08 décembre 2006

Les créatures de la terre ; John McGahern

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Edition Le Livre de Poche ; 152 pages.
5,50 euros.

" Les " créatures de la terre " sont des êtres ordinaires confrontés aux situations élémentaires de la vie, et qui peuvent révéler des gouffres de méchanceté ou de bêtise, aussi bien que des trésors de bonté. Allez savoir... John McGahern nous offre, à travers trois nouvelles, une série de portraits hauts en couleur : deux vagabonds capables de tuer des animaux innocents, sans même savoir pourquoi ils le font ; deux policiers chargés d'arrêter l'homme qui leur offrait, en toute amitié, des billets pour la coupe de l'Ulster ; trois frères contraints d'assister aux obsèques d'un oncle qu'ils détestaient... Prenant prétexte de situations simples sinon banales, le grand romancier irlandais explore les thèmes de la solitude, de l'abandon, de l'incompréhension entre les êtres. Bien que sa vision du monde soit sombre, son humour et son exceptionnel talent de conteur éclairent ces récits d'une lumière contrastée comme celle qui ennoblit les paysages d'Irlande. "

C'est Yvon qui m'a conseillé cet auteur. Oui, en ce moment, j'achète beaucoup de livres grâce aux critiques que j'ai lues... Bref, donc, j'ai lu ce recueil de nouvelles, et j'ai beaucoup aimé. Le rythme est assez lent, mais l'atmosphère rappelle bien l'Irlande embrumée, les paysages de campagne, les tourbières, l'herbe très verte, les moutons. Chacune des nouvelles nous donne le sentiment de débarquer au milieu de l'histoire, notamment la deuxième, où l'on comprend ce qui se passe seulement vers la fin. Finalement, ces gens sont un peu comme nous, ils vivent leur vie, n'ont rien d'extraordinaire, mais nous la font quand même un peu partager. Puis, ils ressortent de notre lecture, comme ça, sans nous dire comment l'histoire finira. L'auteur nous donne une vision assez pessimiste du monde, des hommes surtout, qui agissent sans scrupules, qui n'hésitent pas à manipuler ou à céder à la cruauté et à l'hypocrisie. Cependant, j'ai beaucoup apprécié l'écriture pleine de poésie et de piquant d'une certaine manière de John McGahern.

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06 décembre 2006

La nuit des princes charmants ; Michel Tremblay

2742726195Édition Actes Sud ; 248 pages.
7,50 euros.

"Une soirée d'opéra qui se transforme en odyssée nocturne au coeur de Montréal, et voilà le narrateur de cette histoire, cynique Candide, courant à la perte... de sa virginité. Du café El Cortijo au cabaret des Quatre Coins du Monde, Michel Tremblay nous invite à refaire le parcours initiatique d'un jeune " beatnik ", et à découvrir avec lui un monde burlesque de folie et de transgression, où les passions se déchaînent, où partout éclatent le mensonge et la vérité dans l'urgence du désir. L'amour et le plaisir seront-ils au bout du voyage, dans la Nuit des princes charmants ? "

Conseillé par Allie, cet auteur m'a totalement conquise. Déjà, le titre, La nuit des princes charmants, est très accrocheur pour moi qui aime les histoires enchantées. Et puis, l'histoire, moins enchantée quand même, de ce jeune homme de dix-huit ans, fou d'opéra, de livres, parce que ça lui permet de s'évader dans une ville de Montréal? où à dix-huit ans, il est gay, francophone, et issu des classes populaires. Lors d'une représentation catastrophique de Roméo et Juliette, il rencontre Perette ou Alan, ainsi que François. Lequel des deux sera son prince charmant ? Notre héros veut-il perdre sa virginité, "tomber en amour", ou bien les deux ? Lui qui n'a jamais osé s'immiscer dans le monde de la nuit et encore moins dans les bars gays, va passer une nuit inoubliable.
Tout ceci dans Montréal sous la neige, dans le froid, avec l'accent bien connu des Québécois et leurs expressions dont je ne comprenais pas toujours la signification. La barrière entre les anglophones et les francophones est bien présente dans ce livre, même si le temps d'une nuit, elle est mise de côté, comme tout ce qui pourrait faire obstacle à l'amour. Une jolie découverte.

