22 janvier 2020

Les mains du miracle - Joseph Kessel

kesselC'est une curieuse histoire que nous raconte Joseph Kessel dans Les mains du miracle. Je connaissais les actions étonnantes et culottées du frère d'Hermann Goëring mais j'ignorais tout du docteur Felix Kersten, le médecin d'Heinrich Himmler.

Sinistre figure du régime nazi dont il était le numéro deux, Heinrich Himmler est surtout connu pour sa responsabilité dans la mort de dizaines de millions de personnes durant la Seconde Guerre mondiale. Fasciné par son Führer, séduit par l'idée d'une race aryenne dominant le monde et raciste jusqu'à la moelle, rien ne pouvait a priori le détourner de ses activités meurtrières. Pourtant, Himmler a, à plusieurs reprises durant les années de guerre, renoncé à des éliminations et déportations massives. Derrière ces actions, il ne faut pas voir l'oeuvre du repentir, mais celle d'un homme, le docteur Felix Kersten.
Appelé auprès du Reichsführer en 1938, celui-ci lui avoue souffrir de douleurs terribles. Kersten, médecin spécialisé dans les massages thérapeutiques, est le seul qui parvient à lui apporter du soulagement malgré sa haine du nazisme. Devenu le confident et le seul ami d'Himmler, il use alors de son influence pour sauver des milliers de vies.

Joseph Kessel est un ancien résistant et spectateur du procès de Nuremberg. Lorsqu'il entend pour la première fois l'histoire de Felix Kersten, il se montre sceptique. Ce sont les documents et les témoignages recensant les actions du médecin pendant la Deuxième Guerre mondiale qui le convainquent que cet homme a bel et bien usé de son influence pour obtenir des faveurs d'Heinrich Himmler.

J'ai écouté ce livre avec intérêt, mais je dois avouer que cette première lecture de l'année est plutôt une déception. Tout d'abord, si l'histoire pourrait être passionnante, je trouve l'intérêt littéraire de cette œuvre limité. Le récit est monotone. Même lorsque Kersten se promène avec des documents qui lui vaudraient l'échafaud s'ils étaient découverts ou lorsqu'il échappe de peu à une tentative d'assassinat, le style reste plat et nous ne ressentons aucune tension.
Mais surtout, alors que l'auteur prend soin de ne pas succomber à un enthousiasme débordant dans les premières pages de son livre,  Les mains du miracle est finalement une véritable hagiographie. Joseph Kessel ne cesse de répéter que son héros n'a agit que par bonté d'âme, faisant fi de tout danger. Cependant, les faits rapportés reposent presque exclusivement sur le témoignage du principal intéressé.
Le traitement même du personnage d'Himmler est curieux. Dans cette biographie romancée, nous approchons l'un des principaux bourreaux nazis. J'avais eu l'occasion de lire un livre sur les criminels cambodgiens dans lequel il était question de la distance mise par les hommes entre eux et les pires criminels, qualifiés de "monstres". Cela s'applique évidemment aux dignitaires nazis, dont personne n'admettrait une seconde qu'il pouvait s'agir d'hommes avec lesquels nous partageons (dans une certaine mesure) des sentiments, des ressentis et des attitudes. Joseph Kessel ne rend pas Himmler sympathique mais l'on se demande comment il aurait pu atteindre un tel grade dans le système nazi s'il était réellement comme le décrit Kersten. C'est un homme très seul, l'un des rares à ne pas s'enrichir grâce à sa position, et probablement aussi l'un des plus fanatiques. Mais, dans le livre, il est au mieux méprisable et ressemble à une véritable marionnette entre les mains de son médecin. Lorsque Kersten, découvrant la pendaison de l'un de ses amis (accusé d'avoir participé à l'attentat de 1944 contre Hitler), le gronde comme un enfant de cinq ans, on le sent tout penaud. Les chefs nazis en général apparaissent comme des hommes immatures, passant leur temps à se disputer la faveur de leur chef, à moitié fous et d'une bêtise confondante. A aucun moment Himmler ne semble soupçonner le moins du monde son médecin, qui pourtant lui dit ne pas partager ses opinions, de vouloir oeuvrer contre le régime nazi. Kessel a beau expliquer que le dignitaire nazi est trop imbu de lui-même et dépendant de Kersten pour envisager une telle trahison, une telle simplicité d'esprit me laisse sceptique.

