25 avril 2016

L'heure zéro - Agatha Christie

9782253030164Neville Strange est un homme comblé. Sa situation matérielle est assurée par ses activités professionnelles et par sa position d'héritier d'une immense fortune venant de Sir Matthew, son père adoptif, qui a cependant laissé l'usufruit de ses biens à sa veuve, Lady Tressilian. Sa vie sentimentale est tout aussi merveilleuse. Après huit ans de mariage avec la belle et impénétrable Audrey, il a tout quitté pour la sublime Kay, jeune femme de vingt-trois ans pleine de vie, qui l'adore et partage son amour du sport.
La seule ombre au tableau est son malaise à l'idée d'avoir brisé le coeur d'Audrey. Suite à une modification d'emploi du temps, il saute sur l'occasion de réunir les deux femmes de sa vie à Saltcreek, dans la demeure des Tressilian, où ils sont tous les trois conviés en même temps. ll espère que Kay et Audrey deviendront amies.
Cependant, l'atmosphère pendant le séjour est  extrêmement lourde. Malgré tous les efforts de Mary Aldin, la dame de compagnie et parente éloignée de Lady Tressilian, et la présence de Thomas Royde, ami d'enfance d'Audrey revenu d'Extrême-Orient, les crises de nerfs ne sont pas loin.
Puis, le drame survient...

Parmi les inombrables romans d'Agatha Christie, il est souvent difficile de décider lequel choisir. Si je n'ai pas le souvenir d'avoir déjà passé un horrible moment en compagnie de cet auteur, il faut bien admettre que certaines de ses oeuvres n'ont passé l'épreuve du temps que grâce à la notoriété de leur créatrice. Ce n'est absolument pas le cas de L'heure zéro.
Outre les recettes habituelles qui font le délice des romans d'Agatha Christie, avec les vieilles dames, les potins, les vielles demeures et leur charme fou, l'auteur nous livre une enquête policière inhabituelle.
En effet, Agatha Christie décide de débuter le roman bien avant le crime, la fameuse "heure zéro", et d'intervenir en tant que narrateur spécialiste des romans policiers pour nous dire comment on devrait normalement évoquer un meurtre. Ainsi, nous suivons dès le début le meurtrier, dont on ne devine rien (ce serait trop facile), en train de préparer minutieusement son affaire. Puis, les acteurs du drame arrive sur la scène du crime.
L'atmosphère créée est pesante, les personnages évoluant en huis-clos, et certains se vouant une haine plus ou moins avouée. Le lecteur est d'autant plus sensible à la tension qui l'entoure qu'il sait qu'un meurtre va avoir lieu. Il guette alors les indices qui pourraient lui indiquer quels sont les coupables et les victimes potentielles.
Finalement, Agatha Christie nous mène en bateau du début à la fin. Les réactions de ses personnages ont une explication qui échappe complètement au narrateur, qui interprète les faits froidement, sans évoquer la possibilité que les réactions des personnages puissent avoir une explication qui n'est pas celle qu'il expose.

J'imagine que les vrais amateurs de romans policiers ne vivront pas la résolution de l'enquête avec la sensation d'assister à un coup de théâtre, mais ce livre vaut de toute façon la peine d'être lu pour son propos sur la construction d'un roman policier. Un très bon Agatha Christie.

L'avis de Restling.

Le Livre de poche. 250 pages.
1944 pour l'édition originale.

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13 janvier 2016

Le bonhomme de neige - Jo Nesbø

product_9782070467068_195x320Dans la liste des auteurs scandinaves réputés pour leurs polars, Jo Nesbø tient une place de choix grâce aux enquêtes d'Harry Hole. Folio m'ayant proposé Le bonhomme de neige dans son joli coffret, je n'ai pas commencé la série dans l'ordre, et j'en suis ravie.

