16 novembre 2006

Chimères ; Nuala O'Faolain

2264040785

Edition 10/18 ; 541 pages.
10 euros.

"A vingt ans, Kathleen quitte sa terre natale sans se retourner. Croyant se libérer d'une Irlande qui peut briser les femmes et les enterrer vives sous le poids des traditions, elle rejoint Londres pour mener sa vie d'adulte du côté du vainqueur. Jusqu'au jour où, devenue journaliste, elle rentre au pays enquêter sur un scandale qui ne cesse de la fasciner: la liaison entre une aristocrate anglaise et son palefrenier irlandais au temps de la famine. Une passion folle, symbole de la revanche sociale de tout un peuple, qui ne tarde pas à se muer en questionnement sur le désir, l'exil, l'identité, la vérité..."

Après avoir acheté ce livre sur un coup de tête, je me suis dis que je ne le lirais pas, que ce n'était pas du tout le genre de lectures qui me plaît. Et puis, sans trop savoir pourquoi, j'ai fini par le choisir, sur ma PAL, où il y avait pourtant des titres beaucoup plus alléchants selon moi. A ma grande surprise, j'ai aimé le début du livre. Puis, il m'a mise mal à l'aise, trop de questionnements, trop de "vraie" vie, pas assez enjoué, pas du tout même. Au bout de quinze jours, je l'ai repris, et là j'ai vraiment accroché. Dans ce livre, nous avons de l'histoire, celle passionante de l'Irlande, une critique de la société irlandaise, mais aussi une présentation de son identité. Pas mal de psychologie dans ce livre, notre héroïne incarne à la fois une Irlandaise qui ne peut renier ses racines, une historienne, et une femme qui se retourne sur sa vie et qui désire trouver ce qui n'a pas fonctionné, et surtout se réconcilier avec tout ce qu'elle incarne. Elle est intelligente, mais peut-être trop innocente, tout comme cette Marianne Talbot qu'elle étudie, ou plutôt qu'elle imagine comme une femme qu'elle parvient à cerner et à comprendre. Car à travers cette anglaise déracinée, c'est surtout elle-même que Kathleen voit.
C'est un formidable voyage à travers l'Irlande, l'Histoire et les sentiments que nous livre Nuala O'Faolain. Un livre très complet, plein de mélancolie, mais qui fait réfléchir. Voir aussi l'avis de Maeve.

"Il faut que je demande à Nora d'interroger son psy - si quelqu'un n'a pas été aimé par sa mère, alors, d'après ce que tout le monde dit, cet individu passe sa vie à rechercher l'amour. Mais, est-ce qu'il le pense sincèrement ? Est-ce qu'il a réellement envie d'être aimé ? Ou est-il forcé de tout faire ou presque pour inciter ceux qui l'ont aimé à ne plus l'aimer ? Afin de pouvoir retourner à son état premier - l'état de ne pas être aimé ? "


14 novembre 2006

Les Colombes du Roi Soleil Tome 1 : Les comédiennes de monsieur Racine ; Anne-Marie Desplat-Duc

2081630397

Edition Flammarion ; 200 pages.
10 euros.

"Dans la Maison Royale de Saint-Louis tenue par Madame de Maintenon, quatre jeunes filles se voient offrir des rôles dans une pièce expressément écrite pour les collégiennes par le célèbre Jean Racine. Elles ont ainsi l'occasion inespérée de jouer devant le roi Soleil, la cour et ses courtisans. Chacune découvre peu à peu sa vocation. -- Un roman léger prétexte à la description de la vie quotidienne ainsi que des us et coutumes des pensionnaires de cette école de Saint-Cyr, non loin de Versailles, qui recueillait et éduquait les demoiselles par charité au 17e siècle."