Alors, Felix Kersten était-il un véritable héros dont les actions ont été éclipsée par celles du comte Bernadotte, ou bien ses actions ont-elles été bien plus limitées que Joseph Kessel le laisse entendre ? Nous n'aurons évidemment jamais la réponse à cette question. Dans tous les cas, il en a fait un personnage romanesque de peu d'intérêt.

L'avis d'Ysppaddaden (à qui le caractère hagiographique du livre n'a pas échappé non plus).

Ecoutez Lire. 9h20.
1960 pour l'édition originale.


28 juillet 2018

Le Joueur - Fédor Dostoïevski

joueur" Vous êtes courageux ! vous êtes très courageux ! me dirent-ils, mais partez demain matin, sans faute, aussitôt que vous pourrez, sinon, vous allez tout reperdre, tout... "

Alexei Ivanovitch, un précepteur de vingt-cinq ans, se rend à Roulettenbourg avec la famille du général pour lequel il travaille. Ruiné, ce dernier attend avec impatience le message qui lui apprendra la mort d'une vieille tante. Si Alexei Ivanovitch n'éprouve pas la moindre compassion pour son employeur, il est en revanche fou amoureux de Polina, la belle-fille du général. Bien qu'elle refuse de se confier, il devient vite évident quela jeune fille est dans une situation délicate et qu'elle a un besoin d'argent pressant. Pour l'aider, Alexei Ivanovitch commence à jouer à la roulette.

Je n'ai pas tout aimé dans ce livre. Malgré ses deux cents pages, j'ai été tour à tour captivée et franchement ennuyée. Malgré tout, c'est un texte extrêmement intéressant.
Ce qui frappe d'abord, c'est la modernité du style. Notre héros a beau avoir des airs bien de son époque, frappé par le spleen qui touche les héros romantiques, j'ai eu du mal à ne pas rapprocher son histoire de celles vécues par les héros de Schnitzler et de Zweig. Pas de narrateur omniscient ici, l'histoire est racontée avec fébrilité par Alexei Ivanovitch, qui couche ses émotions sur le papier durant près de deux ans. Nous pénétrons brutalement dans ses pensées, obscures, dès le début du livre, ce qui me paraît très peu commun pour un livre du XIXe siècle. La psychologie du personnage occupe une telle place dans ce roman que je n'ai pas été surprise d'apprendre que Freud l'avait étudié de près. On sent le personnage principal instable, inconséquent. Ses émotions sont exacerbées et malgré sa clairvoyance il laisse les autres le manipuler à leur guise.
Si vous cherchez des personnages attachants, passez votre chemin. Le général, Alexei Ivanovitch, Des Grieux, Mademoiselle Blanche, Polina, tous sont intéressés, égoïstes, méprisants et méprisables. La seule qui se détache un peu du lot et qui apporte de la légèreté est la vieille tante qui refuse de mourir et à laquelle on permet tout en raison de son âge et de son argent. On trouve dans ce livre toute la haine que l'auteur éprouvait pour les Allemands, les Français, même si les Russes sont loin d'être épargnés à travers leurs représentants.
Il semblerait que ce livre soit partiellement autobiographique puisque Dostoïevski était joueur, et qu'une fois sa passion du jeu vaincue, il l'a remplacée par une dévotion religieuse extrême. J'ai toujours trouvé les casinos sordides, mais l'auteur nous décrit si bien la fièvre qui s'empare du joueur, qu'il ait gagné ou qu'il soit au bord de la ruine, que l'on est comme hypnotisé par le jeu décrit.

