16 février 2007

Les quatre vérités ; David Lodge

2743608846Édition Rivages ; 177 pages.
5,95 euros.

Lettre "L" Challenge ABC 2007 :

" À qui David Lodge veut-il dire ses quatre vérités? À Adrian, l'écrivain qui ne se remet pas d'un premier succès des années auparavant ? À Eleanor, sa femme, avec qui il vit retiré à la campagne ? À Sam, leur ami d'université qui a réussi à Hollywood dans les feuilletons télévisés ? À Fanny Tarrant, la jeune journaliste effrontée qui publie un article féroce sur Sam dans un journal du dimanche? Sur qui se refermera le piège imaginé par Sam avec la complicité d'Adrian.

Brillant, toujours drôle, David Lodge s'intéresse au conflit entre littérature et exigences médiatique. "

David Lodge est considéré par beaucoup comme un maître de l'humour britannique. Pensant avoir de l'humour et aimant beaucoup les auteurs britanniques, j'avais mis cet auteur parmi mes indispensables découvertes de 2007 (je le place même sur ma liste de challenge). Ce livre est le seul que j'ai trouvé hier à la bibliothèque. Même si les critiques que j'avais lues étaient très mitigées, j'ai cédé à la curiosité. Ce qui me rassure, c'est que beaucoup d'inconditionnels de Lodge n'ont pas apprécié ce roman. Ça veut dire que si je n'ai pas ri (ou vraiment très peu), ce n'est pas parce que je manque d'humour (ouf !). Là où mon côté novice de Lodge a parlé, c'est que j'ai beaucoup aimé.

Certes, ce n'est pas un livre qui vous fera rire aux éclats, mais David Lodge a un ton sarcastique plein de justesse (pour une critique en français, changez de blog...). Il croque à pleines dents la presse à scandale et les romanciers incapables de ne pas céder à leur vanité. Il nous présente deux mondes qui se détestent autant qu'ils ont besoin l'un de l'autre, des personnages pleins de contradictions, trop sûrs d'eux, tous faibles en fin de compte. C'est cruel, on a un aperçu assez précis de la méchanceté et des vices humains. C'est dérangeant, ce livre met le doigt sur des choses vraies. Personne n'est tout blanc ou tout noir, personne n'est à l'abri d'une tromperie (surtout quand la vanité entre en jeu). Bref, ce livre de David Lodge est un vrai régal !

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12 février 2007

Toutes mes excuses...

...mais en raison d'un surcharge de travail, je n'ai pas le temps de lire beaucoup de livres dont je peux vous parler ici. La situation devrait s'apaiser d'ici quelques jours...  A très bientôt !

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07 février 2007

L'état de l'Angleterre précédé de Nouvelle carrière

2070428656Édition Folio 2 Euros ; 109 pages.
2 euros.

" Dans un bar enfumé à Londres, deux scénaristes s'escriment à peaufiner leur texte, tandis qu'à Hollywood les grosses machines du marketing éditorial s'affairent pour lancer sur le marché mondial le nouveau sonnet d'un poète anglais - un producteur songe même à en faire un remake !
Comment faire bonne figure lors d'une course à pied dans l'école huppée de son fils, lorsqu'on est un petit malfrat récemment divorcé et toujours amoureux de sa femme, bisexuel et qu'on s'est fait tabasser la veille ? Entre vision iconoclaste du milieu de l'édition et errements sexuels et sentimentaux de personnages pathétiques, Martin Amis dresse avec un comique décapant un portrait du monde anglo-saxon. "

