lyra, et les choix difficiles auxquels ils sont confrontés, j'ai été fascinée par la relation entre Mrs Coulter et Lord Asriel. Je me rappelle que j'avais trouvé le retournement de situation à la fin du tome 1 fort bien orchestré, je ne pensais pas si bien dire. Ces deux individus, pour lesquels le mensonge et la dissimulation sont une seconde nature, m'ont parfaitement manipulée.
Une fois la dernière page tournée, je me suis précipitée sur le tome 1 pour en relire au moins le début, et retrouver tous ces personnages qu'il est très difficile de quitter, et qui n'ont pas révélé tous leurs mystères.

His Dark Materials est donc tout simplement un chef d'oeuvre, et je vous conseille très fortement de ne pas passer à côté !

J'en profite pour dire deux mots de l'adaptation du premier tome, qui m'a sincèrement déçue. Je ne savais pas trop ce qu'on pouvait en attendre, mais certains choix m'ont beaucoup surprise (notamment le fait de ne pas respecter le découpage de Pullman, qui n'est absolument pas anodin). Ce roman est tellement complexe qu'en fait, j'ai trouvé que le moindre changement modifiait fortement le livre, et cela m'a beaucoup gênée (je suis pourtant une grande amatrice d'adaptations).
Une petite photo quand même pour les filles avides de kulture fashionesque que nous sommes (et aussi parce que j'aime beaucoup Selmaria) :

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Les avis de La Conteuse, Karine et Papillon.

10 janvier 2009

Le portrait de Dorian Gray ; Oscar Wilde

98375630_L_1_Presses Pocket ; 283 pages.
Traduction de Michel Etienne.
V.O. : The Picture of Dorian Gray. 1891.

Oscar Wilde est un auteur dont j'aime tout, et dont la vie me fascine. Pourtant, je n'avais jamais lu son unique roman, dont tout le monde connaît la trame sans même l'avoir lu tellement il a marqué les esprits. En voyant la couverture, j'ai du mal à croire que c'est moi qui ai acheté ce livre. Je suis plus exigeante d'ordinaire, j'essaie quand même d'acquérir des livres dont l'aspect fait envie.

Basil Hallward est peintre à Londres, à la fin du XIXe siècle. Sa vie bascule lorsqu'il rencontre le jeune Dorian Gray, au visage d'ange et à l'âme encore pure. Son portrait est un chef d'oeuvre complet, mais il sera aussi le début de la fin pour nombre de protagonistes de l'histoire. Car le tableau est magique, il vieillit et encaisse les erreurs de l'homme qu'il représente à la place de ce dernier. Dorian est en effet un esprit naïf, ce qui est très dangereux lorsque l'on possède la jeunesse éternelle et que rien ne semble pouvoir nous détruire.

A l'exception de quelques passages que j'ai trouvés un peu laborieux (quelques descriptions sont franchement longues et ennuyeuses), cette lecture a dépassé mes espérances (pourtant élevées). Le portrait de Dorian Gray est un roman incroyablement fort, dont on ne ressort pas indemne. Je crois que j'avais rarement utilisé autant de post-it pour noter les passages marquants d'un roman.
Celui-ci est composé de plusieurs couches. La première donne une apparence de légèreté à l'histoire. Dorian et Lord Henry sont de véritables dandys qui ne se préoccupent que de clubs, opéras, apparences, femmes, et autres plaisirs en tous genres. Ce sont des hommes très jeunes, qui semblent très éloignés des ennuis en général, et qui ne veulent que jouir de la jeunesse.
La deuxième couche est beaucoup plus sombre, et l'on réalise vite que la légèreté apparente de ce roman n'a pour but que de faire mieux ressortir le drame qui se noue. Mon personnage préféré est sans aucun doute Lord Henry Wotton. Il est délicieusement ironique et détaché, ses conversations sont toujours extrêmement drôles, mais c'est bien lui qui, par son insouciance, fait basculer Dorian. Basil avait prévenu :

