lilly et ses livres

Un blog pour y décrire les livres que j'ai aimés, et que je désire partager avec les mordus de lecture ... mais aussi ceux qui m'ont déçue, et sur lesquels je serais ravie d'échanger mon point de vue. Les billets, notamment dans la catégorie jeunesse, qui

16 septembre 2009

Malpertuis, histoire d'une maison fantastique ; Jean Ray

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Espace Nord ; 285 pages.
1943
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Malpertuis est un nom qui a longtemps été pour moi un simple titre sans attache. C'est chez Sentinelle que j'ai appris qu'il s'agissait d'une histoire fantastique, et le fait qu'elle l'ait fortement préféré à Les Envoûtés de Witold Gombrowicz (que j'ai adoré) m'a naturellement mis l'eau à la bouche.

L'histoire de Malpertuis, cette demeure inquiétante située dans une rue tranquille nous est contée par quatre narrateurs. Le premier est un voleur, qui a dérobé dans un établissement religieux les récits manuscrits de trois témoins des événements qui ont provoqué le drame de toute une famille.
Avant sa mort, le richissime oncle Cassave réunit les siens autour de lui, et leur annonce les conditions de sa succession. Tous devront s'installer à Malpertuis sans autorisation de quitter la demeure, et jouiront d'une somme d'argent importante pour leurs dépenses courantes. Les deux derniers à y demeurer, car l'Oncle Cassave compte bien sur quelques désertions et meurtres, devront s'unir, et recevront la totalité de l'héritage du viel homme.
L'homme meurt : " - Mon coeur dans Malpertuis... pierre dans les pierres...", laissant ses descendants se plier à ses dernières volontés.

J'avais de grandes attentes concernant ce roman lorsque je l'ai ouvert, et je n'ai pas du tout été déçue. Ce récit est tout bonnement incroyable, passionnant, et bien plus profond que ce à quoi je m'attendais.
L'ambiance créée par Ray est cauchemardesque. Malpertuis est une bâtisse effrayante de l'extérieur : "Sa façade est un masque grave, où l'on cherche en vain quelque sérénité, c'est un visage tordu de fièvre, d'angoisse et de colère, qui ne parvient pas à cacher ce qu'il y a d'abominable derrière lui. Les hommes qui s'endorment dans ses immenses chambres s'offrent au cauchemar, ceux qui y passent les jours doivent s'habituer à la compagnie d'ombres atroces de suppliciés, d'écorchés vivants, d'emmurés, que sais-je encore ?" A l'intérieur, c'est pire. Les bougies sont soufflées par des forces inconnues, des voix s'élèvent sans qu'aucune créature vivante ne soit présente dans la pièce, des meurtres effroyables sont commis sans que personne ne les mentionne à posteriori, comme si les victimes n'avaient jamais existé, et les habitants de Malpertuis ont tous des comportements inexplicables. C'est Jean-Jacques, l'un des neveux de l'oncle Cassave qui nous raconte la majeure partie des événements, mais l'incompréhension du lecteur est encore renforcée par le fait que d'autres voix, évoquant des faits parfois bien antérieurs au drame final de Malpertuis, s'élèvent.
Il est difficile de parler de ce roman, de vous faire comprendre à quel point il est bien mené, parce que dévoiler ses mystères serait criminel. Mais Malpertuis est bien plus qu'un roman d'épouvante. Jean Ray utilise les légendes et la mythologie pour sonder l'âme humaine et incarner ses idées dans ses personnages. Il embarque le lecteur bien plus loin que d'autres romans fantastiques, parce qu'il est mené par un auteur qui sait parfaitement où il veut en venir. Il faut juste accepter de cesser de se cramponner à une rampe rassurante, et se laisser guider.

C'est un coup de coeur.

"A plusieurs reprises, j'ai vu une jeune fille de grande beauté, assise immobile auprès de ce tombeau.
J'ai voulu lui adresser la parole, mais chaque fois que je me dirigeai vers elle, je la vis disparaître comme une fumée. J'ai pourtant pu voir qu'elle portait un bandeau noir sur les yeux et que sa chevelure, rouge comme du cuivre brûlant, était bien étrange."