Mouais. Voilà une lecture plutôt sympathique, mais dont je risque de ne pas me souvenir dans quelques temps. Ça se lit, mais "comique décapant"... il ne faut pas exagérer. Ou alors nous n'avons pas le même humour, l'éditeur et moi. C'est vrai qu'un homme qui téléphone à sa femme à qui il a demandé d'aller se cacher derrière un buisson pour la supplier de le reprendre, ça fait sourire.
Mais ces hommes, quand même, Martin Amis ne nous dresse pas d'eux un portrait flatteur, loin de là. Les femmes, quant à elles, servent davantage à décorer qu'à autre chose.
En fait, j'ai eu l'impression que ce n'était pas un monde réel que nous décrivait Martin Amis. L'histoire d'un poète qui écrit un sonnet qui se transforme en remake... j'ai trouvé ça un peu étrange. De même, la relation entre Mal et sa nouvelle compagne. En revanche, la relation du père avec son fils, et celle d'Eliza et de Mal prête à sourire.

S'il y a parmi vous des connaisseurs de Martin Amis, je serais ravie d'en apprendre un peu sur cet auteur. Peut-être pourrais-je apprendre à l'apprécier davantage.

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05 février 2007

La peine ; Maurice Carême

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Les Glaneuses ; Jean-François Millet

La peine

On vendit le chien, et la chaîne,
Et la vache, et le vieux buffet,
Mais on ne vendit pas la peine
Des paysans que l’on chassait.

Elle resta là, accroupie
Au seuil de la maison déserte,
A regarder voler les pies
Au-dessus de l’étable ouverte.

Puis, prenant peu à peu conscience
De sa force et de son pouvoir,
Elle tira d’un vieux miroir
Qui avait connu leur présence,

Le reflet des meubles anciens,
Et du balancier, et du feu,
Et de la nappe à carreaux bleus
Où riait encore un gros pain.

Et depuis, on la voit parfois,
Quand la lune est dolente et lasse,
Chercher à mettre des embrasses
Aux petits rideaux d’autrefois.

Maurice Carême

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02 février 2007

Lanzarote et autres textes ; Michel Houellebecq

2290334405Édition J'ai Lu (Librio) ; 90 pages.

« Vous-avez passé une bonne journée ? attaquai-je avec déconcentration. J’ai supposé que vous aviez fait l’excursion pour Fuerteventura.
- C’est exact. » Il secoua la tête avec indécision avant de répondre :
- « C’était nul, complètement nul.
- Aucun intérêt, vraiment.
- Et maintenant, j’ai fait toutes les excursions proposées par l’hôtel.
- Vous restez une semaine ?
- Non, quinze jours », dit-il accablé.
Effectivement, il était dans de beaux draps. Je lui proposai un cocktail. »

Incisif, railleur, de cette même plume grinçante que nous lui connaissons, Michel Houellebecq s’épanche ici sur les affres du touristes, pauvre écorché des voyages organisés. Dans ce recueil, l’auteur nous livre sa vision, amère, de la fin d’un siècle, sur la littérature, le progrès, les rapports amoureux, le monde en général. 

Tout ça pour ça. C'est un peu ce qui ressort de ma lecture de Lanzarote (et des ébauches qui complètent mon Librio). Certes, Michel Houellebecq traite de sujets actuels et de phénomènes réels sans mâcher ses mots.  Mais j'ai quand même eu du mal à lire ces quelques pages. La première nouvelle m'a rappelé, au début, La fascination du pire de Florian Zeller. Cependant, au bout de deux ou trois chapitres, j'ai commencé à pas mal m'ennuyer. Après, mon livre a disparu quelques jours. J'ai rangé ma bibliothèque et l'ai embarqué dans un rayon où il n'avait rien à faire (je crois que mon côté bordélique est incurable...). Je l'ai repris et terminé sans vraiment être enthousiasmée. Mais comme je l'ai dit, ce livre n'est pas sans intérêt et je comprends qu'il puisse avoir des adeptes.
Les autres textes font la taille des esquisses de Virginia Woolf, mais ils n'ont absolument pas leur charme et leur finesse (c'est même tout le contraire). Là, je n'ai vraiment pas pris. Je suis peut-être une "chochotte" (n'est-ce pas Patch ? ), mais j'ai du mal avec la provocation et la vulgarité, même lorsqu'elles ont le mérite de poser de vraies questions.
Bref, un auteur que je suis contente de connaître un peu, mais que je ne pense pas relire (on ne sait jamais).

