14 janvier 2007

Les quatre filles du Docteur March ; Louisa May Alcott

2261400594Édition Rouge et Or ; 187 pages.
3,50 euros.

" Le docteur March s'est engagé dans l'armée, laissant seules sa femme et leurs quatre filles. Pour la coquette Meg, la bouillante Jo, la timide Beth et l'insupportable Amy, la vie est dure. Dure, mais entre les farces de leur jeune voisin Laurie et les colères de la tante March, elle n'est pas monotone ! Un jour le Docteur March tombe gravement malade... "

La première fois que j'ai entendu parler de ce livre, c'était à l'école primaire. Ça m'avait marquée, pourtant je n'ai jamais ouvert ce livre. Il y a quelques temps, je me suis décidée à l'acheter. Juste après, j'ai découvert que je possédais déjà ce livre, dans une édition assez ancienne et illustrée. C'est donc tout naturellement que je l'ai ouvert.
Malheureusement, je dois avouer que je suis un peu déçue par ce livre pour lequel j'avais de si grandes attentes. Même si j'ai adoré la fin, ce qui me permet de garder une très bonne impression à propos de cette lecture, la première moitié du livre ne m'a pas particulièrement amusée.
Pourtant, elles sont vraiment très attachantes ces filles March. Meg, l'aînée, qui essaie de jouer son rôle de grande-soeur. Jo, la seconde, un peu garçon manqué, qui s'entend à merveille avec Laurie, le petit voisin. Beth, dont la douceur et la gentillesse font une jeune fille adorable. Et puis Amy, la petite dernière, assez (parfois très) agaçante, qui devient moins égoïste à la fin.
Ce livre que je voyais comme un roman, est en fait construit un peu à la manière de Les petites filles modèles de la Comtesse de Ségur. Ce sont plein de petites anecdotes, qui nous dévoilent l'évolution de la fratrie March. J'ai beau adorer les lectures d'enfants, celle-ci a été assez pénible par moments. Il y a des chapitres absolument passionnants, et puis d'autres qui le sont beaucoup moins. Les leçons données à ces petites filles par leur mère m'ont beaucoup agacée. J'adorais pourtant Mme de Fleurville dans Les petites filles modèles. Alors, est-ce parce que j'ai grandi ? Probablement en grande partie. Je n'ai pas beaucoup de patience, et je dois avouer que les petites pestes comme Amy qui savent être particulièrement insupportables ne font pas partie des personnages qui me rendent la lecture agréable. Heureusement, elle finit par montrer qu'elle essaie de se corriger, ce qui nous amène à lui pardonner ses erreurs d'enfant. Le côté enchanté, la bonne mère, n'ont pas vraiment pris avec moi. J'ai trouvé certains passages un peu neuneu.
Mais j'ai adoré Jo et Laurie, l'adorable Beth, le vieux Mr Laurentz. Les deux premiers pour leur tempérament aventurier, leur amour de la lecture, leur humour (j'adore lorsque Laurie se roule dans la neige pour embêter Meg) et leur simple soif de bonheur. Les deux suivants pour leur gentillesse, à laquelle il est difficile d'être insensible. Et puis, Meg et son chevalier servant sont vraiment mignons.
Les choses s'améliorent au fil de la lecture, les filles du Docteur March grandissent, elles découvrent l'amour, le chagrin, la force de l'amitié. Ça les rend plus humaines, plus proches de nous, elle ne sont plus exaspérantes à force d'être parfaites, chacune bien dans son rôle. C'est donc sur une note positive que s'est achevée ma lecture. J'ai lu que ce livre avait une suite, je pense me la procurer parce que je suis un peu restée sur ma faim.

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12 janvier 2007

Rebecca ; Daphné du Maurier

9782253006732_G_1_Édition Le livre de Poche ; 384 pages.
5,50 euros.

