23 septembre 2006

The Watsons ; Jane Austen

0140431020En tant que fan inconditionnelle de Jane Austen, je me dois de lire tous ses livres. J'ai donc découvert cet après-midi The Watsons, un roman écrit au début des années 1800, qu'elle n'a pas fini pour d'obscures raisons.

En effet, toutes les recettes d'un roman réussi de cet auteur sont présentes. Et je me demande si ce roman n'aurait pas pu être son meilleur. En effet, bien qu'il n'y ait qu'une cinquantaine de pages, je me suis vraiment plongée dans cette histoire dès le début, car Jane Austen n'a pas pris, pour une fois, le temps de planter de façon précise son décor, ce qui a pour conséquence d'accrocher immédiatement le lecteur.

L'histoire est celle d'Emma Watson, qui a vécu quatorze ans chez sa tante, avant que celle-ci ne se remarie puis parte en Irlande. De retour chez elle, elle retrouve son père, malade, et sa soeur Elizabeth, de neuf ans son aînée. Ses autres frères et soeurs sont absents. Emma se rend à un bal avec des amis de son père, où elle rencontre le beau, riche et séduisant Tom Musgrave, le charmant Mr Howard, et l'intriguant Lord Osbourne. Si elle méprise le premier, elle n'est pas insensible aux charmes du second, au grand dam de Lord Osbourne, qui lui porte une attention particulière...

A cela, nous pouvons ajouter une soeur embarrassante et agaçante, Margaret, un frère hautain et blessant, Robert, et une belle-soeur, peu engageante. La famille d'Emma, en plus d'avoir des membres encombrants n'est pas très riche, à l'image des autres héroïnes de Jane Austen, ce qui risque de faire du tort à plusieurs des enfants.

Mais la suite de l'histoire, si elle est presque prévisible pour certaines choses, quand on a lu les autres oeuvres de Jane Austen, ne peut être qu'imaginée, à mon grand regret... 

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20 septembre 2006

Le Grand Meaulnes ; Alain-Fournier

fournier_20le_20grand_20meaulnes_1_Edition Le Livre de Poche ; 251 pages.
4 euros.

L'histoire est racontée par François Seurel. Ce dernier a vu sa vie bouleversée par Augustin Meaulnes, un ancien camarade d'école. Suite à une fugue d'adolescent, celui qui était surnommé le "Grand Meaulnes" a assisté à un étrange fête, où il a rencontré une magnifique jeune femme, dont il est immédiatement tombé éperdument amoureux. De retour à l'école, il n'a plus qu'une envie, repartir dans ce mystérieux endroit. Mais ceci est assez compliqué, car il ne connaît pas le chemin qui y mène.

Le lecteur pense d'abord à un simple rêve, la description de la fête mystérieuse y faisant beaucoup penser : le réveil dans un lit, alors que Meaulnes ne s'était pas étendu dedans, les chuchotements, les enfants qui se promènent joyeusement, cette fête pour des fiançailles où l'on a réunit un peu n'importe qui, et surtout la belle Yvonne de Galais. Mais Meaulnes a rapporté un vêtement de cet endroit merveilleux, et est persuadée d'avoir vécu cette fête. On commence donc à le croire, d'autant plus qu'il nous fait une description détaillée de ce qui s'est passé, et que l'on se met à aprécier ce joli rêve.

C'est une jolie histoire d'amitié également, puisque François, le narrateur, croit son ami, et l'aide à retrouver son amour perdu. Par la suite, il prendra soin de ceux que son ami aime. Un livre facile et agréable à lire. Il existe un roman intitulé Le petit Meaulnes, je vous en reparlerai une fois que je l'aurai lu.

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Maurice ; E.M. Forster

2264038470Edition 10/18 ; 279 pages.
7,30 euros.

Ce livre débute lorsque Maurice Hall, encore enfant, quitte l'école dans laquelle il est scolarisé pour aller étudier dans la classe supérieure. Lors d'une conversation avec son professeur, il affirme ne jamais vouloir se marier, ce que le maître prend pour une idée d'enfant insensée et sans conséquence. Puis, nous le retrouvons à Cambridge, où il fait ses études. Il rencontre Clive, un étudiant, qui ne tarde pas à le fasciner et à l'influencer par sa conduite pleine d'assurance. Une histoire d'amour ne tarde pas à naître entre les deux jeunes gens, qui doivent se cacher pour la vivre.
La lourdeur de ce secret, ajoutée au poids des conventions sociales de l'époque ne tarde pas à soulever une question : Est-ce qu'un amour homosexuel doit pouvoir s'épanouir, est-ce une bonne chose ou, comme l'affirment les idées de l'époque, est-ce condamnable comme l'un des pires crimes possibles ? Ne vaut-il pas mieux s'intégrer dans la société en s'abaissant devant ses préjugés ?
Mais, dans toute histoire d'amour, il y a deux personnes, dont les points de vue ne sont pas toujours semblables.

