16 avril 2008

Ashworth Hall ; Anne Perry

51GHG5R226L10/18 ; 315 pages.

Cela faisait longtemps que je ne vous avais pas embêtés avec Anne Perry, ma dernière expérience avec cet auteur ayant été peu concluante. D'habitude, je lis la série dans l'ordre, mais j'avais ce titre qui traînait tout seul à cause de Choupynette.

Nous retrouvons un Pitt qui est désormais commissaire, et qui enquête sur la mort de l'un de ses collègues, qui avait infiltré l'un des réseaux nationalistes catholiques irlandais. Il est très vite chargé d'une autre mission, assurer la sécurité lors d'une réunion capitale entre les différents partis irlandais. Ces négociations ont lieu à Ashworth Hall, chez la soeur de Charlotte Pitt, Emily, qui a épousé un politicien en deuxièmes noces. Bien entendu, les invités se détestent, et l'affaire O'Shea qui est jugée au même moment ne fait que tendre davantage l'atmosphère. Les négociations ont à peine commencé que l'épouse de l'un des catholiques est découverte dans le lit d'un protestant, et que Gréville, l'homme qui menait la réunion, est retrouvé assassiné dans sa baignoire. 

Il est certain que Anne Perry nous présente une situation un peu énorme dans ce tome. Pour connaître un peu la période sur laquelle l'auteur écrit, j'avoue que j'ai trouvé cette tentative d'évoquer le problème irlandais assez bancale. Heureusement, l'auteur n'a pas écrit ce livre dans le but de nous rendre incollables sur l'Irlande de la fin du dix-neuvième. Elle veut nous distraire, simplement nous donner un aperçu de la situation pour mettre en place son histoire, et cela, elle y parvient très bien. J'ignorais également un certain nombre de choses sur les personnages, étant donné que je n'ai pas lu la série dans l'ordre cette fois-ci. Anne Perry semble s'être un peu lâchée en mariant Caroline à un jeune acteur, et les clichés habituels ne sont pas loin au cours de l'enquête. Mais c'est aussi pour ça que j'aime Anne Perry. Elle ne se complique pas la vie tout en étant crédible (aux yeux du lecteur qui ne cherche pas autre chose qu'un bon agréable au XIXe) et intéressante.
J'ai vraiment été prise dans cette enquête. J'avais des plans en plus, donc j'avais d'autant plus hâte de vérifier si mes intuitions étaient juste. Verdict ? Je m'améliore, même si je n'avais pas tout deviné non plus.
Ce tome est étoffé par des intrigues secondaires, comme les amours de la femme de ménage de Charlotte et Thomas, Gracie. J'espère d'ailleurs avoir des nouvelles du second de Pitt, j'ai formé de bons espoirs en lui...
Cette lecture était parfaite pour moi en ce moment. J'avais besoin de retrouver des intérieurs coquets, des personnages chaleureux, et de me vider un peu la tête. 

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03 septembre 2007

Mort à Devil's Acre ; Anne Perry

9782264029638R1_1_10/18 ; 288 pages.
6,94 euros.

Comme vous le savez, j'aime beaucoup les romans d'Anne Perry, que je dévore depuis le début de l'année. Pourtant, j'avoue être assez déçue par ce septième tome de la série "Charlotte et Thomas Pitt".

L'histoire : Le corps émasculé d'un médecin d'apparence respectable est retrouvé dans le quartier mal famé de Devil's Acre. Thomas Pitt, appelé pour mener l'enquête, découvre que ce crime abominable est semblable au meurtre d'un autre homme découvert quelques jours auparavant. Mais le lien entre les deux hommes semble inexistant. Les choses ne s'arrangent pas quand le corps d'un Lord est retrouvé à son tour.

