17 octobre 2013

Ce qu'il advint du sauvage blanc - François Garde

C_Ce-quil-advint-du-sauvage-blanc_960Au milieu du XIXe siècle, alors que les terres inexplorées se réduisent à peau de chagrin et que les sciences humaines se développent, le vicomte Octave de Vallombrun tente de partir à l'aventure et d'apporter une grande découverte à la Société de Géographie. Après une expédition décevante en Islande, il se rend en Australie où, par hasard, il va rencontrer un "sauvage blanc". Il s'agit en fait de Narcisse Pelletier, un marin disparu dix-huit années qui a été recueilli par des autochtones et a assimilé leur culture au point d'en oublier son ancien nom.
Octave, qui se prend d'affection pour cet être insaisissable et qui voit en lui la possibilité de développer une nouvelle science, passera des années à tenter de comprendre ce qui lui est arrivé.

Je n'ai jamais lu Robinson Crusoë et je n'ai jamais vraiment goûté au roman d'aventure, mais j'espère combler en partie cette lacune après avoir découvert le livre de François Garde. Je n'ai pas éprouvé un coup de coeur à sa lecture, mais c'est un récit très prenant et documenté difficile à lâcher.
La vie de Narcisse Pelletier nous est contée par deux narrateurs. Le premier est le principal intéressé, Narcisse Pelletier lui-même, dont on découvre les débuts sur les côtes australiennes. Abandonné par son capitaine, il est recueilli par une communauté régie par des règles qui lui échappent complètement. D'abord peu soucieux de s'intégrer, convaincu que son séjour sera de courte durée, il semble qu'il ait été obligé de se mêler à son nouveau peuple puisqu'il ne sera recueilli que près de vingt ans plus tard. De cette partie de l'histoire on ne saura presque rien, le second narrateur restant incapable de faire parler Narcisse au sujet de son passage forcé en Australie.
Octave de Vallombrun est un personnage très intéressant. Naïf, sincère et enthousiaste, c'est aussi un jeune homme ambitieux, qui voit en Narcisse Pelletier une sorte d'homme de la nature fruit d'une expérience involontaire inéite, qui va pouvoir le renseigner sur la vie de ses sauveurs ainsi que lui permettre d'étudier le mécanisme qui fait qu'on peut oublier jusqu'à son nom.

"Le voyage de retour de Narcisse vers notre monde n'aura lieu qu'une fois et dans un seul sens. J'en serai le scribe."

Malgré tout, le vicomte ne va pas tarder à être surpris par son élève, à douter, et enfin à être déçu. Les découvertes qu'il fait suggèrent des choses inconcevables à ses yeux (et que l'on ne peut rendre publiques). Certains comportements de Narcisse laissent penser que les "sauvages" sont plus civilisés face à certaines situations que les Europées, ce qui va totalement à l'encontre des défenseurs de la Colonisation qui se targuent d'apporter le Bien aux populations non chrétiennes.
Par ailleurs, l'accueil réservé au "sauvage blanc", ainsi que l'on surnomme Narcisse, est celui que l'on ferait à une bête de foire. Narcisse fascine, fait peur, suscite des réserves (qu'est-ce qui nous dit qu'il ne s'agit pas d'un simple menteur ?). Quant aux scientifiques de la Société de Géographie française, elle se montre finalement assez peu convaincue par les recherches d'Octave de Vallombrun sur cet ancien simple matelot, qui a peut-être perdu tous ses repères tout simplement parce qu'il n'était qu'un homme insignifiant et ignorant.
Enfin, Octave devra se résoudre à accepter son échec, et s'interrogera même sur le bien-fondé du retour de Narcisse Pelletier en France.

"Deux fois il a franchi ce passage impossible d'un monde à l'autre. Pour vivre avec les sauvages, il avait dû tout oublier de sa vie de matelot (qui saura jamais au prix de quels efforts !). Revenu parmi les Blances, et se refusant d'instinct à endurer à nouveau pareille ordalie, il s'était réfugié dans l'amnésie volontaire. Répondre lui était impossible, sauf à rabaisser le pont-levis de sa forteresse et laisser le matelot et le diablotin s'affronter en un combat mortel. Sa raison n'y eût pas survécu."

Bref, un livre avec un fond historique comme je les aime, des personnages qui soulèvent des questions passionnantes et un dépaysement total à certains moments. Une très jolie découverte.

Folio. 380 pages.
2012.

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22 avril 2013

Du domaine des murmures - Carole Martinez

carole-martinez-du-domaine-des-murmures"Le monde en mon temps était poreux, pénétrable au merveilleux. Vous avez coupé les voies, réduit les fables à rien, niant ce qui vous échappait, oubliant la force des vieux récits. Vous avez étouffé la magie, le spirituel et la contemplation dans le vacarme de vos villes, et rares sont ceux qui, prenant le temps de tendre l'oreille, peuvent encore entendre le murmure des temps anciens ou le bruit du vent dans les branches. Mais n'imaginez pas que ce massacre des contes a chassé la peur ! Non, vous tremblez toujours sans même savoir pourquoi."

