23 décembre 2008

Joyeux Noël

Je vous souhaite un très Joyeux Noël à tous et à tous !

Je pars réveillonner en famille, alors je vous laisse entre les mains de Christian

(je suis d'une générosité
incomparable en période de Noël)

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Little Women (1994)

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22 décembre 2008

Typhon ; Joseph Conrad

41VPG5PTQ9LFolio ; 153 pages.
Traduction d'André Gide ; 1903.
Titre Original : Typhoon.

Joseph Conrad est l'un de ces auteurs que j'avais prévu de découvrir depuis pas mal de temps, mais je ne savais pas vraiment par où l'attaquer. Au coeur des ténèbres est sans doute son titre le plus connu, mais le résumé ne me tentait pas tellement. C'est Manu qui a tranché pour moi, en le glissant dans mon colis Swap, par hasard.
Pour tout vous avouer, je n'ai appris qu'il y a quelques semaines que Conrad n'était pas un auteur américain mais bien un auteur anglais. En fait, c'est encore plus compliqué que cela, puisqu'il est en fait Polonais par ses parents, mais né en Ukraine. Conrad n'est devenu Anglais que vers trente ans, lorsqu'il s'est engagé dans la marine britannique.
Si je vous dit tout ça, c'est effectivement parce que je suis fatiguée, et que je parle beaucoup pour ne rien dire quand je suis fatiguée, mais aussi parce que cela me semble être important.

Je ne pense pas surprendre grand monde en disant que Typhon se déroule sur un bateau (la couverture, qui n'est d'ailleurs pas celle de mon livre, vous l'aura fait comprendre), mais savoir que Conrad a été marin lorsque l'on aborde ce texte me parait éclairant. Je ne suis pas une grande amatrice de livres dont l'intrigue repose davantage sur une atmosphère que sur des personnages, et ici, on ne peut pas dire que ces derniers soient très captivants au premier abord. Je vous laisse apprécier les quelques lignes qui introduisent le capitaine du Nan-Sham, le bateau qui va affronter le typhon auquel le titre fait allusion :   

" L'aspect du capitaine Mac Whirr, pour autant qu'on en pouvait juger, faisait pendant exact à son esprit et n'offrait caractéristique bien marquée de bêtise, non plus que de fermeté ; il n'offrait caractéristique aucune. Mac Whirr paraissait quelconque, apathique, indifférent. "

En fin de compte, Mac Whirr s'avère beaucoup plus intéressant que je l'imaginais. Il ne prend pas toujours les bonnes décisions, et est responsable du fait que son navire se retrouve au coeur d'un typhon, mais sa façon de vivre seulement de faux semblants m'a émue.
Je vous parlerais bien des autres membres de l'équipage, seulement il me semble que ce sont les relations qu'ils ont entre eux qui sont intéressantes. Car ce livre est un tout, chaque élément permet de créer l'atmosphère exacte que Conrad a voulu, et c'est ce qui rend ce texte si puissant, si beau, et surtout si réel. Je crois que je n'avais jamais lu un livre qui permettait de ressentir aussi fortement le calme d'abord, avec des personnages à moitié endormis, une mer tranquille, un navire qui fait paisiblement sa route, puis le déluge :

"Un faible éclair tremblota tout autour comme sur les parois d'une caverne, d'une chambre de la mer secrète et noire, au pavement d'écume et de flots. Sa palpitation sinistre découvrit un instant la masse basse et déchiquetée des nuages, le profil allongé du Nan-Sham, et sur le pont, les sombres silhouettes des matelots à la tête baissée, surpris dans quelque élan, butés et comme pétrifiés. Puis les flottantes ténèbres se rabattirent. Et c'est alors enfin que la réelle chose arriva.
Ce fut je ne sais quoi de formidable et de prompt, pareil à l'éclatement soudain du grand vase de la Colère. L'explosion enveloppa le navire avec un jaillissement tel qu'il sembla que quelque immense digue venait d'être crevée à l'avant. Chaque homme aussitôt perdit contact. Car tel est le pouvoir désagrégeant des grands souffles : une avalanche s'attaque à l'homme incidemment pour ainsi dire et sans colère. L'ouragan, lui, s'en prend à chacun comme à son ennemi personnel, tâche à l'intimider, à le ligoter membre à membre, met en déroute sa vertu.
" 

J'ai mis la dernière phrase en gras, parce que je l'aime tout particulièrement. Mais le passage entier est juste sublime.
Tout est parfait dans ce livre. Conrad a parfaitement su doser tout les éléments dont il avait besoin : les dialogues au compte-goutte, l'attitude des personnages (il n'y a pas que la mer qui s'agite), et même la construction du livre (la fin du typhon permet de terminer admirablement l'histoire)... 