" He has a very bad influence over all his friends, with the single exception of myself. "

Du début à la fin, Henry demeure le même, et malgré sa vivacité d'espritoscar_wilde, on réalise qu'il n'est pas plus clairvoyant qu'un autre. Ses propos sur la fin de son mariage m'ont beaucoup émue, et montrent à mon avis bien davantage le personnage et ses blessures dans ces quelques phrases échappées avec un ton ironique, que le reste du livre. Ce personnage m'a vraiment intéressée, pour moi il contient à lui seul tout le livre.
Plus discret, parce que plus timide, mais tout aussi émouvant, Basil Hallward est également un personnage indispensable au livre. Il est l'auteur du fameux portrait, et son amitié pour Dorian Gray est touchante, mais comme beaucoup de passionnés, il entraîne sa propre destruction.
Quant à Dorian, son insouciance est aussi grande que celle de ses amis. D'un caractère naïf et innocent, il se transforme peu à peu en individu instable. Il est impossible de le détester tout à fait, car il est une victime lui aussi, d'une certaine manière. J'ignorais la fin exacte du roman, aussi ai-je été surprise. Je pense qu'il peut y avoir une double interprétation de ce que Dorian désirait faire. Je préfère pour ma part penser qu'une part de lui même savait ce qu'il allait provoquer.

Oscar et moi sommes donc plus copains que jamais ! J'espère que vous ne tarderez pas à vous plonger dans cette merveille (pour ceux qui ne l'ont pas déjà fait).

Les avis de Livrovore, Papillon, et de Nanne.

06 janvier 2009

Sally Lockhart : La malédiction du rubis ; Philip Pullman

resize_2_Folio Junior ; 318 pages.
Traduction de Jean Esch. 1985.
Titre Original : The Ruby in the Smoke.

J'avais vaguement entendu parler de la première série écrite par Philip Pullman, mais j'ignorais de quoi il s'agissait. J'ai appris lors du Victorian Christmas Swap que les Sally Lockhart se déroulait à l'époque victorienne, ce qui a attiré mon attention.

Sally Lockhart a seize ans, et son père vient de mourir à l'autre bout du monde, où il s'était rendu pour affaires. Recueillie par une parente peu attentionnée, elle reçoit un billet étrange, qui l'amène à aller voir l'ancien associé de son père. Elle a finalement une entrevue avec Mr Higgs, un autre membre de la compagnie, qui décède devant ses yeux après qu'elle ait évoqué les "sept bénédictions" auxquelles le billet anonyme reçu fait allusion.
Dans le même temps, un marin accro à l'opium et terrifié par les Chinois débarque à Londres, où une femme cupide le prend en pension, et le retient prisonnier.
Sally, qui comprend que sa vie est menacée pour des raisons qui lui échappent, entreprend alors d'enquêter sur les mystères qui entourent la mort de son père, et sur les cauchemars étranges qui troublent son sommeil.
En chemin, elle rencontre Frederic Garland, un jeune photographe, Rosa, la soeur de ce dernier, Trembleur, leur fidèle ami et ancien pickpocket, et Jim, un jeune garçon qui travaille pour Mr Selby, l'ex-associé de Mr Lockhart.

Si vous chercher une série à la hauteur de A la croisée des mondes, vous risquez d'être déçu en lisant les Sally Lockhart. J'ai beaucoup aimé ce premier tome, mais il faut bien reconnaître que Sally fait pâle figure à côté d'une Lyra. Bien que la première soit plus âgée, je suis moins surprise de voir Sally Lockhart en lecture jeunesse que je ne l'avais été pour A la croisée des mondes. L'intrigue est moins complexe, les personnages ne nous font pas tourner en bourrique (à part un), nous ne sommes pas dans un univers avec des tas de mondes parallèles...
Mais, Philip Pullman a quand même un style qui me plaît beaucoup, et dont il usait déjà lorsqu'il a écrit les Sally Lockhart. J'aime particulièrement sa façon de présenter les événements avec brutalité et détachement :

"Elle s'appelait Sally Lockhart, et dans moins d'un quart d'heure, elle allait tuer un homme." (je vous rassure, c'est la première page du roman, aucun spoiler donc).