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Jane Austen ; Carol Shields

2762123720Fides ; 234 pages.

Lettre S Challenge ABC 2007 :

" La grande romancière canadienne, Carol Shields, retrace le parcours fascinant d'une femme dont les œuvres continuent de séduire des générations de lecteurs depuis plus de deux cents ans. Shields suit Jane Austen depuis son enfance au presbytère de Steventon jusqu'à ses derniers moments à Winchester; elle se penche sur ses relations familiales, ses liens privilégiés avec sa sœur Cassandra, ses amitiés, ses espoirs matrimoniaux déçus. Au fil des pages, elle révèle aussi bien la femme privée que l'écrivain de génie, l'auteur de classiques tels Le cœur et la raison, Orgueil et préjugé et Emma. Ponctué des fines observations d'une romancière chevronnée sur le processus créatif, ce magistral portrait de Jane Austen constitue également une réflexion sur la façon dont naissent les grandes œuvres. "

Vous en avez marre que je vous parle de Jane Austen ? Tant pis, je continue. De toute façon, j'ai un esprit de contradiction particulièrement développé... En plus, je n'avais vraiment pas le choix, c'était pour mon challenge...
C'est donc sous la contrainte et pour vous embêter que j'ai adoré cette biographie de l'une de mes romancières favorites. J'ai déjà lu il y a quelques temps la biographie de Claire Tomalin, pourtant il y a peu de similitudes entre les deux ouvrages. En effet, Claire Tomalin nous parlait essentiellement de la vie de Jane Austen à travers son entourage. La taille de son livre lui permettait également de faire davantage de digressions et d'analyses historiques que la biographie de Carol Shields, qui a été publiée chez Fidès (qui, si j'en crois ce que j'ai pu constater édite des biographies assez courtes). Elle se concentre donc presque exclusivement à Jane Austen. Elle s'appuie sur une analyse assez importante des oeuvres de Jane Austen afin de déterminer les événements marquants de la vie de cette dernière, et ainsi toucher sa personnalité. Dans cette biographie, il est facile de sentir toute l'admiration que ressent Carol Shields pour Jane Austen. Elle développe beaucoup le besoin de liberté, la malice, également le côté féministe avant l'heure, la modernité de Jane Austen. L'auteur développe beaucoup ce qui lui plaît chez Jane Austen. On sent de l'amusement lorsqu'elle nous parle d'Emma, son roman favori. Certes, cela donne une dimension très subjective à l'ouvrage, mais cela ne signifie pas que ce livre manque de sérieux, cela permet surtout de créer une complicité entre l'auteur et le lecteur. J'ai trouvé que Carol Shields le faisait avec beaucoup d'élégance et de respect.

L'avis d'Allie.

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29 janvier 2007

Complainte du petit cheval blanc ; Paul Fort

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Cheval arrêté par des esclaves ou La course de chevaux libres ;
Théodore Géricault (1817)

Complainte du petit cheval blanc

Le petit cheval dans le mauvais temps, qu'il avait donc du courage !
C'était un petit cheval blanc, tous derrière et lui devant.

Il n'y avait jamais de beau temps dans ce pauvre paysage.
Il n'y avait jamais de printemps, ni derrière ni devant.

Mais toujours il était content, menant les gars du village,
à travers la pluie noire des champs, tous derrière et lui devant.

Sa voiture allait poursuivant sa belle petite queue sauvage.
C'est alors qu'il était content, eux derrière et lui devant.

Mais un jour, dans le mauvais temps, un jour qu'il était si sage,
il est mort par un éclair blanc, tous derrière et lui devant.

Il est mort sans voir le beau temps, qu'il avait donc du courage !
Il est mort sans voir le printemps ni derrière ni devant.

