lilly et ses livres

Un petit blog pour y décrire les livres que j'ai aimés, et que je désire partager avec les mordus de lecture ... mais aussi ceux qui m'ont déçue, et sur lesquels je serais ravie d'échanger mon point de vue.

04 mars 2008

Le destin miraculeux d'Edgar Mint ; Brady Udall

51C1WYA431L10/18 ; 544 pages.

Ce livre faisait partie de mon challenge ABC 2007 que j’espère compléter avec un peu de retard. Ce livre m’avait été conseillé parce qu’il me fallait un auteur en « U ». Autrement, je ne pense pas qu’il me serait venu à l’esprit de le lire. D’ailleurs, j’ai mis un bon moment à me décider.

L’histoire : Edgar Mint a sept ans quand le facteur lui roule sur la tête. Ce petit métis, né d’une mère indienne alcoolique depuis sa grossesse et d’un apprenti cow -boy disparu dans la nature, passe trois mois dans le coma avant de passer de nombreux mois dans une nouvelle chambre d’hôpital. Là-bas, sa vie commence. Il réalise qu’il ne peut pas écrire, mais taper à la machine, il ne s’en prive pas. Sa mère ayant disparu après son accident, Edgar est envoyé chez son grand-oncle, qui le met dans une école d’enfants indiens où il ne rigole pas tous les jours, puis il partage quelques temps la vie d’une famille mormone.

Mon avis : Autant le dire tout de suite, ce roman m’a complètement emballée. Il m’a fallu une cinquantaine de pages avant de me retrouver un peu dans le récit, mais j’ai terminé ce livre en une journée.

En fait, Le destin miraculeux d’Edgar Mint est très typique des romans américains actuels au niveau de sa forme. Je n’en ai pas lu beaucoup, mais j’ai dès le début pensé aux romans de Stephen MacCauley, Jonathan Tropper ou Douglas Coupland. Le ton employé, le découpage des chapitres, le style direct et percutant est commun à tous ces auteurs. Sauf que je trouve que Brady Udall les utilise beaucoup mieux. L’histoire est originale (du moins je n’en avais jamais lu de pareille). On est loin des clichés assez présents chez les autres auteurs que je viens de citer (je précise que ça ne m’empêche pas d’avoir énormément aimé certains de leurs livres). Le personnage est un enfant né dans une réserve indienne, pas un célibataire branché et pommé vivant dans une grande ville américaine.

Et puis, c’est vraiment drôle, dynamique, voire même un peu flippant (ce Barry…). J’ai beaucoup aimé la façon de parler d’Edgar d’abord à la troisième, puis à la première personne dans la phrase suivante. On a deux récits en un, de façon assez subtile, qui nous permettent d’aborder l’histoire à deux niveaux différents. Comme spectateur d’abord, puis comme témoin pris à partie par Edgar.

Ne vous attendez pas à un livre débordant d’action, ou à une quête effrénée de la part d’Edgar pour mener à bien les missions qu’il se fixe. La mission d'Edgar, tant promise dans certains résumés du livre, se dessine vraiment progressivement, et est loin de constituer l’intérêt principal du roman. Ce livre est surtout une succession d’anecdotes. Chaque période, l’hôpital, l’école, la maison mormone, dure une bonne partie du livre. Ce n’est absolument pas ennuyeux, un garçon comme Edgar qui réfléchit en permanence est toujours captivant, amusant et touchant. Le ton est plutôt détaché sans être froid. Cela permet au lecteur d’éprouver de l’empathie pour les personnages (et ils en ont besoin) sans les traumatiser non plus.

La fin est drôle et bien ficelée, dans la continuité du roman. Vraiment un très bon moment de lecture que je vous recommande !

    

« Je m’aperçois aujourd’hui que, sous de nombreux aspects, j’ai vécu ma vie à l’envers. Pendant la première moitié, j’ai eu à faire des choix difficiles et à en subir les conséquences, tandis que pendant la deuxième, j’ai vécu l’existence simple et protégée d’un enfant. » (Page 537)

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15 août 2007

Le temps n'est rien ; Audrey Niffenegger

41HBWRS3F0LJ'ai Lu ; 521 pages.
8,90 euros.

J'aurais aimé vous donner envie de lire pour mon premier billet de retour de vacances, mais bon...