Esclarmonde, quinze ans, se tranche l'oreille le jour de ses noces avec Lothaire, un homme qu'elle n'a pas choisi. Elle annonce aussi son intention de se retirer dans une cellule afin d'y communier avec Dieu pour le restant de ses jours.
La construction de sa prison est finalement ordonnée par son père, mais alors qu'elle se prépare à y entrer, elle est violée. Elle donne naissance à un fils neuf mois plus tard dans sa cellule, un bébé qui est vu comme un authentique miracle dans toute la région.

C'est avec beaucoup d'appréhension que j'ai ouvert ce livre. Si je garde un bon souvenir du premier roman de Carole Martinez, le sujet de celui-ci me semblait très risqué. Des histoires de femmes au Moyen-Âge, ça me rappelle un autre livre qui avait fait couler beaucoup d'encre il y a quelques années et qui m'avait laissée perplexe, La Passion selon Juette.
Les premières pages n'ont pas tout à fait apaisé mes craintes. Les histoires d'illuminées martyres ont tendance à m'exaspérer. Pourtant, très vite, l'histoire d'Esclarmonde devient intrigante. A partir du moment où le monde des contes fait son entrée, j'ai retrouvé ce qui fait le charme de Carole Martinez. Alors oui, ça parle de religion, mais il est aussi question d'un enfant aux paumes trouées qui donnent un accès direct à la troupe de croisés à laquelle son grand-père appartient, d'une sirène aux cheveux verts, d'une héroïne qui repousse la Mort, ou encore d'un cheval vengeur appelé Gauvain. 
Nous sommes au Moyen-Âge, mais la religion ressemble beaucoup à une magie qui permettrait aux femmes de contrôler leur vie. Les gens n'hésitent pas à manipuler la vérité, même inconsciemment, si cela peut leur servir. Leur religion est faite de christianisme, de croyances anciennes et d'opportunisme, ce qui leur laisse un large champ d'action. Ce mélange permet au récit d'explorer diverses pistes de réflexion sur la nature des gens et de ne pas laisser de côté les gens qui, comme moi, sont assez hermétiques lorsqu'on leur présente des héros d'une piété extrême.
Esclarmonde elle-même, bien qu'enfermée dans une cellule, n'est pas coupée du monde. Elle voit les choses à travers son fils et tous les gens qui lui rendent visite. Ce n'est pas une victime et encore moins une sainte. Elle aussi manipule les gens et elle aussi se trouve parfois confontée aux trop lourdes conséquences de ses actes.

Une jolie lecture à faire d'une traite qui confirme que Carole Martinez est un auteur à suivre de près.

Comme je suis la dernière à lire ce roman, vous pouvez aussi trouver des avis chez Lou, Sylire, Stephie, Gambadou ou encore Theoma.

Merci à Lise des éditions Folio.

Folio. 240 pages.
2011 pour l'édition originale.

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09 mai 2010

Au Bon Roman ; Laurence Cossé

41YO9sGVlWLFolio ; 458 pages.
2009.

Avant de lire ce qui suit, je préviens que je ne souhaite pas me brouiller avec toute la blogosphère...

Van et Francesca sont deux passionnés de lecture qui décident, après une rencontre improbable, de monter une librairie à Paris, dans laquelle ne se trouveraient que les "grands" romans. C'est ainsi qu'Au Bon Roman ouvre ses portes, proposant aussi bien des classiques que des romans contemporains, dont le style notamment est remarquable*. Cela déclenche immédiatement de vives réactions. Qui sont les mystérieux grands électeurs qui décident quelles seront les œuvres vendues par la librairie ? N'est-ce pas une entreprise élitiste et totalitaire qu'entreprennent ces libraires improvisés ? Le monde du livre va t-il enfin être bouleversé ? Est-ce qu'une librairie basée uniquement sur la qualité peut réellement survivre ?  Les tentatives de déstabilisation ne tardent pas.
Au même moment, Van rencontre Anis, une jeune étudiante, à laquelle il entreprend de faire la cour (oui, je voulais insister un peu sur l'inutilité de cette affaire).

J'ai lu ce roman très rapidement, mais je ne peux m'empêcher d'être déçue. Si la première moitié m'a globalement enchantée (à l'exception d'une ou deux remarques que je n'ai pas comprises), je trouve que la deuxième partie est trop souvent naïve, caricaturale et verse de façon paradoxale dans le consensuel. 
Le monde de l'édition en prend pour son grade, les libraires et les critiques aussi.  C'est un bon sujet, et le développer sous la forme d'un roman est agréable. Cependant, rien de bien nouveau sous le soleil quand on suit un peu le monde des livres.  Les reproches avancés ressemblent beaucoup à du pré mâché.

