22 octobre 2007

Ma morte vivante ; Paul Eluard

Cela faisait un bon moment que je n'avais pas posté de poésie sur ce blog. J'ai redécouvert ce poème il y a peu, j'avais envie de vous le faire partager...

02_1_
Caspar David Friedrich ; Mondaufgang über der See

Ma morte vivante

Dans mon chagrin, rien n’est en mouvement
J’attends, personne ne viendra
Ni de jour, ni de nuit
Ni jamais plus de ce qui fut moi-même

Mes yeux se sont séparés de tes yeux
Ils perdent leur confiance, ils perdent leur lumière
Ma bouche s’est séparée de ta bouche
Ma bouche s’est séparée du plaisir
Et du sens de l’amour, et du sens de la vie
Mes mains se sont séparées de tes mains
Mes mains laissent tout échapper
Mes pieds se sont séparés de tes pieds
Ils n’avanceront plus, il n’y a plus de route
Ils ne connaîtront plus mon poids, ni le repos

Il m’est donné de voir ma vie finir
Avec la tienne
Ma vie en ton pouvoir
Que j’ai crue infinie

Et l’avenir mon seul espoir c’est mon tombeau
Pareil au tien, cerné d’un monde indifférent
J’étais si près de toi que j’ai froid près des autres.

Paul Eluard

Posté par lillounette à 08:00 - - Commentaires [10] - Permalien [#]

21 octobre 2007

Michel Tremblay ; Les belles-soeurs

41SJ4MH4PML__AA240_Après ce que j'ai dit sur Jacques Poulin, je voulais me réconcilier avec la littérature québécoise (et puis éviter que Allie m'en veuille trop de n'avoir pas aimé un livre qu'elle m'avait conseillé très gentiment...). J'ai donc décidé de me tourner vers un auteur dont j'avais déjà adoré deux livres, Michel Tremblay.

Cette fois, c'est une pièce de théâtre que j'ai choisi de lire. Ce que je peux déjà vous dire, c'est que je suis moins emballée que les fois précédentes, même si je relirai Tremblay.

L'histoire: " Germaine Lauzon, ménagère de Montréal, a gagné un million de timbres-primes. Une bonne occasion pour inviter parentes et amies à une soirée de “collage de timbres”. Mais les 15 femmes entassées dans la cuisine n’en restent pas longtemps aux civilités : jalousies, vengeances et haines personnelles éclatent, venant gâcher la fête. Dans ce huis clos parfait, difficile de ne pas se sentir un peu voyeur. Voyeur comblé par la densité d’un texte qui crache les petites misères de ces femmes sans histoire et sans avenir, mais montre aussi leur lucidité et leur esprit, leur grande expérience de l’âme humaine. "

Michel Tremblay a un don incroyable pour nous faire vivre ses histoires. On entend les personnages parler, avec cet accent si étrange pour un Français qu'est l'accent québécois. Les scènes sont tellement ordinaires que l'on n'a aucun mal à se les imaginer, et l'on rit des personnages qui pourraient être des gens que nous connaissons, et que nous affectuons malgré leurs petits défauts. D'habitude, à ces scènes plutôt banales, Michel Tremblay rajoute une touche de magie qui me fait savourer ses livres. Cette fois, ça n'a pas vraiment marché...

Les premières pages m'ont amusées, mais je me suis sentie très rapidement en décalage avec cette pièce. En fait, je trouve qu'elle a pris un coup de vieux. Michel Tremblay nous fait découvrir des personnages d'une autre époque, avec des valeurs qui appartiennent (au moins en grande partie) à une autre époque. Je n'ai rien contre les histoires qui ne se passent pas de nos jours, je pense que ce blog le démontre assez clairement. Mais dans cette pièce, je me suis sentie complètement en dehors de la scène, un peu comme quand un ami vous invite à une soirée où vous ne connaissez personne et où vous passez votre temps à sourire pour la forme à des conversations auxquelles vous ne comprenez rien, à vous ennuyer appuyé(e) contre un mur, en espérant que le temps va s'accélérer d'un seul coup afin d'atteindre l'heure de partir. Vous me direz que cette fois je n'avais qu'à fermer le livre. Oui, mais si les règles de politesse ne me contraignaient absolument pas à lire ce livre de bout en bout, l'espoir de retrouver ce qui m'a tant charmée chez Michel Tremblay dans les deux livres que j'avais déjà lus de cet auteur m'a amenée à le faire.
Finalement, j'ai été déçue. Pendant tout le premier acte, il ne se passe rien. Le deuxième acte intervient beaucoup trop tard à mon goût et ne retient pas suffisamment l'attention du lecteur pour sauver la pièce. Et quand j'ai passé un temps qui m'a paru interminable à lire un livre dont je ne comprends que la surface, je le referme en me disant que cette lecture m'a été complètement inutile.