Je suis tombée sur ce livre un peu par hasard, en cherchant Coup de Gigot. Les couvertures des quatre tomes qui composent cette histoire m'ont interpelée, car je suis une vraie amatrice de belles robes et d'histoires de princesses. C'est un livre qui nous parle de quatre jeunes filles éduquées à Saint-Cyr, et qui sont sous la protection de Mme de Maintenon, et surtout de son époux, le Roi Soleil. Dans cette période troublée où la foi religieuse a une grande importance, nous avons Charlotte, huguenote arrachée à sa famille et forcée à abjurer sa foi, le Roi Soleil étant très dur à l'égard des protestants. Il s'agit d'une jeune fille rebelle, pleine de convictions, ce qui effraie parfois ses amies. Nous avons également Hortense, qui songe à vouer sa vie au Dieu des catholiques, jusqu'à ce qu'un événement la détourne de cet objectif. Isabeau, quant à elle, veut retrouver sa jeune soeur, Victoire, et désire enseigner. Enfin, Louise, qui est une jeune orpheline qui ignore la raison pour laquelle elle a été admise à Saint-Cyr, et surtout qui ne sait rien sur sa famille.
Lorsque M. Racine vient à Saint-Cyr avec une pièce de théâtre qu'il a composée pour "les colombes de Roi Soleil", l'excitation est à son comble, et chaque jeune fille ne rêve plus que de se faire remarquer par le roi. Cependant, toutes ont conscience que des hommes les considérant comme de potentielles épouses viendront les admirer. Parmi eux, certains sont âgés et ne rêvent que de bonne chair. Le langage employé dans ce livre est certainement beaucoup plus cru qu'il ne l'était dans la réalité. Cependant, les questions religieuses, de la condition d'épouse à la fin du XVIIe siècle, les intrigues de la Cour sont très bien retranscrites, avec pédagogie et humour. Les jeunes filles sont attachantes, d'ailleurs comment ne pas se sentir proche de ce groupe d'amies qui s'interrogent sur leur avenir, leurs racines, l'amour, comme toutes les adolescentes de notre époque ?
Je suis charmée par ce premier tome, et je compte bien lire la suite des aventures des "colombes du Roi Soleil". 

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13 novembre 2006

Gelée Royale ; Roald Dahl

2070314537

Edition Folio 2 euros ; 117 pages.
2 euros.

"Comment faire grossir un bébé qui refuse de manger ? Son père, passionné d'apiculture, a une idée qui pourrait bien révolutionner l'alimentation des nourrissons ! Comment garder un œil sur sa femme après sa mort ? William Pearl, avec la complicité d'un ami neurochirurgien, tente une expérience inédite. Mais on ne revient pas impunément d'entre les morts... Plongez dans l'effroi pour éclater de rire à la page suivante - avec Roald Dahl, maître de l'humour noir so british !"

Ce nouveau Folio 2 euros est composé de deux nouvelles, William et Mary, déjà lue dans Coup de gigot, et Gelée royale. Cette dernière est assez effrayante. Déjà, elle parle des abeilles, de leurs pattes, de leur abdomen, bref, le genre de détails qui fait froid dans le dos. Ensuite, le bébé qui refuse de s'alimenter, et que son père décide de nourrir comme une reine des abeilles. Enfin, la chute de l'histoire, qui est encore plus terrifiante... En même temps, c'est drôle, même s'il s'agit d'un humour assez déplacé. J'ai quand même beaucoup plus apprécié Coup de gigot. Les ménagères meurtrières et sadiques, c'est vraiment très distrayant !

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11 novembre 2006

Encore des livres...

J'ai beau avoir affirmé à Patch que je voulais faire une désintoxication, j'ai encore craqué toute la semaine, et je suis entrée dans plein de librairies...

J'ai trouvé L'homme au masque de Catherine Cookson, après beaucoup de recherches infructueuses. J'ai aussi acheté La Garden Party de Katherine Mansfield, Gelée Royale de Roald Dahl, La Vallée des larmes de Sonia Marmen, Les colombes du Roi Soleil d'Anne-Marie Desplat-Duc, Le Jardin Secret de Frances H.9782070518449TN_1_ Burnett (j'avais adoré le film étant petite), La Fascination du pire de Florian Zeller, Vie et mort de la jeune fille blonde de Philippe Jaenada, Le menteur de Henry James, et les9782253117308TN_1_ Pensées de Marc-Aurèle.208163039722580673402070413071

Ils vous disent à bientôt pour une prochaine critique !

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Jane Austen. Passions discrètes ; Claire Tomalin

2746700115

Editions Autrement ; 411 pages.
22,95 euros.

"A l'enfant, pour qui les livres étaient un refuge. A la petite fille que son imagination entraînait dans des directions surprenantes à mesure qu'elle se découvrait le pouvoir de raconter des histoires. A la jeune fille énergique qui aimait danser et plaisanter ; qui rêvait d'un mari et s'exerçait à écrire des romans de toute la force de son intelligence. A la jeune personne de vingt-cinq ans qui jugea qu'elle n'aimait pas les gens et qu'elle ne pouvait plus écrire ; qui fut tentée de faire un mariage rassurant et sans amour et en repoussa la tentation. A la femme qui donnait son amitié aux gouvernantes et aux domestiques. A l'auteur publié, rayonnant de sa réussite et de la maîtrise de son art. A la mourante qui a affronté la mort avec courage et continua à écrire jusqu'à ses derniers instants. La Jane Austen que je préfère est celle qui se rit des opinions du monde. C'est une chance qu'elle ait une telle faculté de rire."