Alors que plusieurs femmes disparaissent mystérieusement, laissant derrière elles un bonhomme de neige dotés de certains objets (ou pire) leur appartenant, Harry Hole et son équipe commencent à se demander s'ils n'ont pas affaire au premier tueur en série sur le sol norvégien. Cependant, les liens entre les disparues semblent inexistants. Toutes disparaissent le jour des premières neiges, mais la raison pour laquelle le tueur les sélectionne reste mystérieuse. En remontant dans les archives à un niveau national, il semble par ailleurs que les victimes sont dispersées dans le temps et dans l'espace.
Le seul indice est une lettre envoyée à Harry Hole comme une revendication, un bien maigre point de départ.

Je lis toujours aussi peu de romans à suspens, mais en période hivernale, j'aime me blottir dans un plaid sur mon fauteuil, avec ma tasse de thé et un livre dans lequel la neige tombe en abondance.
Alors oui, on a droit à un inspecteur bourru, dont la relation à l'alcool est problématique, dont les relations avec les femmes sont encore plus désastreuses. L'enquête est bourrée de rebondissements, de faux suspects, de coïncidences troublantes. Il ne faut pas rechercher ici un bouleversement des codes du genre. Mais ça fonctionne très bien, ça fait peur et ça tient en haleine tout du long.
L'écriture est telle qu'on voit très facilement les scènes décrites (surtout la dernière scène avec une potentielle victime du bonhomme de neige). Le meurtrier et d'autres personnes suspectes tiennent la première place dans de nombreuses scènes, ce qui met le lecteur au premier rang pour assister aux meurtres et fait bien monter sa tension. Je me suis fais la réflexion qu'une adaptation de ce roman devrait intéresser de nombreuses personnes, et d'après notre amie Wikipédia, Martin Scorcese en personne a prévu d'en faire un film avec Michael Fassbender !!

Un bon polar difficile à lâcher en cours de route.

D'autres avis chez Maggie et Miss Léo.

Merci à Anne-Laure des éditions Folio pour le livre.

Folio. 584 pages.
Traduit par Alex Fouillet.
2007 pour l'édition originale.

 

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01 septembre 2013

La plume empoisonnée - Agatha Christie

LaPlumeEmpoisonnee"Comment veux-tu que, dans un coin comme celui-ci, il vous arrive quelque chose de fâcheux ?"

Après ma relecture du délicieux Dix petits nègres, je n'ai pas eu envie de quitter Agatha Christie. Cette fois, j'ai choisi un titre que je ne connaissais pas et qui est très différent.

Suite à un accident d'avion, Jerry Burton est contraint de partir se reposer à la campagne. Il s'installe donc à Lymstock, un charmant village à l'écart de Londres en compagnie de sa soeur. Seulement, il n'y trouve pas le calme escompté. A peine installés, Jerry et Joanna reçoivent une lettre les accusant de ne pas être frère et soeur. Ils découvrent alors qu'ils ne sont pas les seules victimes du mystérieux corbeau.

Voilà un livre tout à fait charmant qui prend son temps pour installer l'intrigue. Dans La plume empoisonnée, l'auteur décortique la vie d'un village anglais où l'on transforme le moindre geste en ragot afin de tromper l'ennui. Les destinataires des lettres sont choquées, mais tout le monde se régale d'une telle intrigue, même lorsqu'une première victime, la très respectable épouse du notaire, est à déplorer.
Il y a également énormément d'humour dans ce livre. Joanna, la soeur du narrateur, est très sarcastique, Megan est impertinente, le narrateur lui même ne se prive pas de faire quelques traits d'humour, ce qui rend l'ambiance presque plaisante et les rappels en fin de chapitre que nous sommes en présence d'une affaire de crime, n'en sont que plus délicieux. Agatha Christie s'amuse en effet avec son lecteur en parsemant son récit d'indices alambiqués qui ne servent qu'à le faire trépigner davantage et rager devant son incapacité à résoudre l'énigme. 
Finalement, Miss Marple fait son entrée de façon assez saugrenue. Pour qui ne connaîtrait pas du tout la vieille dame, il est très difficile de voir en elle un détective hors pair. Elle est présentée comme une simple amie de la femme du pasteur de passage dans la petite ville où les crimes sont commis.
L'auteur est tellement tranquille qu'elle nous offre même des intrigues amoureuses. Celles-ci sont moyennement intéressantes, mais une intrigue de village sans histoires de coeur, c'est toujours étrange.