"Je l'aime. II représente tout pour moi. Je l'ai attendu toute ma vie et à présent il est là. (J'ai du mal à m'expliquer.) Avec lui je peux contempler mon existence dans sa totalité, comme une carte, passé et futur réunis, comme un ange... [..] Tout est déjà arrivé. Tout en même temps. " Nous avons tous déjà eu cette impression d'avoir rencontré une personne quelque part avant, ou de l'avoir connue dans une autre vie... Et si c'était dans un autre temps ? Quand Henry, bibliothécaire, voit arriver Claire, une artiste séduisante, il ne peut croire à l'incroyable : ils se connaissent depuis des décennies, même s'il ne s'en souvient pas. Car Henry est atteint d'une maladie qui le propulse dans le temps. II a rencontré Claire alors qu'elle était enfant et va sans cesse partir et revenir à des époques de leurs vies respectives...
L'histoire folle et romanesque d'un amour absolu et éternel. Audrey Niffenegger

J'ai lu ce livre suite à la critique enthousiaste de Chimère et quelques autres. Je m'attendais vraiment à un petit bijou, mais j'ai été plutôt déçue par cette histoire que je qualifierais seulement de "gentille".

Ce livre se lit assez rapidement, est plutôt distrayant, les personnages sont attachants. Et c'est tout.

Même l'idée de voyager dans le temps, qui semblait plutôt originale, apparaît comme étant banale, parce que l'auteur n'a pas su l'exploiter correctement à mes yeux. J'ai lu très vite et avec beaucoup de plaisir les trois cents premières pages, et puis je me suis lassée. J'attendais des révélations qui ne sont jamais arrivées. En fait, il n'y a pas vraiment de fond, ni de but, surtout des clichés. Les deux cents dernières pages ne sont pas vraiment captivantes, et donnent l'impression de faire du sur place. C'est comme si l'auteur sentait elle aussi que ça suffisait, mais sans savoir comment terminer son livre. D'ailleurs, la fin ne m'a pas du tout plu, je l'ai trouvée complètement téléphonée.

C'est vite lu et vite oublié, et c'est très dommage.

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03 mars 2007

Une vie merveilleuse ; Laurie Colwin

2253066966Édition Le Livre de Poche ; 281 pages.
6 euros.

" Guido et Vincent sont cousins et amis d'enfance. À ces trentenaires de la bonne société new-yorkaise, nantis d'un métier qui leur plaît et d'amis souriants, il ne manque que la femme de leurs rêves pour que la vie soit merveilleuse. Ils la rencontrent au même moment, l'un en la personne de l'élégante Holly, raffinée et secrète ; l'autre, de Mitsy, descendante d'immigrés russes, la rebelle jamais rassurée. Et les ennuis commencent... Disons plutôt les inquiétudes de l'amour, maladresses et malentendus, effusions et alarmes, comme s'il fallait se faire un petit peu mal pour apprécier son bonheur, dans un monde favorisé que l'auteur de Frank et Billy, figure emblématique du Manhattan des années 1980, nous dépeint avec un humour tendre et complice. "

C'est un petit livre enchanteur dont je vais vous parler. Déjà, j'aime énormément la couverture, ces portraits qui pourraient être l'un de ceux que je faisais en maternelle et en primaire. Je me souviens de ces gens auxquels je donnais toujours un sourire, avec les deux traits en bout de lèvres...

C'est vrai, il ne se passe rien de palpitant à première vue. C'est le récit calme de deux amours. Laurie Colwin nous entraîne dans un petit monde sécurisé, où chaque personnage finit par être heureux. Mais je me suis énormément attachée à ces personnages.  Je me suis identifiée à Mitsy, cette jeune femme terrorisée à l'idée d'être blessée et qui refuse de mettre des mots sur ses sentiments. Comme Mitsy et Holly, j'ai la conviction que rien n'est jamais totalement acquis, et surtout pas le bonheur. Et puis, je l'avoue, j'ai pris du plaisir à voir ces hommes malmenés, déboussolés par les femmes qu'ils aiment, car ça les oblige à se battre pour les rassurer et les garder. Laurie Colwin nous livre une histoire légère et qui fait chaud au coeur. On rit de ces garçons, mais avec énormément d'affection.

