04 janvier 2009

La Fille du capitaine ; Alexandre Pouchkine

resize_4_Le Livre de Poche ; 222 pages.
Traduction de Vladimir Volkoff.
1836.

Lettre P du Challenge ABC :

Le 1er janvier, j'ai rassemblé tous les livres que j'ai choisis pour mon challenge "classiques", et pendant quelques minutes, j'ai été horrifiée : rien ne me tentait... Il faut dire que je viens de passer une semaine avec Philip Pullman ( je vous en reparle très vite), et je ne savais pas si je pourrais apprécier une autre ambiance. Pouchkine m'a été conseillé pour compléter ma liste de livres à lire en 2009, alors j'ai ouvert La Fille du capitaine sans savoir de quoi il s'agissait.

Russie, 1773. Après avoir reçu une éducation plutôt succincte, Piotr Andréïtch Griniov est confié par son père, un ancien grand soldat, aux soins d'un vieil ami, qui doit faire de lui un combattant de Catherine II. Son vieux serviteur l'accompagne, et tous deux se rendent au fort de Bélogorsk (où les envoie l'ami du père de Piotr), où son supérieur et sa femme l'accueillent comme leur propre fils. Bien que le fort n'offre pas les loisirs dont Piotr pensait jouir à Saint Petersbourg (où il désirait faire son apprentissage de soldat avant que son père ne l'expédie dans un endroit plus dur), il se sent très vite à l'aise avec ses nouveaux compagnons, et son affection pour la fille de son supérieur se transforme très vite en amour.
Mais le rebelle Pougatchov attaque les forts de la tsarine, et menace celui où se trouve Piotr. 

 

Pour commencer, j'ai deux scoops à vous annoncer :
- Un roman russe peut être drôle : bon, ce n'est pas le livre le plus euphorique de la Terre, mais certains passages, particulièrement avec le valet de Piotr, sont extrêmement amusants.
- Un roman russe peut bien se terminer : désolée de vous gâcher le suspens, mais je ne m'y attendais pas le moins du monde. Et puis, tout est relatif, tout ne va pas non plus pour le mieux dans le meilleur des mondes. 
En revanche, j'ai pu vérifier avec délice que les noms des personnages russes sont impossibles à retenir... Les personnages de La Fille du capitaine ont la bonne idée de tous s'appeler Ivan, donc il faut retenir leurs autres noms. Sans parler des surnoms dont les russes sont très friands je crois... Moi qui ai prévu de lire Guerre et Paix, je sens que je vais déguster !

A part ça, j'ai bien aimé ce livre, mais je n'ai pas été subjuguée non plus. J'ai beaucoup aimé les personnages qui font ce livre, particulièrement Pougatchov, Shvabrine et la femme du capitaine. Ce sont des personnalités fortes, complexes, qui donnent lieu à des scènes cocasses, et dont la détermination est à toute épreuve.
Autre élément très appréciable, le contexte historique. Je n'y connais rien à l'Histoire de la Russie, mais j'adore l'Histoire en général, alors quelques bribes sont toujours bonnes à prendre. D'autant plus que je compte lire d'autres romans russes cette année, et je trouve qu'il est toujours bon d'avoir quelques bases.
Mais j'ai eu du mal à me mettre dans l'ambiance. J'ai trouvé le style assez froid (j'aimerais vraiment lire le russe...), l'histoire un peu trop rapide. J'aurais aimé voir davantage la Russie, vivre un peu plus avec les personnages. J'aime les pavés, et certains livres ont besoin de beaucoup de pages pour me captiver réellement. Je crois que La Fille du capitaine en fait partie. 

Une bonne lecture donc, pas totalement convaincante, mais qui me conforte dans mon envie de découvrir les auteurs russes !   

Les avis de Papillon et Majanissa.

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02 janvier 2009

Le cercle littéraire des amateurs d'épluchures de patates ; Mary Ann Shaffer

24580218_1_France Loisirs ; 387 pages.
Traduction de Aline Azoulay-Pacvon. 2008.
V.O. : The Guernsey Literary and Potato Peel Society.

Je déteste France Loisirs (désolée pour les fans...), leur façon de recruter les adhérents ne me plaît pas du tout, et quand je vois leur catalogue, je me dis que nous n'avons absolument pas les mêmes goûts...
Mais cette fois, j'ai craqué devant les assauts de Clarabel, puis de la moitié de la blogosphère (la version anglaise n'a pas une aussi belle couverture). J'ai fait les yeux doux à une personne de mon entourage abonnée à FL, et elle me l'a très gentiment acheté.

