15 novembre 2007
A la croisée des mondes, Tome 2 : La tour des anges ; Philip Pullman
Folio SF ; 446 pages.
6,60 euros.
Je vous préviens, ça fait trois semaines que j'essaie d'écrire ce billet, et comme j'en ai marre de ne pas y arriver mais que je veux quand même vous parler de ce livre, je poste !
Après avoir dévoré le tome 1 de A la croisée des mondes, je me suis donc ruée sur le second opus. Je n'ai pas vraiment été déçue, même si je suis moins sous le charme que lors de ma lecture du premier volet (le fait que ma lecture ait été très éparpillée y est sans doute pour quelque chose).
L'histoire : Nous retrouvons Lyra, toujours en compagnie de son daemon Pantalaimon. A la fin du premier volet, ils venaient d'emprunter le pont entre plusieurs mondes construit par Lord Asriel. Cela les a conduits dans un monde où il ne semble y avoir personne. Les maisons sont vides, et certaines choses (comme les frigos) sont totalement inconnues de Lyra.
Finalement, elle recontre Will, un jeune garçon venant également d'un autre monde (le nôtre je suppose) et qui recherche son père. Ensemble, ils vont tenter d'en apprendre plus sur la destinée de Will, tandis que dans les autres mondes, les adultes recherchent Lyra, et se préparent à un grand bouleversement.
Il y a une chose que j'ai aimée en particulier dans ce livre, c'est la multitude des points de vue. Ils nous permettent d'envisager l'intrigue à travers les yeux de différents personnages pas toujours au même endroit. Grâce aux informations récoltées, on peut commencer à reconstituer avant même Lyra et les autres, quelques éléments du puzzle créé par Philip Pullman.
En fait, ce tome est une vraie transition entre le premier et le troisième tome. Il s'y passe relativement peu de choses, à part sur la fin, mais on sent que des choses importantes se préparent. Des anges en très grand nombre traversent le ciel, les gens commencent à choisir leur camp... Surtout, ça ne rigole plus du tout. Autant certaines choses étaient plutôt amusantes dans le premier volet, autant cette fois-ci les personnages n'ont plus la tête à plaisanter. En même temps, on peut comprendre que quand on essaie de comprendre l'organisation de l'univers (surtout celui du livre, avec plusieurs dimensions et des créatures fantastiques dans tous les coins), il est difficile de penser à autre chose... De plus, Lyra et Will mènent une vie dangereuse qui les isole du reste des enfants qu'ils peuvent rencontrer. Philip Pullman continue en effet à ne pas être tendre avec ses personnages, ni avec la nature humaine.
Malgré cela, on passe quand même un bon moment de lecture. J'ai eu un peu de mal au début du livre, car Philip Pullman va assez lentement et est beaucoup plus dans la théorie que dans le tome précédent. En plus, ni mon cher Lord Asriel (au passage, je n'arrive pas à imaginer Daniel Craig dans le rôle de ce type censé incarner l'élégance anglaise... et je ne vous parle même pas de Nicole Kidman en Mme Coulter...) ni Iorek Byrnison n'apparaissent dans ce tome. Heureusement, l'intérêt revient au galop quand on se met à suivre le parcours des sorcières ou de Lee Scoresby, et quand l'action reprend.
Il ne me reste plus qu'à lire le dernier tome...
29 septembre 2007
A la croisée des mondes, Tome 1 : Les royaumes du Nord ; Philip Pullman
Folio SF ; 533 pages.
6,60 euros.
Pour me faire pardonner cette longue absence, je reviens avec un très bon roman à vous conseiller. Je l'ai acheté lors d'une de mes flâneries à la librairie. Il me semblait avoir lu des billets dessus il y a déjà un certain temps, et le résumé me tentait bien.
Les avis de Papillon et de Thom m'ont poussée à le lire tout de suite, et bien m'en a pris.
L'histoire : Elle se déroule dans un monde qui pourrait être le nôtre, mais ce n'est ni tout à fait notre époque, ni tout à fait la réalité. Le siège de l'Église dominante n'est pas à Rome mais en Suisse, les Tartares sèment la terreur dans l'imaginaire collectif, et chaque être humain possède un "daemon", qui prend la forme d'un animal de sexe opposé au sien. Tant qu'une personne est enfant, son "daemon" peut changer de forme à sa guise, un peu comme un jeune humain fait des choix variés avant de devenir la personne qu'il veut être. Une fois l'humain adulte, son daemon ne peut plus se transformer, et garde la forme d'une créature qui reflète une part de sa personnalité.