Au final, un roman qui est loin d'égaler Dix petits nègres, mais plein de charme et intéressant dans la mesure où il permet de montrer qu'Agatha Christie est capable de jouer sur différents registres de romans policiers.

L'avis de Cécile.

1942 pour l'édition originale.

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25 août 2013

Dix petits nègres - Agatha Christie

QUIZ_Connaissez-vous-les-dix-petits-negres_5831L'Île du Nègre vient d'être achetée par un mystérieux milliardaire, ce qui passionne les journaux et le public. Aussi, lorsque dix personnes reçoivent une invitation pour s'y rendre, en tant qu'invité ou comme futur employé, elles ne prêtent pas attention au fait que leur lettre est vague, et ne sont pas gênées de ne pas bien se souvenir de leur expéditeur.
C'est ainsi qu'un juge, un médecin, un aventurier, un général, un policier, une vieille fille, une gouvernante et un jeune inconscient se retrouvent prêts à embarquer pour la demeure de Mr et Mrs O'Nyme. Arrivés sur l'île, ils sont accueillis par les deux domestiques, Mr et Mrs Rogers. Les hôtes ayant été retenus, leurs invités prennent un premier dîner sans eux. Au cours de celui-ci, un disque contenant une mise en accusation de chacune des personnes présentes est retransmis. Tous les invités s'empressent de rejeter les accusations de meurtre pesant contre eux, mais dès la première soirée, l'un des convives meurt empoisonné.

J'ai découvert Dix petits nègres en seconde, et bien qu'il n'ait pas été mon premier roman d'Agatha Christie, j'en gardais un souvenir très fort. Je me souvenais à peu près correctement de la fin, mais j'ai voulu le relire afin de le savourer sous un nouveau jour (et puis, il fallait bien que je vous parle un peu de Dame Agatha un de ces jours).
Nous avons donc ici un huis-clos de plus en plus oppressant au fur et à mesure que les personnages sont assassinés. Ce qui est intéressant est l'analyse psychologique à laquelle Agatha Christie se livre dans ce roman. Elle joue avec les nerfs de son lecteur (je n'avais pas grand chose à envier à Vera côté trouille), mais surtout avec ses personnages, de plus en plus terrorisés et suspicieux à mesure qu'ils réalisent qu'ils ne quitteront pas cette île vivants. Eux-mêmes jouent très bien leur rôle de pantins dans cette cour de justice spéciale. D'abord près à jurer leur innocence, ils finissent par avouer leurs crimes, et c'est bien la culpabilité qui porte le coup final de la comptine des Dix petits nègres. La seule chose sur laquelle ils demeurent imperturbables est le thé de cinq heures, rituel auquel il n'est pas question de renoncer ! C'est aussi ce qui fait de cette histoire un roman très anglais avec lequel on prend un grand plaisir à frissonner.
L'auteur adopte divers procédés afin de faire monter la sauce. L'histoire avance très vite d'une part, puis toutes les recherches ne donnent rien créant ainsi un climat de suspicion ne laissant aucun repos. Enfin, elle introduit les pensées de ses personnages, dont celles du meurtrier, à plusieurs reprises afin d'augmenter la tension. Aucun coupable ne se dessine clairement, chaque suspect étant éliminé dès que les autres commencent à le soupçonner.

Attention Spoilers !