"- Quel dommage. Alors que vous et moi découvrons chaque mois un chef d'œuvre. C'est que quatre-vingt-dix pour cent des romans qui se publient sont "des livres que c'est pas la peine", comme les appelait Paulhan. La critique ne devrait parler que des autres, mais elle est paresseuse et frivole.
-Elle se fiche pas mal de la vérité. Elle ne connaît que deux lois, le clanisme et le copinage. En un mot, elle est corrompue."


C'est ce qu'on appelle un scoop, non ?
De plus, même si Van et Francesca rejettent ces livres encensés à tort par des critiques et des éditeurs qui ne s'intéressent qu'aux retombées économiques, on voit bien que nos deux héros savent utiliser le système à leur profit (Francesca a des amis bien placés qui lui permettent de mettre en œuvre ses projets, ce qui n'aurait certainement pas été le cas pour des individus lambda).
Ensuite, imaginer un tel ramdam pour une seule librairie, avec tentatives de meurtre, intimidations, et autres dépenses astronomiques,
me semble relever de la science-fiction. Au Bon roman a, dès le début, des admirateurs et des ennemis passionnés, la librairie permet de renouveler des formes de relations oubliées avec son libraire (comme l'envoi de livres choisis exclusivement par le libraire)... C'est tellement beau tout ça...
Enfin, et là j'avoue que j'ai vraiment eu du mal à avaler cette prise de position, je ne comprends pas comment Francesca peut écrire une profession de foi telle que celle qu'elle publie dans la presse, tout en rejetant L'Amour dans un climat froid de Nancy Mitford, qu'elle décrit elle-même comme étant "épatant", et qu'elle a lu "plusieurs fois". Ne dit-elle pas elle-même qu'elle veut des livres qu'elle  peut lire après un enterrement ? J'aime beaucoup Nancy Mitford, ce qui explique que j'aie relevé ce passage, mais ce n'est pas la question. Je comprends bien la symbolique de ce roman, et je ne dis pas que Laurence Cossé pense détenir LE bon goût, mais que pour son sujet elle devait adopter une conduite claire. De mon côté, je suis d'accord pour dire qu'affirmer que tous les livres se valent, et que seul le plaisir compte est au mieux naïf au pire démagogique. Toutefois, dire que l'on veut être retourné par les livres, et écarter un roman qui nous fait beaucoup rire, qui nous est visiblement cher, et dont l'on reconnaît la qualité me semble contradictoire. L'Amour dans un climat froid ne semble pas être "assez" grand, et à partir de là je décroche, l'élitisme pointe vraiment le bout de son nez, même si c'est seulement le temps de quelques phrases...

C'est véritablement dommage, car il y a de toute évidence une volonté de la part de l'auteur de laisser transparaître son amour des livres qui touchent, et sa crainte qu'ils disparaissent. L'enquête est également bien maîtrisée, et mis à part ce narrateur fantôme (qui est tout aussi inutile à visage découvert), j'ai apprécié ce choix d'une intrigue qui se dévoile seulement progressivement.

Plein d'avis très enthousiastes sur BOB et chez Fashion (un peu moins). Keisha et Cachou ont été déçues.

*A noter que le livre de Cossé lui même n'est pas doté d'une plume extraordinaire. Le fond étant ce qui comptait le plus dans ce livre, ça n'a rien de choquant, mais je trouve tout de même cela un peu étrange quand on appuie sur l'importance du style pendant des centaines de pages...

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01 mai 2010

Les Femmes du braconnier ; Claude Pujade-Renaud

L63317_1_Actes Sud ; 349 pages.
2010
.

Après ma lecture des Carnets intimes, j'ai eu envie de retrouver Sylvia Plath dans cette biographie romancée qui vient de paraître.

Elle débute avec Ted Hughes contemplant un jaguar dans le zoo où il travaille. Sylvia Palth, pour sa part, s'accroche telle une désespérée à Sam, un cheval lancé à toute allure, et convaincu que la créature qu'il porte est funeste.
Puis vient la rencontre, sanglante. Sylvia mord Ted, et l'entraîne avec elle. Ensemble, ils se stimulent, éprouvants tous deux la passion d'écrire. Les enfants naissent, Ted est reconnu, ils achètent une maison à la campagne, mais tout s'écroule finalement au bout de quelques années. Sylvia sombre, Ted tombe sous le charme de la belle Assia Wevill, une autre femme torturée. Assia ne trouvera jamais sa place dans cette relation à trois (son mari à elle n'est pas vraiment un quatrième personnage dans cette histoire), avec cette femme, puis surtout ce fantôme comme rivale dans l'esprit de tous, et surtout le sien.
Seulement quelques années après le suicide de Sylvia, Assia se tue à son tour, de la même façon, emportant la fille qu'elle a eu de Ted avec elle, cette enfant "chargée d'une tâche impossible : maintenir ensemble deux êtres qui s'aiment en traînant derrière eux un cadavre."
 