Paul Fort

Georges Brassens a mis ce poème en musique. Vous pouvez l'écouter ici.

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28 janvier 2007

Eureka Street ; Robert McLiam Wilson

2264027754Édition 10/18 ; 544 pages.
8,50 euros.

" L'auteur de Ripley Bogle nous entraîne à Belfast, sa ville natale, pour un roman foisonnant, à la fois tragique et hilarant. Qu'a donc trouvé Chuckie Lurgan, gros protestant picoleur et pauvre, qui à trente ans vit toujours avec sa mère dans une maisonnette d'Eureka Street ? Une célébrité cocasse et quelques astuces légales mais immorales pour devenir riche. Que cherche donc son ami catholique Jake Jackson, orphelin mélancolique, ancien dur et coeur d'artichaut ? Le moyen de survivre et d'aimer dans une ville livrée à la violence terroriste aveugle. Et qu'a donc trouvé Peggy, la mère quinquagénaire de Chuckie ? Le bonheur, tout simplement, grâce à une forme d'amour prohibée, donc scandaleuse dans son quartier protestant. Et, pendant ce temps-là, un inconnu couvre les murs de Belfast d'un mystérieux graffiti : OTG, écrit-il, OTG. "

Attention, chef d'oeuvre. Robert Mac Liam Wilson nous plonge dans le Belfast d'il y a quelques années (si j'ai bien compté, ça se passe en 1994), avec ses tensions entre protestants et catholiques, républicains et unionistes. Ses héros, surtout Jake et Chuckie, se débrouillent comme ils peuvent au milieu de ces rues taguées des sigles des différentes organisations terroristes, parmi lesquelles le mystérieux OTG, et rythmées par les attentats. Ils sont un peu pommés au début, à la recherche d'un emploi paisible et lucratif. Ils attendent également l'amour, jusqu'à l'arrivée de Max, accompagnée de l'insupportable Aoirghe. Leur quotidien est raconté avec beaucoup d'humour pendant environ la moitié du livre. Il est fait de politique, de violence et d'amitié. Chuckie, le protestant d'Eureka Street (qui vénère une photo de lui et du pape) tombe amoureux de Max. Jake, quant à lui, rate tous ses coups ou presque, et possède un talent incroyable pour se faire tabasser. Il en arrive à sympathiser avec son chat (avec lequel il entretient une relation hilarante, surtout pour les "chatophobes" comme moi) et un gamin des rues, Roche. Ce livre au ton léger est un roman engagé politiquement. La première chose que l'on se demande lorsqu'on rencontre quelqu'un, c'est s'il est protestant ou catholique, républicain ou unioniste. On le juge en fonction. Jake est méprisé par Aoirghe, parce qu'il veut simplement qu'on lui fiche la paix. Elle, avec ses idéaux républicains, elle représente les excès catholiques. Les protestants ne sont pas épargnés non plus. Parce que les torts sont des deux côtés.
Le grand coup de maître de Robert McLiam Wilson est de savoir mesurer avec précision les attentes de son lecteur. Au milieu du livre, alors que l'on commence à se demander où l'auteur veut nous amener, nous avons la réponse.
Les descriptions de l'attentat de Fountain Street font froid dans le dos, et nous rappellent que les victimes sont des êtres humains, qui avaient des projets, des proches, et surtout l'envie de continuer à vivre. Lorsque l'on lit le chapitre relatant l'attentat de Fountain Street, on y voit toute la barbarie du monde, ceci d'autant plus que l'auteur adopte un ton détaché qui ne nous épargne rien. Les corps déchiquetés, les vies brisées, ça n'est pas excusable. Chacun a beau se brosser les dents une fois le soir venu, le monde ne sera plus jamais le même. Pourtant, l'esprit humain parvient à se faire à cette routine. Aujourd'hui, c'est en bref que les journaux télévisés nous disent que des dizaines de personnes meurent chaque jour en Irak dans des attentats. Nous sommes troublés quelques instants, puis nous pensons à autre chose. Il s'agit pourtant d'êtres humains, sacrifiés de façon totalement aléatoire au nom de principes vagues. Les terroristes justifient leurs actes en affirmant agir pour le bien de ceux qu'ils tuent. Dans ce livre, c'est la réalité qui est exposée, et elle n'est pas justifiable.
Pourtant, on peut éprouver de la sympathie pour les revendications de l'IRA. Mais le "La fin justifie les moyens" lancé par Aoirghe à Jake sonne davantage comme un manque d'arguments que comme une position assumée. D'ailleurs, cette jeune femme m'a horripilée tout le long du livre. J'ai beaucoup aimé que Jake dise tout le mal qu'il pensait d'elle avec son élégance naturelle. Ceux qui ont lu le livre comprendront que la fin m'a quelque peu embêtée...
Ce n'est pas seulement la violence terroriste qui est décrite dans ce livre, c'est toute la vie de Belfast. Ses habitants, ses rues, ses moeurs, son atmosphère. La ville est à la fois semblable au reste du monde (la violence n'est pas une invention locale, les gens pommés sont partout...), et un endroit extraordinaire. Certes, le langage employé est cru, sarcastique, drôle, mais il est juste de la première à la dernière page. Et c'est sans doute la principale qualité de ce livre ; malgré ses histoires invraisemblables, il est vrai.