Lyra est l'une des enfants de l'univers créé par Philip Pullman. Curieuse, têtue et effrontée, elle vit à Jordan College au milieu des Érudits, jusqu'au jour où une envoûtante jeune femme vient la chercher. Ce même jour, Roger, le meilleur ami de Lyra, est enlevé par les Enfourneurs, qui capturent des enfants sans que personne ne sache vraiment ce qu'il advient d'eux.
Peu après, Lyra décide de partir à la recherche de son ami Roger. Cela la mène dans le Nord, où vivent également des ours guerriers terrifiants, qui détiennent Lord Asriel, l'oncle de Lyra.
Mon avis : En ce moment, j'ai besoin d'évasion dans mes lectures. En cela, Les royaumes du Nord est tombé à merveille. Philip Pullman mêle les légendes et les époques avec une habileté remarquable. L'univers qu'il construit est parfaitement crédible, et lui permet à la fois de nous faire voyager dans un monde passionnant et de critiquer habilement la fragilité des institutions et des esprits humains quand ils sont manipulés par une personne habile.
Car si cette histoire est parsemée de touches d'humour et de merveilleux qui la rende très agréable à lire, le sujet en lui même n'a rien de léger. D'ailleurs, je trouve étrange que l'édition jeunesse soit "à partir de 10 ans". Certains éléments abordés dans ce livre me semblent plutôt difficile à comprendre pour des enfants. Sans parler de ce qu'il advient des plus jeunes dans ce roman... Au début de ma lecture, j'ai pensé aux Chroniques de Narnia, mais ce sentiment s'est très vite estompé. Pour en revenir au livre, j'ai trouvé que Philip Pullman allait beaucoup plus loin que je ne le pensais au premier abord. Comme je l'ai déjà dit, il utilise le merveilleux pour introduire des questions très sérieuses et toujours d'actualité comme des autorités fermant les yeux sur des drames touchant des gens considérés comme en marge de la société, ou sur les activités de certaines personnes très puissantes.
Toutefois, il ne nie pas la complexité de ces choses. Quand le Maître de Jordan College verse du poison dans le vin de Lord Asriel au tout début du livre, qui est le vrai méchant ? Ce genre de mystère permet par ailleurs de rendre le récit captivant et de créer un rythme très soutenu. En effet, chaque personnage est un mystère en lui même, et tient le lecteur curieux en haleine. Qui est gentil et qui est méchant sont des questions auxquelles Philip Pullman se garde d'ailleurs bien de répondre à la fin du tome 1. Au contraire, il s'amuse même à brouiller les pistes. Si un tel est méchant, pourquoi refuse t-il de prendre ce que Lyra lui tend ?
A peine avais-je refermé ce livre que les personnages me manquaient déjà. Trop de questions restent en suspens, du coup j'ai couru acheter la suite de cette trilogie !
L'avis de Chrestomanci.
27 septembre 2006
Trajets et Itinéraires de l'oubli ; Serge Brussolo
"Une fois par semaine, Georges s'aventure dans le Musée, monstruosité architecturale et labyrinthe à la fois fascinant et cauchemardesque. Il passe de salle en salle, d'escalier en escalier, à la recherche de sa femme partie en faire l'inventaire trois ans plus tôt. Quels secrets lui a-t-elle cachés ? Quels mensonges l'ont conduite à se perdre sans espoir de retour dans ce gigantesque piège ?"
Je vous préviens tout de suite, je ne connais absolument rien à la science-fiction. C'est parce qu'un ami me l'avait conseillé que j'ai lu ce livre. C'est cru, c'est glauque, mais j'adore... On est totalement plongé dans un autre monde. Ce musée où travaille la femme de Georges, on se demande bien ce qu'il renferme. Et cette relation de couple calamiteuse, Georges à la fois amoureux de sa femme, à moins qu'il n'ait le sentiment d'être son père, mais qui veut se venger quand elle le plante, à la première occasion. Cette femme qui se laisse exister, mais qui n'a aucun goût pour la vie, sauf lorsqu'elle se trouve face à elle. C'est court, une simple nouvelle, mais ça donne envie de lire d'autres ouvrages de cet auteur.