L'histoire racontée par ce livre m'a beaucoup touchée. Je suis terriblement fleur bleue, et Sylvia Plath est un auteur que j'apprécie beaucoup. Voir tous ces gens souffrir est très désagréable, d'autant plus que les drames évoqués ont réellement eu lieu.  Par ailleurs, j'ai apprécié le fait de retrouver des anecdotes que Sylvia Plath a elle-même évoquées par le biais de nouvelles. Claude Pujade-Renaud a de toute évidence énormément travaillé pour écrire ce livre, qui se lit avec beaucoup de facilité, et je pense que le début de l'histoire qu'elle conte est bon.
Toutefois, je dois reconnaître qu'avec un peu de recul, je ne suis pas certaine que Les femmes du braconnier soit un bon roman, et encore moins une bonne biographie romancée. Claude Pujade-Renaud faute à mon avis lorsqu'elle choisit d'écrire un roman polyphonique. Elle ne parvient pas à donner une voix  spécifique à  chacun de ses multiples personnages, tous s'expriment d'une façon très similaire. De plus, malgré ce choix, l'auteur fait appel à un narrateur extérieur de façon récurrente, comme si elle ne parvenait pas à exprimer tout ce qu'elle désire en adoptant les voix de ses personnages. A mon avis, privilégier ce narrateur détaché des protagonistes aurait rendu le récit moins bancal. 
Par ailleurs, et je pense que cet aspect explique le choix du roman polyphonique par Claude Pujade-Renaud, j'ai eu de plus en plus de mal, au fur et à mesure que le récit avançait, à ne pas me lasser de toutes ces références à la psychanalyse, et à ces multiples passages où tout ce qui s'est produit semblait être écrit dans les étoiles (et le pire, c'est que c'est une évidence pour tout le monde, sauf les principaux intéressés). Je l'ai déjà dit ici, ce genre de discours me fait penser à ma mère, et malgré toute l'affection que j'ai pour elle, ces explications sont pour moi totalement insuffisantes, et presque irrespectueuses à
l'égard des individus concernés. A partir de la mort de Sylvia, le récit s'empâte de plus en plus dans des réflexions de cet ordre, Assia restant de toute façon un personnage très obscur. 

Ce livre semble destiné à combler des trous qui ne peuvent pas l'être. Je n'ai rien contre les biographies romancées, mais je n'ai pas pu m'empêcher de penser qu'il s'agit d'un exercice très délicat lorsque l'on évoque des événements tragiques, qui rendent la prise de recul très difficile.

Malgré tout, cette lecture n'a pas amoindri mon intérêt pour Sylvia Plath, et les poésies de Ted Hughes m'intriguent désormais au plus haut point. Il doit quand même y avoir des bonnes choses dans ce livre...

Les avis de Dominique, Lily et Cathulu, qui ont aimé sans réserve. Papillon et Fashion ont des avis assez semblables au mien.

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23 mars 2010

Les Faux-Monnayeurs ; André Gide

9782070349609Folio ; 502 pages.
1925
.

De Gide, je n'ai eu l'occasion de lire que La Symphonie pastorale, qui ne m'a pas laissé un souvenir impérissable, loin s'en faut. Heureusement qu'Ys est passée par là pour me proposer une lecture commune des Faux-Monnayeurs, sinon il serait encore en train de dormir pour longtemps dans les tréfonds de ma bibliothèque.

Cette histoire est difficile à résumer. Elle débute alors que le jeune Bernard Profitendieu découvre qu'il n'est pas le fils de l'homme qui l'a élevé. Très remonté, il décide d'en profiter pour prendre sa vie en main. Il écrit une lettre sans concession à celui qui était son père jusque là, et quitte le domicile parental. Réfugié chez un ami, Olivier Molinier, il écoute celui-ci lui parler de son oncle Edouard, qui arrive à Paris le lendemain.
Dans le même temps, Vincent, le frère aîné d'Olivier, abandonne la femme mariée qu'il a mise enceinte durant un séjour dans un sanatorium à Pau, qui se trouve être une amie intime d'Edouard, et il se lie avec une aristocrate et le célèbre écrivain Passavant.