Lettre D Challenge 2007

" Dès les premières heures à Manderley, somptueuse demeure de l'ouest de l'Angleterre, le souvenir de celle qu'elle a remplacée s'impose à la jeune femme que vient d'épouser Maxim De Winter.
Rebecca, morte noyée, continue d'exercer sur tous une influence à la limite du morbide. La nouvelle Mme
De Winter, timide, effacée, inexpérimentée, se débat de son mieux contre l'angoisse qui l'envahit, mais la lutte contre le fantôme de Rebecca est par trop inégale.
Daphné Du Maurier, dans Rebecca, qui est sans doute le roman le plus caractéristique de son talent, fascine le lecteur et l'entraîne à la découverte d'inquiétantes réalités sans quitter le domaine familier de la vie quotidienne. "

En ce moment, je lis peu par manque de temps, mais pas seulement. J'ai commencé plein de livres que j'ai reposés au bout de quelques pages seulement. Rebecca me tente depuis le collège, mais je ne l'ai acheté que récemment. De plus, au lieu de me jeter dessus, je l'ai soigneusement rangé avec les livres de ma PAL. La couverture est la même que celle de Les Hauts de Hurle-Vent d'Emily Brontë, livre que j'aime autant qu'il me met mal à l'aise. Mais hier, je l'ai ouvert, et je suis entrée dès la première page dans l'histoire fabuleuse que nous raconte ce livre.
Je l'ai littéralement dévoré. Il n'y a pas un seul moment où l'on peut souffler dans ce livre, à chaque fois que l'on termine un chapitre, il faut lire le suivant. L'atmosphère intrigante et chargée de non-dits me rappelle un peu celle de Jane Eyre, les personnages aussi d'ailleurs. J'ai été très heureuse de constater qu'une fois de plus, le livre était bien plus riche que ce que nous racontent les résumés que l'on peut lire. Certes, Mrs Danvers, l'ancienne confidente de Rebecca est extrêmement antipathique. Cependant, elle n'est pas omniprésente comme je l'avais toujours cru. Et Maxim, s'il est souvent préoccupé, n'a pas un rôle effacé non plus.
Le fantôme qui hante les jours et les nuits de Maxim de Winter et de sa nouvelle épouse, c'est Rebecca. Son odeur, ses objets, ses robes, et même sa domestique sont là pour veiller à ce que Rebecca soit présente à chaque instant. Dès que la nouvelle Mme de Winter entre en contact avec Maxim de Winter, elle est totalement évincée par le souvenir de Rebecca. On ne connaît de la nouvelle Mme de Winter que son âge, vingt et un ans. Son passé est très flou, et semble être considéré comme inintéressant, puisque Rebecca n'en fait pas partie.
Dès lors, comment une jeune fille qui n'est que maladresse et timidité pourrait elle se sentir à l'aise ? Peu à peu, un doute s'insinue en elle. Elle se met à penser que Maxim aime encore Rebecca. Et pourtant, les regards fuyants, les silences gênés et l'atmosphère pesante de Manderley semblent renfermer bien d'autres secrets.
Nous sommes tenus en haleine du début à la fin du livre. Les descriptions de Manderley, la maison chérie et souillée de Max de Winter sont époustoufflantes. Et puis Rebecca, dont l'ombre plane du début à la fin du livre. A chaque fois que l'on pense l'avoir chassée, elle revient, et continue à déterminer l'existence de nos héros. Comme elle l'avait prévu.

Un mot de la traduction tout de même. Il me semble qu'elle est assez ancienne, et quelques tournures qui reviennent fréquemment sont assez gênantes, même si le reste nous permet de ne pas trop y accorder d'attention.

"La maison était un sépulcre, notre peur et notre souffrance étaient enterrées dans ses ruines. Il n"y aurait pas de résurrection. Quand, éveillée, je penserais à Manderley, je n'éprouverais pas d'amertume. Je me rappellerais l'été dans la roseraie et les chants d'oiseaux à l'aube, le thé sous le marronnier et le murmure de la mer derrière la courbe des pelouses.
Je penserais au lilas en fleur et à la Vallée Heureuse. Ces choses là étaient éternelles et ne pouvaient pas disparaître. Il y a des souvenirs qui ne font pas mal."
(page 7)

