10 juillet 2020

Etés anglais (La Saga des Cazalet I) - Elizabeth Jane Howard

étés anglaisChaque été, William et Kitty Cazalet reçoivent leur nombreuse famille dans leur demeure du Sussex. En cette année 1937, l'ambiance est particulière puisqu'Hitler adopte une attitude de plus en plus belliqueuse.
Sybil, l'épouse de Hugh Cazalet, s'apprête à donner naissance à son dernier enfant (à moins qu'il ne s'agisse de jumeaux). Villy, la femme d'Edward, se prépare également à ces retrouvailles familiales. Quant à la très jeune Zoë, mariée au troisième fils, elle a du mal à trouver sa place dans cette famille où elle est surtout la belle-mère maladroite et superficielle des enfants de son époux.
Du côté des plus jeunes, l'adolescence fait des ravages. Polly et Louise aimeraient bien se débarasser de leur encombrante cousine, Clary. Teddy et Simon reviennent de pension à la fois grandis et mal dans leur peau.
Bien qu'unis, les membres de la famille sont surtout préoccupés par leur petite personne. Seule tante Rachel, la vieille fille, se préoccupe de tout le monde, au détriment de son propre bonheur.

Sorti en début d'année, le premier tome de la Saga des Cazalet rencontre un joli succès. Il faut reconnaître que cette histoire permet de bien s'évader en temps de confinement.
Il m'a fallu un peu de temps pour m'intéresser à cette histoire. Les incessants changements de point de vue ont l'avantage de fluidifier la lecture, mais ils donnent au départ une impression de superficialité. La profusion de détails (l'auteur indique jusqu'au nombre de pots de chambre nécessaire à l'accueil des invités) m'a semblé excessive dans la première partie du livre.
Puis, les personnages ont commencé à devenir plus familiers et j'ai adoré les suivre à Londres puis à Home Place.

Dans ce premier tome de la Saga des Cazalets (qui compte quatre tomes originaux et un plus tardif), beaucoup de personnages sont encore très jeunes. Triturés entre les chamailleries enfantines et la prise de conscience d'enjeux plus sérieux, ils sont tour à tour attendrissants, agaçants et émouvants. Les filles vivent à une époque charnière, où les femmes n'ont pas envie d'avoir leur avenir tout tracé vers le mariage et la maternité. Quant aux garçons, ils sont coincés entre leur école où on les malmène et la perspective d'une guerre.

Du côté des adultes, ce sont surtout les femmes qui se révèlent intéressantes. Elles ont dû renoncer à toute idée de carrière professionnelle pour se marier, n'ont pas accès à la contraception qui leur permettrait de ne pas subir des grossesses non désirées et peuvent encore moins exprimer leur non désir d'enfant.
Les trois mariages des fils Cazalet sont remplis de non-dits et de faux-semblants. Les maris sont souvent décevants et typiques de leur époque, bien que généralement sympathiques (à une exception très notable). Seul Hugh, le frère aîné, blessé pendant la Première Guerre mondiale m'a touchée.

Les domestiques et les employés occupent une petite place dans ce tome (j'ai l'impression que beaucoup de déceptions sont causées par la comparaison avec Downton Abbey). J'ai adoré le personnage de Miss Milliment, l'enseignante de Polly et Louise, condamnée à vivre très modestement à cause de la mort de son fiancé, de son physique ingrat ne lui ayant pas permis d'en trouver un autre, et surtout de sa condition de femme.

" Quelle aubaine, quand Viola lui avait écrit pour qu’elle fasse la classe à Louise et par la suite à sa cousine Polly. Avant ce miracle, elle commençait à désespérer : l’argent laissé par son père lui procurait tout juste un toit sur la tête, et elle avait fini par ne plus avoir de quoi régler le bus jusqu’à la National Gallery, sans parler de l’entrée aux expositions payantes. La peinture était sa passion, en particulier les impressionnistes français, et, parmi eux, Cézanne était son dieu. Elle songeait parfois avec une pointe d’ironie qu’il était bizarre qu’on ait si souvent dit d’elle qu’elle faisait « un bien vilain tableau ». "

Ce n'est pas un coup de coeur, mais j'ai beaucoup aimé ce premier tome dans lequel règne une certaine douceur mêlée à des moments qui amorcent ou annoncent des tragédies. J'attends la suite avec impatience !

Les avis d'Hélène, Mimi et Nicole.

Quai Voltaire. 557 pages.
Traduit par Anouk Neuhoff.
1990 pour l'édition originale.