Tout en possédant une intrigue qui captive de bout en bout, Les Faux-Monnayeurs est construit avec beaucoup d'habileté par André Gide.
Les points de vue sont multiples, tout comme les supports de la narration, ce qui permet de donner du rythme à l'intrigue, avec une foule de personnages très différents, parfois sympathiques, parfois exaspérants, dont la place ne se révèle que progressivement. Le centre de ce monde est cependant caractérisé par un personnage en particulier, celui de l'oncle Edouard, dont on devine avant même de connaître ses entreprises littéraires qu'il incarne une projection de l'auteur dans le texte. Gide a ainsi écrit un roman intitulé Les Faux Monnayeurs dans lequel un personnage fait la même chose.
Cela donne lieu à un questionnement sur ce que doit être le roman, à une époque où ce dernier se cherche, et est profondément remis en cause. La genèse du livre d'Edouard occupe la plus grande place à ses yeux, davantage que le résultat, c'est à dire le livre lui-même.
A cela, Gide donne une résonnance universelle, en s'interrogeant sur l'existence, sur l'amour, sur la jeunesse.

"Il me semble parfois que je n'existe pas vraiment, mais simplement que j'imagine que je suis. Ce à quoi je parviens le plus difficilement à croire c'est à ma propre réalité. Je m'échappe sans cesse et ne comprends pas bien, lorsque je me regarde agir, qua celui que je vois agir soit le même que celui qui regarde, et qui s'étonne, et doute qu'il puisse être acteur et contemplateur à la fois."

Où est la réalité et que doit-on en faire ? Comment l'exprimer ? C'est d'autant plus difficile de trancher dans une société où tout n'est qu'hypocrisie et faux-semblants. Les faux-monnayeurs ne sont pas incarnés que par les gamins qui s'adonnent au trafic de fausse monnaie. Il y a beaucoup de faux dans ce texte : des faux-pères, des faux-maris parfaits, des faux-enfants conformes à ce que leurs parents désirent, des faux-amis, des faux sentiments. Cela se traduit par une incapacité à communiquer ses réelles émotions, et à des êtres partagés. Bernard avec son père, Laura avec les hommes de sa vie.

"Je crois que le secret de votre tristesse (car vous êtes triste, Laura) c'est que la vie vous a divisée ; l'amour n'a voulu de vous qu'incomplète ; vous répartissez sur plusieurs ce que vous auriez voulu donner à un seul. Pour moi, je me sens indivisible ; je ne puis me donner qu'en entier."

Les Faux-Monnayeurs est un roman intelligent dans lequel on se perd avec délice, et que l'on peut apprécier à différents niveaux. C'est un coup de coeur.

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18 novembre 2009

Faire l'amour ; Jean-Philippe Toussaint

1037346_gf_1_Minuit ; 159 pages.
2002
.

Pour me repérer un peu dans l'actualité littéraire, j'ai décidé d'écouter Le masque et la plume il y a quelques semaines. Les chroniqueurs, très partagés sur les autres livres critiqués, ont tous adoré le dernier livre d'un auteur que je connaissais jusque là vaguement de nom, La Vérité sur Marie de Jean-Philippe Toussaint. Il s'agit du troisième livre mettant en scène Marie et son narrateur et amant. Voulant pour une fois bien faire les choses (et aussi ne pas mettre encore de l'argent dans un livre que j'aurais ensuite envie de jeter), j'ai décidé de commencer par le début, à savoir Faire l'amour.

Nous sommes à Tokyo, et Marie pleure. Elle sait, comme notre narrateur, que son histoire d'amour est en train de s'achever, et qu'ils s'apprêtent à faire l'amour pour la dernière fois. "Mais combien de fois avons-nous fait l'amour pour la dernière fois ? Je ne sais pas, souvent." Ils occupent une chambre dont le lit est jonché de robes de collection, et ils ne savent pas encore exactement comment les choses vont s'achever. Elle se cache les yeux, lui se réconforte avec le flacon d'acide qu'il garde dans sa poche.

Faire l'amour est un livre ensorcelant, grâce à l'écriture de Jean-Philippe Toussaint, qui nous donne le sentiment de toucher ce qu'il décrit.  Tout est à l'envers. Le rythme est lent, mais il y a une tension permanente dans ce récit. Les personnages font l'amour, mais c'est de la haine qu'ils crient.

"... à mesure que l'étreinte durait, que le plaisir sexuel montait en nous comme de l'acide, je sentais croître la terrible violence sous-jacente de cette étreinte."

Le narrateur et Marie sont venus ensemble à Tokyo, mais tous d'eux savent qu'ils n'ont jamais été plus loin l'un de l'autre. La bouche de Marie est close, et son compagnon, malgré le désir infini qu'il éprouve pour elle, ne fera rien pour la reconquérir. Peu de mots sont échangés, mais tout ce qu'ils vont faire ou ne pas faire les précipite vers la fin de leur histoire. Comme ce parapluie tombé sur le sol, qui semble représenter une dernière chance.

"Il était impossible, de toute façon, qu'un de nous ramasse jamais ce parapluie à présent."