"J'aurais pu lutter contre une vivante, non contre une morte. S'il y avait une femme à Londres que Maxime aimât, quelqu'un à qui il écrivit, rendît visite, avec qui il dîna, avec qui il couchât, j'aurais pu lutter. Le terrain serait égal entre elle et moi. Je n'aurais pas peur. La colère, la jalousie sont des choses qu'on peut surmonter. Un jour cette femme vieillirait, ou se lasserait, ou changerait et Maxim ne l'aimerait plus. Mais Rebecca ne vieillirait jamais." (page 226)

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08 janvier 2007

Harmonie du soir ; Charles Baudelaire

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Burne-Jones Edward ; Nuit

Harmonie du soir

Voici venir les temps où vibrant sur sa tige
Chaque fleur s'évapore ainsi qu'un encensoir ;
Les sons et les parfums tournent dans l'air du soir;
Valse mélancolique et langoureux vertige!


Chaque fleur s'évapore ainsi qu'un encensoir ;
Le violon frémit comme un cœur qu'on afflige ;
Valse mélancolique et langoureux vertige !
Le ciel est triste et beau comme un grand reposoir.

Le violon frémit comme un cœur qu'on afflige,
Un cœur tendre, qui hait le néant vaste et noir !
Le ciel est triste et beau comme un grand reposoir ;
Le soleil s'est noyé dans son sang qui se fige.

Un cœur tendre, qui hait le néant vaste et noir,
Du passé lumineux recueille tout vestige !
Le soleil s'est noyé dans son sang qui se fige
Ton souvenir en moi luit comme un ostensoir !

Charles BAUDELAIRE

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06 janvier 2007

Adieu Benjamin ; Chantal Cahour

2700223039Edition Rageot ; 155 pages.
7,10 euros.

" Benjamin le petit frère de Sophie est décédé, tué par un chauffard: la famille est aussi heurtée de plein fouet. Leur vie est bouleversée. Ce récit décrit avec beaucoup d'intensité, de réalisme, l'état d'âme et le comportement de ces personnages profondément blessés. "

Collégienne, c'était l'un de mes livres préférés. Il raconte l'histoire d'une jeune fille qui perd son enfance en voyant sa mère hurler lorsque son père totalement bouleversé leur annonce d'une traite la mort de Ben. Quand on est encore une petite fille qui vit dans un milieu douillet, entourée de ses parents et de son petit frère adoré, un événement comme cela est terrible.
Sophie fait cependant preuve d'une incroyable maturité. La mère est totalement incapable de se maîtriser, c'est donc sa fille qui essaie de la rassurer et de la consoler. Ceci est d'autant moins évident qu'elle connaît au même moment ses premiers instants amoureux. Et puis, Sophie doit retourner en classe, affronter la pitié et la curiosité des autres. Surtout, elle doit réapprendre à vivre.
Elle s'aperçoit alors que l'on ne réagit pas tous de la même manière face à un deuil. Il y a le grand-frère qui lâche enfin toute l'amertume qu'il ressentait à l'égard de son petit frère. Il y a la mère, anéantie et qui en veut au monde entier. Le père qui veut tuer le salaud qui ne s'est même pas arrêté. Enfin, il y a la tante qui culpabilise d'être enceinte alors qu'un enfant vient de mourir. Mais tous partagent la même souffrance.
Se posent des questions très difficiles à gérer. Que va t-on faire de la chambre de Ben ? Ses affaires, inutiles désormais, faut-il vraiment s'en débarrasser ? Et le cours de violon de Ben, Simon a t-il vraiment le droit d'y aller ? Pourquoi le temps ne s'est-il pas arrêté quand Ben est mort ? Pourquoi tout le monde semble croire que Ben peut être remplacé ?

Ce livre est vraiment touchant, et s'achève sur une note positive pour Sophie. Je fais partie de ceux qui ne croient pas une seule seconde les gens qui disent ces mots répétés à l'infini selon lesquels "le temps guérit les blessures". Je pense seulement que l'on parvient à vivre avec, et à devenir ce que nous sommes grâce à elles, pour ceux qui nous manquent.