Je ne me souvenais plus comment Agatha Christie s'y prenait pour que la morale soit sauve. Une personne s'auto-proclamant Juge Suprême autorisé à châtier les coupables que la justice n'a pu attraper n'a rien d'admirable. Elle a donc créé un personnage un brin sadique et psychopathe, condamné à mort par Dame Nature, pour justifier les dix meurtres. Le complice semble franchement niais, mais après tout chacun des personnages représente une couche bien précise de la société, donc pourquoi pas.

Fin des spoilers

Un roman mené d'une main de maître !

L'avis de Karine.

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26 septembre 2012

Little Bird - Craig Johnson

5096_cover_dish_1Encore un polar (je me suis fait une cure en août), mais cette fois je suis en terrain un peu plus connu puisqu'il s'agit d'un roman américain. 

Le shérif Walt Longmire, veuf proche de la retraite très ancré dans ses petites habitudes, travaille dans une petite ville où il ne se passe jamais rien. Ou presque. En effet, en lieu et place du "grand moutonocide" sur lequel le comté comptait pour sortir de l'ennui, le corps de Cody Pritchard vient d'être découvert, et l'accident de chasse semble de moins en moins probable. Quelques années auparavant, le jeune homme avait été impliqué dans le viol collectif d'une jeune Indienne, et il s'en était sorti à bon compte. Le shérif se met donc à mener l'enquête sur ce qu'il soupçonne être une vengeance, aidé par sa secrétaire, son adjointe et son vieil ami Henry Standing Bear.
En parallèle, ses amis essaient de le forcer à retaper sa maison et à se trouver une nouvelle compagne.

J'ai beau avoir passé de bons moments dans les contrées nordiques cet été, j'ai trouvé ce roman plus abouti.
Les personnages tout d'abord sont très charismatiques. Longmire est un shérif plein de contradictions, à la fois bougon et farceur, fainéant et très professionnel, grande gueule et timide (avec les femmes). Son amitié avec Henry Standing Bear, un Indien cheyenne, est très bien construite, et les filles ne sont pas en reste quand il s'agit de lui en faire baver. Entre eux, les répliques fusent, franches (voire brutales) quand il le faut, pleines d'humour et d'affection le reste du temps.
En soi, l'enquête n'est pas palpitante. Elle démarre à son rythme, lorsqu'on fait encore semblant de croire que ce n'est pas un meutre (enfin, Longmire ne fait pas semblant, mais le lecteur se doute bien que le fin mot de l'histoire est plus croustillant), ce qui donne un côté réaliste à l'histoire. Il cherche les indices, les témoins, examine les hypothèses qui s'offrent à lui, le tout avec les moyens du bord (en gros les copains serviables), et sans qu'on ait l'impression de perdre notre temps. On prend aussi la peine de découvrir le Wyoming et de se promener dans la réserve indienne pour découvrir un peu de son histoire. Le seul problème que j'ai eu avec cette lecture est que je l'ai faite en pleine canicule, donc les espaces enneigés et les températures glaciales n'étaient pas des plus simples à imaginer...
En fait, je crois que j'ai trouvé dans ce livre tout ce qui pour moi fait un roman policier qui sort du lot. J'ai beau ne pas m'y connaître, on a ici une enquête intéressante mais aussi un style soigné, ce que je n'ai pas forcément ressenti dans les autres romans policiers lus cet été.

Une belle découverte, qui sera suivie d'autres, puisque Little Bird est le premier tome d'une série.

D'autres avis chez Theoma et Amanda.

Je peux participer au mois américain, Titine ?

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Gallmeister. 421 pages.
Traduit par Sophie Aslanides.
2005 pour l'édition originale.

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05 septembre 2012

Polars islandais

cit_jarresLe commissaire Erlendur Sveinsson a la cinquantaine. Il est divorcé et père de deux enfants qui ont mal tourné (en même temps, avec des noms pareils, n'importe qui aurait des problèmes). Sa vie professionnelle est beaucoup plus brillante, puisqu'il résoud les crimes avec ses deux équipiers, Elinborg et Sigurdur Oli.

J'ai profité des vacances pour lire ses deux premières enquêtes relatées par Arnaldur Indridason.