05 juin 2020

Entre les actes -Virginia Woolf

entre les actes " Quel dommage que celui qui avait fait construire Pointz Hall eût planté la maison dans un creux, alors qu’au-delà du jardin d’agrément et du potager il y avait une éminence. La nature avait préparé un emplacement pour une maison ; l’homme l’avait construite dans un creux. "

Pointz Hall, la maison des Olivier s'apprête à accueillir la représentation donnée chaque année afin de récolter des fonds pour la paroisse. Isa, la belle-fille du vieux Barth, rêve d'un gentleman-farmer qu'elle a rencontré deux fois et s'agace lorsqu'elle pense à Giles, son mari tout en s'émerveillant qu'il soit le père de ses enfants. Miss Swithin, la grande-tante, évolue en pensant au temps où la Manche n'existait pas. La voluptueuse Mrs Manresa arrive accompagnée d'un inconnu, William Dodge, qui intrigue les femmes et agace Giles.
Une fois les spectateurs rassemblés, les acteurs commencent à rejouer l'histoire de l'Angleterre d'après une mise en scène de Miss La Trobe. En fond, les animaux émettent des bruits et le gramophone donne la mesure du temps.

Entre les actes était le dernier roman de Virginia Woolf qu'il me restait à lire. Je l'avais commencé il y a une dizaine d'années et n'avais pas réussi à en dépasser la moitié. Si je vous dis qu'à la même époque j'ai lu sans plaisir particulier Des souris et des hommes et L'Ecume des jours, vous comprendrez que le problème ne venait pas des livres.
Dernière découverte d'un roman de Woolf pour moi, il s'agit aussi du dernier roman de l'auteur et d'un nouvel essai d'expérimentation formelle après le délicieux mais tranquille Flush et Les Années qui renouait avec une forme assez traditionnelle. Ecrit alors que Virginia Woolf est angoissée par le début de la Deuxième Guerre mondiale, il n'a pas bénéficié de nombreuses modifications.

L'action se déroule sur un laps de temps très court, à peine une journée. Cependant, c'est assez pour que d'inombrables pensées s'entrechoquent, pour que des histoires soient mal racontées ou mal reçues et pour que l'on vive en si peu de temps un condensé de toute une existence ou presque.

« Nous-mêmes… » Ils reviennent au programme. Que peut-elle savoir de nous-mêmes ? Les Élisabéthains, bien ; les Victoriens, peut-être ; mais nous-mêmes, assis ici un soir de juin, en 1939, c’est ridicule. « Moi-même » – c’est impossible. D’autres personnes, peut-être : Cobbet de Cobbs Corner, le commandant, le vieux Barthélémy, Mme Swithin – eux, peut-être. Mais moi – non, elle ne peut pas me prendre sur le vif.

Réécriture de l'histoire du théâtre anglais, Entre les actes est également une mise en abîme avec un spectacle dans le spectacle. Où la pièce se joue-t-elle réellement ? Sur scène ou sous les yeux du lecteur ? En ce qui me concerne, si j'apprécie la poésie des romans de Woolf, je n'ai pas la culture théâtrale nécessaire pour apprécier la parodie des scènes écrites par Miss La Trobe dans Entre les actes. J'ai été aussi décevante que le pasteur en cherchant en vain ce que Miss La Trobe avait voulu dire. Cette dernière serait-elle, dans une certaine mesure, une incarnation de Virginia Woolf, qui n'était jamais satisfaite de ses oeuvres ?
En revanche, j'ai tenu avec délectation mon rôle de spectatrice des spectateurs, ces êtres humains imparfaits et multiples qui ne supportent pas de se voir au dépourvu. 

Ce très court roman ne sera pas mon favori de Virginia Woolf, mais il n'en est pas moins un texte beau et intriguant, sans doute indispensable pour tous les adeptes de l'auteur.

Le brillant avis de Lili.

Le Livre de Poche. 188 pages.
Traduit par Charles Ceste.
1941 pour l'édition originale.

logo-le-mois-anglais-2020

03 octobre 2018

Mrs Dalloway de Virginia Woolf illustré par Nathalie Novi

IMG_0562Clarissa, l'honorable épouse de Richard Dalloway, donne une réception. Pour que cette dernière soit aussi réussie qu'elle le souhaite, elle sort dès le matin acheter des fleurs.
Dans le tumulte de Londres, alors que Big Ben sonne les heures, les personnages du roman se croisent. Peter Walsh, ancien soupirant de Clarissa, vient d'arriver d'Inde. Septimus Warren Smith, survivant de la Grande Guerre, et sa femme Rezzia se promènent dans Londres. Dans une voiture, un inconnu attire tous les regards. Et si c'était le Prince de Galles ?

Si vous êtes un habitué de ce blog, vous connaissez mon admiration pour Virginia Woolf. Ainsi, quand Tibert Editions m'a proposé de recevoir un exemplaire de Mrs Dalloway illustré par Nathalie Novi, je n'ai pas hésité longtemps.

Je ne sais pas si vous avez entendu parler de Tibert Editions. Pour ma part, je suis leur travail depuis leur édition d'Orgueil et Préjugés l'année dernière. Une cagnotte Ulule est lancée pour chaque livre. Les contributeurs choisissent leur lot (le livre, accompagné de goodies en nombre plus ou moins important). Lorsque le temps de la cagnotte est écoulé, les livres sont envoyés aux participants. Après Orgueil et Préjugés, Les Hirondelles de Kaboul et Mrs Dalloway, c'est Persuasion qui sera très bientôt disponible. 