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05 janvier 2007

L'anniversaire de l'infante suivi de L'Enfant de l'Etoile ; Oscar Wilde

2070522873Edition Folio Junior ; 76 pages.
2 euros.

" Pour les 12 ans de l'Infante d'Espagne, un somptueux divertissement a été organisé avant le goûter d'anniversaire. Corrida, marionnettes, prestidigitateur, tous les numéros sont réussis...mais celui qui remporte le plus grand succès est celui du nain monstrueusement disgracieux, qui fait beaucoup rire les enfants. La pauvre créature ne connaît pas sa laideur, et croit à la sincérité de la princesse qui lui offre une rose blanche. "

Le premier conte de ce livre est vraiment triste, et nous rappelle combien les enfants mais aussi les adultes peuvent être cruels. Le nain de cette histoire débute sa journée dans l'insouciance, ignorant pourquoi son père l'a vendu la veille, et inconscient de sa laideur. Ce petit garçon croit le temps d'un rêve que l'Infante lui lance une sublime rose blanche comme gage de son coeur. Mais ceci n'est que pure coquetterie. Et quand l'Infante apprend pourquoi le nain a le coeur brisé, elle n'éprouve aucune pitié, et son insouciance est d'une immense cruauté.
Oscar Wilde nous fait éprouver de la tendresse pour ce petit garçon, insulté par les fleurs pour qui seule l'apparence compte, notamment les roses qui n'hésiteront pas à user leurs épines contre lui s'il ose les approcher. Mais ces roses malveillantes, ces fleurs qui parlent dans le dos du nain, c'est parfois nous, lorsque nous nous laissons aller à nos préjugés et à notre méchanceté. Lui, le nain, il les aime ces fleurs, d'ailleurs il n'arrête pas d'embrasser la rose blanche que l'Infante lui a offerte. Même si elle refuse de lui parler. Il voudrait simplement qu'elles l'aiment aussi. Parce qu'il n'est qu'un petit garçon après tout.

L'Enfant de l'Etoile est beaucoup plus amusante. Un jour que deux bûcherons rentrent d'une journée de travail particulièrement rude, ils voient une étoile s'écraser un peu plus loin. Pensant trouver un trésor, ils accourent. A leur grande surprise, ils découvrent un bébé enveloppé dans un drap d'étoiles. L'un des deux refuse de le laisser dans la neige, et le ramène chez lui où il parvient à convaincre sa femme de l'élever malgré leur pauvreté. En grandissant, l'Enfant de l'Etoile devient particulièrement beau, mais aussi terriblement orgueilleux et cruel.
Un jour, une mendiante aux pieds meurtris et au ventre affamé s'arrête dans le village pour se reposer un peu. L'Enfant de l'Etoile s'apprête à lui jeter des pierres quand le bûcheron qui l'a recueilli intervient. La mendiante confie alors à ce dernier être la mère de cet être détestable. Lorsqu'il l'apprend, l'Enfant de l'Etoile se sent humilié, et la chasse. C'est alors qu'il se transforme en un être hideux que tout le monde méprise. Meurtri par les remords, il part à la recherche de sa mère, et subit trois ans durant les humiliations de ceux qui croisent son chemin, qui refusent de le renseigner et de l'aider.

Je sais, j'ai dit que c'était amusant. En fait, ça l'est. Parce qu'un jour, l'Enfant de l'Etoile rencontre un petit lièvre qui va changer sa vie. Et tout est bien qui finit bien ? Presque... Parce que ce cher Oscar Wilde n'a pu s'empêcher de faire une petite farce pour conclure son conte. Mais ce cynisme est tellement fin que je n'ai pas pu m'empêcher de trouver cela très drôle.

Ces deux contes reprennent des éléments du merveilleux, ce qui est extrêmement plaisant. Ceci ajouté à l'humour noir d'Oscar Wilde, qui n'a pas son pareil dans ce domaine. Pas aussi drôle et plaisant que Le fantôme de Canterville, mais vraiment sympa si vous voulez approfondir votre connaissance de cet auteur.