Un excellent livre que je vous conseille absolument donc !

20 décembre 2008

Victorian Christmas Swap...

Et ma swappeuse était... Manu !!!

Quand mon paquet est arrivé, j'avoue que j'étais encore tranquillement en train de dormir. Heureusement, je n'étais pas seule. J'ai d'abord entendu les grelots qui faisaient beaucoup de bruit, alors je suis descendue en trombe me jeter sur mon paquet.

J'ai tout juste eu le temps de me rappeler qu'il fallait que je prenne des photos. Le colis était éventré en moins de dix secondes.

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Manu n'aurait pas pu me faire un plus joli colis. Tout ce qu'elle a choisi m'a rendue à moitié dingue. Admirez un peu :

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Les livres d'abord : j'avais complètement succombé au billet de Lou sur Les maîtres de Glenmarkie, au point que j'ai failli l'acheter quelques jours avant d'avoir mon paquet. Le portrait de Madame Charbuque était encore une envie due à Lou. Quant à Conrad, il était sur ma liste d'auteurs à découvrir depuis quelques temps déjà. Excellente enquête de la part de Manu donc, j'en ai d'ailleurs déjà lu deux (le billet sur Typhon arrive d'ici dimanche soir je pense). 

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Ensuite, les douceurs : la fan de thé que j'ai fini par devenir a été comblée par ces deux boîtes que je n'ai jamais goûtées. J'ai aussi eu droit à des confiseries de Noël, qui ne raviront pas que moi d'ailleurs...

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Ce n'est pas fini, j'ai aussi eu droit à une superbe boîte de Noël, à des décorations de Noël ravissantes, à une bougie en forme de Père Noël, et à une boule pour le bain :

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Le tout accompagné d'une jolie carte de Noël ! C'est ce que j'appelle être pourrie gâtée. Encore mille merci pour tous ces cadeaux Manu !

Et merci à nos organisatrices, Lou et Cryssilda, qui nous ont vraiment gâtées avec ce swap.

Pour ma part, j'ai envoyé un colis chez Praline.

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16 décembre 2008

Le portrait de madame Charbuque ; Jeffrey Ford

untitledLe Livre de Poche ; 354 pages.
Traduction de Jacques Guiod. 2002.
Titre Original : The Portrait of Mrs Charbuque.

Ma merveilleuse swappeuse avait mis ce livre dans mon colis (que vous découvrirez le 20 décembre). Je l'avais repéré chez Lou, alors j'ai sauté de joie quand je l'ai trouvé. En fait, l'action de ce livre ne se déroule pas en Angleterre mais aux Etats-Unis. Cela dit, je n'en voudrais jamais à ma swappeuse de m'avoir offert un livre qui me tentait autant^^.

Nous sommes donc à New York, à la fin du XIXe siècle. Piambo est un peintre reconnu, qui reçoit de nombreuses commandes de portraits de la part de l'aristocratie. Un soir qu'il rentre ivre et troublé chez lui, un homme aveugle lui apporte un message le priant de se rendre chez une dame inconnue, qui désire recourir à ses services. Lorsqu'il la rencontre, elle est dissimulée par un paravent, et lui fait une étrange requête : réaliser son portrait sans qu'il la voit jamais.
Dans le même temps, des jeunes femmes sont retrouvées mortes, après avoir pleuré du sang, et la police a bien du mal à étouffer l'affaire.

