29 août 2007

Les désastreuses aventures des orphelins Baudelaire : Tome 1 ; Lemony Snicket

51T02JRPS8LNathan ; 176 pages.
6,50 euros.

Je suis plutôt perplexe après ma lecture du premier tome de cette série qui a rencontré un succès énorme. J'ai beau aimer la littérature jeunesse, adorer les Harry Potter et les histoires un peu farfelues, j'ai passé un très mauvais moment avec ce livre.

Il s'agit du début de l'histoire de trois enfants qui se retrouvent orphelins. Après les avoir gardés quelques temps chez lui, l'éxécuteur testamentaire de leurs parents les confie à leur oncle qui se révèle froid et dénué de scrupules.

Je pense que c'est censé être drôle par moments, mais cette parodie des contes d'enfants ne m'a pas du tout amusée. Ca commence mal, ça se passe mal au milieu, et ça finit assez mal. D'accord, mais quel est le but de l'auteur ? Aucune idée.
Le style est vraiment trop enfantin (les explications de mot, bof), les personnages sont peu attachants, l'histoire est plate (je n'ai pas trouvé les rebondissements promis)... En résumé, je me suis vraiment ennuyée alors que j'aime assez les contes en général.
La seule morale qu'on peut en tirer c'est que ce n'est pas toujours génial d'être des orphelins...

Les avis de Majanissa et d'Allie.

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27 août 2007

Les quatre filles du Docteur March ; Réalisé par Gillian Armstrong

51YYTM7N3SLDurée du film : 1h54.

Date de sortie : 1994.

Distribution : Winona Ryder (Jo), Claire Danes (Beth), Kirsten Dunst (Amy) ; Susan Sarandon (Mrs March), Christian Bale (Teddy Laurentz), Gabriel Byrne (Friedrich Bhaer).

Musique : Thomas Newman.

J'ai été absolument enchantée par cette adaptation de Les quatre filles du Docteur March et de Les filles du Docteur March se marient.

Les acteurs sont excellents. Winona Ryder campe une Jo March exactement comme je me l'imaginais, à la fois entêtée, extravertie, rêveuse, généreuse et fragile. Christian Bale est également le Laurie de ma lecture, un peu chien fou, attentionné et surtout terriblement séduisant^^. Le duo qu'ils forment est vraiment excellent, et fait parfaitement ressortir la complicité qui lie Laurie à Jo. 

main05Deux autres actrices que j'apprécie contribuent à me faire aimer ce film, Claire Danes et Kirsten Dunst. Cette dernière est toute petite, mais joue très bien Amy, que l'on a à la fois envie d'étrangler et de cajoler. D'ailleurs, je la trouve bien meilleure que l'actrice qui joue Amy plus âgée, et qui ne cerne pas le personnage comme je le voyait (mais comme ce n'est pas non plus mon personnage préféré, ça vient peut-être un peu de là également). Quant Claire Danes, elle nous présente une Beth angélique mais aussi courageuse et très complice avec sa soeur Jo, ce qui ne lui donne pas un rôle de pauvre petite fille comme ça aurait pu être le cas.

Les livres sont très bien respectés également au niveau du choix des scènes tournées. Bien que le film résume en à peine deux heures deux livres, il n'y a pas de gros manques, sauf peut-être en ce qui concerne la relation Amy/Laurie. Mais sinon, on a un très bon aperçu des livres, avec un soin particulier apporté au développement de chacune des filles March (même si c'est naturellement Jo qui est la grande héroïne du film).

800px_Lwomen05La musique est très belle, les costumes sont vraiment beaux, et les couleurs contribuent à donner de la fraîcheur au film. Certaines scènes sont un pur régal (la première rencontre de Jo et Laurie, le retour du père et le piano de Beth, la demande de Laurie, même la mort de Beth...), et le reste est à peine moins touchant.
On a envie de chanter avec eux, de valser avec eux et de les consoler quand ils traversent des épreuves difficiles.

Pour résumer, ce film enchateur est à consommer sans aucune modération.

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25 août 2007

Tentation ; Stephenie Meyer

41KGKK92EYLHachette ; 570 pages.
18 euros.