Dans La Cité des jarres, Erlendur est confronté au meurtre d'un homme âgé, tué dans son appartement de Reykjavik. Le meurtrier semble avoir agi de manière impulsive, mais cette impression est contredite par le message mystérieux qu'il a laissé.
En enquêtant sur la victime, Erlendur découvre qu'il s'agit d'un homme accusé de viol dans les années 1960, mais jamais inquiété.

J'avais entendu énormément de bien sur ce livre et cet auteur mais j'ai été déçue dans l'ensemble. Erlendur est un homme sympathique, même si taciturne et souvent dépassé par les événements de sa vie privée. Le coup de la fille toxicomane est un peu gros, mais j'ai été intéressée par leur relation. Elinborg et Sigurdur Oli me plaisent aussi beaucoup. Ils sont très différents d'Erlendur, mais c'est sans doute ce qui explique qu'ils forment une si bonne équipe.
Les thématiques abordées sont intéressantes. Il est question du viol dans les années 1960, de la peur des victimes et de la réaction des gens et en particulier de certains policiers. En gros, ces derniers leur rient au nez quand ils ne leur disent pas carrément qu'elles sont des salopes. On parle aussi de recherches génétiques et des précautions indispensables pour éviter que cela ne dérappe pour des raisons financières ou pire.
Cependant, j'ai trouvé cette enquête peu entraînante. Le suspens n'est pas vraiment présent, et la résolution de l'affaire réside dans une succession de coincidences invraisemblables. Par ailleurs, on comprend aux deux tiers du livre ce qui s'est passé, mais l'auteur fait traîner la fin de son livre sur une centaine de pages.

Ce n'est pas une lecture atroce, mais je m'attendais à quelque chose de plus palpitant.

Arnaldur Indridason. La cité des jarres. Myrin (VO).
327 pages.
Traduit par Eric Boury.
2000 pour l'édition originale.

J'ai étla_femme_en_verté nettement plus convaincue par La Femme en vert. Cette fois, c'est un bébé machouillant un os humain qui lance l'enquête. Cela permet de découvrir l'existence d'un squelette enfoui dans la terre depuis plus d'un demi-siècle.

La construction du livre est déjà plus élaborée et originale, puisqu'on suit à la fois l'enquête pour trouver l'identité du squelette, et le quotidien d'une femme battue dans les années 1930 et 1940. Bien que cela restreigne le nombre de personnes pouvant être la vicime retrouvée par Erlendur et son équipe, il est difficile de savoir ce qui s'est réellement passé sur la colline avant la fin. De cette manière, le lecteur participe activement à l'enquête, et élabore toutes sortes d'hypothèses. Par ailleurs, cela permet de rencontrer les personnages impliqués dans le drame familial qui est relaté, de sentir la peur de "la femme" et de ses enfants.
A nouveau, Indridasson évoque la question de la femme, de sa place et de ses droits dans la société. J'ai particulièrement apprécié la réponse du pasteur à "la femme" venue lui demander de l'aide. L'auteur nous fait aussi plonger dans l'histoire de l'Islande à l'époque de la Seconde Guerre mondiale. J'ignorais tout de la présence des Anglais et des Américains sur l'île, donc cette lecture m'aura appris quelques détails sur ce pays.
Les liens avec le premier épisode sont présents, et permettent aux personnages de prendre davantage d'épaisseur, entre Erlendur qui n'est pas au bout de ses peines avec sa fille, et Sigurdur Oli qui est à un moment crucial de sa relation avec sa compagne. J'espère que le personnage d'Elinborg est plus développée par la suite, car elle me plaît décidément beaucoup.

Indridason n'est pas une grande découverte, mais ce deuxième opus m'a malgré tout émue, et je retrouverai volontiers Erlendur d'ici quelques mois.

Arnaldur Indridason. La femme en vert.
Traduit par Eric Boury.
346 pages.
2001 pour l'édition originale.