Posté par lillounette à 13:30 - - Commentaires [11] - Permalien [#]
07 octobre 2007

Porte de la Paix Céleste ; Shan Sa

41CP1HW85ZLFolio ; 147 pages.
4,60 euros

J'étais partie pour vous parler de Michel Tremblay, et puis je suis tombée sur ce petit livre que j'ai beaucoup aimé. Shan Sa est un auteur que l'on a pu voir sur de nombreux blogs ces derniers temps, pourtant j'avoue que ses romans ne m'intéressaient pas tellement. Vous l'avez sans doute constaté, je lis surtout des romans anglophones et francophones. Alors, quand je vois un billet sur un auteur ne correspondant pas à cette zone géographique, je m'y intéresse moins (à tort, sans doute).
J'avais quand même acheté Impératrice il y a quelques mois, mais essentiellement parce qu'il coûtait un euro et qu'une LCA ne peut pas résister à un livre à 1 euro. Je sens que ma vie vous passionne, alors je continue. En fait, je suis tombée sur ce livre vraiment par hasard, alors que je cherchais un livre beaucoup moins alléchant. Et le résumé, qui ne me tentait pas du tout il y a peu m'a semblé d'un seul coup irrésistible (en même temps, étant donné les autres perspectives que j'avais, je pense que même Flaubert aurait pu me tenter à ce moment là).

Pour ceux qui ne se sont pas encore endormis, voici le résumé de l'histoire. Elle commence dans la nuit du 3 au 4 juin 1989, lorsque les chars chinois entrent sur la place Tian An Men, occupée depuis plusieurs semaines par des étudiants.  Ayamei a été l'une des meneuses du mouvement nprotestataire. Tirée loin de la place par un ancien camarade, elle échappe à la tuerie. Dès lors, elle doit fuir l'armée, et surtout un jeune soldat, Zhao, qui la poursuit sans relâche.

Si le contexte de 1989 est très bien présenté, ce n'est pas vraiment l'intérêt principal de ce livre. Ayamei est déjà hors de la place Tian An Men quand débute le livre. Elle n'apprend ce qui s'est passé que par des témoins. Et lorsque l'armée remet les choses en ordre au sein de la capitale, Ayamei s'est déjà réfugiée à la campagne. Ce que Shan Sa essaie de nous faire comprendre, c'est comment on a pu en arriver là, comment une telle incompréhension a pu se construire entre le pouvoir communiste et une partie de la population chinoise. Elle le fait à l'aide de deux personnages du même âge, mais aux parcours bien différents.

Ayamei d'abord, est une jeune fille qui n'a cessé de se poser des questions depuis son plus jeune âge. Elle a huit ans lorsque Mao décède, et ne comprend pas pourquoi elle doit pleurer ce personnage qu'elle ne connait même pas. La seule chose qu'elle sait, c'est qu'elle doit avoir peur que quelqu'un découvre qu'elle n'est pas triste. Plus tard, c'est encore par l'intimidation qu'on la prive de Min, son meilleur ami. Elle essaie de résister, mais c'est là qu'elle comprend que la seule façon qu'elle a de refuser la vie et les principes qu'on lui impose, c'est en se suicidant. C'est d'ailleurs bien pour mourir qu'elle veut retourner sur la place Tian An Men alors que l'armée a commencé à tirer.
Zhao, quant à lui, est un véritable soldat-robot, qui est convaincu de la bonté du gouvernement communiste. Fils de paysans miséreux et illétrés, il s'est engagé dans l'armée pour les soulager financièrement. A vingt et un an, il est désigné pour retrouver la criminelle Ayamei, qui a osé défier le pouvoir communiste.
Entre ces deux personnages va naître une relation très particulière, que l'une ignore d'ailleurs, et qui va les pousser à faire le choix de la vie. C'est là que l'on retrouve tout le charme de la littérature chinoise. Ayamei est poussée dans un temple au milieu de la nature. Là, elle apprend à se découvrir, à admirer le monde et à trouver la sérénité. Zhao pénètre dans l'univers d'Ayamei par le biais de son journal d'abord, puis par son enquête. Et lui aussi se met à regarder le monde avec des yeux neufs, et à considérer que la liberté a un sens.