J'ai dit au début de mon billet que La malédiction du rubis est plus enfantin que A la croisée des mondes. C'est exact, mais Pullman n'est pas un auteur qui y va avec des pincettes. Certains passages sont violents, et supprimer des personnages ne lui pose aucun problème.   
Malgré tout, j'aime infiniment voyager avec lui, et je veux absolument aller sous les tropiques maintenant :

"Si vous n'avez vu les étoiles qu'en Angleterre, vous n'avez jamais vu d'étoiles. Sous les tropiques, elles ne luisent pas faiblement comme ici, elles étincellent ! Dans notre sillage, les gerbes d'écume se composaient de milliards de lumières blanches, et des deux côtés du bateau, la mer était remplie de mouvements vifs et brillants : des poissons qui filaient dans les profondeurs, de grands nuages scintillants et des voiles de couleurs indistinctes, des petites houles et des tourbillons de lumière tout en bas. "

J'ai du mal à vous parler de ce livre, je m'en rends bien compte. J'ai eu la bonne idée de découvrir Sally Lockhart en n'ayant pas lu Philip Pullman depuis un an, mais cela m'a donné envie de lire The Amber Spyglass avant d'avoir rédigé mon billet, et je n'arrive pas à me détacher de ce dernier. Pourtant, ce livre le mériterait, parce que Pullman ne sait pas créer des personnages insignifiants, et il le prouve ici encore. De même, l'intrigue est très bien menée, je ne me suis pas du tout ennuyée à la lecture de ce roman, qui est idéal en cette période un peu morose d'après Noël.

Les avis d'Isil et Clarabel.

29 décembre 2008

Une étude en rouge ; Sir Arthur Conan Doyle

resize_2_Librio ; 126 pages.
Traduction de Lucien Maricourt.
Titre original : A Study in Scarlet. 1887.

Je rentre de vacances, et j'ai 186 billets non lus dans mon Google Reader, 186 ! (je voulais juste me plaindre...)

Sir Arthur Conan Doyle est encore un auteur que je voulais découvrir depuis très longtemps. Je ne suis pas du tout une connaisseuse en matière de romans policiers, et je crois qu'à part une obscure BD inspirée du Chien des Baskerville, je n'avais jamais eu aucun contact avec cet auteur. Comme tout le monde, je connaissais le nom de Sherlock Holmes, et son fameux "Elémentaire, mon cher Watson ! " (qui n'est d'ailleurs pas une invention de Doyle d'ailleurs) J'espère bien profiter de 2009 (année des classiques) pour faire plus ample connaissance avec les deux associés.

Une fois n'est pas coutume, j'ai décidé de faire preuve de logique en choisissant le titre de ce livre. Il s'agit tout simplement de la première apparition de Sherlock Holmes, et de sa rencontre avec le Docteur Watson, fraîchement rentré en Angleterre. Les deux hommes sont à la recherche d'un logement confortable, et la colocation leur apparaît comme une nécessité financière. Un ami les met en relation, et voilà Watson qui se retrouve devant un individu peu avenant (je commence d'ailleurs à croire qu'être très prétentieux est la condition sine qua none pour être un grand détective de la littérature), qui joue merveilleusement du violon, et qui exerce une profession un peu étrange, puisqu'il est amené à aider la police dans ses enquêtes.
Très vite, Sherlock Holmes démontre qu'il est difficile de lui dissimuler quoi que ce soit, et le meurtre pour lequel il est amené à s'associer à la police nécessite bien un tel talent. En effet, un homme a été retrouvé mort dans une maison vide. Rien sur le corps ne laisse soupçonner que le décès n'était pas dû à une cause naturelle, excepté le mot Rache (violence en allemand) écrit avec des lettres de sang sur le mur.