Etant donné que je ne suis pas une spécialiste en matière de science-fiction (c'est peu de le dire...) et que j'étais très curieuse de découvrir le steampunk (et non chipmunks, mes associations d'idées sont toujours assez surprenantes), je suis ravie de cette lecture. En cette période de Noël, me retrouver dans une histoire où l'on parle des flocons de neige, dont deux très spéciaux, m'a beaucoup plu. Tout comme Piambo, je me suis imaginé divers portraits de Mme Charbuque, et sa personnalité demeure un mystère jusqu'à la fin. Le récit de ses jeunes années m'a beaucoup touchée, et ses erreurs de jugement qui ont brisé l'enfant qu'elle était ne peuvent laisser indifférent. J'ai vraiment eu du mal à ne pas aller regarder les dernières pages du livre, mais j'ai résisté. En tout cas, l'auteur m'aura bien fait enrager, et c'est une chose que j'apprécie dans un livre.
A part Mrs Charbuque, il y a aussi Watkin, son serviteur terrifiant, qui m'a beaucoup plus. Sa personnalité complexe et sa situation, difficile à comprendre au premier abord, le rendent détestable. Mais lui non plus n'est pas le monstre qu'il parait.
Nous rencontrons aussi des peintres amis de Piambo, ainsi que Samantha, sa compagne, ce qui permet au récit de rester ancrer dans l'époque à laquelle se déroule l'histoire, même si Jeffrey Ford se contente de dresser les grandes lignes de la société new-yorkaise de la fin du XIXe siècle, et de quelques remarques sur ses codes et ses hypocrisies.   
En fait, je dirais que certains aspects auraient mérité d'être davantage développés. J'attendais mieux de Mrs Reed par exemple (même si j'adore voir les ordures s'empêtrer dans leurs mensonges pour ne pas se faire étriper par leur femme). De même, si tout n'est pas rationnel, l'aspect fantastique du livre n'est pas ce qui ressort le plus.
Par ailleurs, les scènes sensuelles impliquant Mrs Charbuque manquent de naturel, ce qui m'a davantage fait rire que percevoir en quoi Piambo pouvait avoir les sens en éveil au contact de cette femme.

Pas un coup de coeur, mais j'ai quand même beaucoup apprécié cette lecture. Cela me rappelle une fois de plus que j'aimerais vraiment développer mes connaissances en matière de fantastique/science fiction.

Encore merci à ma swappeuse pour le cadeau !

Nanne a adoré. 

13 décembre 2008

Dracula ; Bram Stoker

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J'ai Lu ; 574 pages.
Traduction de Lucienne Molitor. 1897.

Après ma lecture de Carmilla, je me suis jetée sur Dracula en pensant qu'il allait avoir l'étoffe qui manque au texte de Le Fanu. J'ai été amèrement déçue.

Jonathan Harker, clerc de notaire, se rend en Transylvanie pour affaires chez le comte Dracula, qui vient d'acquérir une propriété en Angleterre. D'abord rassuré par la présence du comte, Jonathan Harker réalise bientôt qu'il est prisonnier de son château, et que Dracula n'est pas celui qu'il prétend être.