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14 août 2012

Les hommes qui n'aimaient pas les femmes - Stieg Larsson

9782330004996Attention, ce post va être plein de mauvaise foi !

Six ans après la bataille, je me suis enfin lancée dans cette série sur laquelle on a beaucoup beaucoup écrit. Je lis peu de romans policiers, et je suis honteusement frileuse dès qu'il s'agit de se plonger dans autre chose que de la littérature anglo-saxonne ou française, mais Daniel Craig ma curiosité a finalement été la plus forte.

Alors, pour les retardataires : Mikael Blomkvist, journaliste économique à la réputation jusque là irréprochable, vient d'être condamné pour diffamation dans l'affaire de détournement de fonds qui l'opposait au financier Hans-Erick Wennerström. Alors qu'il songe à son avenir et à celui de Millenium, le journal dont il est le coresponsable avec son amie-amante Erika, il est contacté par Henrick Vanger. Le riche industriel souhaite l'engager pour enquêter sur le meurtre de sa petite nièce, Harriet, qui a disparu en 1966.
Lisbeth Salender a vingt-quatre ans, des tatouages et des piercings, et travaille pour Milton Security en tant qu'enquêtrice. Son chemin va finir par rejoindre celui de Mikael Blomkvist.

Soyons honnêtes : j'ai avalé ce livre en trois jours, j'ai envie de lire la suite et j'ai déjà entamé un autre polar nordique. C'est donc que Millénium a un côté addictif et des qualités. J'ai apprécié la présentation détaillée de l'intrigue, qui permet de se plonger dans l'ambiance du livre, de découvrir les personnages, le contexte. Le fait que la rencontre et l'enquête ne démarrent que tardivement ne m'a pas du tout gênée. J'ai aussi très bien marché en suivant Mikael dans sa recherche de la vérité, et le génie de Lisbeth pour découvrir ce qui échappe aux autres. Pour finir, je trouve que c'était judicieux et original d'imbriquer deux histoires, l'affaire Wenneström et l'affaire Vanger.
Malgré tout, j'ai du mal à ne pas voir les défauts de ce livre. Tout d'abord, côté écriture, on est loin d'avoir affaire à un grand styliste. De plus, j'ai noté sur le début du livre des répétitions d'informations données un peu plus tôt, ce qui alourdit le livre. On va dire que l'auteur n'a pas eu le temps de se relire...
En ce qui concerne le fond, j'ai été gênée par le fin mot de l'histoire. Je ne vais pas le dévoiler, mais je m'attendais à quelque chose de très différent. Là, c'est tiré par les cheveux à l'extrême, et je trouve ça dommage lorsque la résolution du meurtre dévoile quelque chose qui n'a rien à voir avec ce qui est proposé dans le reste du livre. Je n'aurais strictement rien vu tellement je suis mauvaise enquêtrice, mais ça donne toujours plus de profondeur au livre lorsqu'à la relecture d'un roman policier notamment on peut voir les indices laissés par l'auteur avec un oeil nouveau. La seule très bonne surprise a été le moment où j'ai compris le titre, très bien trouvé (s'il s'agit de celui de l'édition originale).
J'ai aussi été un peu déçue par le côté caricatural des personnages. J'apprécie Mikael et Lisbeth, mais ils ont un côté très cliché, surtout Lisbeth, qui cumule vraiment tous les problèmes du monde. D'une façon générale, j'ai trouvé que Stieg Larsson voulait en faire un peu trop côté glauque, mais c'est tellement poussé que ça rend le résultat artificiel et peu crédible (comme la confrontation entre Lisbeth et son tuteur). Certaines scènes auraient dû provoquer un sacré malaise en moi, mais une fois passées, j'avais tourné la page pour de bon.

Mon billet semble plus sévère que je le voudrais. En fait, ce livre est un très bon divertissement, mais ce n'est pas un roman poignant qui marque durablement. Je suis prévenue pour la suite.