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04 décembre 2006

Ophélie ; Arthur Rimbaud

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John Everett Millais ; Ophélie

I

" Sur l'onde calme et noire où dorment les étoiles
La blanche Ophélia flotte comme un grand lys,
Flotte très lentement, couchée en ses longs voiles...
- On entend dans les bois lointains des hallalis.

Voici plus de mille ans que la triste Ophélie
Passe, fantôme blanc, sur le long fleuve noir ;
Voici plus de mille ans que sa douce folie
Murmure sa romance à la brise du soir.

Le vent baise ses seins et déploie en corolle
Ses grands voiles bercés mollement par les eaux ;
Les saules frissonnants pleurent sur son épaule,
Sur son grand front rêveur s'inclinent les roseaux.

Les nénuphars froissés soupirent autour d'elle ;
Elle éveille parfois, dans un aune qui dort,
Quelque nid, d'où s'échappe un frisson d'aile :
- Un chant mystérieux tombe des astres d'or.

II

Ô pâle Ophélia ! Belle comme la neige !
Oui tu mourus, enfant, par un fleuve emporté !
- C'est que les vents tombant des grands monts de Norwège
T'avaient parlé tout bas de l'âpre liberté ;

C'est qu'un souffle, tordant ta grande chevelure,
A ton esprit rêveur portait d'étranges bruits ;
Que ton coeur écoutait le chant de la Nature
Dans les plaintes de l'arbre et les soupirs des nuits ;

C'est que la voix des mers folles, immense râle,
Brisait ton sein d'enfant, trop humain et trop doux ;
C'est qu'un matin d'avril, un beau cavalier pâle,
Un pauvre fou, s'assit muet à tes genoux !

Ciel ! Amour ! Liberté ! Quel rêve, ô pauvre folle !
Tu te fondais à lui comme une neige au feu :
Tes grandes visions étranglaient ta parole
- Et l'infini terrible effara ton oeil bleu !

III

- Et le poète dit qu'aux rayons des étoiles
Tu viens chercher, la nuit, les fleurs que tu cueillis,
Et qu'il a vu sur l'eau, couchée en ses longs voiles,
La blanche Ophélia flotter, comme un grand lys. "

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02 décembre 2006

Un chant de Noël ; Charles Dickens

2070519740Gallimard-Jeunesse ; 146 pages.
5 euros.

"Oh! qu'il est mauvais, qu'il est triste et repoussant, le vieux Scrooge le froid l'habite, pince son nez, frippe sa joue, joue, rend sa démarche raide, sa voix grinçante. Un glaçon. Un vrai glaçon dur et tranchant... Même les chiens d'aveugle détournent leurs maîtres du vieillard...

Mais c'est Noël! Un jour de fête, de charité, de joie. Allumons la flambée, sortons les dindes, le gibier. la charcuterie, les châtaignes grillées, les juteuses oranges... mangeons, dansons, rions! Une fois n'est pas coutume! Et la vie est si dure...

Sornettes! s'exclame le vieux Scrooge dans son appartement lugubre. En prison les pauvres! Au diable les amoureux! Mais le vieil avare ne sait pas ce qui l'attend... Tremble vieillard aigri! Fantômes et spectres sont venus te chercher. L'heure a sonné. La nuit s'annonce terrible en vérité. Pourtant, si tu veux... "

J'adore Noël, et je voulais découvrir Charles Dickens. Alors, quand Anne a présenté ce livre, je me suis dit qu'il ne fallait pas laisser passer l'occasion. Quelle merveilleux petit livre ! Ceux qui aiment Noël sauront encore une fois pourquoi cette fête a une place particulière pour eux, et ceux qui n'aiment pas pourront trouver une opportunité de se réconcilier avec Noël, et oublier le tort que la société de consommation lui a fait.
Ce petit livre est assez court, drôle, et en même temps grave. Mais surtout, j'ai trouvé que l'on ressentait très bien l'atmosphère chaleureuse propre à Noël, cette envie de partager un moment de joie, d'oublier ses soucis. On a envie de se blottir au coin du feu, d'installer ses guirlandes, d'allumer des bougies et d'écouter des chants de Noël...