J'ai beaucoup de mal à comprendre comment il est possible de prendre plaisir à la lecture de ce roman. Je me suis un peu documentée au cours de ma lecture, et je veux bien croire que Dracula puisse être intéressant à étudier. En revanche, ma lecture "plaisir" de ce livre s'est vite transformée en une grosse déception.
Je ne sais pas à quoi je m'attendais, mais pour un roman qui est censé être plus ou moins angoissant, je trouve que la forme épistolaire est inapropriée. Toutes les actions sont rapportées, les dialogues sont posés, peu nombreux. Cela gâche totalement le suspens, et rend le roman long, mais long....
De plus, les personnages qui racontent l'histoire ne sont pas les plus importants. C'est Dracula qui donne son titre au roman, mais on a rarement vu un héros aussi absent. A aucun moment, le lecteur n'a accès à ses pensées, à qui il est vraiment. Il est vu par tous comme un monstre, mais ce ne sont que des avis rapportés. On passe davantage de temps à attendre la mort de Lucy, à attendre que les choses se passent en fait, qu'à être réellement dans l'action. Et dès qu'il se passe quelque chose, on n'a droit qu'à de vagues explications (du fait de la construction du roman), qui font de Dracula une idée plus qu'un être bien réel. J'attendais des explications à la fin, mais rien n'est venu. Tout est bâclé en quelques lignes, alors que Stoker nous a raconté en long en large et en travers le voyage des poursuivants de Dracula depuis l'Angleterre jusqu'à sa demeure, et tout un tas d'autres choses tout aussi captivantes... A plusieurs reprises, l'auteur lance des phrases qui m'ont fait espérer voir le personnage de Dracula prendre de l'épaisseur, mais Stoker ne les exploite pas.
L'autre personnage qui pouvait être intéressant est Van Helsing, mais lui aussi reste plutôt inaccessible. Par ailleurs, afin de ménager le suspens, le professeur dissimule des informations, ce qui a des conséquences fâcheuses.
Le seul personnage qui m'a paru intéressant est Renfield. Il se dévoile bien plus que Dracula, et ce n'est qu'à travers lui que j'ai ressenti le pouvoir du comte.
Pour ne pas être trop méchante, je dirais quand même que la première partie du livre (en gros, lorsque Jonathan est chez le comte) est bien. Les descriptions du château, le pouvoir du comte sur les loups, les découvertes de Jonathan, créent une ambiance gothique conforme à ce que j'attendais de ce livre. Malheureusement, ça ne dure pas.

Un livre que je n'ai pas du tout apprécié, donc. J'espère que l'adaptation de Coppola (qui s'éloigne beaucoup de l'histoire originale) sera plus appréciable.

Les avis beaucoup plus enthousiastes de Karine :), Isil, Hydromielle, et Romanza.

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09 décembre 2008

Carmilla ; Joseph Sheridan Le Fanu

51CJS714GDLBouquins. 66 pages.
Titre original : Carmilla.1871.

Cela faisait quelques temps déjà que je voulais découvrir Le Fanu, le Victorian Swap m'en a donné l'occasion.

Un soir qu'elle se promène avec son père et ses deux gouvernantes, Laura est témoin d'un accident de carrosse très violent. Deux femmes se trouvent dans la voiture. Si la mère est indemne, ce n'est pas le cas de sa fille. Le père de Laura, alors que la dame lui confie qu'il lui faut immédiatement reprendre la route, implore cette étrangère de lui confier son enfant jusqu'à son retour.
Une amitié naît immédiatement entre Laura et Carmilla, mais cette dernière refuse toujours obstinément de donner des détails de son passé. De plus, Carmilla tient des discours très étranges, tandis qu'au dehors, plusieurs femmes périssent après avoir juré avoir été victimes d'un monstre.

J'ai beaucoup aimé ce court texte, même si je pense comme d'autres blogueuses qu'il n'a rien de transcendant non plus. Il s'inscrit clairement dans le courant gothique, mais comporte quand même des éléments nouveaux par rapport à ce que j'avais pu lire jusque là. Chose appréciable, Laura est un personnage beaucoup plus étoffé que les héroïnes gothiques du XVIIIe siècle. Elle reste encore fragile, mais elle narre l'histoire, et semble beaucoup plus perspicace que ses consoeurs.
Carmilla est un peu décevante en revanche. Il est évident que, du fait de la brièveté du texte, le suspens ne tienne pas bien longtemps. Cependant, pour un vampire qui survit depuis des décennies, son numéro de charme semble faiblard. Cela dit, ses sentiments pour Laura, presque amoureux, ont dû choquer les bonnes âmes de l'époque (un rien m'amuse). De plus, les préjugés que l'on a à l'égard des vampires aujourd'hui (ceux des romans, je n'y crois pas en vrai, rassurez-vous), correspondent peu ou prou aux caractéristiques vampiriques de Carmilla. D'ailleurs, j'ai commencé le Dracula de Bram Stoker, pour qui Le Fanu a été une source d'inspiration.
En ce qui concerne la narration, il a déjà été souligné que la même histoire est répétée de façon quasi identique à deux reprises. C'est maladroit, mais ça ne gâche pas non plus la lecture.

Une bonne découverte pour les novices en matière de vampires dont je suis, donc. Le Fanu et moi n'en avons pas fini !