C'est très poétique, très doux, sans pour autant donner une impression de lenteur qui rend parfois l'atmosphère de certains romans chinois pesante. Il se passe beaucoup de choses en très peu de pages. Je n'ai absolument pas eu un sentiment de remplissage, les phrases de Shan Sa tombent toutes très justes.

" Une fois sortie de la ville, une fois rendue à la nature, elle déploiera ses ailes et prendra son essor. Hélas, jamais elle ne reviendra. "

Vraiment un petit bijou qui, je trouve, mérite bien son Prix Goncourt du Premier Roman 1998.

Les avis de Clarabel (trouvé sur Amazon, d'ailleurs je m'aperçois qu'on a écrit quasiment la même chose) et de BMR et MAM. Marie a moins aimé.

Posté par lillounette à 12:38 - - Commentaires [21] - Permalien [#]
02 octobre 2007

La tournée d'automne ; Jacques Poulin

51MYWJ2EVFL

Babel ; 208 pages.

Voici un livre qui dormait dans ma bibliothèque depuis déjà un bon moment. Malgré tous les bons avis, je n'avais jamais envie de l'ouvrir. Un roman avec un titre comme celui-ci et une belle couverture comme celle-là, ça se lit dans un fauteuil au coin du feu avec un bon chocolat chaud, pas vraiment sur la plage.

L'histoire : En fait, elle se passe en été. La Chauffeur est un employé du ministère de la culture québécois. Chaque année, il fait des tournées avec son bibliobus, et prête des livres ou des manuscrits refusés par les éditeurs à ceux qui le désirent.
Cette fois-ci, le Chauffeur vient de rencontrer Marie, une Française, qui voyage avec sa troupe. Après avoir sympathisé, les nouveaux amis du Chauffeur décident de l'accompagner dans sa tournée d'été.

Mon avis : Ce livre est plutôt sympathique sous certains aspects. Déjà, il parle de livres, de la passion des livres, et ça ça me touche forcément. J'adorerais voir un bibliobus passer à côté de chez moi, dans lequel je peux prendre les livres que je désire lire, et éventuellement un manuscrit refusé. La confiance qu'a le ministère (et surtout le Chauffeur) que les livres seront bien rendus, sans même avoir pris le nom des emprunteurs, montre bien la valeur de l'objet livre aux yeux d'un lecteur. Il le renverra pour que le bibliobus puisse continuer à éclairer des petits bouts de vie. Ou alors, si le livre se perd, c'est parce qu'il aura été prêté à d'autres, pas parce qu'il a été rangé et oublié dans une bibliothèque.

Pourtant, je suis plutôt déçue par La tournée d'automne. La relation entre le Chauffeur et Marie ne m'a pas touchée. Elle est poétique sans doute, un peu mystérieuse, mais j'avoue avoir baillé plus d'une fois au cours des échanges entre ces deux personnages. Ce roman manque de rythme, de légèreté. L'ambiance de La tournée d'automne m'a rappelé celle de Je voudrais tant que tu te souviennes (livre dont je garde en tête les qualités, mais dont je suis très contente d'être sortie). J'ai bien vu que Jacques Poulin voulait évoquer la difficulté des relations humaines, mais ça ne m'a pas du tout plu.
Je m'attendais également à une déferlante de références de livres à noter, et j'ai été amèrement déçue. En fait, elles ne sont pas très nombreuses, et présentées dans le cadre de la relation entre Marie et le Chauffeur, ce qui ne m'a pas du tout incitée à les noter.
Autre chose, l'écriture de Jacques Poulin ne m'a pas séduite. Le langage employé est très courant, et j'ai trouvé les descriptions assez artificielles.

En regardant les autres billets sur ce livre, je constate que je suis la seule à avoir été déçue. Allie a adoré, Lily, et Malice aussi. Ah, Laure est un peu moins enthousiaste (je me sens moins seule^^) !