Je vous mets le lien qu'a donné Anne vers Un chant de Noël ici. Et pour ceux qui sont intéressés par la littérature autour de Noël, allez voir le dossier d'Allie.

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28 novembre 2006

Vie et mort de la jeune fille blonde ; Philippe Jaenada

2253117307Edition Le Livre de Poche ; 219 pages.
5,50 euros.

"Eternel adolescent trentenaire, le narrateur promène son vague à l'âme de bistros en dîners mondains. C'est chez Alice et Paul, des hôtes fortunés et alcooliques, qu'il entend parler un soir de Céline, leur fille toxicomane et probablement prostituée. Et si elle n'était autre que la Lolita décomplexée qui l'a jadis initié aux plaisirs du sexe ? Dès lors, il n'a plus qu'une idée en tête : se lancer à la recherche de Céline. Comme si, malgré le temps passé, la nostalgie, la déchéance, il allait pouvoir retrouver, en même temps que le souvenir lumineux de sa jeunesse, un sens à sa vie."

Au moins, ce livre m'aura appris que les larmes de crocodile ne sont pas des grosses larmes, mais des fausses larmes... Non, parce que là, j'ai vraiment l'impression d'avoir lu un livre sans contenu. Le style est vraiment désagréable, beaucoup de parenthèses, ce qui rend parfois la lecture difficile. J'ai cherché ce livre dans plusieurs librairies, parce que la couverture et le titre me plaisaient. Le résumé aussi était prometteur, je pensais lire un ouvrage qui me plongerait dans le monde de cette "Céline", qui m'expliquerait ce qui s'est passé, enfin bon, je ne sais plus trop à quoi je m'attendais, mais certainement pas à ça. J'ai l'impression que l'auteur a pris un prétexte quelconque pour nous raconter en détails des scènes de sexe plutôt pimentées et gratuites. Pour ceux qui me trouveraient puritaine, ce genre de chose ne me choque pas quand il sert un contenu. Là, si je n'ai pas vu passer le temps, si j'ai lu ce livre à une allure assez impressionnante, c'est uniquement parce que c'est du langage parlé qui est employé, parce que c'est écrit gros, et surtout parce que ce livre est totalement vide de fond. Ou alors c'est trop subtile pour moi (dans ce cas, je veux bien que l'on m'explique). Je sais que c'est un peu lapidaire, mais là j'avoue que je n'ai vraiment rien retiré de cette lecture...

Comme je ne suis pas la science infuse et que je ne vous donne que mon humble avis, je vous met un lien vers l'avis beaucoup plus positif que j'ai trouvé sur un autre blog, ici. Voir aussi la critique (toujours positive) de Tamara.

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27 novembre 2006

Demain, dès l'aube... Victor Hugo

Aujourd'hui, je vous mets le très célèbre et superbe poème de Victor Hugo, Demain, dès l'aube... C'est l'un des poèmes écrits pour sa fille Léopoldine, morte prématurément.
Pour la photo, n'ayant pas de photo d'Harfleur, je vous mets Etretat, l'une des plus jolies villes de la côte normande que je connaisse...

etretat

"Demain, dès l'aube, à l'heure où blanchit la campagne,
Je partirai. Vois-tu, je sais que tu m'attends.
J'irai par la forêt, j'irai par la montagne.
Je ne puis demeurer loin de toi plus longtemps.

Je marcherai les yeux fixés sur mes pensées,
Sans rien voir au dehors, sans entendre aucun bruit,
Seul, inconnu, le dos courbé, les mains croisées,
Triste, et le jour pour moi sera comme la nuit.