Je n'ai eu l'occasion de découvrir que le roman de Virginia Woolf pour l'instant, mais c'est un coup de coeur. Le livre est magnifique, et j'ai redécouvert ce texte avec un immense plaisir. 

IMG_0547Ma première rencontre avec Clarissa Dalloway avait été intéressante, mais je n'étais pas aussi passionnée par son auteur que je le suis aujourd'hui et je n'avais pas la même connaissance de son oeuvre.
Cette relecture m'a permis de voir à quel point ce roman s'inscrit dans la lignée des oeuvres de Virginia Woolf.

Le temps, comme toujours chez Woolf, rythme ce roman. Elle nous raconte une seule journée de son héroïne, mais dans cette journée sont aussi présents les temps passés et à venir.

« Vous souvenez-vous du lac ? » dit-elle d’une voix rauque sous la poussée d’une émotion qui étreignit son cœur, raidit les muscles de sa gorge et contracta ses lèvres en un spasme, lorsqu’elle dit : lac. Car elle était encore une enfant, qui jetait du pain aux canards à côté de ses parents, et en même temps une femme qui venait vers ses parents debout, près du lac, tenant dans ses bras sa vie qui, à mesure qu’elle approchait, grandissait, grandissait dans ses bras jusqu’à devenir une vie entière, une vie complète, qu’elle déposait près d’eux en disant : « Voilà ce que j’en ai fait ! voilà ! » Qu’en avait-elle fait ? Quoi donc, en vérité, cousant ainsi ce matin, avec Peter ?

IMG_0556Les personnages aussi sont à la fois uniques et un tout. Leurs pensées fusent, se mêlent, comme un chant unique.
Clarissa Dalloway et Septimus, le poète, sont particulièrement liés, bien qu'ils ne se rencontrent jamais. Ils ne voient pas les choses comme tout le monde, il leur arrive d'entendre les ormes et les moineaux parler. Leurs pensées sont décousues, parfois impénétrables, ce qui interloque le lecteur sans le perdre tant les mots de Woolf sont beaux. De plus, l'auteur a ce talent que je n'ai jamais trouvé ailleurs de parvenir à faire fourmiller des pensées non reliées entre elles tout en gardant un cadre général parfaitement clair. En 1925, lorsque Mrs Dalloway est publié, Woolf est au sommet de son art et les errements de Nuit et Jour ou les maladresses de jeunesse de La Traversée de apparences sont derrière elle.

En peu de pages, nous saisissons l'atmosphère de Londres en ce début de juin. Viginia Woolf nous décrit, tel un peintre, les décors de son roman :

" Une bouffée de vent (malgré la chaleur, il y avait du vent) jeta un mince nuage noir sur le soleil et sur le Strand. Les visages s’assombrirent ; les omnibus perdirent soudain leur éclat. Car, parmi les nuages, bien qu’ils eussent l’aspect de montagnes de neige dure – il semblait qu’on pût les déchiqueter à la hache – avec de grandes pentes dorées, sur leurs flancs, de célestes pelouses, et qu’ils parussent offrir aux dieux des demeures préparées pour leurs assemblées au-dessus du monde, le mouvement était continuel. Des changements se faisaient comme d’après un plan arrêté d’avance ; tantôt un sommet s’affaissait, tantôt un bloc pyramidal, jusque-là ferme à son poste, s’avançait dans l’espace libre ou bien conduisait gravement une procession vers un autre rivage. Malgré la fixité, la solidité de ces amoncellements, malgré leur apparence de repos, leur ensemble immobile, rien n’était plus libre, léger, sensitif, mobile que ces étendues blanches comme la neige ou enflammées d’or. Changer, s’en aller, se démolir, rien n’était plus facile ; et la terre recevait tantôt de la lumière, tantôt de l’ombre. "

Sur ce livre plane également l'ombre de la Première Guerre mondiale :

IMG_0568" Quelque chose se prépare, Mr Brewer l’affirmait. Mr Brewer, directeur de la maison Sibleys and Arrowsmith, Agence Immobilière, Ventes et Locations. Quelque chose se prépare, pensait-il ; et comme il était paternel avec ses employés, qu’il faisait grand cas des capacités de Smith et qu’il prophétisait que, dans dix ou quinze ans, ce serait lui qui prendrait sa place dans le fauteuil de cuir de la pièce du fond, sous le vasistas, au milieu des dossiers, « si sa santé ne lui joue pas un mauvais tour », disait Mr Brewer et c’était le danger, il n’avait pas l’air fort, il lui conseillait le football, l’invitait à dîner et pensait que, peut-être, on pourrait penser à l’augmenter ; mais ce qui arriva déjoua bien des plans de Mr Brewer, lui enleva ses meilleurs employés et finalement – la guerre européenne étendit si loin ses doigts insidieux – écrasa un moulage de Cérès, creusa un trou dans une plate-bande de géraniums et détraqua les nerfs de la cuisinière de Mr Brewer, dans sa propriété de Muswell Hill. "

Au cours de ma lecture, j'ai noté moults passages qui me rappelaient les autres oeuvres ainsi que les biographies de Virginia Woolf que j'ai lu. Ce que je trouve extraordinaire avec cet auteur, ce sont toutes les pistes de lecture qu'offre son oeuvre. Je sais qu'une troisième lecture me permettra de m'attacher à de nouveaux éléments et que, même alors, je serai loin d'avoir fait le tour de ce livre. 