Certes, c'est un peu idéal comme monde. Deux hommes prêts à tout pour leurs amoureuses, et deux femmes qui prennent en main leur couple en lui donnant du piment. Jusqu'à ce qu'il faille craquer et avouer à l'autre son amour, prendre le risque de vivre heureux à deux.

Mais j'aime les conte de fées, et j'avoue avoir complètement craqué. Une jolie découverte, qui me permet de noter les autres titres de Laurie Colwin sur ma LAL.

Les avis de Florinette et de Clarabel.

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02 mars 2007

Sexe et dépendances ; Stephen McCauley

2080690051Édition Flammarion ; 311 pages.
19,90 euros.

" William Collins, agent immobilier à Boston, est adepte des rencontres par Internet. Lassé de cette vie sentimentale dominée par les contacts anonymes, il décide de faire vœu de chasteté. Résolution difficile à tenir, tant les tentations se multiplient pour le détourner de loisirs plus sages comme lire enfin dans son intégralité l'œuvre d'une certaine Simone de Beauvoir... Contacté par Charlotte et Samuel, de nouveaux clients en quête d'un bel appartement en centre-ville, il tente de prendre quelques leçons de bonheur auprès de ce couple qui le fascine. Lorsqu'il commencera à mieux les connaître, la façade ne tardera pas à se lézarder. Dans cette chronique hilarante et touchante de la vie quotidienne d'une Amérique moins sûre d'elle après le 11 septembre, Stephen McCauley utilise astucieusement le thème de l'immobilier comme métaphore du désir de changer de vie. Aussi grand humoriste que fin moraliste, il nous offre une galerie de portraits d'une rare lucidité et nous entraîne une nouvelle fois dans son univers d'une originalité et d'une drôlerie infinies. "

Je suis vraiment très déçue par ce livre, que je n'ai pas terminé. J'avais adoré L'objet de mon affection, et je me faisais une joie de lire le nouveau roman de Stephen McCauley. Je reconnais que ce livre possède de grandes qualités. L'auteur veut une nouvelle fois nous faire part de sa vision de la société américaine avec humour et légèreté, et son angle de vue est attirant au premier abord. En fait, c'est essentiellement l'histoire qui me déplaît. Bon, c'est vrai qu'un homme qui couche tous les soirs avec un type différent dans des lieux assez obscurs, c'est vite lassant. Mais ce n'est pas le plus gênant. Très vite, je me suis doutée que certains personnages avaient une relation bien plus compliquée que ce qu'il semblait au premier abord. C'est normal, il y a beaucoup de faux-semblant dans ce livre.
Je reconnais que si je n'ai pas fini ce livre, c'est surtout pour des motifs très personnels, alors ne vous découragez pas en lisant ma critique. Si vous voulez lire ce livre, ne lisez pas ce qui suit.

Piquée par la curiosité, et un peu ennuyée par le début, j'ai lu des passages du milieu du livre. En ce moment, je vous avoue que les histoires d'adultère me rebutent au plus haut point. J'ai beau avoir apprécié certains aspects du livre, la perspective de lire encore une histoire avec un type trompant sa femme comme si c'était la chose la plus naturelle du monde m'a totalement écoeurée. J'ai donc arrêté ma lecture pile au milieu du livre, j'ai lu les cinquante dernières pages en diagonale afin de vérifier que je ne passais quand même pas à côté d'un chef d'oeuvre, puis je l'ai reposé.

Peut-être le lirais-je intégralement plus tard. Ce n'était en tout cas pas le bon moment pour moi.

Allez plutôt voir la critique d'In Cold Blog. Jules non plus n'a pas terminé ce livre.

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01 mars 2007

Léviathan ; Paul Auster

9782253139072_G_1_Édition Le Livre de Poche ; 320 pages.
5,50 euros.

Lettre "A" Challenge ABC 2007 :

"Comment et pourquoi Benjamin Sachs, jeune écrivain talentueux des années Reagan, est-il devenu le poseur de bombes qui plastique l'une après l'autre les multiples statues de la Liberté ornant les villes américaines ?
C'est à cette question que cherche à répondre son ami Peter Aaron dans ce récit traité à la manière d'une biographie, réponse anticipée aux enquêteurs du FBI, à la légende médiatique qui s'est déjà emparée de Sachs. Et le romancier du Voyage d'Anna Blume de nous donner, dans le sillage des écrivains prophètes que furent Whitman ou Thoreau, le portrait d'une Amérique déboussolée, qui a renié sans même s'en apercevoir ses valeurs fondatrices. Un récit d'une limpidité rigoureuse, aux personnages - notamment féminins - d'une remarquable vérité. "

Paul Auster est un auteur que j'ai connu en même temps que Jane Austen, pour la simple et bonne raison que leurs livres sont côte à côte dans les librairies. Mais c'est lorsque j'ai découvert les blogs littéraires que j'ai commencé à en découvrir un peu plus sur lui. J'ai donc décidé d'ouvrir l'un de ses livres pour voir un peu si cet enthousiasme qu'il suscitait était mérité.