Dostoïevski continue à me surprendre et à me bousculer, et je dois dire que j'aime plutôt ça.

Babel. 233 pages.
Traduit par André Markowicz.
1866 pour l'édition originale.

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22 août 2014

La bienfaitrice - Elizabeth von Arnim

la-bienfaitrice-elizabeth-von-arnimAnna Escourt est une source de déception perpétuelle pour sa belle-soeur Susie. A vingt-cinq ans, elle refuse de se marier et menace de partir balayer les rues plutôt que de continuer à dépendre des autres.
Lorsqu'elle reçoit à la mort de son oncle une propriété en Allemagne qui lui assure un revenu de deux cents livres par an, elle se rend immédiatement sur place en espérant ensuite rentrer en Angleterre et jouir à distance de sa nouvelle indépendance. Cependant, une fois arrivée, elle décide de rester et d'ouvrir sa demeure à des dames qui, comme elle, ont connu la pauvreté malgré leur haute naissance.

Voilà un roman absolument délicieux à découvrir aussi bien au bord de la plage qu'au coin du feu (oui, avec ce temps, j'ai fait les deux).
Anna est une de ces jeunes héroïnes anglaises comme on les aime. A la fois enthousiaste et naïve, elle met quelques temps à ouvrir les yeux dans ce monde d'hommes où les fortes têtes n'ont pas vraiment leur place. Sa famille veut qu'elle se marie, son régisseur allemand compte bien lui faire courber la tête, et ses ingrates pensionnaires la méprisent de les accueillir comme elle le fait au mépris des bonnes manières. 
Elizabeth von Arnim ne fait pas dans la dentelle, et rares sont les personnages qui ne nous deviennent pas odieux rapidement. Les femmes sont prisonnières de leur statut, qu'elles soient mariées, veuves ou célibataires. Susie est une parvenue, et tout son argent et son mariage avec un grand nom ne peuvent la faire intégrer les cercles qu'elle convoite. Les pensionnaires d'Anna, de haute naissance pour deux d'entre elles, préfèrent la faim et le froid plutôt que l'idée de travailler. Les hommes sont certains de leur supériorité, tyrannisent leurs épouses, et perdent la tête lorsqu'ils constatent qu'Anna est inconsciente que sa richesse nouvellement acquise n'est rien face à eux puisqu'elle appartient au sexe faible.

Heureusement que le bel Axel von Lohm est présent pour veiller au bien-être de la jeune fille. Face à tous ces vils personnages, il fait vraiment figure de chevalier en armure, mais on ne va pas faire les difficiles car il lui faut bien ça. Entre les manigances du régisseur qui rêve d'une briqueterie, le fils de la baronne qui fait une cour des plus lourdes et ridicules à Anna, le vicaire qui lui envoie des poèmes d'amour par le biais de sa nièce, le lecteur a de quoi s'amuser, mais notre héroïne le prend avec moins d'humour.

En résumé, on s'indigne, on rit et surtout on ne se prend pas la tête. Une lecture parfaite pour les vacances.

L'avis d'Eliza.
Archipoche. 360 pages.
1901 pour l'édition originale.

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29 septembre 2013

A l'ouest rien de nouveau - Erich Maria Remarque

remarque-erich-maria-a-louest-rien-de-nouveauPaul Bäumer n'a pas vingt ans, mais il est déjà presque un vieux soldat dans les tranchées allemandes alors que la Première Guerre mondiale fait d'innombrables victimes. Aux côtés de ses camarades de moins en moins nombreux, il tente de défendre sa patrie et surtout de survivre à cette guerre dont il ne comprend pas les raisons.