Une édition que je vous recommande vivement et dont vous pourrez gagner des exemplaires sur ce blog d'ici quelques jours.

Tibert Editions. 250 pages.
Traduit par Simone David.
1925 pour l'édition originale.

26 septembre 2018

La Seule histoire - Julian Barnes

barnesPaul, jeune homme de bonne famille de dix-neuf ans, rencontre Susan, quarante-huit ans, à son cours de tennis. Celle-ci a beau être mariée et mère de deux grandes filles, la complicité des deux personnages se transforme vite en une histoire d'amour qui va durer de nombreuses années.
Ce n'est que bien plus tard, alors que Paul est un vieil homme, qu'il se retourne sur sa vie et nous raconte son histoire.

Voilà un livre que j'avais repéré dans les nouveautés audio sans savoir qu'il s'agissait d'un roman de la rentrée littéraire. Cette lecture n'a pas été désagréable, mais elle m'a bien moins convaincue qu'Une fille, qui danse du même auteur qui avait été un coup de coeur.
J'ai été gênée par le choix du narrateur, qui lit ce livre comme il racontait Les Animaux fantastiques, avec un ton assuré et joyeux. Cela convenait parfaitement à Norbert Dragonneau, mais j'ai touvé que ce ton correspondait mal à un vieil homme parlant d'une histoire formatrice, certes, mais surtout impitoyable.
Dans ce livre, l'auteur nous parle de "la seule histoire", celle qui selon lui formate pour toute une vie le parcours sentimental d'un individu.

" Un premier amour détermine une vie pour toujours : c’est ce que j’ai découvert au fil des ans. Il n’occupe pas forcément un rang supérieur à celui des amours ultérieures, mais elles seront toujours affectées par son existence. Il peut servir de modèle, ou de contre-exemple. Il peut éclipser les amours ultérieures ; d’un autre côté, il peut les rendre plus faciles, meilleures. Mais parfois aussi, un premier amour cautérise le cœur, et tout ce qu’on pourra trouver ensuite, c’est une large cicatrice. "

Ni licorne ni paillettes ici. L'histoire qui nous est racontée n'est pas une histoire d'amour qui pourrait figurer dans les contes de fées. C'est une relation dans toute sa complexité. Paul est fou de Susan, mais cela ne dure qu'un temps et ne reste au bout de quelques années qu'un attachement qui n'a plus grand chose de sain.
Un couple n'est pas entouré d'une bulle ni imperméable aux difficultés qui lui sont extérieures. Dans les années 1960 ou 1970, on ne prend pas un amant, surtout aussi jeune. Les conséquences sur la vie sociale sont immédiates. Susan et Paul ne sont pas complètement rejetés. Ils ont une amie fidèle et leurs proches, bien qu'ils ne les approuvent pas, restent présents. Leur relation demeure cependant très discrète. Quant au mari trompé, qui passe de benêt inconscient de ce qui se passe sous son nez à homme violent et pervers dans l'esprit du lecteur, je l'ai trouvé assez réussi et inquiétant. On ne rompt pas un mariage, quel qu'en soit le motif, quand on vit à cette époque et dans un milieu privilégié.

Barnes est clairement un auteur anglais, son style est vif et l'on a souvent un arrière-goût amer dans la bouche en le lisant. Il analyse avec méthode les relations humaines. A l'instar d'un McEwan ou d'une Angela Huth, il nous plonge dans l'intimité des familles et en sort tout ce qui n'est jamais montré, ce qui est sale et ce qui est laid. Il nous raconte tout, jusqu'à la fin.

Sur le papier, il y avait donc beaucoup d'éléments en faveur d'une lecture réussie. Pourtant, j'ai trouvé que l'on restait trop en surface. Il m'a manqué des éléments pour être vraiment touchée par cette histoire tristement banale. Dans le même genre, je vous conseille Sur la plage de Chesil qui est un vrai bijou, avec pourtant moins de pages.

Un avis bien plus enthousiaste ici.

Je remercie Angèle Boutin et Audible pour ce livre.

Audible Studios. 8h19.
Traduit par Jean-Pierre Aoustin.
2018.