Il s'agit de la première biographie que je lis, sauf erreur de ma part, pour le plaisir. Et je dois bien avouer que je me suis régalée. Un peu comme dans un roman, plus on avance, et plus l'histoire que nous raconte Claire Tomalin est passionante. On a l'impression, avec tous les détails donnés par l'auteur, d'avoir été introduits dans le monde de Jane Austen. Les personnages de son entourage sont décrits avec précision pour que l'on comprenne au mieux le milieu de Jane Austen, malgré le manque de sources existantes à son sujet. Des tas de petites anecdotes sont contées, et nous montrent que l'on peut supposer que dans tel ou tel personne, Jane Austen a trouvé l'un des personnages de son roman.
Par ailleurs, d'un point de vue historique, cette biographie est extrêmement riche sur la façon de vivre au XIXème siècle d'une jeune fille comme Jane Austen, mais pas seulement, cette dernière ayant des frères qui ont dû mener à bien leurs affaires, d'autres qui s'embarquent dans la marine au moment des guerres contre les révolutionnaires français, un membre de sa famille (par alliance) guillotiné.
Ce contexte est celui dans lequel Jane Austen a rédigé ses oeuvres. J'aime beaucoup les passages où Claire Tomalin nous parle des pièces de théâtre de James Austen, le frère aîné de Jane, des premiers écrits extrêmement cyniques de cette dernière. D'ailleurs, lorsque l'on connaît le goût prononcé de Jane Austen pour les fins heureuses, on se demande quel est le lien avec ses oeuvres toujours très noires de jeunesse. En fait, c'est probablement la "maturité" (le mot n'est pas très pertinent quand on sait qu'elle a écrit plusieurs de ses romans avant l'âge de trente ans...) qui l'a amenée à modérer ses écrits, et à récompenser les gentils et les repentants. Ceci tout en gardant son ironie implacable qui me ravit tant. C'est ceci qui est absolument inimitable chez Jane Austen, l'alliance de l'étude du genre humain sur fond d'une sublime histoire d'amour avec un regard d'une sévérité absolue sur la société qui entoure ses héros.
J'ai quelques désaccords avec Claire Tomalin sur l'interprétation des livres de Jane Austen ; pour moi Marianne Dashwood épouse bel et bien le Colonel Brandon par amour, il est écrit qu'elle découvre que l'on peut aimer deux fois. En revanche, je n'ai jamais pensé qu'Elizabeth Bennet puisse être amoureuse de George Wickham. Elle a un faible pour lui, mais ce n'est pas de l'amour selon moi.
Mais sinon, vraiment, c'est une lecture que je recommande à tous ceux qui aiment Jane Austen. L'hommage que lui rend Claire Tomalin est vraiment à la hauteur du personnage.

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10 novembre 2006

Coup de gigot et autres histoires à faire peur ; Roald Dahl

2070551814

Edition Folio Junior ; 116 pages.
3 euros.

"Qui pourrait croire que derrière cette paisible ménagère, si tendre et si attentionnée avec son mari, se cache une terrible meurtrière ? Et cette logeuse débordante d'amabilité et de gentillesse, comment ne pas lui faire confiance ? Mais attention ! Les apparences sont parfois trompeuses..."

Moi qui croyait que Roald Dahl écrivait pour les enfants, je me suis lourdement trompée. Ses nouvelles sont délicieusement cruelles et très drôles. Cette logeuse dont on devine peu à peu à peu la monstruosité, et surtout ces ménagères, paisibles et dévouées à leur mari en apparence, mais qui décident sur un coup de tête de faire ce qu'elles ont toujours rêvé de faire. C'est à dire, se délivrer de ces maris qui ne se sont jamais souciés de leurs désirs, et qui ont agit sur leurs vies comme s'ils en étaient les propriétaires. J'aime beaucoup "Mary et William", c'est un véritable retournement de situation, de l'homme qui donne des conseils domestiques à sa femme même après sa mort au "bébé" totalement soumis aux désirs presque vengeurs de son épouse. Certes, l'image de la douceur féminine prend un sacré coup, mais quel régal !

Merci  à Allie de m'avoir fait découvrir ce petit recueil...

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08 novembre 2006

Cousine K ; Yasmina Khadra

2266144553

Edition Pocket ; 107 pages.
5,20 euros.