En ouvrant ce livre qui m'attendait sagement depuis plusieurs années, j'ignorais que j'allais découvrir un aussi beau roman.
A l'ouest rien de nouveau est un livre très dur, et pourtant il est facile de s'y plonger et de suivre cette bande de gamins au milieu des tranchées.
Ils sont jeunes pour la plupart, y compris le narrateur donc. Et en Allemagne comme en France, cette jeunesse est sacrifiée sur l'autel d'on ne sait quoi. Faire la guerre à vingt ans, c'est courir à la mort, aux mutilations. C'est connaître une vie qui n'est faite que de cadavres et de violence, puisque contrairement aux soldats plus âgés, qui ont déjà une famille, les nouvelles recrues n'ont jamais connu autre chose. Ils n'ont même pas eu le temps d'apprendre, d'avoir les moyens de comprendre pourquoi ils détestent les Français. Comme des enfants, ils ont cru à la sagesse de l'âge adulte.

"Or, le premier mort que nous vîmes anéantit cette croyance. Nous dûmes reconnaître que notre âge était plus honnête que le leur. Ils ne l'emportaient sur nous que par la phrase et l'habileté. Le premier bombardement nous montra notre erreur et fit écrouler la conception des choses qu'ils nous avaient inculquées."

Malgré cela, ils obéissent. Ils ramassent et regardent mourir leurs amis, ils serrent dans leurs bras les recrues terrorisées. Ils se font aussi tirer dessus par les leurs, donner puis retirer de belles tenues neuves lorsque le Kaiser vient les passer en revue... Et comme nous sommes du côté allemand, nous les voyons peu à peu sombrer et perdre la guerre.
Quelques permissions leur sont accordées, mais elle n'ont pas le goût du bonheur. Il faut prétendre que tout va bien, qu'il ne faut pas s'inquiéter et croire ce que l'on raconte. Et puis, ces moments de repos ont toujours une fin, ce qui les rend amers.
Paul Bäumer est un narrateur intelligent, qui se permet de questionner ce qui lui arrive en compagnie de ses camarades. Il est de plus en plus conscient de ce qu'on lui a fait, et espère bien qu'un jour on lui rendra des comptes. C'est aussi un jeune homme bouleversant. Il décrit la peur, la violence ou l'espoir qui l'étreignent, recherchant sans cesse un peu d'humanité dans toutes les bassesses et l'horreur qui l'entourent.

Pour donner un peu d'air à son lecteur, et surtout ne pas sombrer lui-même dans la folie, le narrateur dédramatise malgré tout la guerre en nous livrant des situations cocasses. Il est ainsi questions de caisses servant aux soldats à faire leurs besoins. D'abord pudiques, ils se réunissent peu à peu dans ces moments-là pour échanger et oublier quelques instants qu'ils sont de la chair à canon. Un peu plus loin dans le récit, les Français bombardent un cimetière où les Allemands se sont retranchés. Nous avons donc droit à la description de cercueils volants et de cadavres tués une nouvelle fois. Bien que souvent en demi-teinte, ces remarques sont les seules traces d'insouciance qui demeurent chez ces jeunes soldats.

A la fin du livre, tout ce qui nous reste est une impression de gâchis absolu. Ce réquisitoire contre la guerre superbement écrit est un livre à mettre entre toutes les mains.

Le Livre de Poche. 219 pages.
Traduit par Alzir Hella et Olivier Bournac.
1929 pour l'édition française.

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01 mai 2009

Femme de Chambre ; Markus Orths

resize_5_Liana Levi ; 131 pages.
Traduit de l'allemand par Nicole Casanova.
V.O. : Das Zimmermädchen. 2008.

Voilà un petit livre qui m'a attirée avec sa couverture. La femme qui pose me fait penser à une gouvernante anglaise.

Pas du tout. Il s'agit en fait de l'histoire de Lynn, une jeune femme qui vient de passer six mois dans un hôpital, afin de soigner une dépression. Elle se fait engager par son ancien compagnon comme femme de chambre dans un grand hôtel, et s'occupe en faisant le ménage avec une minutie extrême.
Un soir, elle s'allonge sous un lit, et passe la nuit avec un client qui ignore sa présence. Dès lors, chaque mardi, elle répète cette action. Comme elle répète les autres petits événements qui ponctuent son existence, comme elle en crée d'autres pour pouvoir les répéter.