27 janvier 2007

Mes liens

Billet pas du tout à jour, j'ai quand même enfin supprimé les liens morts et rajouté quelques liens (13/04/2011).

J'ai vu que Allie avait créé un annuaire des blogs qu'elle visitait. Depuis quelques temps, ça m'ennuie beaucoup de ne pouvoir, par souci de clarté, mettre dans mes liens tous les blogs sympathiques que je découvre. J'ai donc décidé de copier Allie en créant la liste des blogs qui peuplent mon Google Reader. Si j'en ai oublié (et il y en a sûrement), je m'en excuse. Je corrigerais cela tout de suite si vous me le signalez.

Evénements :

Blog-O-Book

Le Blog du Read-A-Thon

Sites de lecture :

Critiques libres

Lecture/Ecriture

Les chats de bibliothèque

Librairies :

Neverland (chez Lamousmé)

Blogs essentiellement centrés sur les livres :

1001 livres (Maggie)

Actu-Livres (Alicia)

Aimez-vous lire ? (Hélène)

Amanda Meyre

Au fil des livres (LN)

Cathulu

Chaplum (Manu)

Chez Clarabel (suite Chez Clarabel 2)

Chez Clarabel (2)

Cunéipage

Dame Yseult (Beloved). On la retrouve sur Au fil de mes lectures

Eireann (chez Yvon)

Happy Few (fashion victim)

Insatiable lectrice (Anne)

In Cold Blog

Je (ne) lis (pas) (Cécile) : des chroniques fantastiques débordant d'humour. (blog en sommeil)

Journal d'une lectrice (Papillon)

Karine et ses livres

La bibliothèque d'Allie

La bibliothèque de Cléanthe

La Lettrine (Anne-Sophie)

Le blog bleu (Céline)

Le dévore tant (Eiluned)

Le Golb de Thom et le Golb 2

Le livroblog d'Hilde

Le monde dans les livres

Le terrier (Chiffonette)

Les chroniques de Chrestomanci (Virginie)

Les fanas de livres

Les jardins d'Hélène (Laure)

Les lectures de Caro[line] et Cinquième de couverture.

Les lectures de Kalistina

Lily et ses livres

Lire et écrire (Emeraude). On la retrouve Là où les livres sont chez eux.

Lire oui, mais quoi (Yue yin)

Ma bibliothèque (La conteuse)

Mon coin lecture (Karine)

My Lou Book (Lou)

N.u.l.l.e (Erzébeth) et Camélia sur mousse.