Ce tome semblait prometteur. L'enquête se déroule dans les bas quartiers de Londres et dans les milieux les moins favorisés beaucoup plus que d'habitude. Nous retrouvons également dans ce livre la famille Balantyne, rencontrée lors de l'enquête de Thomas Pitt à Callander Square.
Pourtant, j'ai trouvé qu'Anne Perry tournait en rond dans ce roman. Les choses n'avancent pas, l'enquête menée par Charlotte n'est que du réchauffé des tomes précédents, et le fin mot de l'histoire n'est découvert que par chance. Cette enquête est l'une des plus courtes que j'ai lues, pourtant Anne Perry semble manquer d'inspiration de bout en bout. Elle a pourtant un sujet intéressant (les moeurs des femmes de la haute société qui s'ennuient), mais elle ne l'exploite que de loin, et avec des idées déjà utilisées dans les précédentes enquêtes des Pitt.
En plus du manque d'action, je n'ai pas retrouvé l'humour présent dans les précédents tomes. Charlotte, Thomas, et même Emily ne sont pas très attachants, et je les ai trouvés assez fades. Ce livre manque de vivacité à mon goût, je l'ai lu sans réel plaisir et refermé avec soulagement.

Bref, un petit passage à vide pour Anne Perry. J'espère qu'elle se reprend dans les prochains tomes.

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16 mai 2007

Le cadavre du métropolitain ; Lee Jackson

51pCs2FG9yLEdition 10/18 ; 285 pages.
7,30 euros.

" A la fin du XIXe siècle, Londres est une cité tentaculaire aussi monstrueuse que fascinante où le crime s'épanouit sans vergogne. Cette capitale est le terrain de chasse de Decimus Webb, inspecteur de Scotland Yard au flegme tout britannique... Lorsqu'une jeune femme est étranglée dans le métro fraîchement inauguré, la presse s'empare de l'affaire et le public en émoi réclame l'arrestation du " meurtrier du métropolitain ". L' inspecteur Webb aura besoin de toute sa clairvoyance pour progresser dans cette enquête qui va l'entraîner des taudis londoniens jusqu'au " Foyer d'Holborn pour femmes repenties ", dirigé par l'intraitable Miss Philomena Sparrow. "

C'est Lou qui m'a fait découvrir ce livre, qui quitte les beaux quartiers où enquête Thomas Pitt pour les milieux plus modestes (voire misérables) de la capitale anglaise.

J'ai été surprise de constater que ce "polar" n'en est pas vraiment un, dans la mesure où l'intrigue semble reléguée au second plan dans ce livre (on la perd d'ailleurs presque complètement de vue), et sert surtout à nous entraîner dans les bas quartiers de Londres où évoluent les personnages. La lecture est assez agréable globalement, mais je n'ai pas trouvé cette histoire captivante non plus. Les chapitres sont courts, mais cela sert davantage à faire alterner les personnages qu'à donner du rythme au livre (même s'il y a une accélération sur la fin). Il m'a fallu un peu de temps pour me rappeler qui était qui, et cela a un peu gêné ma lecture.
La reconstitution est intéressante, mais j'ai trouvé que les expressions employées étaient parfois lourdes. Après, cela vient peut-être de la traduction...
Peu à peu, les personnages deviennent familiers, certains se révèlent attachants, et on se met à se soucier de leur sort. L'explication finale est bien trouvée, et je suis contente d'avoir lu un livre illustrant la condition de certaines couches de la société londonienne au XIXe. 
Mais j'ai trouvé l'hécatombe qui accompagne la résolution de l'affaire plutôt grotesque. Quant à la fin, qui se veut malicieuse, je l'ai trouvée plutôt banale, et mon côté fleur bleue en aurait préféré une autre...

Pour résumer, je suis un peu mitigée. L'inspecteur Webb n'est pas vraiment un personnage sympathique, j'attendrais de voir ce que les fans ont pensé du tome 2 pour y jeter un oeil.

L'avis de Marie.

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12 mai 2007

Le cadavre de Bluegate Fields ; Anne Perry

61F9CNGKBXLEdition 10/18 ; 381 pages.
7,80 euros.