Voilà un petit livre très étrange. Il se passe très peu de choses dans ce livre, les dialogues sont rares et brefs, le style est détaché et très précis. Pourtant, il s'agit d'un récit pesant, à cause des non-dits qui habitent chaque phrase, chaque événement. Lynn ne va pas bien, mais on ne saura jamais ce qui lui est arrivé. Pourquoi elle est allée à l'hôpital, qui elle était avant.
On l'observe, cherchant à ne pas penser, se liant de manière très étrange à des inconnus, se réfugiant sous les lits de ces chambres qu'elle connaît, un peu comme si elle était dans le ventre d'une mère. Une mère que Lynn n'a pas, car la sienne ne lui offre pas de réconfort. Cela peut sembler malsain de se cacher sous le lit d'une chambre d'hôtel, évidemment. Mais quand je dis qu'il ne se passe rien ou presque dans ce livre, c'est vrai. Se cacher sous le lit n'est pas un événement dans la vie de Lynn, du moins pas comme on se l'imagine. Lynn n'est pas quelqu'un de dangereux, elle est seulement blessée. Par des événements qu'elle ne peut exprimer, auxquels elle ne veut pas penser, et auxquels le lecteur n'aura jamais accès.
Un semblant d'horizon semble percer au cours du récit, un espoir amoureux et donc fragile, surtout lorsque l'on est une femme comme Lynn. Je m'arrête là pour ne pas tout vous dévoiler, mais disons que cette relation se noue de façon très intéressante, en totale harmonie avec qui est notre héroïne.

Une lecture qui m'a donc amenée à beaucoup m'interroger, et que je recommande.   
 

07 décembre 2008

Le voyage dans le passé ; Stefan Zweig *spoilers*

51kw2haF1vLGrasset ; 172 pages.
Traduction de Baptiste Touverey. 1976.
V.O. : Die Reise in die Vergangenheit.

Inédite en français jusque là, Grasset a entrepris de traduire cette nouvelle de Stefan Zweig, qui raconte les retrouvailles de deux amants, séparés par le travail et la guerre. Ils se sont connus quand il était le secrétaire particulier de son époux à elle. Ils se sont aimés secrètement et de façon presque platonique durant les quelques jours précédant le départ de Louis pour l'Amérique, et elle lui a promis d'être à lui à son retour, quand il le désirerait. Son absence devait initialement durer deux ans, le premier conflit mondial les aura finalement faits patienter neuf longues années, soit "quatre mille nuits".  Elle est veuve, lui s'est finalement marié et est père de famille.

Cette nouvelle est un véritable bijou, un de plus de la part de Zweig, qui sait décrire les sentiments amoureux avec une habilité peu commune. Ayant déjà lu l'auteur, je m'attendais un peu à des retouvailles contrariées. Cependant, j'ai quand même été surprise par la justesse avec laquelle nos deux amants sont décrits. Ils ont conservé le goût d'inachevé de leur histoire, mais neuf ans ont passé, et la réalité les frappe de plein fouet lorsqu'ils réalisent qu'ils ne peuvent reprendre leur relation là où ils l'ont laissée. Il luttait pour son indépendance quand ils se sont connus, et c'est l'extrême lucidité dont elle faisait preuve à son égard qui l'avait conquis. Au Mexique, il est devenu un personnage respectable, et elle est désormais presque une vieille dame. Les souvenirs qui finissent par leur remonter ne sont que ceux qui présageaient de l'échec de leurs retrouvailles. Ainsi, ces mots de Verlaine qu'elle avait lus à Louis :

Dans le vieux parc solitaire et glacé
Deux spectres cherchent le passé

C'est incroyable que ces quelques mots, glissés dans les réflexions de Louis, puissent contenir autant de sens.

Magnifique.

A noter que le texte français est suivi de la version allemande. L'avis de Fashion.