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02 janvier 2007

L'affaire Jane Eyre ; Jasper Fforde

2264042079" Dans le monde de Thursday Next, la littérature fait quasiment office de religion. A tel point qu'une brigade spéciale a dû être créée pour s'occuper d'affaires aussi essentielles que traquer les plagiats, découvrir la paternité des pièces de Shakespeare ou arrêter les revendeurs de faux manuscrits. Mais quand on a un père capable de traverser le temps et un oncle à l'origine des plus folles inventions, on a parfois envie d'un peu plus d'aventure. Alors, lorsque Jane Eyre, l'héroïne du livre fétiche de Thursday, est kidnappée par Achéron Hadès, incarnation du mal en personne, la jeune détective décide de prendre les choses en main et de tout tenter pour sauver le roman de Charlotte Brontë d'une fin certaine... "

Voilà une excellente façon de terminer 2006 et de commencer 2007. J'ai dévoré ce livre drôle, farfelu, touchant, et tout ce que vous voudrez. Jasper Fforde a créé un monde où la littérature est quelque chose de capital, où l'on peut écouter du Shakespeare en mettant une pièce dans un automate en pleine rue, où tout le monde connaît ses classiques et où l'on peut aller dans les livres.
Et puis, l'héroïne, Thursday Next, courageuse, râleuse, bornée, passionnée, est vraiment attachante. Elle appartient aux LittéraTecs, une brigade qui sert à contrer les voleurs et les faussaires de manuscrits et autres criminels littéraires. Je la déteste pour une chose : elle a des liens privilégiés avec Edward Fairfax Rochester. Il lui sauve la vie et l'invite à Thornfield (pour surveiller que rien n'arrive à sa bien-aimée).
Mais on lui pardonne, parce que sans elle, la fin de Jane Eyre ne serait pas ce qu'elle est... Et puis avec tout ce qui lui arrive, elle mérite des moments fabuleux aussi. Son frère est mort pendant la guerre de Crimée (toujours en cours en 1985), son seul et unique amour, Landen (qu'elle a quitté dix ans plus tôt et qui désespère de la voir revenir), s'apprête à épouser une greluche sortie tout droit du concours de Miss Pouf, elle est confrontée au mal en personne, Hadès, et sa tante est retenue en otage dans un poème.
A noter tout de même que Jane Eyren'est enlevée que tard dans le livre, ce n'est donc pas uniquement pour retrouver cette fabuleuse héroïne qu'il faut ouvrir ce livre. Il est nécessaire d'être prêt à rencontrer une autre jeune femme, qui vit dans un monde complètement différent du nôtre, où le surnaturel n'est pas loin et où les personnages de roman débarquent toujours au bon moment pour la sortir d'une situation embarrassante.
Pour ma part, je suis conquise et compte bien lire très rapidement Délivrez-moi ! ainsi que le tome 3 des aventures de Thursday Next !

10/18 ; 410 pages.

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01 janvier 2007

Bonne Année

Je vous souhaite une très bonne année 2007 !

Que vous veniez ici régulièrement ou que vous soyez seulement de passage,

j'espère que 2007 sera une année pleine de réussite, d'amour, d'amitié,

de joie, d'aboutissement, et de tout ce que vous pouvez désirer.

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31 décembre 2006

Bilan littéraire 2006

Un soir de juillet, sous une chaleur étouffante, j'ai tapé "Orgueil et Préjugés" sur Google, et je suis tombée sur La Bibliothèque d'Allie. C'est comme ça que j'ai découvert qu'un blog, ce n'était pas toujours raconter sa vie (et éventuellement celle des autres) sans aucune pudeur. Puis, l'idée de créer un blog à mon tour a commencé à germer dans ma tête.

En septembre, quand j'ai commencé ce blog, je ne savais pas trop si j'allais le continuer longtemps. Certes, il n'a que trois mois et demi, mais il m'a déjà apporté beaucoup de choses et m'a permis de rencontrer des personnes avec lesquelles parler "bouquins" n'est pas barbant du tout. J'ai pu, grâce à vous, découvrir de nouveaux auteurs, acheter des livres presque les yeux fermés, et surtout échanger mon point de vue sur des lectures communes.