" Londres, 1886. Le corps d'un jeune aristocrate est retiré des bas-fonds de Bluegate Fields. L'autopsie révèle qu'Arthur Waybourne, seize ans et déjà syphilitique, a été violé puis noyé dans un bain. Malgré les récriminations du père, un lord soucieux de sauvegarder les apparences, tout indique que le crime a été commis par un familier. Entravé par un supérieur soucieux de ménager la haute société, contrarié par un second qui singe les manières de l'aristocratie, l'inspecteur Thomas Pitt n'aura pas trop de toute sa conscience professionnelle pour ne pas se contenter du coupable idéal. Voulant sauver un innocent, l'inspecteur continue, au risque de sa carrière, à rechercher le vrai criminel. Dans l'ombre, son épouse, Charlotte et sa belle-soeur, Emily Asworth, ne restent pas inactives. "

C'est la sixième aventure de Charlotte et Thomas Pitt que je lis, et décidément je ne m'en lasse pas. Le thème central de ce roman est l'homosexualité, totalement réprouvée dans l'Angleterre victorienne. J'ai trouvé que ce livre contenait les personnages les plus détestables rencontré jusque là chez Anne Perry, Lord Waybourne. Le supérieur de Thomas se révèle également comme étant un homme particulièrement exécrable. Et ce lèche-bottes de Gillivray ! J'espère que Thomas aura bientôt l'occasion de leur faire regretter leur attitude...
Il y a une tension assez importante dans ce roman, car on redoute l'erreur judiciaire. On suit Charlotte au tribunal, puis on se rend avec elle et sa soeur Emily à la morgue. Dominic Corde fait son retour dans la série, toujours aussi séduisant que vieux-jeu, et emmène sa belle-soeur Charlotte dans un lieu de rencontre assez particulier... Quant à Tante Vespasia, elle nous prouve une fois de plus combien elle est audacieuse.
Le couple Pitt évolue également dans ce volume. Charlotte ressent pour la première fois de la jalousie, et Thomas tente de se montrer autoritaire avec sa femme afin de la préserver. Ce à quoi il ne parvient pas, naturellement !

J'apprécie le fait qu'Anne Perry parvienne à varier les thèmes abordés d'un tome à l'autre, tout en conservant un cadre général similaire. Son écriture est toujours aussi efficace, et ne laisse passer aucun passage ennuyeux.

Comme j'ai du mal à lâcher Anne Perry une fois que je suis lancée, je pense que je vous en reparlerai très prochainement.

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10 mai 2007

Rutland Place ; Anne Perry

61YPVN5ET8LEdition 10/18 ; 314 pages.
7,30 euros.

Charlotte Pitt reçoit un message de sa mère, Caroline Ellison, car un objet compromettant qu'elle possède a disparu. En se rendant à Rutland Place, elle s'aperçoit que plusieurs autres choses se sont volatilisées dans le voisinage. De plus, Caroline se sent épiée. Quand une femme est assassinée, Thomas Pitt entre en scène. Aidé de Charlotte et d'Emily Ashworth (qui fait son grand retour), il va tenter d'établir des liens entre les faits et d'éclaicir le mystère, malgré les réticences habituelles de la haute société à dévoiler ses secrets. Chantage, empoisonnement, idylles, tout est réuni pour une nouvelle aventure des époux Pitt... (je sais, j'ai encore du boulot pour apprendre à résumer un livre)

Ayant fait quelques lectures plutôt déprimantes ces derniers temps, j'ai décidé de me réconforter en retrouvant des personnes connues, à savoir l'Inspecteur Pitt et sa femme. J'ai bien fait de reprendre cette série, car ce tome est celui qui m'a le plus touchée depuis le début.

On retrouve dans ce livre le discours habituel d'Anne Perry sur les comportements hypocrites de la haute société londonienne et sur l'injustice sociale règnant dans l'Angleterre victorienne. Pitt est toujours mal habillé, Charlotte continue à parler avec une franchise effrayante, et Emily maîtrise de mieux en mieux les ficelles permettant d'évoluer dans le milieu de l'aristocratie. Nous retrouvons également Edward et Caroline Ellison, les parents de Charlotte, avec beaucoup de plaisir.