06 septembre 2018

Une Place à prendre - J.K. Rowling

placeBarry Fairbrother, conseiller paroissial à Pagford et père de quatre enfants très apprécié, s'écroule le soir de son dix-neuvième anniversaire de mariage, victime d'une rupture d'anévrisme. Les habitants de la bourgade sont choqués, mais très vite ce sont surtout les prétendants à sa succession qui se manifestent. D'un côté, certains voudraient préserver le travail de Barry en faveur d'un quartier défavorisé et d'une clinique à destination des toxicomanes. De l'autre, les notables locaux, emmenés par Howard Mollison, entendent bien profiter de l'occasion pour se débarasser de ceux qu'ils jugent indignes d'attention.

J'ai commencé cette lecture en imaginant retrouver l'auteur de Harry Potter dans son univers habituel. Si on peut retrouver dans ce livre le soin habituel que J.K. Rowling met dans ses personnages, le parallèle avec sa série phare s'arrête là. Et encore, je n'étais pas au bout de mes surprises. L'auteur a un style cru, sarcastique. Aucun de ses personnages, à l'exception des adolescents, qui sont avant tout des victimes, ne peut se vanter de vouloir autre chose que satisfaire sa petite personne. J'étais décidée à me moquer d'eux tout en grinçant occasionnellement des dents. Finalement, il n'y a rien d'amusant dans Une place à prendre. J'ai ragé contre ces ordures de Mollison, espérant jusqu'au bout qu'ils finiraient par mourir dans d'atroces souffrances, les mots de Parminder à sa fille harcelée et mal-aimée m'ont soulevé le coeur et les discours des conseillers paroissiaux sur l'argent inutilement dépensé pour les plus défavorisés m'ont trop rappelé les politiques actuelles pour que je me sente autrement qu'impuissante. Je crois que c'est ce qu'il y a de pire dans ce livre. Il a l'air caricatural, mais les propos tenus par les personnages, sur les services d'aide à l'enfance, la mixité sociale ou les allocations n'ont rien d'inventé.

« … mentalité d’assisté, disait Aubrey Fowley. Des gens qui n’ont littéralement jamais travaillé de leur vie.
— Et, voyons les choses en face, ajouta Howard, la solution à ce problème est très simple. Qu’ils arrêtent de se droguer. »

Il faut un temps d'adaptation avant d'identifier clairement la multitude de personnages, adultes et adolescents, dont nous suivons les traces. J'ai cru comprendre que certains avaient trouvé que l'auteur prenait trop de temps à poser son cadre, mais je n'ai pas eu ce sentiment. Ce n'est pas un roman rempli d'action, c'est certain, et j'imagine que cela a causé de nombreuses déceptions. Pour ma part, je ne me suis pas ennuyée une seule seconde. Ce dont l'auteur parle, c'est de la vie de tous les jours, avec simplicité et éloquence. A moins d'être de mauvaise foi, après avoir lu ce livre, on ne peut plus considérer que vouloir une grossesse et vivre des allocations est forcément un acte stupide et égoïste. Parfois, c'est une question de survie, la seule porte de sortie possible.

Une fable sociale désenchantée et cruelle, qui prouve que J.K. Rowling est un auteur capable de proposer des oeuvres très différentes sans sacrifier son talent. J'ai hâte de la découvrir en tant qu'auteur de romans policiers désormais.

Karine a adoré mais Maggie a été très déçue (une telle discordance entre nous deux est surprenante ! ).

Grasset. 20h57.
Traduit par Pierre Demarty.
Lu par Philippe Résimont.
2012 pour l'édition originale.

pavé


13 août 2018

Les Filles au lion - Jessie Burton

burton" Quasiment tous les Anglais, y compris les plus instruits, croyaient que nous avions plus de points communs avec les Soudanais qu’avec eux. Mais que connaissais-je du Sahara, des chameaux ou des Bédouins ? Pendant toute mon enfance, mon idéal de beauté et de glamour avait été la princesse Margaret. "

Odelle Bastien, installée à Londres depuis cinq ans, obtient un poste de secrétaire dans une grande galerie d'art. Pour cette jeune femme noire venue des Caraïbes, ce poste est inespéré dans l'Angleterre des années 1960. Peu après, elle rencontre Lawrie Scott, un jeune homme dont la mère vient de mourir en lui léguant uniquement un tableau étrange. Lorsque Lawrie montre cette oeuvre aux employeurs d'Odelle, ceux-ci sont stupéfaits : il pourrait s'agir de l'oeuvre d'un peintre de Malaga disparu pendant la guerre civile espagnole.
Nous remontons alors le temps jusqu'en 1936 pour rencontrer Olive Schloss, installée dans le sud de l'Espagne avec son père Harold et sa mère Sarah. Alors que les tensions sont à leur comble entre l'extrême-droite et les communistes, Harold Schloss, qui est marchand d'art, pense avoir découvert en son voisin un artiste hors du commun.