Posté par lillounette à 11:25 - - Commentaires [30] - Permalien [#]
29 septembre 2007

A la croisée des mondes, Tome 1 : Les royaumes du Nord ; Philip Pullman

51QWQVF2H7LFolio SF ; 533 pages.
6,60 euros.

Pour me faire pardonner cette longue absence, je reviens avec un très bon roman à vous conseiller. Je l'ai acheté lors d'une de mes flâneries à la librairie. Il me semblait avoir lu des billets dessus il y a déjà un certain temps, et le résumé me tentait bien.
Les avis de Papillon et de Thom m'ont poussée à le lire tout de suite, et bien m'en a pris.

L'histoire : Elle se déroule dans un monde qui pourrait être le nôtre, mais ce n'est ni tout à fait notre époque, ni tout à fait la réalité. Le siège de l'Église dominante n'est pas à Rome mais en Suisse, les Tartares sèment la terreur dans l'imaginaire collectif, et chaque être humain possède un "daemon", qui prend la forme d'un animal de sexe opposé au sien. Tant qu'une personne est enfant, son "daemon" peut changer de forme à sa guise, un peu comme un jeune humain fait des choix variés avant de devenir la personne qu'il veut être.  Une fois l'humain adulte, son daemon ne peut plus se transformer, et garde la forme d'une créature qui reflète une part de sa personnalité.
Lyra est l'une des enfants de l'univers créé par Philip Pullman. Curieuse, têtue et effrontée, elle vit à Jordan College au milieu des Érudits, jusqu'au jour où une envoûtante jeune femme vient la chercher. Ce même jour, Roger, le meilleur ami de Lyra, est enlevé par les Enfourneurs, qui capturent des enfants sans que personne ne sache vraiment ce qu'il advient d'eux.
Peu après, Lyra décide de partir à la recherche de son ami Roger. Cela la mène dans le Nord, où vivent également des ours guerriers terrifiants, qui détiennent Lord Asriel, l'oncle de Lyra. 

Mon avis : En ce moment, j'ai besoin d'évasion dans mes lectures. En cela, Les royaumes du Nord est tombé à merveille. Philip Pullman mêle les légendes et les époques avec une habileté remarquable. L'univers qu'il construit est parfaitement crédible, et lui permet à la fois de nous faire voyager dans un monde passionnant et de critiquer habilement la fragilité des institutions et des esprits humains quand ils sont manipulés par une personne habile.
Car si cette histoire est parsemée de touches d'humour et de merveilleux qui la rende très agréable à lire, le sujet en lui même n'a rien de léger. D'ailleurs, je trouve étrange que l'édition jeunesse soit "à partir de 10 ans". Certains éléments abordés dans ce livre me semblent plutôt difficile à comprendre pour des enfants. Sans parler de ce qu'il advient des plus jeunes dans ce roman... Au début de ma lecture, j'ai pensé aux Chroniques de Narnia, mais ce sentiment s'est très vite estompé. Pour en revenir au livre, j'ai trouvé que Philip Pullman allait beaucoup plus loin que je ne le pensais au premier abord. Comme je l'ai déjà dit, il utilise le merveilleux pour introduire des questions très sérieuses et toujours d'actualité comme des autorités fermant les yeux sur des drames touchant des gens considérés comme en marge de la société, ou sur les activités de certaines personnes très puissantes.
Toutefois, il ne nie pas la complexité de ces choses. Quand le Maître de Jordan College verse du poison dans le vin de Lord Asriel au tout début du livre, qui est le vrai méchant ? Ce genre de mystère permet par ailleurs de rendre le récit captivant et de créer un rythme très soutenu. En effet, chaque personnage est un mystère en lui même, et tient le lecteur curieux en haleine. Qui est gentil et qui est méchant sont des questions auxquelles Philip Pullman se garde d'ailleurs bien de répondre à la fin du tome 1. Au contraire, il s'amuse même à brouiller les pistes. Si un tel est méchant, pourquoi refuse t-il de prendre ce que Lyra lui tend ?

A peine avais-je refermé ce livre que les personnages me manquaient déjà. Trop de questions restent en suspens, du coup j'ai couru acheter la suite de cette trilogie !