Après avoir lu Fascination, j'ai dû lutter pour ne pas me ruer sur ce livre, le second tome des aventures de Bella, l'héroïne de Stephenie Meyer. Comme le tome 3 sort dans quelques jours sur Amazon et que j'allais à la mer, j'ai décidé que je pouvais cesser d'être raisonnable.

Dans ce tome, Bella doit faire face au brusque départ d'Edward, qui a décidé de ne plus revenir à Forks. Après des mois d'apathie, elle reprend goût à la vie aux côtés de son ami Jacob, et son habitude à s'attirer des ennuis lui fait découvrir de nouvelles choses sur le monde de son ancien petit ami.

Je n'ai pas du tout été déçue par ce livre, même si je l'ai trouvé un peu en dessous de Fascination. Bizarrement, alors que Edward n'est que très peu présent, il imprègne complètement l'histoire. Je pense que c'est voulu, mais cela allourdit un peu le récit par moments et lui donne un aspect un peu nunuche qu'il n'y avait pas du tout (selon moi) dans le tome 1. La "plaie béante" de Bella est un peu trop évoquée à mon goût, même si je comprends qu'elle souffre.
A part ça, je n'ai rien à redire. On en apprend davantage sur les vampires, de nouvelles créatures fantastiques apparaissent, les personnages sont toujours aussi sympathiques, "humains", c'est bourré d'humour, percutant. Bref, on ne s'ennuie pas une seconde. Autre élément que j'adore, les nombreuses références littéraires que contiennent les romans de Stephenie Meyer. Dans celui-ci, Roméo et Juliette est beaucoup évoqué, et le choix de l'Italie pour le dénouement de l'action est sans doute un écho à ce livre.
Au final, Stephenie Meyer est parvenue à créer un univers qui tient parfaitement la route et duquel on n'a pas envie de ressortir.

L'avis d'Allie (dont je partage l'avis, également en ce qui concerne les nombreuses coquilles présentes dans ce livre).

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21 août 2007

Harry Potter and the Deathly Hallows ; J.K Rowling

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Lettre "R" Challenge ABC 2007 :

Ça y est, j'ai fini de lire la saga Harry Potter. Je ne donnerai aucun détail, vous pouvez donc lire ce billet. Ce dernier tome est vraiment bien parce que c'est Harry Potter, mais je pense quand même que c'est celui que j'ai le moins aimé.

Dans ce tome, on retrouve un Harry Potter qui va avoir dix-sept ans, ce qui correspond à l'âge de la majorité pour les sorciers, et à de nouveaux problèmes pour lui. Avec les événements de l'année précédente, Harry a décidé de mener à bien la mission qui lui a été confiée par XXX, et donc de ne pas retourner à Poudlard.

Le tome 6 s'achevait sur tout un tas de questions qui promettaient une suite palpitante. D'ailleurs, pour bien me mettre en condition, j'ai relu toute la série pendant mes vacances.
Les réponses données dans cet ultime tome sont assez surprenantes, et extrêmement émouvantes (notamment une qui m'a tiré quelques larmes). Dans ce livre, les personnages de J.K. Rowling sont envisagés sous un angle nouveau, qui les rend plus humains et plus attachants qu'auparavant. Ceci d'autant plus qu'il faut désormais jouer cartes sur table et choisir son camp. 
Nous avons également droit à beaucoup d'humour, comme toujours dans Harry Potter, à de l'amour (mais je ne vous dirais pas de qui je parle), et à beaucoup, beaucoup de larmes (je plains les lecteurs qui attendent la VF...^^).
Pour finir sur le positif (et il est largement gagnant, je vous rassure), J.K. Rowling a encore fait preuve d'une grande créativité dans ce livre (j'aimerais développer, mais bon...).

Pourtant, je suis un tout petit peu déçue par ce livre. Alors que je n'avais jamais remarqué de longueurs dans Harry Potter, certains passages m'ont ennuyée (d'autant plus que j'avais hâte de savoir la fin !!), s'étirent alors que beaucoup de questions restent en suspens.
J'ai aussi trouvé que ce tome était un peu mièvre par moment. La relation entre X et Y, que je trouvais très bien menée jusque là, m'a fait lever les yeux au ciel plus d'une fois. Et l'épilogue est complètement décalé par rapport au reste du livre. En fait, je trouve que J.K. Rowling a un peu expédié les choses. Il aurait fallu au moins un tome 8 pour éviter les gros fils blancs (et pour se préparer à quitter le monde de Harry Potter^^).