Dans un Japon hypnotique, à la fois complice et lointain, les derniers instants de cet amour défilent. Notre narrateur cherche des signes qu'il ne cesse finalement de repousser. Et l'on ignore jusqu'aux dernières lignes si la violence et la frustration, qui semblent parfois se substituer à son indécision va finalement prendre le dessus.

C'est un très belle surprise.

Pour un billet digne de ce nom, allez plutôt du côté de chez Gaëlle

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01 novembre 2009

Et on tuera tous les affreux ; Boris Vian

9782253146162_G_1_Le Livre de Poche ; 224 pages.
1948
.

J'avais annoncé en 2007 mon intention de participer au moins une fois dans l'année qui suivrait au blogoclub. Naturellement, ça ne s'est jamais fait. Je pense que l'on peut remercier ma récente panne de lecture (du moins en ce qui concerne les romans), car elle m'a donné envie d'un livre qui me saurait me distraire et que je pourrais lire sans lutter désespérément pour comprendre chaque phrase.

Après Elles se rendent pas compte, je me suis décidée pour Et on tuera tous les affreux. Que j'ai trouvé encore meilleur. L'histoire ? Rocky, un jeune homme de dix-neuf ans et demi beau comme un dieu, a décidé de rester vierge jusqu'à ses vingt ans. Lors d'une soirée, il est enlevé, et se retrouve nu, dans une chambre, avec une sublime jeune femme qui ne rêve que de s'occuper de lui.
Il refuse, contraignant ses gardiens à utiliser des méthodes beaucoup moins agréables pour obtenir ce qu'ils veulent. Quand ils le délivrent, il se rend dans le bar d'où il a disparu, et découvre qu'un meurtre vient de s'y produire. Convaincu de l'existence d'un lien entre cet assassinat et sa propre aventure, Rocky décide d'enquêter.

Cette nouvelle rencontre avec Vian a été un délice. J'ai adoré son ton relâché et bourré d'humour. Rocky est un cliché ambulant, aussi inconscient que l'étaient les héros de Elles se rendent pas compte, mais tellement attachant ! "On ne le dirait pas à me voir, mais les bosses que font mes muscles sont les apparences trompeuses sous lesquelles je dissimule mon petit coeur de Cendrillon."
Le côté "policier" de l'enquête est encore plus dans le n'importe quoi, avec des agents fédéraux, des complexes ultra-sophistiqués qui font basculer ce livre dans l'anticipation, mais aussi du côté du paradis perdu avec une île où tous les hommes visent la perfection physique, et où on vous enferme dans des chambres avec de superbes créatures si vous êtes dans les bonnes grâces du propriétaire.
Sous cet aspect complètement loufoque, Et on tuera tous les affreux aborde également un sujet plus grave et totalement intemporel, celui des canons de beauté, qui empoisonnent les époques, mettent ceux qui n'y correspondent pas dans les marges, et obligent tout le monde à viser un idéal qui n'est idéal que tant que tout le monde ne l'a pas atteint. On peut également voir dans ce livre des échos à la politique de "purification de la race allemande" par les nazis, mais aussi aux débats bioéthiques qui sont actuellement en cours (les bébés sur commande par exemple). Bref, un livre bien plus profond qu'il n'y paraît, mais qui ne nous enlève pas une seconde notre sourire.

Et maintenant, grand moment : le logo du Blogoclub ! blogoclub_1_

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30 octobre 2009

Pêle Mêle

En raison de problèmes divers, je n'ai pas pu faire de billets très nombreux ces derniers temps. Il se trouve que j'ai aussi, dans ce laps de temps, effectué des lectures sur lesquelles je ne sais pas vraiment quoi dire, soit parce que je connais trop mal leur auteur ou la période à laquelle ces livres ont été écrits, soit parce qu'ils ne m'ont pas enthousiasmée et sont désormais beaucoup trop lointains pour que j'écrive un billet dessus. 

irsympas_1_Commençons avec La Symphonie pastorale d'André Gide. Un pasteur, à la fin du XIXe siècle, est appelé après la mort d'une vieille femme. Dans la maison, il découvre une étrange créature, aveugle et muette, qu'il recueille chez lui afin de l'éduquer. Alors qu'il pensait se poser simplement en maître, auprès de celle qu'il baptise Gertrude, il découvre lui aussi une nouvelle vision du monde. La jeune fille ne sait pas mentir, faire semblant de comprendre. "Est-ce que vraiment, disait-elle, la terre est aussi belle que le racontent les oiseaux ? Pourquoi, vous, ne me le dites-vous pas ? Est-ce par crainte de me peiner en songeant que je ne puis la voir ? Vous auriez tort. J'écoute si bien les oiseaux ; je crois que je comprends tout ce qu'ils disent." Progressivement, le pasteur, sans qu'il le devine, tombe éperdument amoureux de Gertrude. Il tente de la modeler, de la garder dans ce monde intemporel et bien régenté qu'ils semblent habiter. Il refuse de voir ses sentiments pour la jeune fille. C'est sa propre femme qui tente de lui ouvrir les yeux ! Gertrude, elle, est d'une docilité et d'une sincérité totale. Jusqu'à ce que la bulle éclate. 
Ce texte est rempli de poésie, et met en scène des personnages en dehors de tout, dans un monde qui se suffit presque à lui même.
Je n'ai pas été subjuguée par cette lecture, mais elle m'a permis de passer un agréable moment, et m'a donné envie de déterrer Les Faux Monnayeurs qui dort dans ma PAL depuis un moment déjà.