Parmi mes auteurs préférés, Edward Morgan Forster occupe indéniablement une place de choix. Nous nous sommes rencontrés tardivement, un peu timidement, mais j'ai très vite compris qu'il était l'un des rares écrivains dont je collectionnerai tout.
Maurice est un roman un peu à part dans la bibliographie de Forster, puisque ce dernier a refusé que cette histoire soit publiée de son vivant, par peur du scandale. Certes, dans ses nouvelles, que je n'ai pas toutes lues, l'on peut croiser régulièrement des personnages homosexuels.  Toutefois, dans ce roman, ce qui frappe au premier abord, c'est son caractère authentique. La sexualité est évoquée sans tabou, le droit d'aimer est proclamé, et pour cela je suis heureuse que Forster ait gardé son livre secret. Cela lui a permis de ne pas le remanier de façon à le rendre moins sincère.
Dans Maurice, on retrouve des éléments qui sont dans d'autres romans de Forster, davantage développés. J'ai ainsi été très touchée par le personnage de Clive. Il me fait penser à Cecil Vyse, de A Room with a View, et alors que j'ai toujours méprisé ce dernier personnage, je pense mieux le comprendre aujourd'hui. Clive, comme Cecil, a une haute idée de l'amour, et c'est pour cela qu'il rate sa vie. Incapable de voir en Maurice l'amour réel, il le laisse partir sans réaliser qu'il ne le reverra plus jamais. Route des Indes ne semble pas très loin non plus. La dernière scène des deux romans est à mon sens un peu semblable, bien que leurs origines soient différentes.   
Encore une fois, avec ce roman, Forster s'en prend aux règles de la société anglaise de la première moitié du XXe siècle. Non seulement le grand amour de Maurice sera un autre homme, mais en plus il s'agira d'un ancien domestique.

E.M. Forster prouve ici peut-être davantage qu'ailleurs qu'il sait saisir l'âme humaine comme peu d'autres.

Difficile de vous parler d'E.M. Forster et de Maurice sans évoquer James Ivory, qui l'a magnifiquement adapté. Je suis très mauvaise pour parler de films, alors je vous mets seulement une capture d'écran, celle de la scène finale, qui montre que tout ne s'achève pas si bien dans cette histoire :

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Aziyadé suivi de Fantôme d'Orient ; Pierre Loti

41NH3E3Y6VLEdition Folio ; 406 pages.
7,50 euros.

Ce roman autobiographique raconte le voyage de Pierre Loti en Turquie, où il a rencontré l'un des amours de sa vie, Aziyadé. Cette jeune femme turque vit dans un harem, et c'est en croisant son regard depuis la rue que Loti en tombe amoureux. Aidé de son fidèle Samuel, il la reverra, et vivra un bref amour avec elle, avant de repartir, avec la ferme intention de revenir.

C'est Fantôme d'Orient qui nous raconte en détails le retour de Loti en Turquie. Celui-ci intervient des années plus tard, et "Stamboul" à changé. C'est sans le jeune Samuel, que Loti part à la recherche d'Aziyadé.

A travers ce livre, Loti nous dévoile combien il a aimé la Turquie, et surtout sa capitale, "Stamboul". Il nous parle de ses amis, Achmet, Samuel (qui l'aime éperdument), et surtout de cet amour perdu, mystérieux, Aziyadé. Tout le livre sans le mystère, on imagine sans peine les rues de "Stamboul", son atmosphère, les habitants de cette ville tant aimée de Pierre Loti. L'histoire, par son caractère autobiographique, est à l'image de ce dernier, pleine de non-dits (il semblerait que ce soit aussi en raison du caractère "choquant" de certaines choses pour l'époque où a été écrit le livre), de dissimulations (les noms ont parfois été changés, et sont difficiles à vérifier), un peu comme si Loti avait voulu se confier, sans trahir les personnages qu'il a aimés et à qui il pense avoir fait suffisamment de tort.

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Nord et Sud ; Elizabeth Gaskell

2213627304_1_Edition Fayard ; 512 pages.
25 euros.