C'est très étrange, j'ai énormément aimé ce livre, mais sa lecture a été douloureuse (sans doute dans le bon sens du terme, s'il y en a un...). D'un côté, je l'ai dévoré en une journée. Étant donné qu'il s'agit d'un monologue (ou presque) sur plus de 300 pages, cela démontre des qualités d'écriture chez Paul Auster. Je trouve également que ses personnages sont fouillés, absolument pas caricaturaux, ce qui les rend extrêmement intéressants. Paul Auster nous emmène vraiment à la découverte de la complexité de l'âme humaine, et c'est là que j'ai souffert.

Car la vie de Benjamin Sachs est difficile à regarder. C'est un homme qui a ses défauts, mais qui parvient à nous attacher à lui. A partir de là, il est difficile de ne pas être bouleversé par les drames auxquels il a été confrontés. C'est un homme tellement dur avec lui même, qui se déteste tellement qu'il ne peut que blesser ceux qu'il aime. En particulier sa femme, Fanny. Celle-ci également est attachante, mais même si je comprends qu'elle ait fini par partir, c'est difficile de voir que Ben a réussi à détruire un peu plus sa vie en la manipulant. Lillian non plus ne peut pas sauver Sachs (bien au contraire), pas plus que son meilleur ami, qui ne peut que tenter de le réhabiliter une fois qu'il est trop tard. Tous ces personnages sont des gens abîmés par la vie, mais contrairement à eux, Sachs ne parvient pas à cesser de s'auto-détruire. La psychologie a une place importante dans ce roman, et ce qu'elle nous permet de découvrir m'a mise très mal à l'aise. Benjamin Sachs réfléchit beaucoup, il a conscience du décalage qui existe entre nos belles paroles et la réalité. Il veut pouvoir se regarder en face en se battant pour ses idéaux, mais il ne parvient qu'à se démollir un peu plus à chaque fois qu'il agit.
Paul Auster nous parle de la perception des choses qui diffère selon les gens. La réalité n'est pas la même selon les personnes. La vérité non plus. Cela explique l'impossibilité pour chacun d'entre nous de prévoir la réaction des autres. Une simple gifle peut déclencher des événements d'une ampleur inconcevable.
J'ai vu que Flo avait eu du mal à lire la première partie du livre. Pour ma part, je trouve qu'elle permet de mettre en place les éléments d'une histoire complexe. Tout s'accélère vers la page 200, et tout se finit très vite. Quand j'ai refermé ce livre, des questions se bousculaient dans ma tête. Je crois que c'est ce que Paul Auster voulait provoquer.

J'aimerais bien en lire un autre de cet auteur, pour confirmer mon impression. J'ai trouvé qu'il faisait partie de ces rares auteurs contemporains capables d'allier le fond et la forme. Si vous avez en tête des titres un peu plus gais, je suis preneuse.   

Les avis de Flo et d'Allie. Pour en savoir plus sur Paul Auster et son oeuvre, allez faire un tour sur L'Austerblog de Flo et de Florinette.

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14 janvier 2007

Les quatre filles du Docteur March ; Louisa May Alcott

2261400594Édition Rouge et Or ; 187 pages.
3,50 euros.