Les avis de Sylvie et de Kalistina.   

J'ai aussi replongé dans diverses lectures concernant Virginia Woolf. Je vous parlerai de cellesISBN_978_2_7210_0271_6_1_1_ qui m'ont apporté quelque chose plus tard, et je vais me contenter de vous toucher deux mots de Virginia Woolf ou la dame sur le piédestal d'Anne Bragance. Je ne connais pas du tout cette dernière, mais le titre m'a fait foncer tête baissée dans ce livre qui ne m'a rien appris sur Virginia Woolf, et qui raconte d'une façon très étrange et très personnelle l'impact que cette dernière a eu sur la vie d'Anne Bragance. La forme est très étrange, le livre est décousu, et je me suis sentie une indiscrète dans une sorte de journal intime plein de ratures, de retours en arrière, de tentatives d'écritures (Bragance insère par exemple des extraits de ses propres romans, ce qui est totalement sans intérêt quand on ne la connaît pas). Un essai pas du tout concluant.

1363_medium_1_Van Gogh le suicidé de la société est un texte que l'on peut lire aussi bien pour Van Gogh que pour Artaud. Je connais vaguement le premier (La nuit étoilée est l'une de mes toiles préférées), et j'ignorais tout du second. J'ai donc découvert un écrivain qui prend une plume superbe, à la fois drôle et tragique, pour évoquer à la fois un homme qu'il admire et en qui il se voit. Il s'agit également d'une charge contre la psychiatrie et la société en général, qui cherche ce qui n'existe pas, et qui non seulement ne reconnaît pas ses génies, mais qui en plus absorbe leur énergie jusqu'à les tuer. Le sentiment de persécution exprimé par Artaud est sans doute exagéré, mais ses phrases et sa passion sont tellement belles que j'ai été obligée de les savourer.

"Ce n'est pas à force de chercher l'infini que Van Gogh est mort,
qu'il s'est vu contraint d'étouffer de misère et d'asphyxie,
c'est à force de se le voir refuser par la tourbe de tous ceux qui, de son vivant même, croyait détenir l'infini contre lui."

20 octobre 2009

Le feu follet, suivi de Adieu à Gonzague ; Pierre Drieu la Rochelle

180372_2783982_2_Folio ; 185 pages.
1931
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Mon ordinateur ayant décidé de rendre l'âme, mes billets de lecture risquent de continuer à être un peu espacés dans les prochaines semaines. Je continue toutefois à lire tant que je peux, et à piquer des idées sur vos blogs. Cette fois, c'est chez Malice que j'ai découvert ce petit livre écrit par un auteur dont je ne connaissais que le nom.

Il est composé de deux textes très courts (l'un encore plus que l'autre). Le premier, Le feu follet, nous raconte l'histoire d'Alain, un homme perdu. Il souffre d'un mal-être permanent, renforcé par une dépendance totale à la drogue, qui l'éloigne de ceux qui l'aiment et qu'il aime. Sa femme, Dorothy, l'a quitté. Lydia, son autre maîtresse américaine, tente de faire des projets avec lui, mais il devient de plus en plus évident qu'Alain est incapable d'aller quelque part. Il a entreprit une cure de désintoxication, mais il sait déjà qu'il ne s'en sortira pas, et décide de se tuer, une fois la rechute effective.

Le feu follet est un très beau texte, plein de tourments, servi par une écriture à la fois poétique et implacable. Alain est un être difficile à cerner, imprévisible et surtout hors du temps. Il est déjà mort quand nous le rencontrons. "Ce corps d'Alain, qui tenait une cigarette, c'était un fantôme, encore bien plus creux que celui de Lydia. Il n'avait pas de ventre et pourtant la mauvaise graisse de son visage le faisait paraître soufflé. Il avait des muscles, mais qu'il soulevât un poids aurait paru incroyable. Un beau masque, mais un masque de cire. Les cheveux abondants semblaient postiches." Il se déteste, et éprouve à travers lui un désintérêt pour tous les hommes. Nous le suivons dans sa chute, nous rencontrons les quelques personnes qui s'inquiètent pour lui, qui tentent de susciter en lui un instinct de vie, et auxquelles il rend visite, comme pour leur dire un dernier adieu.
Malgré tout, je m'interroge. J'ai le sentiment que Drieu la Rochelle voyait quelque chose qui va au-delà du caractère romantique du suicide. Dans Adieu à Gonzague, qui est sans doute encore plus poignant, plus déconcertant, Gonzague se suicide aussi. Et cet acte paraît presque héroïque, quand le fait de renoncer semble signifier un manque de volonté. Alors, ce personnage d'Alain, est-il réellement un incompris ou un simple homme rempli d'amertume qui se pense trop bien pour ce monde ? Mais cela est sans doute une impression très personnelle, qui n'a rien à voir avec la qualité du livre, bien réelle.