D'autres avis chez Manu, Fashion et Karine.

Babel. 705 pages.
Traduit par Lena Grumbach et Marc de Gouvenain.
2005 pour l'édition originale.

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16 avril 2008

Ashworth Hall ; Anne Perry

51GHG5R226L10/18 ; 315 pages.

Cela faisait longtemps que je ne vous avais pas embêtés avec Anne Perry, ma dernière expérience avec cet auteur ayant été peu concluante. D'habitude, je lis la série dans l'ordre, mais j'avais ce titre qui traînait tout seul à cause de Choupynette.

Nous retrouvons un Pitt qui est désormais commissaire, et qui enquête sur la mort de l'un de ses collègues, qui avait infiltré l'un des réseaux nationalistes catholiques irlandais. Il est très vite chargé d'une autre mission, assurer la sécurité lors d'une réunion capitale entre les différents partis irlandais. Ces négociations ont lieu à Ashworth Hall, chez la soeur de Charlotte Pitt, Emily, qui a épousé un politicien en deuxièmes noces. Bien entendu, les invités se détestent, et l'affaire O'Shea qui est jugée au même moment ne fait que tendre davantage l'atmosphère. Les négociations ont à peine commencé que l'épouse de l'un des catholiques est découverte dans le lit d'un protestant, et que Gréville, l'homme qui menait la réunion, est retrouvé assassiné dans sa baignoire. 

Il est certain que Anne Perry nous présente une situation un peu énorme dans ce tome. Pour connaître un peu la période sur laquelle l'auteur écrit, j'avoue que j'ai trouvé cette tentative d'évoquer le problème irlandais assez bancale. Heureusement, l'auteur n'a pas écrit ce livre dans le but de nous rendre incollables sur l'Irlande de la fin du dix-neuvième. Elle veut nous distraire, simplement nous donner un aperçu de la situation pour mettre en place son histoire, et cela, elle y parvient très bien. J'ignorais également un certain nombre de choses sur les personnages, étant donné que je n'ai pas lu la série dans l'ordre cette fois-ci. Anne Perry semble s'être un peu lâchée en mariant Caroline à un jeune acteur, et les clichés habituels ne sont pas loin au cours de l'enquête. Mais c'est aussi pour ça que j'aime Anne Perry. Elle ne se complique pas la vie tout en étant crédible (aux yeux du lecteur qui ne cherche pas autre chose qu'un bon agréable au XIXe) et intéressante.
J'ai vraiment été prise dans cette enquête. J'avais des plans en plus, donc j'avais d'autant plus hâte de vérifier si mes intuitions étaient juste. Verdict ? Je m'améliore, même si je n'avais pas tout deviné non plus.
Ce tome est étoffé par des intrigues secondaires, comme les amours de la femme de ménage de Charlotte et Thomas, Gracie. J'espère d'ailleurs avoir des nouvelles du second de Pitt, j'ai formé de bons espoirs en lui...
Cette lecture était parfaite pour moi en ce moment. J'avais besoin de retrouver des intérieurs coquets, des personnages chaleureux, et de me vider un peu la tête. 

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03 septembre 2007

Mort à Devil's Acre ; Anne Perry

9782264029638R1_1_10/18 ; 288 pages.
6,94 euros.

Comme vous le savez, j'aime beaucoup les romans d'Anne Perry, que je dévore depuis le début de l'année. Pourtant, j'avoue être assez déçue par ce septième tome de la série "Charlotte et Thomas Pitt".

L'histoire : Le corps émasculé d'un médecin d'apparence respectable est retrouvé dans le quartier mal famé de Devil's Acre. Thomas Pitt, appelé pour mener l'enquête, découvre que ce crime abominable est semblable au meurtre d'un autre homme découvert quelques jours auparavant. Mais le lien entre les deux hommes semble inexistant. Les choses ne s'arrangent pas quand le corps d'un Lord est retrouvé à son tour.