Je ne regarderai ni l'or du soir qui tombe,
Ni les voiles au loin descendant vers Harfleur,
Et quand j'arriverai, je mettrai sur ta tombe
Un bouquet de houx vert et de bruyère en fleur."

Extrait de Les Contemplations ; Victor Hugo.

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26 novembre 2006

Pour les pannes sèches...

En allant sur le blog de Jules, j'ai trouvé un lien vers un site formidable, qui nous donne des listes de livres incontournables de la littérature de toutes les régions du monde (donc l'Espagne pour toi Lulu...), mais aussi des listes de livres classés par genre littéraire. Idéal pour les moments de détresse où l'on ne trouve plus de titre qui nous plaise. Merci Jules !

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24 novembre 2006

Le joueur d'échecs ; Stefan Zweig

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Edition Le Livre de Poche ; 94 pages.
2,75 euros.

"Prisonnier des nazis, Monsieur B., en dérobant un manuel d'échecs, a pu, à travers ce qui est devenu littéralement une folle passion, découvrir le moyen d'échapper à ses bourreaux. Libéré, il se retrouve plus tard sur un bateau où il est amené à disputer une ultime partie contre le champion Czentovic. Une partie à la fois envoûtante et dérisoire... Quand ce texte paraît à Stockholm en 1943, Stefan Zweig, désespéré par la montée et les victoires du nazisme, s'est donné la mort l'année précédente au Brésil, en compagnie de sa femme. La catastrophe des années quarante lui apparaissait comme la négation de tout son travail d'homme et d'écrivain. Le joueur d'échecs est une confession à peine déguisée de cette désespérance."

La première fois que j'ai lu ce livre, je devais avoir quatorze ans, et j'ai été bouleversée. Il n'y a pas de violence physique dans ce livre, ce qui le différencie de presque tout ce qui a été écrit sur le nazisme. Et pourtant, on est peut-être davantage choqué par Le joueur d'échecs que par tout le reste. Parce que Zweig, avec ce livre, va au plus profond, au plus noir de la nature humaine. Celle-ci n'a aucune limite lorsqu'il s'agit de faire du mal. L'histoire débute sur un bateau, où se trouve un champion d'échecs, ce qui oriente les activités des passagers vers ce jeu. A un moment, un homme intervient. Il joue extrêmement bien aux échecs, pour une raison que Stefan Zweig se met à nous exposer. Après l'arrivée des nazis au pouvoir, cet homme a été arrêté. Il est simplement enfermé dans une pièce, sans même recevoir de coups. Pourtant, la torture psychologique qu'il subit est insoutenable, et va peu à peu le rendre fou. Il n'a absolument rien à faire de son temps, ses seuls contacts avec l'extérieur sont les interrogatoires auxquels il est soumis. Un jour, il parvient à dérober un livre. Quand il s'aperçoit qu'il s'agit d'un manuel sur les échecs, il est déçu, mais doit s'en contenter. Mais ce qu'il avait trouvé comme échappatoire va être un moyen encore plus fort de le torturer.
Quand Stefan Zweig a écrit ce livre, la Deuxième Guerre mondiale n'était pas encore finie, elle atteignait même le sommet de l'horreur. Ceci est peut-être la raison pour laquelle le personnage de son histoire s'en sort. Imaginer la barbarie nazie avec seulement des intuitions, c'est impossible même pour un génie comme Zweig. Ou alors, il a quand même voulu laisser un espoir à l'Humanité, même si lui-même a laissé tomber.

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23 novembre 2006

Je voudrais que quelqu'un m'attende quelque part ; Anna Gavalda

2290311782Edition J'ai Lu ; 156 pages.
4,50 euros.