Mais bon, j'ai quand même adoré, et j'espère vraiment que J.K. Rowling publiera son encyclopédie sur Harry Potter.

Les avis de la Renarde, de Yue Yin, de Lou, d'Isil, et de Chrestomanci.

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15 août 2007

Le temps n'est rien ; Audrey Niffenegger

41HBWRS3F0LJ'ai Lu ; 521 pages.
8,90 euros.

J'aurais aimé vous donner envie de lire pour mon premier billet de retour de vacances, mais bon...

"Je l'aime. II représente tout pour moi. Je l'ai attendu toute ma vie et à présent il est là. (J'ai du mal à m'expliquer.) Avec lui je peux contempler mon existence dans sa totalité, comme une carte, passé et futur réunis, comme un ange... [..] Tout est déjà arrivé. Tout en même temps. " Nous avons tous déjà eu cette impression d'avoir rencontré une personne quelque part avant, ou de l'avoir connue dans une autre vie... Et si c'était dans un autre temps ? Quand Henry, bibliothécaire, voit arriver Claire, une artiste séduisante, il ne peut croire à l'incroyable : ils se connaissent depuis des décennies, même s'il ne s'en souvient pas. Car Henry est atteint d'une maladie qui le propulse dans le temps. II a rencontré Claire alors qu'elle était enfant et va sans cesse partir et revenir à des époques de leurs vies respectives...
L'histoire folle et romanesque d'un amour absolu et éternel. Audrey Niffenegger

J'ai lu ce livre suite à la critique enthousiaste de Chimère et quelques autres. Je m'attendais vraiment à un petit bijou, mais j'ai été plutôt déçue par cette histoire que je qualifierais seulement de "gentille".

Ce livre se lit assez rapidement, est plutôt distrayant, les personnages sont attachants. Et c'est tout.

Même l'idée de voyager dans le temps, qui semblait plutôt originale, apparaît comme étant banale, parce que l'auteur n'a pas su l'exploiter correctement à mes yeux. J'ai lu très vite et avec beaucoup de plaisir les trois cents premières pages, et puis je me suis lassée. J'attendais des révélations qui ne sont jamais arrivées. En fait, il n'y a pas vraiment de fond, ni de but, surtout des clichés. Les deux cents dernières pages ne sont pas vraiment captivantes, et donnent l'impression de faire du sur place. C'est comme si l'auteur sentait elle aussi que ça suffisait, mais sans savoir comment terminer son livre. D'ailleurs, la fin ne m'a pas du tout plu, je l'ai trouvée complètement téléphonée.

C'est vite lu et vite oublié, et c'est très dommage.

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11 août 2007

Petit coucou éclair... (et clin d'oeil à Margoulette notamment)

411cNNPkYALJe suis toujours en vacances, et je suis désolée de délaisser ce blog... Mais je reviens avec un petit cadeau pour les fans de Stephenie Meyer : voici le premier chapitre de Eclipse, le troisième tome des aventures de Bella et d'Edward, pris sur le site de l'auteur. C'est en anglais, mais ça me semble plutôt compréhensible.

Merci pour tous vos commentaires, j'y répondrais très bientôt, c'est promis !

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14 juillet 2007

Bonnes Vacances à tous !

Le soleil est de retour, j'en profite pour repartir. Ce blog sera donc en vacances jusqu'au début du mois d'août minimum. Je passerai peut-être sur vos blogs à l'occasion.

A bientôt avec de nouvelles lectures !

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11 juillet 2007

Comment je choisis mes livres...

Hélène m'a gracieusement conviée à vous révéler comment je choisis mes livres. Voici donc (encore) des scoops :

- Les auteurs qui m'ont déjà plu : ça ne marche pas toujours, mais pour Kazuo Ishiguro, Jane Austen, ou encore E.M. Forster, c'est toujours un plaisir de les lire. Quand j'ai épuisé leur bibliographie, je cherche des auteurs qui leur sont associés. Ça m'a fait découvrir plus d'une fois des romans absolument fantastiques.