Tout ce blabla inutile pour en venir au fait que je vais faire mon bilan littéraire de l'année. Qui est plein de merveilles en grande partie grâce à vos bons conseils. 

Certains livres présentés sur mon blog ont été lus plusieurs fois en 2006 mais je ne les compte pas. D'autres livres (notamment les BD's) sont comptabilisés sans avoir fait l'objet d'une critique.

Nombre de livres lus : 101.

Les coups de coeur (il y en a eu d'autres, mais cela risquerait de faire un peu chargé) :

Austen Jane : Tous ses livres sont incontournables. Pour leur légèreté, leur humour, qui n'ont pas pris une ride en deux cents ans. Auteur de l'année avec E.M. Forster. Meilleure surprise de l'année avec Orgueil et Préjugés.

Brontë Charlotte : Jane Eyre. S'il fallait n'en retenir qu'un, ce serait celui-là (heureusement, je ne suis pas face à ce choix cornélien).

Dickens Charles : Un chant de Noël. Parce que l'on se souvient de son innocence en le lisant. Livre jeunesse de l'année.

Forster E.M. : Maurice et Avec vue sur l'Arno. Pour leur charme, pour leur bousculement des conventions, pour tout je crois. L'un de mes deux auteurs de l'année avec Jane Austen.

Gaskell Elizabeth : Nord et Sud. Pour ses héros, pour la confrontation de deux mondes qui tentent de s'imposer, de se comprendre. Difficile d'expliquer ses coups de coeur...

Gavalda Anna : Ensemble, c'est tout. Parce que la surprise causée par ce livre a été excellente. Pour son humour et son humanité.

O'Faolain Nuala : Chimères. Encore une fabuleuse surprise. Impossible de dire avec précision ce qui m'a tant plu.

Tremblay Michel : La nuit des princes charmants. Pour son titre et son côté enchanté.

Wilde Oscar : Le fantôme de Canterville. Pour son humour, pour son charme encore une fois.

Les déceptions :

Coben Harlan : Juste un regard. J'ai été très déçue alors que j'avais adoré ses précédents livres.

Coelho Paolo : Le Zahir. Je ne suis pas prête à ouvrir de nouveau un livre de cet auteur. Premier livre de l'année que je n'ai pas fini. J'en suis sortie écoeurée.

Jaenada Philippe : Vie et mort de la jeune fille blonde. Je n'ai pas du tout accroché au style, et n'ai pas eu la moindre indulgence quant au contenu du livre.

James Henry : Le menteur. Je n'aime pas les livres où je ne ressens aucune sympathie pour les principaux personnages, ou alors il faut être très doué (cf. Lady Susan).

Roegiers Patrick : La géométrie des sentiments. Parce que pour moi, art et vulgarité ne vont pas ensemble.

La plus belle couverture de l'année :

Les Heures

Cunningham Michael ; Les Heures.

Dans l'ensemble, 2006 a été une excellente année de lecture. J'espère que 2007 me réservera autant de belles surprises...

Les auteurs à suivre :

Besson Philippe.
Brontë Charlotte.
Gaskell Elizabeth.
Gavalda Anna.
Ishiguro Kazuo.
McCauley Stephen.
Morgan Robert.
O'Faolain Nuala.
Tremblay Michel.
Wilde Oscar.
[...]

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29 décembre 2006

Les colombes du Roi Soleil Tome 4 : La promesse d'Hortense ; Anne-Marie Desplat-Duc

2081633752Edition Flammarion ; 328 pages.
10 euros.