Les avis d'Isil et de CryssildaCryssilda.

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07 décembre 2008

Le voyage dans le passé ; Stefan Zweig *spoilers*

51kw2haF1vLGrasset ; 172 pages.
Traduction de Baptiste Touverey. 1976.
V.O. : Die Reise in die Vergangenheit.

Inédite en français jusque là, Grasset a entrepris de traduire cette nouvelle de Stefan Zweig, qui raconte les retrouvailles de deux amants, séparés par le travail et la guerre. Ils se sont connus quand il était le secrétaire particulier de son époux à elle. Ils se sont aimés secrètement et de façon presque platonique durant les quelques jours précédant le départ de Louis pour l'Amérique, et elle lui a promis d'être à lui à son retour, quand il le désirerait. Son absence devait initialement durer deux ans, le premier conflit mondial les aura finalement faits patienter neuf longues années, soit "quatre mille nuits".  Elle est veuve, lui s'est finalement marié et est père de famille.

Cette nouvelle est un véritable bijou, un de plus de la part de Zweig, qui sait décrire les sentiments amoureux avec une habilité peu commune. Ayant déjà lu l'auteur, je m'attendais un peu à des retouvailles contrariées. Cependant, j'ai quand même été surprise par la justesse avec laquelle nos deux amants sont décrits. Ils ont conservé le goût d'inachevé de leur histoire, mais neuf ans ont passé, et la réalité les frappe de plein fouet lorsqu'ils réalisent qu'ils ne peuvent reprendre leur relation là où ils l'ont laissée. Il luttait pour son indépendance quand ils se sont connus, et c'est l'extrême lucidité dont elle faisait preuve à son égard qui l'avait conquis. Au Mexique, il est devenu un personnage respectable, et elle est désormais presque une vieille dame. Les souvenirs qui finissent par leur remonter ne sont que ceux qui présageaient de l'échec de leurs retrouvailles. Ainsi, ces mots de Verlaine qu'elle avait lus à Louis :

Dans le vieux parc solitaire et glacé
Deux spectres cherchent le passé

C'est incroyable que ces quelques mots, glissés dans les réflexions de Louis, puissent contenir autant de sens.

Magnifique.

A noter que le texte français est suivi de la version allemande. L'avis de Fashion.    

05 décembre 2008

De pierre et de cendre ; Linda Newbery

resize_5_Phébus ; 400 pages.
Traduction de Joseph Antoine. 2006.
V.O. : Set in Stone.

Ne vous fiez pas au titre digne d'un vulgaire roman à l'eau de rose de de ce livre, ce serait un grand tort. Je l'ai découvert sur un blog, impossible de savoir lequel (car Allie me jure que ce n'était pas le sien), mais je n'y pensais plus jusqu'à ce qu'il tombe dans mon panier. Le résumé de la quatrième de couverture rendra folles au moins Cryssilda, Madame Charlotte, Isil et Lou, car il rappelle furieusement La dame en blanc. N'ayant pas apprécié ce dernier, j'ai hésité au moins un quart de seconde avant de voir que Charlotte Brontë était aussi citée, et de me dire que ça n'avait pas l'air mal du tout quand même. 

Impossible de ne pas remarquer l'hommage à la littérature anglaise du XIXe siècle lorsqu'on lit ce livre qui se déroule en 1898. Linda Newbery n'a même pas pris la peine (ou si peu) de changer le nom des deux soeurs dont le maître de dessin (!) Samuel Godwin doit s'occuper lorsqu'il se rend à Fourwinds, engagé par le père des jeunes filles. Son premier contact avec Marianne, la plus jeune, est déroutant. La jeune fille pousse un cri terrible dans la nuit avant d'appeler Samuel à son secours. La gouvernante, Charlotte Agnew, qui a connu un parcours très similaire à celui d'une certaine Jane Eyre, lui explique dès lors que Marianne est en proie à certains accès de folie. Quant à Juliana, l'aînée des Miss Farrow, elle se remet doucement d'une maladie.
Très vite, Samuel, qui est fasciné par Marianne, commence à soupçonner de terribles secrets liés au sculpteur qui avait été chargé de réaliser les quatre oeuvres, quatre vents correspondant aux points cardinaux, qui devaient trôner dans le parc de Fourwinds. Or si le Vent du nord, celui de l'est et celui du sud sont bien exposés, Marianne est convaincue que le Vent d'ouest se promène, et que le calme ne pourra se faire que losqu'on l'aura retrouvé. Charlotte, bien que présente depuis plus longtemps dans la demeure, va elle aussi finir par mener une chasse aux secrets.