- Les médias : c'est très rare, mais c'est après une émission que j'ai couru acheter Les jours fragiles de Philippe Besson, dont je n'avais jamais entendu parler. Je l'ai lu sur les bancs de la fac tellement j'ai aimé (très sérieux, je sais...).

- Les blogs : si je note beaucoup de livres que je ne lis finalement pas, ça arrive régulièrement que j'achète un livre vu sur un ou plusieurs blogs. Ça m'a permis de faire de très belles découvertes comme Léviathan de Paul Auster, L'ancre des rêves de Gaëlle (lui, je n'en aurais probablement jamais entendu parler autrement), ou Lignes de faille de Nancy Huston.

A force, je sais avec quels blogueurs j'ai des goûts en commun, donc je ne me trompe pas trop. Mais c'est vrai que la plupart du temps, je suis moins enthousiaste au final que le blogueur qui a conseillé le livre.
Et puis, je lis quand même pas mal de livres qui sont peu (voire pas) évoqués dans la blogosphère. Par exemple, les "classiques", genre assez peu prisé parmi nous (sauf quelques exceptions comme Céline, mais elle ne poste pas suffisamment !! ).

- Je suis aussi la "mode" . Par exemple, la sortie de l'adaptation de La duchesse de Langeais m'a donné envie de me remettre à Balzac. Celle de Une vieille maîtresse m'a fait acheter du Barbey d'Aurevilly.

- J'ai également mes éditeurs chouchous. Quand un livre est édité chez Folio, Phébus ou 10/18, je lui porte beaucoup plus d'attention que s'il l'est chez un autre éditeur. Leur ligne éditoriale me convient mieux, et puis j'aime beaucoup leurs couvertures.

- Et oui, la couverture est très importante pour moi. D'ailleurs, quand un livre existe chez plusieurs éditeurs, je prends presque toujours celui qui a la plus belle couverture. Le titre également a un grand rôle. Même si on ne peut pas se fier à ce seul critère...

- Enfin, le hasard, l'envie du moment y sont beaucoup dans mes choix de livres. Quand je passe à la librairie et que je farfouille, si mon regard est attiré par un livre dont je n'ai entendu parler nulle part mais qui me tente, j'ai plus de chances de le prendre que s'il est surligné sur ma LAL car j'ai tendance à remettre l'achat.

Je passe la main à La Renarde (qui n'échappera plus à aucun questionnaire désormais, je saurais y veiller), Clarabel (là, je suis très très curieuse), Anne (qui a osé nous montrer sa PAL et qui a sûrement plein d'astuces à nous confier), et Choupynette (on va enfin savoir si sa LAL en quarante-cinq tomes lui sert à quelque chose...).

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07 juillet 2007

Le liseur ; Bernhard Schlink

41BVGJD0M6LFolio ; 242 pages.
5,10 euros.

J'aime beaucoup Bernhard Schlink. Il a le grand mérite d'évoquer quelque chose dont on parle peu mais dont il est l'un des témoins/acteurs, le regard de ceux qui sont nés, pendant ou un peu après la Seconde Guerre mondiale, en Allemagne, sur les actes de leurs parents.
Cependant, j'ai ouvert ce livre sans savoir que ce qui m'attendait, c'était vraiment du costaud. J'ai même failli le refermer à plusieurs reprises tellement j'en ai pris plein la figure par moments...

L'histoire est celle de Michaël, un jeune garçon de quinze ans, qui tombe amoureux d'une femme de trente-six ans, et entretient pendant plusieurs mois une étrange liaison avec elle. Un jour, elle disparaît.
Il la revoit des années plus tard alors qu'elle est jugée pour ses actes durant la Seconde Guerre mondiale. S'il passe de l'amour au dégoût en passant par la stupéfaction à l'égard de cette femme, il ne parvient jamais à l'indifférence, et doit donc entamer une réflexion qu'il ne souhaitait pas forcément.