L'avis de Chrestomanci.

Posté par lillounette à 12:00 - - Commentaires [21] - Permalien [#]

27 septembre 2007

Blog anniversaire...

Dans la vie, je suis quelqu'un de très tête en l'air. Surtout lorsque je suis surchargée comme en ce moment... J'ai quelques billets en retard, mais il va encore falloir attendre un peu.

Si je prends quand même le temps de poster un petit mot, c'est parce qu'une semaine de retard me semble la limite de l'acceptable pour oublier le premier anniversaire de son blog...

Donc Joyeux Anniversaire à mon blog ! Merci à vous de passer le lire plus ou moins souvent, de laisser des petits mots, de tenir également des blogs qui me donnent envie de découvrir de nouveaux livres, et qui me font vous apprécier même si je ne connais qu'une toute petite part de vous. Je m'arrête là, ça m'embêterait de vous faire pleurer^^.

Posté par lillounette à 14:28 - - Commentaires [46] - Permalien [#]
11 septembre 2007

Eclipse ; Stephenie Meyer

41RXZZRtuXLLittle ; 640 pages.

Je sais, je suis peu présente sur mon blog depuis un certain temps. J'ai pas mal de boulot, donc ça risque de durer encore un moment. Mais j'attendais ce livre avec tellement d'impatience (et je sais que je ne suis pas la seule) que je ne pouvais pas ne pas venir vous en parler. Attention, ce billet contient des spoilers, ne lisez que le premier paragraphe de mon avis si vous ne voulez rien savoir !

L'histoire : Pour ceux qui ne connaissent pas encore, il s'agit du Tome 3 de la série Twillight de Stephenie Meyer.
Dans ce tome, la fin de l'année scolaire et du lycée approche pour Bella et Edward. Bella est toujours confinée chez elle par son père pour avoir utilisé une moto et disparu trois jours. Afin d'obliger sa fille à voir d'autres gens que son petit-ami qu'il déteste ouvertement, Charlie lève la punition à la condition que Bella voit ses amies, ainsi que Jacob (qui refuse pourtant de lui adresser la parole).
Tout ceci alors qu'un vampire s'amuse à tuer des gens à Seattle...

Je l'ai dévoré en deux jours. L'histoire est prenante, il se passe beaucoup de choses dans ce tome, à la fois pour les vampires, pour les loups-garous et pour Bella. On passe du temps avec la famille Cullen dans ce livre, ce qui est extrêmement plaisant. Emmett est particulièrement drôle, tout comme l'enthousiasme un peu trop prononcé d'Alice en ce qui concerne les soirées ou autres à organiser. Cet humour, présent tout au long du livre, lui donne une ambiance plutôt conviviale (dans l'ensemble) et le rend extrêmement agréable à lire.
Rosalie et Jasper, pour leur part, racontent à Bella leur histoire, ce qui lui permet de peser davantage le pour et le contre de sa décision de devenir un membre de la famille d'Edward.
Les loups-garous ont également un grand rôle à jouer. On en apprend davantage sur les "frères" de Jacob, leur origine, et le pourquoi de certaines choses.

Mais j'avoue que ce livre m'a beaucoup contrariée quand même pour une chose. Comme les tomes précédents, Eclipse est basé sur un livre très connu que Bella lit et apprécie. D'habitude, c'est l'un des points positifs du livre. Ici, Stephenie Meyer a choisi d'intégrer certaines choses de Wuthering Heigts à son histoire (de façon légère et remaniée naturellement). J'ai beau adorer le roman d'Emily Brontë, je trouve qu'il passe mal dans Eclipse. L'héroïne de Wuthering Heights est capricieuse, égoïste et même détestable par moments.
Cela se répercute sur le caractère de Bella dans Eclipse, et ça ne la rend pas du tout attachante. Bien que son histoire avec Edward gagne en intensité dans ce tome, jouer à nouveau le coup du triangle amoureux Jacob-Bella-Edward avec en plus des histoires d'âmes soeurs et compagnie, m'a donné envie de gifler Bella un certain nombre de fois. Jusque là, je n'avais aucun problème pour m'identifier à elle, son histoire avec Edward était de celles qui font rêver toutes les petites filles. Dans ce tome, tout le monde souffre, alors c'est tout le contraire.