Les avis de Laurence, A girl from Earth, La liseuse et Sophie (qui n'a pas du tout aimé)

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18 mai 2009

La Triste Histoire d'Elvira Madigan et du lieutenant Sixten Sparre ; Paardekooper

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Actes Sud ; 173 pages.
Traduit par Anne-Charlotte Struve.
2003.

D'Elvira Madigan, je connaissais peu de choses, mais Alice m'a donné une irrésistible envie de me plonger dans ce livre.

En juillet 1889, deux corps sont retrouvés sur une île danoise. Il s'agit de deux amoureux ayant fuit la Suède. Elvira Madigan avait vingt et un ans, et elle était une somptueuse funambule. Sixten Sparre, son amant, était un déserteur de trente-cinq ans, marié et père de deux enfants.

Je ne sais vraiment pas comment vous parler de ce livre, qui est parmi les plus beaux et les plus bouleversants que j'ai jamais lus.
Elvira a tout de l'héroïne à laquelle on ne peut que succomber. Pure, jeune, belle et10058170_110249372062 vraie, amoureuse en fait. "Vingt et un ans elle avait attendu, avant d'embrasser un homme sur le corps. Vingt et un ans, avant de renverser la tête en arrière et de voir l'autre ciel." Elle qui vit en altitude, et qui est jusque là restée insensible à la foule de ses admirateurs, est touchée en plein cœur par ce lieutenant suédois brisé, qui reconnaît en elle son complément. "Lors de moments privilégiés, il s'imaginait qu'ils constituaient les pensées de l'autre, qu'il était en elle quand elle s'avançait sur la corde, et qu'elle était en lui, à l'aube, quand il chevauchait à travers les prés boueux. Qu'ils ne pensaient pas simplement l'un à l'autre, mais dans l'autre. L'obscurité ne se concevait que grâce à la lumière, et la lumière ne prenait son sens que dans l'obscurité. Elle était la lumière, lui, l'obscurité, dans un continuel échange d'énergie, une contraction alternée de l'union, la recherche corporelle d'une nouvelle identité, ou plutôt : d'une identité tout court." Nous les rencontrons alors qu'ils sont arrivés à Svendborg, dans le Danemark natal de la belle Elvira. Ils trouvent encore la force de se blottir l'un contre l'autre, de faire l'amour dans les arbres, de se mentir sur le temps qui reste, et de faire semblant de croire en d'autres possibilités que celle à laquelle ils sont pourtant inexorablement destinés.
Mais lorsque la note d’hôtel est trop grande, qu’il devient évident que personne ne les aidera, et surtout que leur amour n’a rien de terrestre, ils font mine de partir pour quelques jours, laissant des bagages dans leur chambre, puis se rendent sur l’île de Tasinge. Là, Sixten tire une balle dans la tempe d’Elvira, qui s’effondre, avant de se donner la mort (ou de la fuir).
ElviraEn remontant dans le temps après la mort d’Elvira et de Sixten, on découvre chez le lieutenant, qui est aussi poète, une âme pleine de tourments. Un homme enfermé dans un mariage sans amour, qui se sent mort. "Il pensait qu'il devrait abandonner pour de bon si cela continuait. Non plus seulement jouer à mourir, mais mourir vraiment. Cela arriverait tout seul, il n'aurait qu'à continuer à vivre." "L'argent de la lune se répandait au-dedans comme au-dehors par les fenêtres, se fixant aux murs comme le froid. Le matin, on n'en voyait aucune trace, mais on sentait que tout avait été gelé et recouvert d'une couche triomphale, semblable à la surface d'un miroir. Un suicidaire aurait aisément pu se couper les veines sur les candélabres aiguisés de la tablette de la cheminée." La rencontre d'Elvira semble à la fois la promesse d'un bonheur possible et une immense douleur, du fait de l'absence. Quand ils se rejoignent, c'est déjà trop tard. Ils fuient, mais peinent à respirer malgré leur liberté nouvelle. On assiste à la déception d’Elvira, qui est descendue de son fil pour être finalement rejetée par la terre. "Elle n'était pas descendue sur terre mais planait encore dans l'air. Une funambule sans fil. Une étoile sans firmament." Même eux, semblent s'effacer. Ils ne parviennent plus à se toucher, alors le temps presse.
Il s’agit d’un amour sans mots ou presque, qui est comme un rejet de la société qui n’a pas voulu d’eux. « Plus que tout, ils auraient aimé trouver une brèche dans le temps, une couveuse sexuelle, où ils auraient pu se lover en attendant que le monde leur fasse une place. » Tout n’est que poésie et émotions. Dans une langue magnifique et en s’aidant des saisons et des étoiles, Paardekooper nous décrit le bonheur intense et douloureux d’Elvira et de Sixten, ces êtres, si différents à première vue, qui recherchent dans l'autre une vitalité qui n'existe nulle part ailleurs. Tout n'est qu'hypothèse, puisque les personnages ont réellement existé. Mais la réalité de Paardekooper est sans aucun doute celle qui me convient le mieux.