Margaret Hale a vécu pendant longtemps à Londres, près de sa tante et de sa cousine, qui possèdent un train de vie élevé. Peu après le mariage de sa cousine, Magaret rentre à Heldstone, où se trouve le confortable mais humble presbytère de son père.
Celui-ci, peu après le retour de Margaret, décide de cesser son activité de pasteur, et de partir pour le Nord de l'Angleterre. Ce sera Milton, ville industrielle plongée en permanence dans la brume, qui accueillera la famille Hale. Mr Hale, par sa nouvelle activité d'enseignant, rencontre Mr Thornton, un patron manufacturier. De son côté, Margaret se lie d'amitié avec les Higgins, une famille de pauvres ouvriers. Elle ne tarde pas à ressentir de la compassion à leur égard, ce qui l'entraîne à avoir un regard impitoyable sur la classe des patrons. Mais dans le Nord, si la misère lui semble plus présente qu'ailleurs, elle lui fait surtout oublier que rien n'est soit noir soit blanc.

"C'est le choc de deux Angleterre que le roman nous invite à découvrir : le Sud, paisible, rural et conservateur, et le Nord, industriel, énergique et âpre."

Ce livre m'a fait penser à Orgueil et Préjugés, en raison de la relation Margaret Hale/John Thornton, mais c'est beaucoup plus que cela. Elizabeth Gaskell, davantage que Jane Austen, ancre son histoire dans son époque. Si ses personnages principaux sont extrêmement bien étudiés et si leur relation est une part essentielle du roman, ils ne sont pas le seul intérêt du livre. Nous assistons à une grève ouvrière, à une confrontation d'idées entre patrons et ouvriers, à une dure réalité quotidienne. Et pourtant, ce livre se lit avec un immense plaisir, très facilement, et ne tombe jamais dans le rébarbatif.
On tombe presque immédiatement sous le charme de John Thornton, qui malgré sa mère envahissante, est un homme volontaire, travailleur et séduisant. Par moments, j'avais du mal à comprendre Margaret, sans doute parce que le monde du travail nous est aujourd'hui davantage familier que celui de la petite bourgeoisie anglaise du XIXème siècle. A eux deux, John et Margaret incarnent deux mondes totalement opposés, ce qui conduit à d'inévitables malentendus et même à de la rancune de part et d'autre.
Et la fin, que dire dessus à part qu'elle est tout simplement parfaite, drôle, sincère... Surtout quand on imagine Richard Armitage prononcer les mots écrits... Mais je ne veux pas gâcher votre plaisir, alors je ne vous en dis pas plus !!!

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19 septembre 2006

L'objet de mon affection ; Stephen McCauley

product_706995_1_10/18 ; 382 pages.

Nina et George vivent ensemble. Nina est une féministe convaincue, qui a très peur de s'engager avec un homme, et George est venue s'installer chez elle après sa rupture avec Joley. Lorsque Nina tombe enceinte de Howard, un jeune homme fou d'elle qui rêve de partager sa vie avec elle d'une manière plus conventionnelle, les choses se compliquent. D'autant plus que George rencontre Paul, lors d'un week-end avec son ex amant, Joley.

Dans ce livre, Stephen McCauley nous décrit une belle histoire d'amitié entre deux personnages marginaux, chacun à leur manière. Leur "couple" est le ciment de leur vie, car il leur permet de se protéger d'un monde extérieur qui leur fait peur (surtout pour Nina). De ce fait, il est difficile d'intégrer leur petit monde, au grand dam du fameux Howard, qui a tout de l'homme idéal, mais qui ne sait pas où donner de la tête.
Le tout est bourré d'humour, on se glisse avec délectation dans ce petit univers qui nous semble rapidement familier, et qui rappelle certains sitcoms, avec des situation abracadabrantes et des personnages loufoques auxquels il est impossible de résister.
C'est vrai qu'il n'y a pas grand chose d'original. Rien qu'à la lecture du résumé, on a déjà l'impression d'avoir vu ça cent fois. Pourtant, la magie opère, et ce livre se transforme en véritable doudou.

J'ai vraiment passé un très agréable moment avec ce livre. En revanche, j'ai vu le film récemment, et je le déconseille vivement. L'histoire est modifiée et perd tout ce qui fait son intérêt dans le livre pour devenir une banale comédie romantique assez niaise. 