Bernhard Schlink a eu la bonne idée de diviser son roman en trois parties, ce qui lui permet de ne pas laisser son sujet lui échapper. En effet, les pages les plus dures se trouvent dans la seconde partie, celle du procès. Les émotions qu'elle provoque sont nombreuses, toutes très fortes. Pour la cadrer, on a la première partie, qui raconte la rencontre entre Michaël et Hanna, et pose délicatement certaines questions. Quant à la troisième partie, si l'on ne peut pas dire que l'auteur y apporte la sérénité (il la rejette d'ailleurs absolument), il y crève les abcès et invite son lecteur à prendre du recul, à se remettre, et à réfléchir.
Ceci avec une écriture très agréable, sobre mais travaillée, ainsi qu'un ton neutre.

Car Bernhard Schlink ne veut pas prendre parti, ni souffler son avis au lecteur. Il a conscience de la complexité des questions qu'il pose et donc de la difficulté (voire même de l'impossibilité) de trouver leur réponse.
Tout son livre est hanté par la question "Qui est le plus coupable ? ". Il ne remet pas en cause les horreurs commises par les nazis. Condamner le système en lui même, dans sa globalité, est objectivement indiscutable. Personne ne peut dire que le régime hitlérien n'a pas atteint des summums en matière d'horreur.

Mais là où l'on peut condamner sans difficulté un système, il est beaucoup plus complexe de juger des individus individuellement.
Bernhard Schlink ne disculpe pas Hanna. Quelles qu'aient été les circonstances dans lesquelles elle a été l'un des agents du régime hitlérien, quelles que soient ses excuses, elle a commis des actes criminels, et il l'écrit à plusieurs reprises. Mais ceux qui la jugent, qui sont-ils ? Il y a les villageois, "ces autres témoins", qui " devaient prendre garde de ne pas encourir le reproche d'avoir eux-mêmes été en mesure de sauver les détenus". Car ces procès n'ont-ils pas permis à certains, qui avaient fermé les yeux, de se décharger sur les autres de leurs propres faiblesses ? C'est un peu l'avis de la génération de Bernhard Schlink, qui a honte du comportement de ses parents, et qui n'ose que "s'imposer le silence de l'horreur, de la honte et de la culpabilité". Sauf si, comme Michaël, on est amené, même à reculons, à devoir regarder les choses en face.
Et quand Hanna, sans aucune provocation, demande à son juge "Qu'est-ce que vous auriez fait ?", c'est tous ceux qui la regardent avec haine et qui semblent tout savoir du Bien et du Mal, qu'elle met au défi de répondre.

Bernhard Schlink ne donne aucune réponse dans ce livre, il n'en a pas. Il se contente de poser des questions auxquelles il n'existe pas de réponse globale et claire, et d'avancer des hypothèses. Il y a des coupables parce qu'il y a eu des crimes. Mais lorsque les crimes ont une telle ampleur, on est en droit de se demander si tout le monde n'était pas un peu coupable en fin de compte. Ceux qui ont été condamnés adhéraient pour certains totalement aux idées nazies, d'autres ont surtout été faibles. Michaël en veut à Hanna, mais une part de lui considère qu'elle a aussi payé pour d'autres. C'est par la lecture, qui a été le drame d'Hanna, que Michaël exprime à celle qu'il aime encore ce qu'il ressent.
Même aujourd'hui, quand on pense à cet épisode de l'Histoire, il ne faut pas perdre de vue que l'on aurait pu être une Hanna, ou même un villageois, et qu'en les méprisant, c'est une part de nous que l'on craint que l'on juge. 

L'avis de Flo

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06 juillet 2007

Le lys dans la vallée ; Honoré de Balzac

41PNMV07M5LFolio ; 435 pages.
4,60 euros.

Je vous préviens, il risque d'y avoir pas mal de Balzac cet été, ma PAL lui consacre une large place et plus ça va, plus j'aime.

Pour en revenir à Le lys dans la vallée, j'avoue que j'ai quelques scrupules. Je vous le dis tout de suite, j'ai adoré ce roman, et je voudrais qu'il en soit de même pour vous. Mais je sais très bien que beaucoup risquent de s'y enliser et d'y rester parfaitement insensible.