Sp___Mad

Alice (que je remercie infiniment) et Michel ont eux aussi succombé à ce bijou.
Plusieurs films ont été tirés de cette histoire. Holly évoque celui de Bo Widerberg, qui utilise un concerto de Mozart rebaptisé ensuite le concerto Elvira Madigan.

08 mai 2009

La fille des Louganis ; Metin Arditi

resize_3_Actes Sud ; 237 pages.
2007.

Voilà un livre que je voulais lire depuis sa sortie, soit près de deux ans. J'avais déjà pris connaissance du début du texte, qui était disponible dans le but d'en faire sa promotion, et j'avais bien accroché.

L'histoire se déroule sur l'île de Spetses, en Grèce, à partir des années 1950. Les frères Louganis viennent de mourir de façon atroce alors qu'ils étaient partis pêcher. La veille, Spiros, l'aîné, a découvert que Pavlina n'était pas sa fille, mais celle de son frère, Nikos. Il a donc entraîné son frère avec lui dans la mort. Honteuse de ce drame qu'elle a involontairement provoqué, Magda, l'épouse de Spiros, ne dira jamais la vérité à son enfant. Mais la malédiction des Louganis ne s'arrête pas là. L'amour incestueux naîtra, les Louganis continueront à disparaître de différentes manières, et Pavlina passera sa vie à rechercher l'apaisement. 

Je n'ai pas vraiment trouvé ce que je cherchais dans ce roman. J'ai trouvé le début très bon. Les drames s'enchaînent vite, mais il s'agit d'échos aux tragédies et aux mythes grecs. La mer, l'île de Spetses, le soleil sont merveilleusement décrits, Pavlina est une jeune fille pleine de promesses, tout comme les autres personnages. Mais après la disparition en mer d'Aris, toute cette vivacité s'éteint.
La suite n'est pas désagréable, mais il devient de plus en plus évident que l'histoire ne mène nulle part. Pavlina est bouleversée par ce qui s'est passé, les nouveaux personnages qu'elle rencontre sont sympathiques, ont mené des vies plus ou moins chahutées eux aussi, mais le tout est plat.
Certes, Pavlina finit par trouver plus ou moins ce qu'elle cherchait, tout comme les autres personnages. Toutefois, je n'ai pas trouvé d'émotion réelle dans ces moments. On croise en effet beaucoup d'individus dans ce livre, et Metin Arditi donne à chacun un vécu qui devrait apparaître comme un écho de la vie de Pavlina, mais cela ne sert finalement pas à grand chose. De plus, beaucoup de situations de facilité sont choisies pour faire coller l'histoire des autres à celle de Pavlina (je pense notamment aux personnages de Yannis et Thanassis), et les discours moralisateurs du pope, qui lient justement en partie ces personnages, alourdissent énormément le récit. Il est difficile de leur accorder du crédit quand on est une athée de mon espèce, et je me suis vraiment sentie exclue dans ces passages... En fait, l'effort de construction de l'auteur est intéressant, mais il ne m'a pas convaincue.
D'autant plus que la fin ne le justifie pas. Je me suis demandé à quoi avait servi le reste si c'était pour en arriver là. Elle est à la fois clichée et artificielle, et elle finit d'enterrer le texte.