Certes, c'est plus subtil quand on lit l'explication de Stephenie Meyer. Selon elle, cela permet de montrer à quelle point l'amour de Bella pour Edward est fort. Contrairement à Cathy Earnshaw, elle ne choisit pas la voie de la facilité (qui pourrait pourtant la rendre heureuse dans une certaine mesure), mais celle qui lui fera tout abandonner de sa vie humaine pour une seule personne. Ce choix est naturellement difficile pour elle, il n'empêche que pour le lecteur, c'est difficile de comprendre certaines actions de Bella dans Eclipse

Malgré cela, j'ai dévoré ce livre et j'attends déjà avec impatience la sortie de Breaking Dawn, le dernier tome de la série qui sortira dans un peu moins d'un an.

Posté par lillounette à 09:15 - - Commentaires [42] - Permalien [#]
03 septembre 2007

Mort à Devil's Acre ; Anne Perry

9782264029638R1_1_10/18 ; 288 pages.
6,94 euros.

Comme vous le savez, j'aime beaucoup les romans d'Anne Perry, que je dévore depuis le début de l'année. Pourtant, j'avoue être assez déçue par ce septième tome de la série "Charlotte et Thomas Pitt".

L'histoire : Le corps émasculé d'un médecin d'apparence respectable est retrouvé dans le quartier mal famé de Devil's Acre. Thomas Pitt, appelé pour mener l'enquête, découvre que ce crime abominable est semblable au meurtre d'un autre homme découvert quelques jours auparavant. Mais le lien entre les deux hommes semble inexistant. Les choses ne s'arrangent pas quand le corps d'un Lord est retrouvé à son tour.

Ce tome semblait prometteur. L'enquête se déroule dans les bas quartiers de Londres et dans les milieux les moins favorisés beaucoup plus que d'habitude. Nous retrouvons également dans ce livre la famille Balantyne, rencontrée lors de l'enquête de Thomas Pitt à Callander Square.
Pourtant, j'ai trouvé qu'Anne Perry tournait en rond dans ce roman. Les choses n'avancent pas, l'enquête menée par Charlotte n'est que du réchauffé des tomes précédents, et le fin mot de l'histoire n'est découvert que par chance. Cette enquête est l'une des plus courtes que j'ai lues, pourtant Anne Perry semble manquer d'inspiration de bout en bout. Elle a pourtant un sujet intéressant (les moeurs des femmes de la haute société qui s'ennuient), mais elle ne l'exploite que de loin, et avec des idées déjà utilisées dans les précédentes enquêtes des Pitt.
En plus du manque d'action, je n'ai pas retrouvé l'humour présent dans les précédents tomes. Charlotte, Thomas, et même Emily ne sont pas très attachants, et je les ai trouvés assez fades. Ce livre manque de vivacité à mon goût, je l'ai lu sans réel plaisir et refermé avec soulagement.

Bref, un petit passage à vide pour Anne Perry. J'espère qu'elle se reprend dans les prochains tomes.

Posté par lillounette à 11:00 - - Commentaires [18] - Permalien [#]
31 août 2007

Les sorcières de Spence Tome 1 : L'oeil du destin ; Libba Bray

419N4X2HYKL

Editions du Rocher ; 354 pages.
14,90 euros.

Vous avez du le remarquer, je lis beaucoup de romans jeunesse ces derniers temps. En fait, j'attends avec beaucoup d'impatience la sortie d'Eclipse de Stephenie Meyer, et Gladys*** m'avait conseillé ce roman en attendant. D'ailleurs, je tiens beaucoup à la remercier pour cette belle découverte.

L'histoire : Gemma Doyle vit en Inde où elle s'ennuie à mourir. Le jour de ses seize ans, elle est furieuse contre sa mère qui refuse de l'envoyer à Londres faire ses débuts dans le monde et se trouver un mari. La jeune fille, qui déplore la dégradation de ses relations avec sa mère depuis son entrée dans l'adolescence, est terrifiée à l'idée de finir vieille fille si elle reste en Inde.
En allant chez une amie, elles se disputent. Puis, elles croisent un homme étrange, dont les paroles dénuées de sens provoquent une attitude étrange de Mrs Doyle. Cette dernière donne son collier à Gemma et lui ordonne de rentrer immédiatement. Vexée, Gemma jette des méchancetés à la figure de sa mère et tourne les talons. Tout se passe alors très vite. Gemma a une vision de sa mère, poursuivie par une ombre, qui s'enfonce un poignard dans la poitrine.
Après la mort de sa mère, la jeune fille part pour l'Angleterre, où son frère la confie à Spence, un établissement pour jeunes filles. Elle y rencontre des amies et découvre avec elles qui elle est réellement.