Déjà, l'histoire n'est a priori pas très attirante. Pour être honnête, il ne se passe rien dans ce livre. Enfin si, il se passe un jeune homme qui découvre l'amour auprès d'une femme mariée à un homme sujet à des crises de démence, et qui refuse d'avoir un amour physique avec lui. De ce fait, pendant plus de quatre cents pages, Felix de Vandenesse nous livre ses pensées, l'histoire de son amour platonique avec son "lys" de la vallée de l'Indre. Tout ceci sur un fond historique très bien exploité, celui des deux restaurations sous Louis XVIII.
Dit comme cela, ça me fait penser à L'éducation sentimentale de Gustave Flaubert, que je ne suis jamais parvenue à finir. D'ailleurs, j'ai buté sur quelques passages très ennuyeux dans ce livre. Quand Balzac s'emballe trop, j'ai beaucoup de mal.

Sauf que, Balzac c'est quand même Balzac, et que Balzac est capable de me bouleverser avec une histoire a priori sans aucun intérêt. C'est ce qu'il a fait avec Le lys dans la vallée. Je me suis laissée transporter avec bonheur dans la vallée de l'Indre, qui est en parfaite harmonie avec la naïveté et la profondeur de l'amour qui unit Félix à son Henriette, ces deux êtres encore enfants qui se reconnaissent dans leur besoin d'amour.
Lorsque Balzac sort son style poétique le plus juste, il est imbattable. J'ai lu ce livre avec le sentiment d'être entourée de magnifiques couchers de soleil et de nuits étoilées. A plusieurs reprises, j'ai eu envie de pleurer. Et quand je lis des passages comme celui-ci, j'oublie tous mes reproches et je les savoure avec un plaisir rare :

page 92 : " Un soir, je la trouvai religieusement pensive devant un coucher de soleil qui rougissait si voluptueusement les cimes en laissant voir la vallée comme un lit, qu'il était impossible de ne pas écouter la voix de cet éternel Cantique des Cantiques par lequel la nature convie ses créatures à l'amour. La jeune fille reprenait-elle des illusions envolées ? La jeune femme souffrait-elle de quelque comparaison secrète ? "

A ce bonheur pur, simple et discret, qui ne peut s'épanouir que dans un paysage aussi naturel que la vallée qui entoure Clochegourde, viendront s'opposer les vices humains, les séductions égoïstes des vaniteuses citadines.
Henriette enveloppe ses sentiments véritables avec de la vertu, fait confiance à Félix après l'avoir mis en garde contre les défauts de l'homme. Elle en meure. Lady Audley étale sa passion qui n'est qu'une éphémère distraction, fait mine de renoncer à sa vertu. Elle n'en retire que des avantages.
Félix est touchant par sa soif d'amour, son attachement désintéressé, sa sincérité. Pourtant, tout ceci le rend également exaspérant, et la fin (abrupte et ironique, comme souvent chez Balzac, et qui m'a beaucoup amusée, parce qu'elle est surprenante et vraie) laisse penser que pour parvenir à construire sa vie, il devra renoncer à son côté enfant qu'aimait tant son premier amour, même avec celle qu'il aimera. Comme si la vie ne servait qu'à duper les gens, et donc à devenir vaniteux dès lors que l'on n'a plus son premier amour pour nous démasquer et nous faire aimer et éprouver de l'intérêt pour autre chose que nous même.

page 146 : "Oui, plus tard nous aimons la femme dans une femme ; tandis que de la première femme aimée, nous aimons tout : ses enfants sont les nôtres, ses intérêts sont nos intérêts, son malheur est notre plus grand malheur ; nous aimons sa robe et ses meubles ; nous sommes plus fâchés de voir ses blés versés que de savoir notre argent perdu ; nous sommes prêts à gronder le visiteur qui dérange nos curiosités sur la cheminée. Ce saint amour nous fait vivre dans un autre, tandis que plus tard, hélas ! nous attirons une autre vie en nous même, en demandant à la femme d'enrichir de ses jeunes sentiments nos facultés appauvries. "

L'avis d'Ermengarde.

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