Ce qui m'a touchée dans ce roman, ce sont certains des habitants de Rutland Place. Ambrosine, contrainte de vivre avec un mari "fossilisé", mais aussi Eloise. J'avais vaguement entrevu le drame exposé dans ce roman au cours du livre, mais sans oser y croire. Le dénouement m'a vraiment noué le ventre. Comme je ne peux pas dévoiler l'intrigue, je m'arrête là...
Autre point très positif du roman, les scènes plus légères. Même si c'est fait de façon un peu grossière, je me suis bien amusée à voir Charlotte dans un music-hall, se saoûler au champagne (la classe ! Même si quand on est enceinte, c'est moyen...), et rentrer complètement ivre chez elle, en chantant des chansons d'ivrogne. La réaction de Pitt est assez impitoyable d'ailleurs...

Pour résumer, j'ai passé un excellent moment de lecture, et j'espère retrouver certains personnages dans les tomes à venir.

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31 mars 2007

Un étranger dans le miroir ; Anne Perry

2264033045Édition 10/18 ; 414 pages.
7,80 euros.

" William Monk, inspecteur de police chevronné, se réveille à l'hôpital. Violemment agressé il y a quelques semaines, il a perdu la mémoire. Ce qu'il s'empresse bien de taire à ses supérieurs, qui auraient tôt fait de l'exclure manu militari de la police londonienne. Revenu à la vie professionnelle, il mène parallèlement une enquête sur le meurtre d'un jeune aristocrate, survivant de la bataille de Crimée, et sur lui-même. Il découvre d'abord qu'il n'était ni très sympathique ni très aimé, et qu'il avait laissé tomber sa famille, d'origine trop modeste, pour mieux réaliser ses ambitions. Il se rend compte aussi qu'il avait été mêlé de très près au meurtre sur lequel son supérieur, qui veut sa peau, le laisse investiguer... "

J'ai continué ma découverte d'Anne Perry en me lançant dans les aventures de William Monk. Dès les premières lignes, j'ai été happée par cette histoire. L'amnésie de l'inspecteur, sa détresse face à ce vide, le rendent immédiatement très intrigant. Il est effaré de découvrir qu'il n'a rien d'un Thomas Pitt (qu'il ne peut pas connaître et auquel il n'envierait sans doute pas tout). Monk est autant sûr de lui, très élégant et ambitieux que Pitt est poli, plein de tact et complètement débraillé. Mais cela ne rend pas du tout Monk moins sympathique. Car ce n'est pas parce qu'on voudrait être un gentleman et que l'on ne se laisse pas marcher sur les pieds par la haute société qu'on est dépourvu d'humanité et d'intelligence. De plus, pour tenir tête à une Miss Latterly, il vaut mieux être un William Monk qu'un Thomas Pitt...

L'enquête que doit mener l'inspecteur est captivante, le suspens est immense du début à la fin. Les personnages mis en scène sont incroyablement humains, leurs passions extrêmement fortes. William Monk doit travailler dans un milieu où les gens semblent le craindre et même le détester, sans qu'il se souvienne pourquoi. Son enquête est d'autant plus difficile qu'il devient vite clair qu'il s'agit d'un crime passionnel, et qu'elle touche des gens hauts placés qui n'hésiteraient pas à l'écraser pour étouffer un scandale.
Beaucoup de personnages sont attachants, et leurs défauts et faiblesses ne font que les rendre plus proches de nous. Cela explique que j'ai eu un pincement au coeur au moment du dénouement. Les méchants ne sont pas forcément les monstres que l'on s'imagine.

J'ai beau ne pas avoir encore d'autre "William Monk" sur ma PAL, je compte bien le retrouver sous peu. Je crois que j'aime encore plus ce personnage que les époux Pitt...
Je trouve sympathique le fait que 10/18 fasse une symétrie entre les deux séries avec les couvertures. Celles de la série "Charlotte et Thomas Pitt" représentent des tableaux de femmes tandis que celles de la série "William Monk" nous montrent des hommes.

L'avis de Frisette.

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27 mars 2007

Le crime de Paragon Walk et Resurrection Row ; Anne Perry

2264035293Édition 10/18 ; 316 pages.
7,30 euros.