Lorsque l'on passe du temps sur la blogosphère, il est impossible de ne pas avoir entendu parler de Jessie Burton, dont le premier roman, Miniaturiste, a connu un succès énorme.
J'ai rapidement été captivée par cette histoire ressemblant à une sorte de chasse au trésor et alternant les époques et les lieux. Indéniablement, Jessie Burton a le sens du suspens. Chaque partie s'achève sur une révélation donnant une furieuse envie de connaître la suite de l'histoire. Les secrets de famille, les tableaux oubliés, les amours contrariés et surtout les intrigues que l'on pense cerner mais qui se révèlent bien plus tordues au dernier moment, j'adore ça. 
J'ai rapidement trouvé la construction des Filles au lion moins solide que des livres comme ceux de Marisha Pessl ou Confiteor de Jaume Cabré (je serais curieuse de savoir si Jessie Burton l'a lu) et j'avais deviné la principale supercherie dès le tout début du roman, mais l'enquête menée par Odelle est prenante, Marjorie Quick fascine et Lawrie ne manque pas non plus d'intérêt. Côté espagnol, on est aussi touché par Olive et Teresa, qui essaient de faire reconnaître leurs qualités dans un monde d'hommes. A défaut d'être particulièrement charismatiques et complexes, les personnages de Jessie Burton sont sympathiques.
Les descriptions des tableaux stimulent fortement notre imagination et nous amènent à nous interroger sur le sens de l'art, la nécessité ou non de connaître l'intention de l'artiste et également sur le sort des oeuvres lors des conflits.

" Peu importe la vérité, ce que les gens croient devient la vérité. "

Pourtant, je suis un peu déçue, et ma lecture est devenue pénible dans les cent dernières pages. Les coïncidences, déjà nombreuses jusque là, s'enchaînent et ne surprennent pas le lecteur parce que Jessie Burton s'est montrée habile mais au contraire parce qu'elle cède à toutes les facilités. J'ai aussi regretté que certaines pistes intéressantes soient à peine explorées, comme le talent d'écrivain d'Odelle.

Une lecture d'été agréable, mais une intrigue cousue de gros fils qui gâche la dernière partie du roman.

Je remercie Folio pour cette lecture.

D'autres avis chez Hélène et Maggie.

Folio. 513 pages.
Traduit par Jean Esch.
2016 pour l'édition originale.

24 juillet 2018

Le Quidditch à travers les âges - J.K. Rowling

quidditch"J’ai lu pire."

Rita Skeeter, La Gazette du sorcier

Après avoir lu avec beaucoup de plaisir Les Animaux fantastiques, je me suis régalée avec l'écoute du Quidditch à travers les âges. Au livre publié il y a quelques années, cette édition ajoute le récit de la coupe du monde 2014, commentée par Rita Skeeter et Ginny Potter (devenue journaliste).

Tout comme Les Animaux fantastiques, ce livre est cité par J.K. Rowling dans Harry Potter. Le quidditch étant le sport le plus populaire du monde des sorciers, il fallait bien quelques ouvrages sur le sujet. Et, n'en déplaise à Mrs Pince, l'acariâtre bibliothécaire de Poudlard qui effraie même un peu Albus Dumbledore, Le Quidditch à travers les âges de Kennilworthy Whisp a été diffusé largement pour satisfaire tous les fans.

Ainsi, nous découvrons les origines du quidditch, un sport aux règles floues au départ, qui rend dubitatifs ceux qui ne s'y intéressent pas et qui risque d'attirer l'attention des Moldus (les traces des cognards, qui ressemblent à des boulets de canon, ne sont pas des plus discrètes). Assez vite, au Royaume-Uni et en Irlande, les adeptes du quidditch deviennent innombrables. Le ministère de la magie intervient alors pour normaliser et sécuriser ce sport, s'attirant les foudres de certains joueurs, qui préféraient la méthode dure et déloyale (tours de magie, buts de taille scandaleusement grande pour les adversaires et minimale pour les accueillants...). Puis, à mesure que le quidditch se répand à travers le monde, une compétition internationale est mise en place, la fameuse coupe du monde. 
En fait, J.K. Rowling s'est très largement inspirée de l'histoire du football pour écrire celle du quidditch. Les jeux de balais rudimentaires pratiqués par les sorciers un peu partout en Europe décrits dans le livre de Kennilworthy Whisp rappellent Les antiques jeux de balle. Quant au quodpot, qui surclasse le quidditch aux Etats-Unis, c'est évidemment l'équivalent sorcier du football américain.
Je ne suis pas une grande fan de sport en général, surtout ceux que l'on pratique depuis son canapé, mais l'auteur ajoute à l'énumération des équipes et des règles tellement d'anecdotes que j'ai ri pendant la majeure partie de mon écoute. Les sorciers ne sont pas meilleurs que les Moldus en matière de sport. Ils trichent, sont mauvais joueurs, de mauvaise foi, en résumé ils se comportent comme de vrais gosses.
Avec le récit de la coupe du monde 2014, nous retrouvons notre trio préféré, ainsi que Neville et Luna, décrits par une Rita Skeeter bien plus intéressée par l'observation des membres de l'ancienne armée de Dumbledore que par la finale opposant la Bulgarie au Brésil. Pourtant, à trente-huit ans, l'attrapeur Victor Krum pourrait bien réaliser son rêve de devenir enfin champion du monde de quidditch...