Mon billet est dur je pense, un peu trop peut-être. Je n'ai pas détesté ce livre, pas du tout, mais mon intérêt s'est dégradé au fil du texte jusqu'à me laisser totalement indifférente.

Papillon a eu un parcours exactement opposé au mien. Keisha a beaucoup aimé, tout comme Caro[line] et Chiffonette. Amanda a été déçue. D'autres avis en lien sur BOB.

   

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13 février 2009

La maison des célibataires ; Jorn Riel

resize_10_10/18 ; 76 pages.
Traduction de Susanne Jull et Bernard St Bonnet.
V.O. : Ungkarlehuset. 1979.

Lou, qui n'a pas vraiment apprécié ce livre, m'avait donné envie de le lire. Elle me l'a très gentiment offert pour Noël, et je me suis empressée de me plonger dans ce livre très court. Ce n'est pas peu dire que je n'y connais rien à la littérature scandinave, alors je me suis dit que c'était l'occasion de l'explorer un peu.

Cinq célibataires vivent dans une maison abandonnée, dans un petit port. Kernatoq, le seul qui travaille et subvient aux besoins de la maisonnée, décide un jour d'assurer son avenir et celui de ses compagnons en convolant. Mais voilà, il a jeté son dévolu sur Bandita, une femme terrifiante vivant dans un lieu reculé et qui, dit-on, a battu à mort son premier mari. Bandita semble ravie de voir débarquer un nouveau prétendant, mais les autres ne parviennent pas à accepter cette décision de leur ami, et décident de tout mettre en oeuvre afin que le mariage n'ai pas lieu.

Voilà un texte que j'ai lu il y a déjà plusieurs semaines, et dont il ne me reste déjà plus grand chose. J'ai certainement été davantage que Lou, sensible à l'humour contenue dans cette nouvelle, et j'ai trouvé qu'elle se lisait plutôt bien, mais il est certain que je n'en garderai pas un souvenir impérissable.
Je ne suis pas une grande lectrice de nouvelles, et plus le temps passe, plus j'ai du mal à les apprécier. Il est rare que je parvienne à me plonger dans une histoire de quelques dizaines de pages seulement. Certains auteurs parviennent à le faire, mais ici, les personnages demeurent des étrangers. On apprécie le spectacle de Bandita et de Kernatoq, le côté loufoque de tous les personnages, mais on le fait avec recul, et ce n'est pas cela qui me transporte dans un livre.
Cela dit, je laisse la porte ouverte à d'autres textes de l'auteur, si je croise un jour quelque chose de plus long...   

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19 janvier 2009

L'Eglise des pas perdus ; Rosamund Haden

resize_4_Le Livre de Poche ; 283 pages.
Traduction de Judith Roze. 2003.
V.O. : The tin church.

C'est Lou, son billet superbe et très enthousiaste, et sa gentillesse, qui m'ont amenée à me jeter sur ce livre. J'ai eu un peu de mal avec le début, assez flou, mais l'histoire est tellement prenante que j'ai finalement avalé la totalité de ce roman d'une traite.

Catherine King vit en Afrique du Sud, dans la ferme familiale, au début du XXe siècle. Alors que les Noirs sont considérés comme des êtres inférieurs, Catherine est inséparable de la fille de la cuisinière, Maria. Elles ont fait le voeu d'être toujours amies, mais elles sont bientôt séparées.
En effet, Mme King, ayant découvert les infidélités de son époux, décide de rentrer en Angleterre en emportant ses filles. Catherine reviendra vingt ans plus tard, après avoir appris la mort de son père. Elle est restée très attachée à son enfance, et veut renouer avec Maria.
Quand Catherine arrive, la propriété a été rachetée par un couple, Tom et Isobel Fyncham. Lui aime par dessus tout voler, et apprécie sa nouvelle vie, mais son épouse s'ennuie, et a quitté la maison depuis déjà un moment lorsque Catherine revient à Hébron. Cette dernière et Tom tombent presque immédiatement amoureux, et Catherine ne sait pas comment gérer à la fois ses nouveaux sentiments, ses retrouvailles avec une Maria un peu jalouse de son affection, et les incertitudes qui planent autour d'Isobel. Le tout sous le regard malfaisant des mégères des alentours...