Ce livre n'est absolument pas le banal roman pour adolescentes que j'imaginais. Il est, je pense, difficile d'accès en dessous de treize-quatorze ans, sauf pour les très bons lecteur. Et je suis la preuve que l'on peut être très agréablement surpris par ce roman même lorsque l'on n'est plus tout à fait adolescent^^.

J'ai trouvé l'écriture de Libba Bray vraiment mature, dense, bien que la traduction soit assez pénible pendant les dialogues. Les "marmonné-je", "grogné-je" et compagnie rendent très mal en français. Et j'ai également noté plusieurs fautes d'orthographe assez énormes. Mais Libba Bray n'est pas responsable de cela, et hormis ces petits détails, son style est étonnament maîtrisé. Le rythme est rapide, et le suspens présent très tôt dans le récit.

Quant au fond, je l'ai trouvé très bien construit. L'histoire débute en Inde à la fin du XIXe, lieu entouré de mystères dans notre imaginaire, et se déroule ensuite dans une école assez étrange bien que réservée aux jeunes filles convenables. Si certaines choses peuvent sembler ne pas correspondre à une reconstitution historique exacte, Libba Bray nous donne des repères temporels et spatiaux tout à fait suffisants pour se mettre dans l'ambiance de l'époque tout en ouvrant son histoire au monde de la sorcellerie. Ce dernier est intrigant, ceci d'autant plus que Libba Bray ne nous donne les explications qu'au compte-gouttes et le crée de toutes pièces à partir de personnages mythologiques.
Les personnages de Libba Bray ne sont pas lisses. Chacune des filles a ses (gros) défauts, et l'amitié qui les lie est pour le moins surprenante. Un peu comme dans la vraie vie en fait. A seize ans, elles sont totalement inexpérimentées (sans être des oies blanches non plus), et recherchent de nouvelles sensations qu'elles vont parvenir à trouver. Les personnages secondaires, pour leur part, ne servent pas à faire tapisserie. Tous ont un côté étrange, des secrets enfouis, qui contribuent à créer des interrogations chez le lecteur.

A la fois conte, roman à suspens et roman sur l'adolescence, ce livre mêle tous ces genres de façon parfaitement cohérente et m'a tenue en haleine de bout en bout. J'ai vraiment hâte d'en connaître la suite.   

Posté par lillounette à 09:10 - - Commentaires [33] - Permalien [#]
29 août 2007

Les désastreuses aventures des orphelins Baudelaire : Tome 1 ; Lemony Snicket

51T02JRPS8LNathan ; 176 pages.
6,50 euros.

Je suis plutôt perplexe après ma lecture du premier tome de cette série qui a rencontré un succès énorme. J'ai beau aimer la littérature jeunesse, adorer les Harry Potter et les histoires un peu farfelues, j'ai passé un très mauvais moment avec ce livre.

Il s'agit du début de l'histoire de trois enfants qui se retrouvent orphelins. Après les avoir gardés quelques temps chez lui, l'éxécuteur testamentaire de leurs parents les confie à leur oncle qui se révèle froid et dénué de scrupules.

Je pense que c'est censé être drôle par moments, mais cette parodie des contes d'enfants ne m'a pas du tout amusée. Ca commence mal, ça se passe mal au milieu, et ça finit assez mal. D'accord, mais quel est le but de l'auteur ? Aucune idée.
Le style est vraiment trop enfantin (les explications de mot, bof), les personnages sont peu attachants, l'histoire est plate (je n'ai pas trouvé les rebondissements promis)... En résumé, je me suis vraiment ennuyée alors que j'aime assez les contes en général.
La seule morale qu'on peut en tirer c'est que ce n'est pas toujours génial d'être des orphelins...

Les avis de Majanissa et d'Allie.

Posté par lillounette à 10:33 - - Commentaires [36] - Permalien [#]