11 septembre 2009

Paulina 1880 ; Pierre Jean Jouve

P1130654Folio ; 245 pages.
1925
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Je ne sais plus pourquoi j'en suis venue à acheter Paulina 1880 de Pierre Jean Jouve, mais je sais que je m'attendais à trouver une histoire effrayante et sulfureuse. Cela vient sans aucun doute de la merveilleuse quatrième de couverture de mon édition, qui est la reproduction de la page 235 (sur 246 !), et qui a pour caractéristique de dévoiler tous les mystères du livre...

Paulina Pandolfini est la fille d'un noble milanais. Chérie et surprotégée par un père qui l'aime plus qu'il ne le devrait, elle passe une enfance insouciante et heureuse. "Paulina courait le long des petits canaux sur l'herbe nouvelle, et dans l'eau jusqu'aux cuisses en avril elle mangeait des fleurs à pleine bouche. Elle se croyait aimée par le vent comme certaines créatures mythologiques, elle connaissait les légendes des paysans ou les histoires des anciens dieux, faisait parler les arbres, devenait dryade, et croyait même intriguer avec un faune dans la plus grande des bandite, celle de Torano où une très sombre cipressaia descendait sur le lac de Côme."
Mais l'adolescence arrivant, le corps de Paulina se transforme. C'est avec vanité que la jeune fille considère ses nouveaux atouts, et elle ressent bientôt un désir de séduction exacerbé. Elle a dix-neuf ans lorsque le comte Cantarini, un ami de la famille mal marié, lui fait tourner la tête. Ils deviennent amants dans le plus grand secret. "Gravement, avec la douceur et la force d'un ange, il l'aimait. Elle inanimée flottait comme Ophélie dans des eaux lointaines. La voix qui les réveilla, après le jugement, leur dit qu'à partir de cette nuit ils étaient scellés l'un à l'autre dans la foi, la volupté et la détresse."
A la mort de Mario Giuseppe Pandolfini puis de la femme de Michele, un union légitime devient possible. Mais Paulina est une femme trop passionnée et trop tourmentée pour accepter une situation sans vagues.

Voilà un texte très curieux. Je ne sais pas si c'est le cadre italien ou la fin tragique qui me fait penser une telle idiotie, mais Paulina 1880 semble s'inscrire dans les codes de nombreuses histoires d'amour mythiques, comme Roméo et Juliette. Certes, ce n'est pas ici aussi fin et poussé que dans le chef d'oeuvre dont nous parlait récemment Erzébeth, mais tout le monde n'a pas le talent de Judith Arnold*.
Plus sérieusement, Paulina 1880 est un récit composé de 119 tableaux mettant en scène l'oscillation de Paulina entre amour charnel et amour mystique. J'ai trouvé ce texte un peu trop austère, malgré toute la poésie de la plume de Jouve, pour le considérer comme étant réellement moderne, mais les interrogations de Paulina vont plus loin que celles s'une simple pleurnicheuse. Il s'agit d'une femme obsédée par le lien physique qui cherche sa place, qu'elle soit dans les bras de son amant terrestre ou dans ceux de son amant mystique. Elle va jusqu'à se faire physiquement mal, au grand effroi de la mère supérieure du couvent où elle se réfugie quelques temps, puis jusqu'à commettre l'irréparable pour atteindre l'apaisement face à l'hypocrisie des hommes et de la religion.
Le métier de poète de Jouve transparaît entre ces pages, et permet de donner un caractère passionné et douloureux au texte. Certains chapitres sont juste enchanteurs. 

Paulina 1880 est un roman lent, avec très peu de dialogues, qui m'a ennuyée par moments, et que j'aurais situé à une date bien antérieure à sa publication. Je pense aussi ne pas y avoir compris grand chose, mais il a toutefois su me toucher et m'intriguer. Je l'ai lu d'une traite.

Sylvie en parle bien mieux que moi.

* pour les visiteurs non habitués de la blogosphère qui sauteraient au plafond en lisant ces mots, je plaisante...

Posté par lillounette à 18:52 - - Commentaires [18] - Permalien [#]
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