C'est étrange. J'ai noté pas mal de choses plutôt dérangeantes au cours de ma lecture de L'Eglise des pas perdus. J'ai souvent eu des impressions de déjà-vu notamment. Quelques personnages semblent très prévisibles au premier abord (je pense à Isobel et Tom, dont le couple ressemble vraiment à du pré-mâché). La construction me semblait compliquée de façon injustifiée, avec ces aller-retours dans le temps, ces voix d'enfants sorties de nulle part.
Pourtant, il faut absolument continuer (de toute façon, cette histoire est tellement envoûtante qu'il est impossible de reposer le livre et de l'oublier), parce que tous ces défauts ne sont que des impressions au final. Car les personnages se révèlent beaucoup plus complexes qu'il n'y paraissait, tout comme les thèmes abordés. En fait, j'ai trouvé ce livre vrai, parce qu'il ne se contente pas d'évoquer seulement une amitié au temps de l'apartheid, mais des êtres humains avec leurs drames, leurs peurs, leurs faiblesses. Le tout dans une atmosphère très particulière, à la fois angoissante, magique et enfantine, qui est tout de même ancrée dans la réalité coloniale (j'ai trouvé les scènes entre les commères très réussies, et j'irais bien faire un tour dans les paysages de l'Afrique du Sud de cette époque). J'ai trouvé le changement de rythme opéré au milieu du livre très astucieux. Après nous avoir plongé dans la vie à Hébron, avoir mis en place les différents points à éclaircir, la tension atteint son maximum, et nous sommes tenus en haleine jusqu'à la fin, qui n'est absolument pas décevante !   
J'ai trouvé les dernières lignes très belles et très émouvantes. Elles ne révèlent pas l'intrigue, donc je les mets ici :

"Devant la porte, une troisième petite fille agite les bras.
     "Attendez-moi", crie-t-elle, et elle se met à courir, dévalant la pente pour les rattraper. Derrière elle, ses cheveux noirs flottent au vent."

En cherchant les avis, je vois que je suis comme Lou : j'ai désormais des envies de lire des ouvrages sur l'époque de la colonisation et sur l'Afrique en général.

Les avis de Praline, Malice, Amanda... (et bien d'autres)
Et encore merci à Lou pour cette très jolie découverte !

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17 septembre 2008

Le vampire de Ropraz ; Jacques Chessex

9782253122814_G_1_Le Livre de Poche ; 96 pages.

Au début de l'année 1903, Rosa, la fille du juge de paix, est sortie de sa tombe, violée, et affreusement mutilée. Elle était connue pour son attitude irréprochable, et personne ne parvient à imaginer qu'un être humain ait pu lui faire une telle chose. Deux autres cadavres de jeunes femmes subiront le même sort, plongeant toute la région dans l'effroi. Les suspects se succèdent, sans résultat, jusqu'à ce qu'un jeune homme présentant le profil idéal pour servir de bouc émissaire soit arrêté.