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Persuasion ; Jane Austen

indexSir Walter Elliot est un homme fier. Ce veuf, qui prend grand soin de son apparence et collectionne les miroirs, est aussi père de trois filles. Anne, vingt-sept ans, semble condamnée à être l'une de ces vieilles filles chargées de s'occuper de leurs neveux et parents tout en renonçant à leur propre bonheur. Cette jeune femme effacée et peu appréciée par sa famille ne s’est jamais pardonné d'avoir rompu huit ans plus tôt avec son fiancé, le capitaine Frederick Wentworth. Le temps, sur lequel Anne avait compté pour atténuer sa peine, révèle ses limites lorsqu’elle apprend que son père a prévu de louer son château à l’amiral Croft, dont la femme  n’est autre que la sœur de Frederick Wentworth.
Lorsqu'elle revoit son ancien fiancé, le temps semble avoir effacé l'amour qu'il lui portait. Le capitaine Wentworth semble alors se tourner vers des demoiselles plus jeunes, plus jolies, et surtout assez passionnées pour être sûres de leurs choix.

Persuasion, c’est le roman d’automne de Jane Austen. Celui qu’elle a écrit alors qu’elle était malade, mais surtout le plus beau et le plus drôle à mes yeux. La romancière est décédée avant d’avoir eu le temps de corriger ce livre (et notamment d’atténuer le ridicule de certains personnages et la violence de ses critiques selon les spécialistes), ni de choisir son titre.
Il n’empêche que l’on retrouve tout ce qui fait le bonheur de lire Jane Austen dans ce roman. Dès les premières pages, nous avons une critique pleine d’ironie, mais aussi très violente de la noblesse gonflée de vanité, qui ne possède plus que ses titres, avec le personnage de Sir Walter Eliott. Le baronnet a accumulé les dettes, et doit quitter son château pour Bath afin d’éviter la ruine. D'une manière générale, les gens bien nés qui en tirent une grande fierté, estimant qu'il est de leur devoir de se fréquenter entre eux et de faire respecter leurs droits quelle que soit la situation, sont ridiculisés tout au long du roman. Anne, n'étant pas de ceux-là, se risque à les affronter dans des scènes délicieuses telles celle où elle renonce à une soirée chez ses nobles parentes irlandaises pour profiter d'un moment d'amitié avec une amie d'enfance vivant très simplement et dotée d'un nom tristement banal.
Comme dans tous les romans de Jane Austen, Persuasion offre une peinture de la bonne société rurale anglaise du début du XIXe siècle. A ces gens viennent s'ajouter quelques officiers de marine, qui rentrent à terre après avoir combattu et voyagé au loin. Si Austen n'a jamais abordé les questions de société de façon frontale dans ses romans, la Colonisation et les guerres napoléoniennes sont effleurées avec l'Amiral Croft et les trois capitaines. Pour les jeunes femmes, c'est l'occasion de rêver de paysages lointains dans leur quotidien dont les frontières sont plutôt limitées.
Au centre du roman se trouve comme toujours une héroïne austenienne. Anne n'est pas espiègle comme Elizabeth Bennet ou passionnément extravertie comme Marianne Dashwood. C'est une jeune fille mesurée et patiente sur laquelle tout le monde se repose sans jamais lui demander quels sont ses sentiments. Plutôt résignée et positive en ce qui concerne son existence, le retour de son ancien fiancé ravive d'anciennes aspirations. Frederick Wentworth, de son côté, est un homme fier qui n'a pas oublié l'affront qu'on lui a fait et qui revient auréolé de gloire et riche. Saura-t-il pardonner Anne de l'avoir abandonné ou cèdera-t-il à l'une des demoiselles Musgrove ?

Un livre à découvrir absolument.

10/18. 316 pages.
Traduit par André Belamich.
1818 pour l'édition originale.

Les Heures ; Michael Cunningham

Sans_titreEdition Pocket ; 226 pages.
5,70 euros.

Même si je n’ai pas lu grand chose d’elle (d’ailleurs, je n’ai jamais réussi a lire Mrs Dalloway), Virginia Woolf est un personnage exerce sur moi une très grande fascination. J’avais entendu parler du film au moment de sa sortie, mais c’est surtout la couverture du roman qui m’a attirée.

Michael Cunningham nous raconte une journée dans la vie de trois femmes, Virginia Woolf en 1923, à Richmond, Clarissa, éditrice à New York à notre époque, et Laura, femme au foyer à Los Angeles en 1949. Le lien qui unit ces trois femmes ? Un livre. Mrs Dalloway. La première l'écrit, la seconde porte le prénom de l'héroïne, et la troisième le lit. Il bouleverse leur vie à toutes les trois, en leur montrant une vision assez déprimante de la vie.