" Un crime sordide vient troubler la quiétude huppée de Paragon Walk. Tandis que l'inspecteur Pitt, chargé de l'affaire, se heurte à l'hostilité et au mutisme des résidents du quartier, son épouse Charlotte, assistée de sa sœur Emily, la charmante Lady Ashworth, ne se laisse pas intimider par cette omerta de classe. De garden-parties en soirées, elles font tomber un à un les masques de l'élite. Les façades respectables de Paragon Walk se lézarderont peu à peu pour exposer à cet infaillible trio de détectives leurs inavouables secrets et mensonges. "

Choupynette avait raison. Anne Perry, ça se boit vraiment comme du petit lait. Alors que je m'étais dit qu'il fallait passer à autre chose quelques temps, j'ai été attirée de force vers ma PAL, où trônait encore des enquêtes de l'Inspecteur Pitt, toujours aussi mal fagotté.

Dans ce troisième opus, Thomas Pitt est appelé à Paragon Walk, après le viol et l'assassinat d'une jeune fille de très bonne famille. Il est d'autant plus bouleversé par cette affaire que cette adolescente a été tuée alors qu'elle revenait de chez Lady Ashworth, sa voisine, qui n'est autre que la soeur de la femme de Pitt, Charlotte. De plus, le mari d'Emily Ashworth, George, est incapable de dire où il était le soir du meurtre. Il n'en faut pas plus pour faire ressurgir les vieux démons de l'époque de Cater Street. Emily s'interroge sur son mari, les grandes dames jasent, les hommes tentent de garder une contenance.
Dans la haute société victorienne, se faire violer est la preuve que l'on n'était pas aussi chaste qu'on le prétendait. Encore une fois, chacun tente de se disculper en pointant le doigt sur son voisin.
Et encore une fois, j'ai dévoré ce livre en quelques heures à peine, incapable de le poser avant de l'avoir achevé. La fin est surprenante (surtout pour les naïves dans mon genre...). J'aime beaucoup la façon qu'a Anne Perry d'achever ses romans, en laissant une ouverture pour nous obliger à fondre sur le tome suivant. Surtout, j'ai trouvé ce livre très drôle, beaucoup plus que les précédents tomes dans lesquels il y avait surtout des pointes d'humour par moments.

Édition 10/18 ; 313 pages.2264035137
7,30 euros.

"Bas les masques", tel paraît être le mot d'ordre d'Anne Perry dans la série de romans où elle met en scène son couple de héros "victoriens", l'inspecteur Thomas Pitt et son épouse Charlotte, les personnages de roman policier les plus pittoresques et attachants qui nous aient été donnés à découvrir ces dernières années. Dans le Londres de la fin du XIXè siècle qui sert de cadre à leurs exploits, c'est en effet le code hypocrite de bonne conduite de la société anglaise de l'époque qui se trouve singulièrement mis à mal, sa corruption et sa fausse respectabilité. Anne Perry ou le polar au vitriol : décapant ! "

Qui donc s'amuse à déterrer les morts ? L'inspecteur Pitt ne peut pas emmener sa femme Charlotte au théâtre sans qu'un cadavre tombe d'un cab à la sortie. La stupeur est d'autant plus grande qu'il s'agit d'un Lord vivant dans un quartier très chic de la capitale anglaise. Le scandale ne fait qu'enfler lorsque le mort est déterré pour la deuxième fois. Cet homme sexagénaire n'est-il pas mort de façon naturelle ? Son épouse, très jeune, était-elle lassée de cet ennuyeux personnage ? L'inspecteur Pitt découvre avec stupeur qu'elle a un admirateur, qui n'est autre que Dominic Corde, ancien beau-frère et (surtout) ancien amour de Charlotte. Jaloux et soucieux de ne pas tourmenter son épouse, il aimerait régler cette affaire au plus vite. Mais les choses se compliquent avec la découverte d'un second cadavre, lui aussi déterré.