Ce livre me tentait depuis pas mal de temps, mais les avis assez mitigés trouvés sur les blog m'avaient refroidie. Après ma lecture, je suis moi aussi assez perplexe.
Le début est prometteur. L'ambiance est lourde, un peu effrayante, et Jacques Chessex écrit vraiment très bien.
Mais l'ensemble ne m'a pas convaincue. Aucun personnage ne ressort vraiment du lot, du coup on a plus l'impression d'avoir affaire à une bande de cinglés qu'à une véritable énigme. Alors oui, c'est certain que mettre tous les crimes commis depuis des années sur le dos d'un seul homme permet aux "honnêtes" gens d'oublier leurs propres crimes, mais il n'y a rien de bien original là-dedans. Le premier chapitre laisse espérer une histoire passionnante, effrayante, pleine de faits inexpliqués. En fait, l'auteur se contente de décrire des faits, sans susciter un quelconque questionnement. Même la question de la culpabilité de Favez ne semble pas être si importante. Il y a beaucoup d'ébauches d'idées, mais rien n'est creusé.
J'imagine que la dernière page avait pour but de provoquer l'intérêt sinon l'indignation du lecteur, mais dans mon cas, c'est raté. C'est beaucoup trop court, beaucoup trop froid, et finalement sans importance.

Une déception donc, même si je pense que je relirai Jacques Chessex.

Les avis de Lou, Tamara, Patch, Sylvie, Sentinelle

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20 mars 2008

Sans te dire adieu ; Maryam Sachs

413di3JDnuLLe Passage ; 166 pages.

Je suis terriblement en retard dans mes notes de lecture, désolée pour ces longs silences...

L'histoire : Roxane, Iranienne en exil de trente cinq ans vit à Paris avec celui qui est son mari depuis quinze ans, Kamran. Il est éditeur, elle libraire. Tous deux mènent une vie paisible, malgré l'absence d'enfant et la douleur de l'exil. Un jour que Kamran est en voyage d'affaires, Roxane sort manger dans une brasserie avec un couple d'amis. Là-bas, elle croise le regard bleu d'un jeune homme. A la fin de la soirée, Roxane décide de suivre cet inconnu. S'en suit un petit jeu entre elle et l'inconnu, qui s'achève lorsque le jeune homme se fait renverser par une voiture qui ne s'arrête pas.
Après l'avoir accompagné à l'hôpital, Roxane confie son inconnu au chauffeur de taxi qui les y a conduits. Mais elle ne peut s'empêcher d'aller le voir chaque jour, mentant à tous ceux qu'elle aime avec une facilité qui la déconcerte.

Mon avis : Je suis un peu mitigée suite à la lecture de ce livre. Je l'ai trouvé agréable à lire, plutôt bien écrit, malgré quelques lourdeurs et quelques phrases assez clichées. Les idées de départ sont intéressantes. On en apprend un peu sur l'Iran, sur le poids de l'exil sur la relation de couple, et j'aurais vraiment aimé que le livre en parle davantage.
Car au final, je n'ai pas vraiment compris l'intérêt de parler de cette relation entre Roxane et Sergueï, qui fait prendre au livre un chemin complètement différent de celui que j'imaginais au début de ma lecture. On croit d'abord que ces deux personnages sont liés par une blessure commune, mais Sergueï n'est pas vraiment un exilé. Roxane et lui ne sont pas dans la même situation, et leur relation tient davantage à l'imagination débordante de Roxane qu'à une complicité réelle. L'incapacité de Roxane à avoir une relation physique, et donc concrète, avec Sergueï, ainsi que son refus de dire la vérité à Sergueï montrent bien que Roxane fantasme davantage qu'elle ne vit cette relation. Il est certain que cela n'est pas surprenant venant de Roxane. Dès le début, elle nous dit qu'elle est dans la lune, que les gens doivent l'appeler plusieurs fois par son prénom avant qu'elle ne réagisse. Mais du coup, le bouleversement qu'est censée incarner la rencontre avec Sergueï n'en est pas un. Avec lui, Roxane continue d'être celle qu'elle a toujours été, de façon un peu plus dangereuse peut-être, mais rien de transcendant non plus. Ceci d'autant plus que les personnages sont assez peu développés (en 166 pages, c'est compréhensible, mais ça empêche le lecteur de s'intéresser de près à l'histoire).   
La fin également m'a déçue. Je l'ai vue arriver à des kilomètres. En fait, ce livre au début prometteur se transforme peu à peu en roman racontant une histoire banale. Dommage...

L'avis de Clarabel.   