A réserver aux adeptes de l'univers d'Harry Potter, mais un délicieux moment découte, avec des lecteurs et des bruitages excellents.

D'autres avis ici et ici.

Je remercie Angèle Boutin et Audible pour cette lecture.

Pottermore. 3h28.
Lu par Féodor Atkine, Jessie Lambotte et Marie-Christine Letort.
2001 pour l'édition originale.

13 juillet 2018

Ma cousine Rachel - Daphne du Maurier

RACHEL« Il existe des femmes, Philip, de bonnes femmes peut-être, qui, sans qu’il y ait de leur faute, attirent le malheur. Tout ce qu’elles touchent se tourne en tragédie. Je ne sais pourquoi je te dis cela mais il me semble que c’est mon devoir. »

Lorsque l'on cherche des recommandations de romans à l'ambiance mystérieuse, il n'est pas rare de tomber sur des titres de Daphne du Maurier. Si Rebecca est son roman le plus connu mettant en scène un personnage ambigu, Ma Cousine Rachel n'est pas en reste. 

Philip Ashley a été élevé par son cousin Ambroise après la mort de ses parents lorsqu'il n'était qu'un très jeune enfant. Il grandit donc dans une belle et immense demeure de Cornouailles, entouré presque exclusivement d'hommes, et Ambroise suffit à combler son besoin d'affection. Alors que Philip est étudiant, son cousin commence à avoir des problèmes de santé qui l'obligent à voyager de longs mois dans le sud de l'Europe, où le climat est plus clément. Dans une lettre, Ambroise finit par annoncer son mariage avec Rachel, une femme rencontrée à Florence dont il est tombé éperdument amoureux. D'abord jaloux, Philip devient très inquiet lorsqu'au bout de quelques mois, Ambroise se met à lui écrire des lettres dans lesquelles il dit soupçonner son épouse de vouloir l'empoisonner.
Quand Philip arrive enfin en Italie, c'est trop tard, son cousin est décédé, officiellement d'une tumeur au cerveau...

Je ne pense pas avoir lu ce livre dans les meilleures conditions, puisque je l'ai associé à d'autres lectures et qu'un roman d'ambiance comme celui-ci mériterait qu'on le dévore d'une seule traite, mais j'ai passé un très bon moment avec Ma Cousine Rachel.
L'intérêt principal du roman réside dans le personnage de Rachel, incroyablement mystérieux, ambigu et charismatique, et dans sa relation avec Philip. Bien que décidé à la haïr, elle pénètre dans sa vie avec une facilité déconcertante.

"Elle me vit rire, j'étais perdu."

Celle qu'il voyait comme une mégère âgée au physique désagréable est tout autre lorsqu'il la rencontre enfin.
La relation qui naît entre le jeune homme et sa cousine est à la fois malsaine et envoûtante. L'auteur, habile, met en scène le mystère qui couvre la vraie Rachel en faisant communiquer Philip et la jeune femme à travers une porte, un voile, les rideaux d'un lit ou encore l'obscurité dans les moments importants de leur relation, soulignant ainsi l'inaccessibilité des sentiments de l'héroïne.
Philip, qui n'a jamais fréquenté de femmes, si l'on excepte la fille de son parrain, qu'il aime comme une soeur ou les filles du pasteur qu'il dédaigne, n'est pas préparé à se défendre devant une telle femme et ne peut qu'en tomber éperdument amoureux. Il est inexpérimenté, elle a derrière elle deux mariages et une conscience parfaite de ses intérêts qui l'amène à ne pas céder à ses émotions de façon irréfléchie.

Mais alors, qui est Rachel ? Une femme malheureuse, dont les épreuves n'ont pas su détruire la bonté ou une meurtrière froide et calculatrice ? Nous ne nous départirons pas du doute instillé dès le début, mais Philip naviguera entre les deux hypothèses selon les événements et surtout selon ses émotions. Les actions seules de Rachel ne suffisent pas à soutenir l'intrigue. Philip trouve d'autres indices, accablants, auxquels il refuse de croire ou, au contraire, qui le laissent dans un état proche de la paranoïa. La fin, glaçante, laisse personnages et lecteurs complètement démunis.

Un livre que je vous recommande chaudement, qui donne envie d'aller admirer les paysages de Cornouailles.

Les billes de LéoCryssilda et Titine.

Le Livre de Poche. 382 pages.
Traduit par Denise Van Moppès.
1951 pour l'édition originale.