Plaisirs à cultiver (Titine)

Pralineries (Praline)

Près de la plume... au coin du feu (Romanza)

Qu'importe le livre, pouvu qu'on ait livr'esse (Morwenna)

Sylire : La vie est un roman

Tamaculture (Tamara)

Un renard dans une bibliothèque (Céline). On la retrouve sur Casa Nova.

Voyager... Lire... (Cryssilda)

Charme, poésie et convivialité :

A l'heure du thé (Allie)

Des livres et des champs (Bellesahi)

L'air de repos de Mélanie

La maison de vie de Lamousmé

Magique Irlande (Maeve)

Vivre à la campagne (Allie)

Y'a d'la joie (Choupynette)

 

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26 janvier 2007

La maison de Carlyle et autres esquisses

rCarlyleÉdition Mercure de France ; 102 pages.
13,60 euros.

" Les sept textes de Virginia Woolf qui composent ce petit livre datent de 1909 et étaient restés inédits. Quand elle rédige ses " esquisses ", Virginia Woolf n'a encore rien publié - à part des articles -, elle n'est pas mariée, et ce qu'elle appelle " les démons noirs et velus " de la dépression l'assaillent déjà. Mais elle est déterminée, comme elle le dit dans son journal, " à écrire non seulement avec l'œil, mais avec l'esprit, à découvrir la vérité sous le voile des apparences ". Et on retrouvera dans ces croquis de la vie londonienne d'alors, comme le dit si bien Geneviève Brisac dans son éclairante préface, " tout son art magistral et subtil. Ce sont des pages magnifiques, où se lisent, cachés comme dans le dessin du tapis, ses angoisses, ses deuils, son amour de l'humanité, son sens de la dérision et du mystère. Ses phrases intenses et musicales. Son génie ". "

J'ai découvert ce titre par Allie, et je suis immédiatement tombée sous le charme de ce livre. C'est très superficiel, mais j'aime énormément l'aspect de ce livre. Sa couverture élégante, son format et sa mise en page donnent envie de se plonger dedans.
Ce recueil contient sept esquisses d'à peine quelques pages, qui constituent des impressions, des souvenirs de Virginia Woolf.  A travers ces esquisses, c'est tout son talent d'observatrice et son jugement impitoyable d'autrui qui ressortent. Ceci d'autant plus qu'il s'agit de textes intimes, et donc non destinés à la publication. La lecture est extrêmement agréable, l'auteure s'exprimant à la première personne et fournissant à son lecteur les détails qu'elle a noté lors de ses excursions, ses impressions, ses réflexions.
Ces anecdotes sont un témoignage très intéressant de la vie à Londres au début du XXème siècle, que ce soit au niveau de la mode, des moeurs ou encore des idées. Virginia Woolf nous entraîne à la Maison de Carlyle, une célèbre demeure, puis à Hampstead (lieu que j'aime infiniment), pour y prendre le thé. L'intérêt que Virginia Woolf porte à tous les domaines de la vie anglaise, ainsi que son (futur) côté féministe transparaissent également, dans Hampstead ainsi que dans Le tribunal des divorces notamment.
C'est extrêmement court, pourtant ces récits ont un contenu très important. Pour preuve, nous avons le dossier qui accompagne les textes. Celui-ci nous permet de percevoir plus facilement la richesse des esquisses, en nous fournissant des interprétations de ces dernières. En effet, bien qu'il s'agisse d'un "journal intime", Virginia Woolf semble avoir passé sous silence ou arrangé certains événements. David Bradshaw a donc essayé, pour nous, de lire entre les lignes. 

Comme Allie, je ne vous conseillerais pas ce livre pour découvrir l'univers de Virginia Woolf. Il appartient à une période de sa vie où elle n'avait encore publié aucun roman, et il n'était pas destiné à la publication. En revanche, pour ceux qui apprécient Virginia Woolf, c'est vraiment très plaisant et très instructif.

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