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06 janvier 2008

Entre Dieu et moi, c'est fini ; Katarina Mazetti

18297523_p_1_Gaïa ; 160 pages.

Le mec de la tombe d'à côté m'avait beaucoup plu, Entre Dieu et moi, c'est fini est un petit bijou.

Linnea est une jeune Suédoise de seize ans. Elle nous fait partager ses pensées un peu comme elle parle à un mur chez sa grand-mère. Elle nous raconte le lycée, le beau Markus, le pauvre Henrik, et surtout Pia. Pia était sa seule amie, pendant "cent-vingt jours". Mais maintenant, Pia est morte (ne lisez surtout pas la quatrième de couverture du livre, elle en dit beaucoup trop à ce sujet), et Linnea a du mal à s'en remettre.

La vraie réussite de Katarina Mazetti dans ce petit roman est de nous parler de choses pénibles avec énormément de recul et d'humour. Bon, c'est certain qu'à seize ans, on a rarement le sens de l'autodérision de Linnea, mais je me suis beaucoup retrouvée en elle (même si j'ai quelques années de plus^^). Comme toutes les adolescentes, Linnea est pleine de contradictions. Elle veut parler, mais trouve cela trop douloureux. Elle veut aimer, mais cela semble assez dangereux. Donc mieux vaut qu'elle se focalise sur un type inaccessible qu'elle aime tant qu'il ne la regarde pas, et snober celui qui l'aime parce qu'il lui permet de se détester nous mêmes à travers lui...
J'ai adoré les réflexions pleines de n'importe quoi mais très vraies des personnages de ce livre. Même les piques que se balancent les filles, les rapports de force qui basculent parfois en quelques secondes, sont jubilatoires et plus vrais que nature.

Après plusieurs lectures assez éprouvantes (et je n'ai toujours pas ouvert Faulkner...), ce livre était tout à fait ce dont j'avais besoin.

" - [...] Est-ce qu'on peut être indifférent à ses enfants ? Ne pas les aimer ?
  - Dieu a sacrifié son propre fils, si ce qu'on raconte est vrai ", a dit Pia. "
(page 77)

Les avis de Cuné, Clarabel, et Gachucha.

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03 mai 2007

Soie ; Alessandro Baricco

41HMJEYTYJLÉdition Folio ; 142 pages.
5,10 euros.

" Plus que le mortel ennui d'une vie répétitive, c'est une indifférence, une absence de résistance à la vie que Baricco suggère en ouvrant son roman par quelques phrases laconiques, purement énonciatives. Au début, Hervé Joncour fait penser à un spectateur repu qui se refuserait à intervenir dans la pièce qui se joue, et qui pourtant parle de lui.

Voyageur en quête d'oeufs de vers à soie, il se voit contraint, pour sauver les industriels de son village, d'effectuer une expédition "jusqu'au bout du monde". Or, en 1861, la fin du monde, c'est un Japon qui sort à peine de son isolationnisme, et, qui plus est, de mauvaise grâce. Et c'est au Japon que la vie du héros prend un tour nouveau en croisant celle d'une femme mystérieuse.

À la fin du roman, plusieurs années se sont écoulées, qui ont paru un battement de cils raconté en douceur par une voix neutre qui a fait défiler sous nos yeux, tels des panneaux de papier de riz, les séquences successives de cette vie impalpable traversée par des personnages d'ombre subtile. "

C'est suite à la critique de Céline que je suis tombée sur ce petit livre, qui n'avait, a priori, pas grand chose pour me plaire. Très honnêtement, le commerce des vers à soie, je m'en fiche comme d'une guigne. En plus, ma dernière expérience avec un "chef d'oeuvre" de la littérature italienne contemporaine n'avait pas été très concluante.