Cette rencontre avec Sherlock Holmes a été une vraie réussite ! Ce qui m'a le plus bluffée est le changement total (désolée d'être si vague, mais c'est pour ne pas vous gâcher la découverte de cette enquête) qui intervient au moment où Sherlock Holmes annonce le nom du tueur. C'est à ce moment que j'ai compris que j'avais affaire à un grand auteur, qui était capable de rompre le rythme de son histoire, et de nous embarquer dans un endroit totalement différent que l'on n'aurait jamais soupçonné, et qui s'est révélé être captivant. J'entends beaucoup parler des mormons ces derniers temps, et je n'aurais jamais pensé qu'un auteur de la fin du XIXe pouvait envisager ce mouvement avec autant de recul.
A part cela, l'ambiance est délicieuse, mais je crois que je ne me lasserais jamais de Londres et du XIXe siècle. J'ai déjà dit deux mots sur les personnages, mais je vais quand même en rajouter un peu. En fait, on comprend très vite que ces deux personnages ne sont pas parfaits, qu'ils n'ont pas grand chose en commun, mais il me semble que l'auteur n'a pas totalement levé le voile sur leur identité, ce qui me donne encore plus envie de lire le reste des aventures de Sherlock Holmes et du Docteur Watson. Je ne suis pas une connaisseuse en matière de romans policiers (c'est peu de le dire), mais il me semble que certains des éléments que je viens d'évoquer pour vous parler des deux personnages principaux se retrouvent dans beaucoup d'enquêtes publiées par la suite.

Je ne sais pas quoi vous dire de plus. Ce livre m'a vraiment enchantée, et j'ai déjà commencé à acquérir d'autres ouvrages de Sir Arthur Conan Doyle. Comme nous sommes bientôt en période de voeux, et qu'il faut garder espoir, on va dire que je vous en reparle très vite !   

20 décembre 2008

Victorian Christmas Swap...

Et ma swappeuse était... Manu !!!

Quand mon paquet est arrivé, j'avoue que j'étais encore tranquillement en train de dormir. Heureusement, je n'étais pas seule. J'ai d'abord entendu les grelots qui faisaient beaucoup de bruit, alors je suis descendue en trombe me jeter sur mon paquet.

J'ai tout juste eu le temps de me rappeler qu'il fallait que je prenne des photos. Le colis était éventré en moins de dix secondes.

Projet3

Manu n'aurait pas pu me faire un plus joli colis. Tout ce qu'elle a choisi m'a rendue à moitié dingue. Admirez un peu :

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Les livres d'abord : j'avais complètement succombé au billet de Lou sur Les maîtres de Glenmarkie, au point que j'ai failli l'acheter quelques jours avant d'avoir mon paquet. Le portrait de Madame Charbuque était encore une envie due à Lou. Quant à Conrad, il était sur ma liste d'auteurs à découvrir depuis quelques temps déjà. Excellente enquête de la part de Manu donc, j'en ai d'ailleurs déjà lu deux (le billet sur Typhon arrive d'ici dimanche soir je pense). 

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Ensuite, les douceurs : la fan de thé que j'ai fini par devenir a été comblée par ces deux boîtes que je n'ai jamais goûtées. J'ai aussi eu droit à des confiseries de Noël, qui ne raviront pas que moi d'ailleurs...

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Ce n'est pas fini, j'ai aussi eu droit à une superbe boîte de Noël, à des décorations de Noël ravissantes, à une bougie en forme de Père Noël, et à une boule pour le bain :

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Le tout accompagné d'une jolie carte de Noël ! C'est ce que j'appelle être pourrie gâtée. Encore mille merci pour tous ces cadeaux Manu !

Et merci à nos organisatrices, Lou et Cryssilda, qui nous ont vraiment gâtées avec ce swap.

Pour ma part, j'ai envoyé un colis chez Praline.

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