Une fois n'est pas coutume, j’ai regarde le film avant de lire le roman. J’avais pris ce dernier dans mes bagages, mais ma cousine a insisté pour que l’on voit ce film lorsque je me suis arrêtée chez elle. Je n’aime pas vraiment lire un livre quand j’en connais déjà l’histoire par le biais d’un film. L’adaptation de Les heures est en plus l’un des films que je préfère désormais, et elle est très fidèle au roman. En lisant ce livre quelques jours seulement après avoir visionne le film, j’avoue que j’ai d’abord eu un peu de mal. Heureusement, il se trouve que j’étais justement en Angleterre, a Londres, vraiment dans l'ambiance idéale pour faire cette lecture.

Le rythme de ce livre est assez lent, l’ambiance est plutôt lourde, mais c’est parfaitement lisible. Tout d’abord, nous avons trois récits. Même si c’est parfois frustrant de quitter notre personnage préféré a la fin de chaque section, cela permet au lecteur de reste accroche au récit bien plus aisément qu’avec Mrs Dalloway. Pour ma part, j'attendais avec impatience les paragraphes sur Virginia Woolf, tandis que l'histoire de la mère au foyer m'a moins plu. Mais, peu à peu, on est pris dans l'ambiance, et les liens entre les trois femmes, leur fatigue et leur mélancolie s'éclairent peu à peu.
De plus, ce livre est vraiment très bien écrit. Quant à la lettre d’adieu de Virginia Woolf à son mari qui ouvre le roman, elle m’a harponnée à ce dernier.

Un bel hommage selon moi, je le relirai très certainement.

"Tu m'as rendue parfaitement heureuse. Tu as été pour moi ce que personne d'autre n'aurait pu être. Je ne crois pas que deux êtres eusses pu connaître si grand bonheur, jusqu'à ce que commence cette affreuse maladie. Je ne peux plus lutter davantage, je sais que je gâche ta vie, que sans moi tu pourrais travailler. Et je sais que tu le feras." (Virginia Woolf)

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Acide Sulfurique ; Amélie Nothomb

2226167226Édition Albin Michel ; 192 pages.
15,90 euros.

Imaginez un jeu de télé réalité dans un camp de concentration et d'extermination.

Sans être une fan d'Amélie Nothomb, j'aime bien lire ses livres, et elle ne m'a jamais déçue. Acide Sulfurique a fait beaucoup de bruit lors de sa sortie. C'est normal, tous ses romans font couler beaucoup d'encre et déchaînent les passions. Mais cette fois, le contenu de ce roman était directement visé, c'est pourquoi j'ai voulu me faire une idée.
Certes, c'est un sujet délicat que l'auteur a choisi, et qui a pu en choquer plus d'un. Mais je ne vois pas du tout ce livre comme quelque chose d'irrespectueux. Amélie Nothomb a choisi de dénoncer la télé-réalitétélé-réalité, et pour donner du poids à son argumentation, elle a pris un exemple très dur. Pour ma part, je trouve que le pari est plutôt réussi, et que l'histoire n'est pas si invraisemblable que cela (ce qui est très inquiétant d'ailleurs).

En fait, ce livre est un produit 100% Nothomb, avec sa plume excentrique et provocatrice. Ça se lit vite, ça s'oubliera vite aussi sans doute, mais pour ma part j'ai passé un très bon moment. 

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L'âge de raison ; Helen Fielding

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7,80 euros.

Le deuxième volet des aventures de Bridget Jones est formidable. Parce que le premier tome n'atait pas disponible, j'ai découvert Helen Fielding avec ce roman, qui s'est révélé très amusant.

Bridget a enfin trouvé l'homme de sa vie, Mark Darcy. Mais c'est dur de garder le prince charmant, surtout quand on est une inguérissable gaffeuse et que l'on ne se fie qu'aux livres spécialisés dans les relations conjugales et à ses amis célibataires...

Bridget Jones est encore plus déjantée, les histoires qu'elle vit sont à mourir de rire, Mark Darcy est à la fois irritant et plus craquant que jamais. Et bien sûr, Daniel Cleaver est toujours aux aguets, prêt à tourmenter à nouveau notre petite Bridget. De plus, Jane Austen n'est pas bien loin. Il y a encore davantage de références à Orgueil et Préjugés dans cet opus que dans le premier. Car oui, j'ai bien fini par mettre la main sur Le journal de Bridget Jones. Et là, énorme déception. J'ai à peine souri, et je l'ai terminé en traînant vraiment des pieds.

Donc je vous conseille plutôt le tome 2, qui est parfait contre les coups de blues !

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