Les premiers chapitres de ce roman m'ont déconcertée. La dame en blanc était tellement présent dans mon esprit que je me demandais si l'auteur allait m'offrir un récit qui soit plus qu'un hommage au roman de Wilkie Collins. Linda Newbery a même conservé l'utilisation de différents personnages pour narrer l'histoire. Inutile de faire durer le suspens, on entre rapidement dans une nouvelle demeure, dont les mystères sont suffisants à chasser les éléments étrangers au livre de Linda Newbery.
Les personnages auxquels sont confrontés Samuel et Charlotte sont fascinants. Ceci d'autant plus que l'auteur nous met dans la tête de personnages qui sont assez aisément induits en erreur.
Une fois embarqué, il est presque impossible de se détacher du livre. Les rebondissements ne sont pas forcément très bien menés, mais comme Charlotte et Samuel, plus on avance et plus on se dit que ce n'est pas possible.
De plus, les thèmes abordés sont variés (même si je ne peux pas tous les exposer pour ne pas vous spoiler), et contribuent à rendre De pierre et de cendre captivant. 

Dans le même genre, j'ai quand même préféré Le treizième conte. Mais je ne peux que vous engager à lire De pierre et de cendre, qui est une très bonne lecture victorienne.

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01 décembre 2008

Ailleurs ; Julia Leigh

51MUWMCBOMLBelfond ; 104 pages.
Traduction de Jean Guiloineau. 2008.
V.O. : Disquiet.

Je suis silencieuse depuis une semaine, mais c'est seulement parce que j'ai commencé plusieurs livres, qui me plaisent tous beaucoup, et que je lis donc en parallèle. Mais mon paquet victorian swap est presque prêt, j'attends juste que d'autres se lancent pour l'envoyer.

Pour en venir au livre de Julia Leigh, je l'ai repéré sur le blog de Lamousmé, généralement de très bon conseil, qui a adoré. Je ne vais pas revenir sur ma précédente phrase et vous dire que Lamousmé s'est trompée, parce que Ailleurs est véritablement un texte fort, travaillé, et profond. J'étais assez perplexe au début de ma lecture, mais je n'en ai pas moins dévoré ce livre, et il n'est pas question que je m'en sépare (sort auquel sont de plus en plus destinés les livres que je n'ai pas vraiment aimé, pour des questions de place).

En quelques phrases, Julia Leigh nous plonge dans l'ambiance désagréable de l'histoire d'une femme qui rentre dans la demeure familiale après avoir fuit l'Australie et son mari violent. Elle vient d'arriver avec ses deux enfants, lorsque son frère et sa belle-soeur rentrent de la maternité, un bébé mort-né dans les bras. Très vite, on sent que les personnages se retrouvent prisonniers dans une situation malsaine, qu'ils ne parviennent pas à crever.

Nous n'avons pas droit à de nombreuses explications par la suite, tout semble être fait de non-dits, d'actes manqués et de secrets de famille avec ces personnages. Ces derniers sont aussi fascinants que repoussants, désillusionnés et cruels. Ils restent volontairement distants, Olivia n'étant désignée par la narratrice que comme "la femme" par exemple.

A ce stade de mon billet, on pourrait penser que j'ai été totalement conquise. Cependant, je ressors de ce livre autant mal à l'aise parce que l'histoire est peu réjouissante que parce que je n'y ai rien compris.
En relisant le billet de Lamousmé, qui cite tout un tas de références (dont Lewis Carroll, que je dois décidément lire de toute urgence) que je ne connais pas, j'ai le sentiment qu'en fait, ce livre ne s'adresse pas à un public très vaste. Je ne dis pas que toute personne lisant ce livre sans connaître les dieux lamousméens perdra son temps en lisant ce roman, mais il me semble que cette ignorance nuit à la lecture dans ce cas précis. 