Je vais vous lasser, mais j'ai encore une fois succombé au charme des aventures de Charlotte et Thomas Pitt. J'ai particulièrement apprécié le fait de retrouver la Tante Vespasia, qui continue à bouleverser les conventions sans rien perdre de son allure de grande et belle dame. En l'absence d'Emily Ashworth, qui vient d'accoucher d'un garçon, son aide est plus que précieuse pour infiltrer la haute société de Gadstone Park. De plus, Anne Perry ancre son histoire dans les réalités sociales de l'époque. On découvre (même si ce n'est qu'en surface) la misère de Londres, qui côtoie le luxe de la bourgeoisie et de la noblesse.
Et encore une fois, Anne Perry brouille complètement les pistes, si bien que l'on ne découvre le fin mot de l'histoire qu'à la toute dernière page. Avec une touche d'humanité, qui rend l'inspecteur Pitt encore plus sympathique.

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21 mars 2007

Le mystère de Callander Square ; Anne Perry

2264035242Édition 10/18 ; 7,30 euros.
382 pages.

En creusant dans Callender Square, deux jardiniers découvrent un cadavre de bébé. Alerté, l'inspecteur Thomas Pitt se rend sur les lieux, où il découvre un second corps. Il entreprend dès lors une enquête dans ce lieu habité par la grande bourgeoisie, qui n'apprécie pas beaucoup de voir ses secrets mis à jour. Pour l'aider dans sa tâche, l'inspecteur Pitt peut compter (d'ailleurs, elles ne lui laissent pas le choix) sur son épouse, Charlotte, ainsi que sur la soeur de celle-ci, Emily.

Si ça continue, je vais me faire toute la série en un rien de temps... C'est avec un plaisir immense que j'ai retrouvé les personnages de L'étrangleur de Cater Street. Je quitte souvent des personnages que j'ai aimés avec un peu de tristesse, aussi me suis-je régalée de savoir ce que Charlotte, Thomas, Emily, et même George étaient devenus.
Cette enquête est différente de la première. Tout le roman est centré autour de Callender Square, les personnages principaux ayant déjà été présentés. De ce fait, l'histoire est plus dynamique, et j'ai eu un mal fou à m'empêcher de lire la dernière page.
J'aime beaucoup la description de cette société faite d'apparences, où tout le monde sait tout sur tout le monde, mais où chacun fait semblant d'ignorer les potins. Comme le résume bien Charlotte, une épouse trompée ne se considère blessée que si le scandale éclate. Aucun de ces bourgeois ne doute un seul instant que les corps des nouveaux nés sont le fruit des amours illégitimes d'une servante aux moeurs douteuses avec un homme, quel qu'il soit (même si c'est un gentleman, peu importe, rien de plus normal que de coucher avec sa femme de chambre).
Encore une fois, Anne Perry brouille bien les pistes. Elle nous familiarise avec les habitants de Callender Square, les rend très attachants même. Cet auteur sait très bien manier le suspens, avec une tension qui va crescendo (à la fin, je rageais de devoir tourner encore quelques pages pour connaître la vérité).
Quant à la solution, elle m'a une fois de plus surprise (il est vraiment trop fort cet inspecteur Pitt), mais il faut admettre qu'elle est remarquablement trouvée.
Je vais peut-être faire une petite pause avec Anne Perry, pour ne pas me lasser, mais je compte bien y revenir rapidement.

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20 mars 2007

L'étrangleur de Cater Street ; Anne Perry

2264035129Édition 10/18 ; 381 pages.
7,30 euros.

" Suffragette avant l'heure, l'indomptable Charlotte Ellison contrarie les manières et codes victoriens et refuse de se laisser prendre aux badinages des jeunes filles de bonne famille et au rituel du tea o'clock.
Revendiquant son droit à la curiosité, elle parcourt avec intérêt les colonnes interdites des journaux dans lesquels s'étalent les faits divers les plus sordides. Aussi bien le Londres des années 1880 n'a-t-il rien à envier à notre fin de siècle : le danger est partout au coin de la rue et les femmes en sont souvent la proie. Dans cette nouvelle série " victorienne ", la téméraire Charlotte n'hésite pas à se lancer dans les enquêtes les plus périlleuses pour venir au secours du très séduisant inspecteur Thomas Pitt de Scotland Yard.
Charmante Sherlock Holmes en jupons, Charlotte a déjà séduit l'Angleterre et les Etats-Unis. La voici partie à l'assaut de l'Hexagone. "