" Le docteur March s'est engagé dans l'armée, laissant seules sa femme et leurs quatre filles. Pour la coquette Meg, la bouillante Jo, la timide Beth et l'insupportable Amy, la vie est dure. Dure, mais entre les farces de leur jeune voisin Laurie et les colères de la tante March, elle n'est pas monotone ! Un jour le Docteur March tombe gravement malade... "

La première fois que j'ai entendu parler de ce livre, c'était à l'école primaire. Ça m'avait marquée, pourtant je n'ai jamais ouvert ce livre. Il y a quelques temps, je me suis décidée à l'acheter. Juste après, j'ai découvert que je possédais déjà ce livre, dans une édition assez ancienne et illustrée. C'est donc tout naturellement que je l'ai ouvert.
Malheureusement, je dois avouer que je suis un peu déçue par ce livre pour lequel j'avais de si grandes attentes. Même si j'ai adoré la fin, ce qui me permet de garder une très bonne impression à propos de cette lecture, la première moitié du livre ne m'a pas particulièrement amusée.
Pourtant, elles sont vraiment très attachantes ces filles March. Meg, l'aînée, qui essaie de jouer son rôle de grande-soeur. Jo, la seconde, un peu garçon manqué, qui s'entend à merveille avec Laurie, le petit voisin. Beth, dont la douceur et la gentillesse font une jeune fille adorable. Et puis Amy, la petite dernière, assez (parfois très) agaçante, qui devient moins égoïste à la fin.
Ce livre que je voyais comme un roman, est en fait construit un peu à la manière de Les petites filles modèles de la Comtesse de Ségur. Ce sont plein de petites anecdotes, qui nous dévoilent l'évolution de la fratrie March. J'ai beau adorer les lectures d'enfants, celle-ci a été assez pénible par moments. Il y a des chapitres absolument passionnants, et puis d'autres qui le sont beaucoup moins. Les leçons données à ces petites filles par leur mère m'ont beaucoup agacée. J'adorais pourtant Mme de Fleurville dans Les petites filles modèles. Alors, est-ce parce que j'ai grandi ? Probablement en grande partie. Je n'ai pas beaucoup de patience, et je dois avouer que les petites pestes comme Amy qui savent être particulièrement insupportables ne font pas partie des personnages qui me rendent la lecture agréable. Heureusement, elle finit par montrer qu'elle essaie de se corriger, ce qui nous amène à lui pardonner ses erreurs d'enfant. Le côté enchanté, la bonne mère, n'ont pas vraiment pris avec moi. J'ai trouvé certains passages un peu neuneu.
Mais j'ai adoré Jo et Laurie, l'adorable Beth, le vieux Mr Laurentz. Les deux premiers pour leur tempérament aventurier, leur amour de la lecture, leur humour (j'adore lorsque Laurie se roule dans la neige pour embêter Meg) et leur simple soif de bonheur. Les deux suivants pour leur gentillesse, à laquelle il est difficile d'être insensible. Et puis, Meg et son chevalier servant sont vraiment mignons.
Les choses s'améliorent au fil de la lecture, les filles du Docteur March grandissent, elles découvrent l'amour, le chagrin, la force de l'amitié. Ça les rend plus humaines, plus proches de nous, elle ne sont plus exaspérantes à force d'être parfaites, chacune bien dans son rôle. C'est donc sur une note positive que s'est achevée ma lecture. J'ai lu que ce livre avait une suite, je pense me la procurer parce que je suis un peu restée sur ma faim.

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13 décembre 2006

Le menteur ; Henry James

2070319873Edition Folio 2 euros ; 116 pages.
2 euros.