"Entre les murs d’une grande propriété isolée, un homme et sa mère vivent dans l’attente du retour du fils aîné. Torturé par un amour qu’il dit avoir à jamais perdu et par le manque de sentiments que lui témoigne sa mère, l’homme se souvient de son enfance et des épisodes tragiques qui l’ont rythmée.
Récit flamboyant d’une souffrance incandescente, Cousine K relate la folie d’un homme et ses efforts désespérés pour conjurer une enfance vécue comme une malédiction. Une enfance faite de lambeaux, une île maudite, désertique, comme une prison aux grandes fenêtres de ronces. Survivant de ce long hiver, le personnage campé par Yasmina Khadra nous conte l’enfer quotidien de celui qui attend un geste d’affection comme on espère sa libération de l’antre de la mort. Avec une justesse qui fait de ce texte bref une perle noire aux émotions contradictoires, il confirme son sens de l’observation dans cette exploration de l'esprit humain en proie aux démons de la haine. --Hector Chavez --."

C'est le premier livre que je lis de cet auteur, et même si j'ai beaucoup aimé, je ne sais pas s'il y en aura d'autres. C'est une atmosphère très pesante que l'on trouve dans ce roman. Yasmina Khadra décrit très bien la solitude de son personnage, qui est totalement inexistant pour son entourage, et qui en souffre énormément. Peu de choses l'atteignent vraiment, il ne pleure pas son père par exemple, pourtant décédé de manière très brutale. Cependant il est profondément blessé par sa mère, qui ne prend même pas la peine de l'appeler par son propre nom. Et l'on sait combien l'amour et le regard d'une mère peuvent déterminer la vie de ses enfants...
Le narrateur, dont on ne connaît pas le nom (il est trop insignifiant aux yeux des autres pour être nommé), est fasciné par cette cousine K, pourtant très méchante avec lui. Mais, elle a le mérite à ses yeux de savoir qu'il existe. Toute la souffrance emmagasinée par le narrateur va le plonger peu à peu dans la folie, et le rendre obsédé par une seule idée, se rendre utile. C'est bien cela qu'il gémit un soir, il veut être serviable, parce que c'est la seule façon qu'il a d'exister.
Cet homme semble d'abord totalement apathique, puis blessé, avant d'apparaître comme un fou. Mais l'auteur parvient, malgré le sentiment d'horreur qui nous saisit, à nous faire compatir pour son héros.
Un livre bouleversant !

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07 novembre 2006

Daisy Miller ; Henry James

2070422054

Edition Folio 2 euros ; 106 pages.
2 euros.

"Daisy Miller est jeune, belle et riche, mais son indépendance et ses manières excentriques d'Américaine choquent la vieille société européenne qui lui ferme ses portes. Toujours accompagnée de Giovanelli, un jeune mondain chasseur de dots, elle compromet sa réputation avec désinvolture. Même Winterbourne, son meilleur ami, ne croit plus à son innocence. Un soir, alors qu'elle contemple le clair de lune au pied du Colisée, elle contracte une maladie mortelle..."

Je sais, j'avais mis cet auteur et ce livre sur ma liste de Challenge 2007... Mais il se trouve que je n'ai pas pu résister, et à vrai dire, je n'ai aucun remords. Parce que je suis ravie d'avoir (enfin) fait connaissance avec Henry James. Cette nouvelle est bien écrite, elle se lit extrêmement rapidement, et elle donne envie de découvrir les autres oeuvres de l'auteur. Bref, une nouvelle mission parfaitement réussie pour cette collection Folio 2 euros.
J'avoue avoir été assez déconcertée par les manières très indépendantes de Daisy Miller, dont on ne sait pas trop durant toute la nouvelle, si elle agit comme elle le fait par insouciance, par provocation ou par vulgarité. Dans cette nouvelle, Henry James nous dévoile le poids du regard des autres, et ses conséquences sur une très jeune femme. Car ce n'est pas parce qu'elle semble se moquer et même ignorer les cancans que Daisy Miller n'est pas en réalité profondément blessée par toutes les rumeurs qui circulent sur elle. Elle tente de vivre, tout simplement, mais l'incompréhension des autres lui fait payer très cher son audace. Même Winterbourne, qui est pourtant le premier à vouloir croire en elle, hésite à le faire. Et pourtant, cette jeune fille qui est avant tout humaine avant d'être originale aurait bien eu besoin de son soutien .
J'ai été assez déçue par la fin, trop brève cependant. Je sais que les nouvelles ont par définition une chute déconcertante, mais j'ai toujours du mal à m'y faire...

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05 novembre 2006

Sanditon ; Jane Austen

2253147362

Le Livre de poche ; 381 pages.