Pourtant, j'ai trouvé cette lecture très agréable. L'écriture est effectivement neutre, il n'y a rien qui nous pousse à nous intéresser aux personnages de ce roman, leurs sentiments restent assez flous. Pourtant, l'auteur parvient à donner du dynamisme à l'histoire, grâce à des phrases courtes et des passages répétitifs qui s'allient bien avec le fond de l'histoire.
Car il s'agit d'un homme qui, chaque année, se rend au Japon, dans le même endroit, chez la même personne, par les mêmes chemins, pendant la même durée de temps. Ce rituel, d'abord imposé par sa profession, devient nécessaire à Hervé Joncour.
Là-bas, il a rencontré une jeune fille dont les yeux ne sont pas orientaux, et qui va symboliser la fascination qu'il se met à éprouver pour le Japon, mais qui est également comme un écho d'Hélène, la femme que Joncour laisse en France à chaque fois qu'il part en voyage. Omnubilé par le lointain, Joncour ne voit pas distinctement celle qui se trouve à ses côtés, et qui aimerait être son Etrême-Orient, celle à qui il déclare son amour en ouvrant des volières remplies d'oiseaux, celle qui porte une soie si fine qu'on a l'impression de ne rien tenir entre les doigts quand on la touche.

C'est un roman délicat, sensuel, que nous livre Alessandro Baricco. Sa longueur est exactement celle qu'il faut pour ne pas nous ennuyer. Peut-être pas LE chef d'oeuvre de l'année pour moi, mais un joli coup de coeur qui risque d'en enchanter bien d'autres.

Outre Céline (qui en parle bien mieux que moi), Allie (tiens, je ne l'avais pas vue cette critique dans sa tour de Babel de livres...), Frisette, et BMR & MAM ont aimé ce roman.

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25 mars 2007

Métaphysique des tubes ; Amélie Nothomb

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Édition Le Livre de Poche ; 156 pages.
4,50 euros.

Lettre "N" Challenge ABC 2007 : 

"Il existe des êtres qui ne subissent pas la loi de l'évolution. Ce sont les légumes cliniques", ou des tubes par où circule seule la nourriture. Ces tubes ne sont pas pour autant sans cervelle puisqu'il arrive que celle-ci, suite à un "accident fatal", se réveille soudain, et déclenche la vie. C'est exactement ce qu'a vécu la (très) jeune narratrice de Métaphysique des tubes durant les deux premières années de sa vie qui furent muettes, immobiles, végétatives, bref divines. Au sens propre, car ce singulier bébé n'ignore pas qu'il est Dieu lui-même, méditant sur ce monde qu'il hésite à rejoindre. Sous forme de monologues intérieurs, considérations philosophico-drolatiques, on déguste le récit de ces trois premières années d'une vie française au Japon, pays merveilleux où de la naissance à la maternelle, l'enfant est un dieu. "

N'ayant pas réussi à mettre la main sur Hygiène de l'assassin, je choisis de le remplacer par cet autre titre pour mon challenge 2007. Amélie Nothomb n'est pas une découverte pour moi, j'ai déjà lu plusieurs romans de cet auteur. En revanche, jusque là, je n'avais pas touché à ses romans "autobiographiques".
J'ai vraiment aimé ce livre. Je réalise que c'est bien supérieur à Acide Sulfurique que j'avais pourtant beaucoup apprécié. Le ton est moins cynique, mais cette humanité rend vraiment le livre touchant, on se sent vraiment concerné par l'histoire.
Amélie Nothomb se décrit comme une petite fille extrêmement intelligente, souvent calculatrice. Mais elle est aussi une enfant comme les autres quelque part, avec son imagination, ses découvertes, ses peurs, sa naïveté parfois.
L'auteur se met vraiment dans la peau d'un tout-petit qui voit le monde qui l'entoure, et l'apprivoise à son rythme, selon son envie, pour se préparer peu à peu à l'affronter. C'est beaucoup fantasmé, mais il y a un part de réalisme malgré tout.
Le début est un peu effrayant, je ne savais pas trop de quoi il s'agissait, mais une fois que l'on est entré dans l'histoire, il n'est plus possible de s'en détacher. Je fais partie de ceux qui apprécient les livres d'Amélie Nothomb, ce roman n'a pas fait exception.

Les avis de Caroline et de Majanissa.

Posté par lillounette à 19:01 - Romans Autres - Commentaires [24] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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