Je ne sais pas trop ce que je dois vous conseiller en fin de compte. J'ai envie de vous dire de vous précipiter dessus, tout en espérant qu'il ne vous fera ressentir que la partie positive de mon avis. 

21 novembre 2008

Délivrez-moi ! ; Jasper Fforde

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Il y a presque deux ans, j'avais dévoré le premier tome de la série des Thursday Next. Je m'étais immédiatement jetée sur Délivrez-moi ! , mais comme je suis une parfaite illustration du proverbe disant qu'il ne faut pas abuser des bonnes choses, mon élan avait été coupé net. J'ai réouvert ce livre parce que j'avais besoin d'un bon divertissement, et j'ai eu un énorme choc : j'avais complètement oublié que Thursday avait un cousin qui s'appelait Wilbur ! Je ne comprends pas comment c'est possible tellement je trouve ce prénom abominable.

Mais passons, puisque l'heure est grave. Thursday croit nager dans le bonheur depuis son mariage avec Landen. Ils viennent juste d'apprendre qu'ils vont avoir un enfant, et seules les interviews auxquelles est conviée Next afin de raconter son aventure dans Jane Eyre apportent une ombre au tableau.
L'ennui est que Goliath n'apprécie pas du tout que l'un de ses agents ait été coincé dans Le Corbeau d'Edgar Allan Poe, que la ChronoGarde est toujours à la recherche du père de Thursday, et que les coincidences très étranges qui entourent la jeune femme sont de plus en plus menaçantes.
Quand Landen est éradiqué par la ChronoGarde, qui le fait mourir à l'âge de deux ans dans l'accident de voiture auquel il avait pourtant survécu, Thursday est prête à tout pour le ramener.
Elle nous emmène donc au Japon, puis se retrouve dans la bibliothèque dont nous rêvons tous, celle où sont rangés tous les livres jamais publiés, gardés par le chat de Alice au pays des merveilles (entre parenthèses, si ma swappeuse du Victorian Swap passe par là, je meurs d'envie de le lire maintenant). De là, elle commence son apprentissage pour entrer dans les textes avec Miss Havisham (que j'étais ravie de revoir), toujours vêtue de sa robe de mariée en lambeaux, mais délicieusement hargneuse.

Je ne vais pas vous raconter tout le livre, mais j'en meurs d'envie parce que je me suis régalée ! Fforde est vraiment un génie, le monde qu'il a créé est drôle, incroyablement loufoque, et fantastique pour toute personne qui aime les livres. On apprend que Heathcliff a passé trois ans à Hollywood (où il a également mijoté sa vengeance donc), Mrs Fanny Dashwood a presque l'air sympathique, et avance des arguments pour sa défense qui sont très convaincants. Les personnages des romans évoqués sont encore une fois des personnages qui ont une existence hors de celle que les auteurs leur ont offerte, et tout le monde trouve cela normal que la découverte d'une nouvelle pièce de Shakespeare puisse avoir des conséquences incalculables, ou que l'on se piétine dans une foire aux livres.
Et puis, Pickwick. J'adore cette bestiole !
Le tout est servi par la plume dynamique de Fforde, qui nous fait trembler et enrager. Les rebondissements sont légion, et le plus incroyable est que plus Fforde s'enfonce dans le fantastique et plus il est crédible. Lorsqu'il décrit le monde réel à la fin du livre, c'est nous qui nous paraissons complètement absurdes...

Le quatrième tome étant sorti en poche il y a peu, je sens que je ne vais pas tenir longtemps avant de retrouver Thursday Next !

L'avis de Karine :). Je tiens aussi à dénoncer le fait que Lou n'a pas aimé L'affaire Jane Eyre (comme ça je suis fâchée avec les DEUX organisatrices du Victorian Swap. J'aurais sans doute mieux fait d'attendre que les swappeuses et swappées soient déterminées, mais je suis une téméraire ! ).

10/18 ; 444 pages.
Traduction de Roxane Azimi.
Titre Original : Lost in a Good Book. 2002.

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