"Les personnages de ces douze nouvelles sont pleins d'espoirs futiles, ou de désespoir grave. Ils ne cherchent pas à changer le monde. Quoi qu'il leur arrive, ils n'ont rien à prouver. Ils ne sont pas héroïques. Simplement humains. On les croise tous les jours sans leur prêter attention, sans se rendre compte de la charge d'émotion qu'ils transportent et que révèle tout à coup la plume si juste d'Anna Gavalda. En pointant sur eux ce projecteur, elle éclaire par ricochet nos propres existences."

Après Ensemble, c'est tout, j'avais très envie de lire un autre livre de Anna Gavalda. J'espérais découvrir de nouveaux personnages humains, attachants, dans lesquels je pourrait me retrouver, un peu. Les premières nouvelles m'ont fait craindre une déception. Puis, j'ai pris le rythme, et j'ai vraiment aimé ce recueil. Certes, il s'agit bien à nouveau de personnages un peu "cabossés", mais on ne se lasse pas quand c'est Anna Gavalda. Chaque héros de quelques pages, je lui ai donné ma sympathie (je sais, ils n'existent pas, mais c'est plus fort que moi...), j'ai eu envie que les choses s'arrangent pour lui, ou pour eux, quand il y avait plusieurs points de vue exprimés. A noter que certaines nouvelles sont assez "crues". J'ai pu lire que certains trouvaient le vocabulaire employé trop familier, pour ma part je trouve qu'il donne un caractère plus vraisemblable aux réçits du recueil.
A lire dans le bus, dans un parc, dans un café ou tout simplement chez soi, bon moment garanti !

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22 novembre 2006

La fascination du pire ; Florian Zeller

41tZ9AHkQ5LEdition J'ai Lu ; 155 pages.
5,30 euros.

"Un jeune écrivain est invité par l'ambassade de France au Caire pour donner une conférence. Une proposition qui prend une autre dimension à la lecture des lettres égyptiennes de Flaubert : "J'ai baisé des filles de Nubie qui avaient des colliers de piastres d'or leur descendant jusque sur les cuisses, et qui portaient sur leur ventre noir des ceintures de perles de couleur." L'Égypte d'aujourd'hui ressemble-t-elle à l'Orient de Flaubert ? La sensualité orientale se dévoile-t-elle toujours dans les bas-fonds du Caire ? Comment conjuguer islam et sexualité ? Voilà ce que va essayer de découvrir le narrateur de ce livre contemporain, où les rumeurs du monde d'aujourd'hui croisent les fantômes des voyageurs littéraires d'autrefois. L'occasion de réfléchir sur la frustration sexuelle de l'Orient comme de l'Occident..."

Cela faisait un moment que je me disais qu'il fallait lire un livre de Florian Zeller, et j'ai été très agréablement surprise. D'ordinaire, les livres qui traitent de problèmes de société ont tendance à m'endormir, j'ai l'impression qu'on en parle trop, et que de ce fait, on a tendance à renforcer les tensions. Or, là, il m'a fallu un seul chapitre pour m'habituer à l'écriture de Florian Zeller, avant de lire le roman d'une traite (je sais, ce n'est pas bien long).
Dans ce roman (oui, il ne s'agit pas d'un essai ! ), il est question de l'hypocrisie des religions et des sociétés qui les pratiquent ou les ont pratiquées en Orient comme en Occident, de la place faite aux femmes dans l'Islam ainsi que du rapport de cette religion avec la liberté d'expression. Que peut-on dire sur cette religion ? Est-ce qu'il est normal de se taire pour ne pas risquer de s'attirer les foudres du monde musulman, ou doit-on au contraire ne pas traiter l'Islam différemment des autres religions ? Mais dans le cas où l'on se permet d'évoquer l'Islam, encore faut-il ne pas se laisser tenter par les arguments réducteurs.
Toutes ces questions sont suggérées au lecteur de façon très plaisante, ce qui nous amène à réfléchir sans se lasser trop vite. Je ne pourrais pas vous dire si le rapprochement fait entre Zeller et Houellebecq est pertinent, je n'ai jamais rien lu de ce dernier. Mais si sa plume est aussi agréable que celle de Florian Zeller, je veux bien me laisser tenter.

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