"Ce manuscrit inachevé de 1817 de Jane Austen qui en a écrit les onze premiers chapitres (p. 8-83) a été finalement complété par une modeste romancière. Les amateurs apprécieront."

Ce livre est le dernier roman de Jane Austen, laissé inachevé après la mort prématurée de celle-ci. Il a été complété par une romancière anonyme, qui s'est servi des autres oeuvres de Jane Austen, et des notes laissées par cette dernière. Je dois reconnaître que c'est assez réussi. L'autre romancière a tenté de conserver un style ironique et de construire une histoire avec des ficelles qui ressemblent à celles que l'on trouve dans les autres romans de Jane Austen. Cette dernière n'a de toute façon pas eu le temps de corriger son ébaûche, si bien que la romancière qui a terminé Sanditon a pu se permettre quelques libertés.
Mais je rassure les inconditionnels de Jane Austen, nous avons bien là une héroïne austenienne, une jeune fille fine observatrice du monde qui l'entoure, Charlotte, qui est quelque peu bouleversée dans ses habitudes lorsque surgit dans sa vie le jeune et élégant Sidney Parker. Celui-ci est d'une grande franchise quand il s'agit de juger ses semblables, et également manipulateur à souhait lorsqu'il veut obtenir quelque chose. Ce défaut pas très caractéristique des héros austeniens est ce qu'on peut le plus reprocher à celle qui a achevé le livre. Certes, Sidney est joyeux et il fait partie de ces gens qui savent toujours ce qu'il convient de faire. Mais les révélations finales le rapprochent plus d'un Henry Crawford que d'un mari tel que le souhaitait Jane Austen pour ses autres héroïnes. Je justifie cela en me disant qu'Henry est un héros plus moderne que les autres en raison de sa création tardive.

A part cela, nous avons de toute façon onze chapitres entièrement écrits par l'auteur et de quoi ne pas trop rester sur notre faim par la suite, ce qui est déjà pas mal.

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04 novembre 2006

Ne le dis à personne ; Réalisé par Guillaume Canet

ne_le_disRéalisateur : Guillaume Canet.

Acteurs : François Cluzet (Alexandre Beck), Marie-Josée Croze (Margot Beck), André Dussolier (Jacques Laurentin), Krinstin Scott Thomas (Helene Perkins), Nathalie Baye (Elisabeth Feldman), Jean Rochefort (Gilbert Neuville), Guillaume Canet (Philippe Neuville).

Durée : 2 heures et 5 minutes.

L'histoire : "Sa femme Margot a été sauvagement assassinée par un serial killer. Totalement détruit, Alex ressasse jour après jour le souvenir bouleversant de son amour perdu.
Huit ans ont passé. Alex reçoit un e-mail anonyme. Il clique : une image... le visage d'une femme au milieu d'une foule, filmé en temps réel. Celui de Margot..." (résumé Allociné).

Confier l'adaptation du best-seller de Harlan Coben à un jeune réalisateur français (que j'apprécie pourtant beaucoup), cela me semblait être très risqué. Pourtant, je vais me joindre à l'immense majorité des critiques, et déclarer que ce film est une vraie réussite. Le mot qui me vient pour qualifier cette adaptation est "intelligente".

Le film ne suit pas le roman à la lettre. Pourtant, l'excellent François Cluzet parvient sans peine à nous faire oublier qu'il n'a pas l'âge du "vrai" Beck. C'est bien un homme poussé par un fol espoir qui agit, et qui nous rappelle que l'amour et le chagrin n'ont pas d'âge. Je donne également une mention spéciale à Nathalie Baye, sublime en avocate sûre d'elle et classe à souhait. Kristin Scott Thomas rayonne en confidente dévouée. Jean Rochefort, André Dussolier et François Berléand aussi sont très bien choisis, et nous rappellent que le cinéma français possède de grands acteurs.

Même la transposition de l'histoire en France ne passe pas trop mal, grâce à une habile modification de l'histoire (le côté mafieux du livre ne pouvait pas passer en France).

Seulement quelques petits regrets, des phrases "cultes" qui manquent. L'absence du tueur à gages du livre (invraisemblable en France il me semble) , la modification de la fin s'expliquent très bien. Le fait d'expliquer la mort du fils Neuville de façon différente était indispensable, puisque Beck ignore que sa femme a été battue. Le temps limité d'un film ne permet pas de tout adapter dans son ensemble, et oblige donc le réalisateur à bouleverser quelques aspects de l'histoire. 

Vous l'aurez compris, je me suis régalée, et je n'ai qu'une envie, me replonger dans le livre...

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