L'histoire est celle d'Oliver Lyon, peintre, qui se rend chez Sir David, afin d'y effectuer son portrait. Là bas, il retrouve Everina, celle qu'il a aimé douze ans auparavant, en Allemagne. Elle avait alors refusé de l'épouser, par orgueil nous dit-il. Everina est accompagnée de son mari, le Colonel Capadose, dont elle est clairement amoureuse. Pourtant, il devient vite évident que le Colonel est un menteur incorrigible. Tout le monde le sait, mais personne ne semble vouloir mettre le Colonel dans l'embarras. Et pour cause, ses mensonges ne blessent personne. Oliver Lyon décide, une fois rentré à Londres, de demander au Colonel de poser pour lui. Celui-ci accepte, sans se douter que Lyon a décidé de peindre un portrait révélant sa nature de menteur.
Pourquoi vouloir nuire au Colonel ? Parce que Lyon est toujours sensible au charme de son épouse, parce qu'il est jaloux, parce qu'il veut la reconquérir ou peut être simplement la blesser, si elle ne réagit pas comme il s'y attend. Il veut la voir admettre que son mari est un menteur, et il rêve de la voir admettre qu'elle aurait été plus heureuse avec lui.
Ce livre est assez pénible à lire. Nous sommes entourés de personnages peu attachants. Le Colonel Capadose est agaçant avec ses mensonges, Mrs Capadose est irritante par sa passivité. Et même Oliver Lyon semble plus amer et vengeur qu'amoureux. J'avais beaucoup aimé Daisy Miller  du même auteur, mais j'avais réussi à entrer dans l'histoire. Daisy Miller m'avait émue. Ici, je n'avais qu'une envie, celle de quitter au plus vite ces personnages égoïstes et gonflés de leur bêtise et de leur malhonnêteté.
Parce que finalement, même si Olivier Lyon rougit à chaque fois qu'il dissimule la vérité, et même s'il ne ment pas de façon directe, il entre dans le jeu du Colonel. Et de ce fait, il devient aussi méprisable que celui qu'il méprise. Et même pire. Alors que le Colonel mentait sans nuire à personne, et sans amener sa femme à faire de même, Lyon va le pousser à se défaire d'une situation embarrassante en impliquant une personne extérieure. Everina, quant à elle, ne pourra que prouver son affection pour son mari en le couvrant. Dégoûté, Lyon n'aura dès lors plus qu'à partir et à s'en prendre à lui même. Et en tournant la dernière page, j'ai eu envie de lui dire qu'il ne l'avait pas volé !

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30 novembre 2006

Pour toi, Nicolas ; James Patterson

2352870062Edition Archipoche ; 188 pages.
5 euros.

"Editrice, Katie Wilkinson croyait avoir trouvé l'amour en la personne de Matt, dont elle s'apprêtait à publier le recueil de poèmes. Mais ce dernier disparaît brusquement, lui laissant pour toute explication un journal intime. Suzanne, une jeune mère, s'y adresse à son fils, Nicolas. Au fil des pages, Katie découvre que l'homme dont elle est tombée amoureuse n'est autre que le mari de Suzanne, le père de Nicolas... Matt, qui prétendait vivre seul, lui a-t-il menti ? Mène-t-il une double vie ? Pourquoi lui infliger un tel supplice ? Malgré sa douleur, Katie poursuit sa lecture..."

Je suis tombée sur ce livre un peu par hasard à la librairie. J'avais déjà lu plusieurs fois le résumé sur internet, mais ça ne me disait rien. J'avais vraiment l'impression que ce livre allait être neuneu, mal écrit, sans aucun fond.
Et pourtant, je crois que je suis encore sous le coup de l'émotion provoquée par ce livre. J'ai pleuré, tremblé en le lisant. C'est une histoire très douloureuse que nous raconte James Patterson, celle d'un deuil impossible. On s'attache à Suzanne, à Nicolas, à Matt, malgré la compassion que l'on ressent pour Katie. Ce bonheur parfait, ces êtres qui ont su profiter de chaque instant, on a envie de crier à l'injustice. Très vite, on se doute du dénouement de l'histoire, mais il n'en est pas moins terrifiant. James Patterson écrit les choses avec douceur et simplicité, pourtant on a le sentiment de vivre ce drame indescriptible. Cette histoire nous rappelle combien les moments de bonheur sont précieux, combien il est important de les cultiver, parce que l'on ne peut pas savoir ce qui peut se passer. Matt avait tenté de croire qu'il fallait simplement être "prudents", Suzanne avait tenté d'arrêter le temps avec son cahier, tous deux voulaient empêcher ce qu'ils savaient inexorable, mais il y a des choses contre lesquelles on ne peut rien.
Je me "lâche" un peu dans ma critique , c'est vraiment mon impression à chaud. Je pense qu'il me sert aussi à cela, mon blog, à me détacher un peu d'un livre quand il m'a fait une impression très (trop) forte. Pour ne pas mettre trop de temps à m'en remettre...

Quelques citations particulièrement fortes de ce livre :

"Je me souviens d'un livre appelé Les Ponts de Madison County, qui avait connu voilà quelques années un succès énorme - sans doute parce que la vie des gens est de plus en plus dépourvue de romance et d'émotion. Mais l'ouvrage laissait aussi entendre que le bonheur ne peut durer longtemps -deux jours pour Robert et Francesca, les deux héros... De même que Roméo et Juliette, c'étaient des héros condamnés, dont l'amour prend fin tragiquement."