28 juin 2018

La Vie rêvée de Virginia Fly - Angela Huth

huth" Pourquoi, se demanda Virginia, était-elle le genre de fille à qui les gens proposaient toujours une boisson chaude et non simplement un verre ? Qu’y avait-il chez elle qui empêchait les gens d’imaginer qu’elle s’enfilerait volontiers un double whisky ? "

Virginia Fly a beau avoir trente et un ans et un respectable emploi de professeur, elle vit toujours chez ses parents et n'a jamais eu le moindre rapport sexuel. Ses deux seuls amis sont un vieux professeur avec lequel elle se rend régulièrement à Londres pour assister à des concerts, et Charlie, son correspondant américain, qu'elle n'a jamais vu.
Lorsqu'une émission de télévision se rend chez elle afin d'évoquer sa virginité, Virginia est convaincue qu'un bel inconnu succombera à ses mimiques et lui écrira.

Ce roman n'est pas exempt de défauts, mais j'ai de nouveau apprécié l'habileté d'Angela Huth dans sa description des relations humaines. Avec un style très ironique qui lui permet de très bien croquer les personnages gravitant autour de son héroïne et le décor offert par la campagne anglaise moyenne, l'auteur aborde le décalage entre les contes de fées que l'on imagine enfant et la réalité de la vie.
Bien planquée derrière ses rêves pendant que la révolution sexuelle battait son plein, Virginia n'a pu être déçue. Si sa situation lui pèse, elle a aussi l'avantage de ne pas quitter le domaine du fantasme, et donc du contrôle. Le réveil est dur et les situations dans lesquelles se retrouve notre héroïne vont du cocasse au franchement horrible (ce dernier aspect est traité de façon un peu trop succinte à mon goût, même si ce n'est pas le propos du livre). Après avoir dévoré D.H. Lawrence et s'être inventé des amants brutaux rencontrés en pleine nature, la découverte du corps de l'autre et de ce qu'est parfois le sexe amène Virginia à complètement désacraliser le sujet.
On se sent mal à l'observer, car Virginia est une femme perspicace qui mériterait de faire une bonne rencontre. Je crois qu'Angela Huth aime bien malmener un peu ses héroïnes.

« Tout ira très bien, vous verrez. C’est la terreur du grand saut, j’imagine, après ces années passées à attendre. Vous savez ce que c’est, le réel. Il détruit toujours nos illusions avec une extrême cruauté. Une cruauté dévastatrice. »

Une vision pessimiste de l'amour, du sexe et du mariage, qui seraient forcément, à un moment donné basés sur le compromis et le mensonge (à soi-même et aux autres).

Les avis opposés de Lou et de Mrs Figg.

Quai Voltaire. 2018 pages.
Traduit par Anouk Neuhoff.
1972 pour l'édition originale.

Source: Externe

23 juin 2018

Les Animaux fantastiques, J.K. Rowling

Source: ExterneEn plus de sa saga Harry Potter, J.K. Rowling a rédigé certains des livres cités dans la série qui servent à nos héros, en classe et lors de leurs quêtes. J'avais déjà eu l'occasion de découvrir Les Contes de Beedle le Barde, cette fois c'est dans la version audio des Animaux fantastiques que je me suis plongée.

Il s'agit d'une encyclopédie des animaux dits fantastiques par l'un des plus grands spécialistes du domaine, Norbert Dragonneau. Prenant son sujet très au sérieux, J.K. Rowling développe les spécificités des créatures croisées lors des cours de botanique, de soins aux créatures magiques ou encore vivant dans la Forêt interdite.

Les anecdotes contant les histoires souvent très drôles de rencontres entre humains (moldus ou sorciers) et animaux fantastiques cassent le côté encyclopédique de l'énumération et rendent la lecture très fluide. J.K. Rowling n'hésite pas à détourner certains mythes, remettant en cause nos représentations habituelles de créatures comme les fées. Rien que pour cet aspect ludique, la lecture ou l'écoute (avec animations sonores) de ce livre est plus que recommandée, mais J.K. Rowling ne s'arrête pas là.
Bien loin de nous livrer un livre de pur divertissement, elle commence par une introduction posant des questions sur la définition même d'animaux fantastiques. Celle-ci est loin de faire l'unanimité, et les humains sont loin d'avoir le monopole de l'intelligence dans le monde des sorciers. Toutes les créatures n'acceptent pas d'entrer dans la case qu'on leur a attribué. Difficile de ne pas voir le parallèle avec notre propre monde. En réécrivant certains faits historiques comme la disparition du dodo, l'auteur s'empare également de questions de plus en plus urgentes concernant la protection de notre environnement. De même, l'évocation de certaines expérimentations et de croisements ayant conduit à la création de certaines espèces soulève des questions éthiques qui ne peuvent que nous amener à nous interroger.

Clairement, pour conserver l'attention de son lecteur jusqu'au bout avec ce type d'ouvrage, il ne faut pas écrire un livre trop long. J.K. Rowling a pris cet aspect en compte et je ne me suis pas ennuyée une minute.

A réserver aux amateurs d'Harry Potter, mais un régal de bout en bout. A noter que la version papier est rigolote également, puisqu'elle contient des commentaires plein d'humour de la part du jeune Ron Weasley.

L'avis de Clarabel.

Je remercie Audible et Angèle Boutin pour cette découverte.

Audible. 1h55.
2001 pour l'édition originale.

moisanglais