Difficile d'échapper à l'engouement suscité par Anne Perry. Après quelques mois d'hésitations, j'ai enfin décidé de lire le premier volume de la série "Charlotte et Thomas Pitt".
J'ai eu un vrai coup de foudre pour ce livre. Les personnages sont attachants, c'est drôle (souvent proche du cynisme, j'adore). J'aime énormément la relation qui s'instaure entre Charlotte et Thomas, l'admiration du policier pour la jeune fille, sa façon de lui prouver son estime, de la provoquer tout en délicatesse afin de l'amener à s'intéresser à lui.
J'ai vraiment adoré l'ambiance du livre, les efforts d'Anne Perry pour brouiller les pistes. Beaucoup de suspects s'offrent à nous, et rien ne nous permet de les disculper avant le dénouement.
Et puis, j'ai apprécié le fait qu'Anne Perry nous montre que lorsque l'on doit chercher quelque chose, on déterre des secrets souvent embarrassants. Ce livre nous fait vivre la remise en question de toute une famille, que l'on ne peut s'empêcher d'aimer malgré ses défauts.
C'est vif, il est difficile de lâcher ce livre. D'ailleurs, j'ai très envie d'attaquer la suite des aventures de Charlotte et Thomas !

Je vous mets un extrait de l'un des dialogues entre Charlotte et Thomas. Ca peut paraître horrifiant comme ça, en fait je trouve que le ton cynique d'Anne Perry s'exprime ici avec délice. De plus, il montre bien la malice Thomas Pitt.

" - Je vous ai déjà dit le peu que je sais, fit-elle, exaspérée. Plusieurs fois. Si vous n'arrivez pas à résoudre cette affaire, peut-être devriez-vous abandonner ou laisser quelqu'un de capable s'en charger.
Il ignora sa grossièreté.
- C'était une jolie fille Lily Mitchell ?
- Vous ne l'avez pas vue ? dit Charlotte, surprise. L'omission semblait tellement énorme !
Pitt eut un sourire désolé, comme s'il plaignait Charlotte, tout en essayant de rester patient.
- Si Miss Ellison, je l'ai vue, mais elle n'était pas très jolie, à ce moment-là. Son visage était gonflé, bleu, ses traits déformés, sa langue...
- Arrêtez ! Arrêtez ! s'entendit crier Charlotte.
- Alors auriez-vous l'amabilité de mettre votre dignité en veilleuse, dit-il plutôt calmement, et de m'aider à trouver celui qui a fait ça, avant qu'il le fasse à une autre ? "
(pages 109-110)

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11 octobre 2006

L'affaire Raphaël ; Ian Pears

2264032774"Le policier italien Taddeo Bottando et son adjointe Flavia sont confrontés à une incroyable révélation. Un étudiant britannique, Jonathan Argyll, affirme que, sous la toile obscure d'une petite église romaine, se cache en réalité un chef-d'oeuvre de Raphaël. Les policiers arrivent, hélas, trop tarda ; le curé de la paroisse a déjà cédé ce tableau à un collectionneur. Le gouvernement italien devra le racheter à un prix exorbitant lors d'une vente aux enchères. Pourtant, malgré les expertises, un doute demeure sur l'authenticité de cette œuvre et les soupçons d'escroquerie risquent fort d'être confirmés au-delà de toute espérance."

Un livre très agréable à lire, une intrigue assez intéressante. Je pense que les fans de romans policiers auront un peu de mal à trouver l'intérêt de ce livre. Je me fie à ma modeste expérience des livres de ce genre pour dire que ce n'est pas le livre du siècle. J'avoue que j'ai aimé ce livre davantage parce que je suis sensible aux informations sur l'histoire de l'art qui sont données,  que pour ses qualités de roman policier. Le suspens est loin d'être l'une des caractéristiques du livre (il y en a un peu, certes, mais on n'est pas tenu en haleine du début à la fin). Par ailleurs, les personnages m'ont beaucoup plu. J'ai trouvé la fin assez surprenante, amusante, bien qu'assez facile. Je pense lire d'autres livres de la série de Ian Pears, afin de me faire une idée plus précise de cet auteur.

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