" Quatre jeunes filles rêvent d'aventure et de succès. Elevées aux portes de Versailles, ces Colombes du Roi-Soleil volent vers leur destin. Hortense a fait une promesse à son amie Isabeau : rester avec elle à Saint-Cyr jusqu'à leurs vingt ans. Mais Simon, l'homme qu'elle aime, ne supporte plus de vivre loin d'elle. Hortense accepte de s'enfuir avec lui. Même si elle sait qu'elle risque de provoquer le courroux du roi... "

Après avoir écrit un premier tome mettant en scène quatre amies à Saint-Cyr, Anne-Marie Desplat-Duc s'est plu à nous dépeindre la destinée de chacune de ces jeunes filles. Dans ce quatrième tome, c'est donc la jeune Hortense qui est mise en scène.
Certes, l'écriture est parfois un peu maladroite selon moi au niveau de l'usage de termes de l'époque moderne. Mais j'ai adoré suivre Hortense jusqu'en Suisse, voir à différents niveaux les persécutions contre les protestants sous le règne de Louis XIV, puis les excès du protestantisme de Zürich.
C'est aussi la Noblesse qui n'a plus que ses titres pour se pavaner que nous présente Mme Desplat-Duc dans ce roman. Celle des protestants, naturellement, mais aussi celle des catholiques, comme la famille d'Hortense.
Mais surtout, pour les rêveuses (et les éventuels rêveurs), c'est une histoire d'amour touchante, très idéalisée, proche du conte de fées entre Hortense, la sage et catholique demoiselle de Saint-Cyr, et Simon, protestant refoulé et davantage téméraire et insouciant.
Et comme dans tous les contes, il y aura de bonnes fées pour permettre aux deux amoureux de se défaire de la situation embarrassante dans laquelle ils se sont empêtrés et de se retrouver.

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27 décembre 2006

Bonbons assortis ; Michel Tremblay

2742740295Edition Actes Sud ; 179 pages.
15 euros.

" La petite enfance de Michel Tremblay contient en germe la sensibilité et l'émotivité si vives de l'œuvre à venir. Quand il ouvre le tiroir de ce paradis perdu, les trésors qu'il y découvre sont plus vivants que jamais, plus savoureux parce que plus de cinquante ans ont passé, qui les ont affinés en vibrants récits. C'était l'époque où la magie du père Noël opérait encore et où les gentils mensonges des adultes tenaient lieu de vérités : ceux de son frère Jacques et de sa marraine Robertine, ceux de son oncle Josaphat et de sa grand-mère Tremblay, mais surtout ceux de sa mère Nana, qui mêle bonne et mauvaise foi avec un égal bonheur et dont le rire sonore fuse à travers tout l'univers de l'écrivain. "

Toujours sur le conseil d'Allie, j'ai ouvert ce nouveau livre de Michel Tremblay. Le début m'a fait craindre une grave désillusion alors que La nuit des princes charmants m'avait vraiment enthousiasmée. Et puis, dès la seconde nouvelle, je suis entrée dans les souvenirs de ce petit garçon qui se débat lorsque son père, qui le tient dans ses bras pour la première fois depuis des années, décide de l'emmener dehors en plein orage. Pour admirer le ciel, blotti contre lui. Ce recueil de souvenirs est drôle, touchant. On peut facilement se moquer de la famille Tremblay, un peu ridicule, mais qui ressemble finalement un peu à la nôtre. Même si, pour la plupart, nous ne vivons pas avec notre grand-mère, notre tante, nos oncles et nos cousins, ce qui réduit considérablement le nombre d'occasions de se chipoter...
Certes, Michel Tremblay se moque un peu dans ce livre, de sa famille, de lui même. Mais  chaque histoire dévoile un amour profond pour ceux qui en sont les acteurs. Car c'est beaucoup par amour pour sa "moman" que le petit Michel accepte de porter des souliers affreux et trop petits le jour de sa première communion. Et c'est également par amour que la "moman" donne à son fils de quoi acheter "dix petits chinois", ou plutôt leurs "âmes". Même si cela lui coûte le prix d'un "festin pour douze personnes", elle refuse que son petit garçon soit la cible de moqueries.
Nos parents sont souvent maladroits, comme nous, mais ils ne nous blessent pas volontairement. J'ai été triste pour Michel le soir de Noël, quand il reçoit un ours en peluche à la place de la poupée dont il rêvait depuis des mois. Parce qu'un petit garçon, ça ne joue pas à la poupée pensent les adultes. Heureusement que Papa est là et réconcilie son garçon avec le teddy bear, pour ne pas l'empêcher d'être un enfant.

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