"Je me souviens de ce que disait ma grand-mère : un aujourd'hui vaut mieux que deux demains."

"Les navires tant aimés
Reviennent vides au port ou plongent dans l'abysse,
Les yeux perdent leurs larmes, puis perdent le sommeil."

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19 novembre 2006

Comme une vallée de larmes ; Robert Morgan

2253113654

Edition Le Livre de Poche ; 406 pages.
6,95 euros.

"Lorsque Julie Harmon quitte sa ferme des Appalaches, elle n'a que 17 ans. Elle a déjà vu son petit frère mourir dans ses bras, soigné son père et assisté, impuissante, à sa fin. Il lui reste sa mère et ses trois soeurs pour s'occuper de la ferme mais, depuis l'enfance, c'est elle qui fait marcher la maison. Quand elle rencontre Hank, elle tombe aussitôt amoureuse de lui : il est beau, il a de larges épaules, il est fort et saura l'aimer. Car, pour subsister dans un monde qui ne leur épargnera aucune souffrance, seul l'amour pourra les préserver du chaos et de la folie... Avec Julie Harmon, Robert Morgan a créé un superbe personnage de femme."

Ce livre est un nouveau coup de coeur. Je ne lis pratiquement jamais d'histoires comme celle-ci, mais là j'ai énormément aimé le dépaysement procuré par ce livre. On a l'impression d'être dans les Appalaches avec Julie et Hank, on entend le vent souffler dans les arbres, on voit la grange à côté de la rivière. Julie et Hank ont une vie très dure, Hank est parfois vraiment horrible avec sa femme, mais ces deux-là on une volonté de fer, et malgré tout, on sent qu'ils s'aiment. C'est l'histoire de deux enfants qui tombent amoureux et qui pensent que tout va aller pour le mieux. C'est aussi celle de deux être aux mentalités très éloignées de la nôtre, et dont les préoccupations sont beaucoup moins superficielles que les nôtres. Les pages défilent sans qu'on s'en aperçoivent, et à la fin du livre, j'ai ressenti la même résignation que Hank et Julie, le même espoir ou plutôt la même certitude que quoi qu'il arrive, tout irait bien ou pas trop mal.

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07 novembre 2006

Daisy Miller ; Henry James

2070422054

Edition Folio 2 euros ; 106 pages.
2 euros.

"Daisy Miller est jeune, belle et riche, mais son indépendance et ses manières excentriques d'Américaine choquent la vieille société européenne qui lui ferme ses portes. Toujours accompagnée de Giovanelli, un jeune mondain chasseur de dots, elle compromet sa réputation avec désinvolture. Même Winterbourne, son meilleur ami, ne croit plus à son innocence. Un soir, alors qu'elle contemple le clair de lune au pied du Colisée, elle contracte une maladie mortelle..."

Je sais, j'avais mis cet auteur et ce livre sur ma liste de Challenge 2007... Mais il se trouve que je n'ai pas pu résister, et à vrai dire, je n'ai aucun remords. Parce que je suis ravie d'avoir (enfin) fait connaissance avec Henry James. Cette nouvelle est bien écrite, elle se lit extrêmement rapidement, et elle donne envie de découvrir les autres oeuvres de l'auteur. Bref, une nouvelle mission parfaitement réussie pour cette collection Folio 2 euros.
J'avoue avoir été assez déconcertée par les manières très indépendantes de Daisy Miller, dont on ne sait pas trop durant toute la nouvelle, si elle agit comme elle le fait par insouciance, par provocation ou par vulgarité. Dans cette nouvelle, Henry James nous dévoile le poids du regard des autres, et ses conséquences sur une très jeune femme. Car ce n'est pas parce qu'elle semble se moquer et même ignorer les cancans que Daisy Miller n'est pas en réalité profondément blessée par toutes les rumeurs qui circulent sur elle. Elle tente de vivre, tout simplement, mais l'incompréhension des autres lui fait payer très cher son audace. Même Winterbourne, qui est pourtant le premier à vouloir croire en elle, hésite à le faire. Et pourtant, cette jeune fille qui est avant tout humaine avant d'être originale aurait bien eu besoin de son soutien .
J'ai été assez déçue par la fin, trop brève cependant. Je sais que les nouvelles ont par définition une chute déconcertante, mais j'ai toujours du mal à m'y faire...

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