Ce tome semblait prometteur. L'enquête se déroule dans les bas quartiers de Londres et dans les milieux les moins favorisés beaucoup plus que d'habitude. Nous retrouvons également dans ce livre la famille Balantyne, rencontrée lors de l'enquête de Thomas Pitt à Callander Square.
Pourtant, j'ai trouvé qu'Anne Perry tournait en rond dans ce roman. Les choses n'avancent pas, l'enquête menée par Charlotte n'est que du réchauffé des tomes précédents, et le fin mot de l'histoire n'est découvert que par chance. Cette enquête est l'une des plus courtes que j'ai lues, pourtant Anne Perry semble manquer d'inspiration de bout en bout. Elle a pourtant un sujet intéressant (les moeurs des femmes de la haute société qui s'ennuient), mais elle ne l'exploite que de loin, et avec des idées déjà utilisées dans les précédentes enquêtes des Pitt.
En plus du manque d'action, je n'ai pas retrouvé l'humour présent dans les précédents tomes. Charlotte, Thomas, et même Emily ne sont pas très attachants, et je les ai trouvés assez fades. Ce livre manque de vivacité à mon goût, je l'ai lu sans réel plaisir et refermé avec soulagement.

Bref, un petit passage à vide pour Anne Perry. J'espère qu'elle se reprend dans les prochains tomes.

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16 mai 2007

Le cadavre du métropolitain ; Lee Jackson

51pCs2FG9yLEdition 10/18 ; 285 pages.
7,30 euros.

" A la fin du XIXe siècle, Londres est une cité tentaculaire aussi monstrueuse que fascinante où le crime s'épanouit sans vergogne. Cette capitale est le terrain de chasse de Decimus Webb, inspecteur de Scotland Yard au flegme tout britannique... Lorsqu'une jeune femme est étranglée dans le métro fraîchement inauguré, la presse s'empare de l'affaire et le public en émoi réclame l'arrestation du " meurtrier du métropolitain ". L' inspecteur Webb aura besoin de toute sa clairvoyance pour progresser dans cette enquête qui va l'entraîner des taudis londoniens jusqu'au " Foyer d'Holborn pour femmes repenties ", dirigé par l'intraitable Miss Philomena Sparrow. "

C'est Lou qui m'a fait découvrir ce livre, qui quitte les beaux quartiers où enquête Thomas Pitt pour les milieux plus modestes (voire misérables) de la capitale anglaise.

J'ai été surprise de constater que ce "polar" n'en est pas vraiment un, dans la mesure où l'intrigue semble reléguée au second plan dans ce livre (on la perd d'ailleurs presque complètement de vue), et sert surtout à nous entraîner dans les bas quartiers de Londres où évoluent les personnages. La lecture est assez agréable globalement, mais je n'ai pas trouvé cette histoire captivante non plus. Les chapitres sont courts, mais cela sert davantage à faire alterner les personnages qu'à donner du rythme au livre (même s'il y a une accélération sur la fin). Il m'a fallu un peu de temps pour me rappeler qui était qui, et cela a un peu gêné ma lecture.
La reconstitution est intéressante, mais j'ai trouvé que les expressions employées étaient parfois lourdes. Après, cela vient peut-être de la traduction...
Peu à peu, les personnages deviennent familiers, certains se révèlent attachants, et on se met à se soucier de leur sort. L'explication finale est bien trouvée, et je suis contente d'avoir lu un livre illustrant la condition de certaines couches de la société londonienne au XIXe. 
Mais j'ai trouvé l'hécatombe qui accompagne la résolution de l'affaire plutôt grotesque. Quant à la fin, qui se veut malicieuse, je l'ai trouvée plutôt banale, et mon côté fleur bleue en aurait préféré une autre...

Pour résumer, je suis un peu mitigée. L'inspecteur Webb n'est pas vraiment un personnage sympathique, j'attendrais de voir ce que les fans ont pensé du tome 2 pour y jeter un oeil.

L'avis de Marie.

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