Londres, 1946. Juliet Ashton est un écrivain en mal d'inspiration. Un jour, elle reçoit une lettre d'un habitant de Guernesey, un certain Dawsey Adams, qui a trouvé son adresse sur un ouvrage de Charles Lamb. Elle découvre alors l'existence du cercle littéraire des amateurs de littérature et de tourte aux épluchures de patates, créé grâce à la rapidité d'esprit d'une habitante de Guernesey, durant l'Occupation. Au fils des lettres, Juliet se lie d'amitié avec les différents habitants de l'île, et commence à écrire sur eux.

Si vous êtes déprimé, si vous aimez les personnages loufoques, ou si les îles anglo-normandes vous attirent, ce livre est fait pour vous. Juliet est une héroïne extrêmement attachante avec son caractère bien trempé, et son amour des livres. Cette lecture m'a d'ailleurs rappelé que le livre de Daphné Du Maurier sur Branwell Brontë m'attend bien sagement dans ma bibliothèque. Et que les hommes qui tomberaient sur ce billet ne s'offusquent pas, mais je n'ai pu m'empêcher de noter cette phrase d'Isola (qui parle de mon Heathcliff, donc je suis pardonnée) :

"Les hommes sont plus intéressants dans les livres qu'ils ne le sont en réalité."

Outre cet hymne à la lecture, Le cercle littéraires des amateurs d'épluchures de patates évoque une page douloureuse de l'Histoire, puisque les habitants de Guernesey sont encore marqués par le passage des Allemands, et les Londoniens non plus n'ont pas repris leur vie d'avant la guerre. Heureusement, les personnages ont assez de ressources et de malice pour ne pas s'effondrer et nous abattre avec eux, et l'on referme ce livre avec le sourire aux lèvres. Nous sommes en effet confrontés à une avalanche de personnages qui ont tous une particularité (sorcière, ivrogne, vieille bique...) qui permettent de dédramatiser l'histoire tout en gardant conscience des difficultés passées. Mention spéciale au personnage d'Elizabeth, je n'avais même pas remarqué qu'elle était absente avant que ce ne soit dit. Sa présence jusque là était telle que la nouvelle tombe comme un coup de massue. C'est très habile de la part de l'auteur. Je suis beaucoup moins convaincue par Rémy. Étrangement, ce témoin direct des horreurs de la guerre, cette jeune femme brisée par ce qu'elle a subit, n'est pas celle par qui l'émotion passe. Je veux bien croire que cela soit voulu, mais je n'ai pas compris quel était l'intérêt de la faire venir à Guernesey.   
En ce qui concerne la forme épistolaire, je ne suis pas particulièrement une amatrice du genre, mais j'ai trouvé qu'elle passait très bien avec ce roman, et ajoutait même beaucoup à son charme (cette dernière phrase qui semble totalement inutile, est en fait destinée à une certaine personne qui devrait se reconnaître).   
Juste une critique, l'écriture est un peu lourde dans les premières lettres des habitants de Guernesey reçues par Juliet, et donne à ces dernières un côté artificiel.
Mais bon, le reste est très agréable (je crois que je ne me remettrais pas de l'anecdote avec Oscar Wilde...), alors tout va bien.   

Pas le roman du siècle, mais un livre idéal pour les froides soirées qui sont encore devant nous !

Les avis de Clarabel, Emjy, Fashion, Tamara, Michel et Karine.

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31 décembre 2008

Bilan Littéraire 2008

Cette année, j'ai pas mal délaissé mon blog. Pas le temps, pas l'envie... Mais depuis la rentrée, c'est reparti, rassurez-vous (ou désespérez...) !
Je ne me souviens pas de tous les livres que j'ai pu lire, mais j'ai très peu fait de lectures "plaisir" au cours des six premiers mois de l'année. Je pense que j'ai du lire ou relire environ 80 romans en 2008 (dont 65 dont j'ai parlé ici). C'est donc une petite année en nombre, mais la qualité était au rendez-vous. Je suis également enchantée d'être toujours avec vous, 2008 m'a permis de "rencontrer" de nouvelles blogueuses que j'apprécie vraiment, et je me sens de mieux en mieux au sein de la blogosphère (j'ai même participé à un Swap ! ).

Bon, passons aux choses sérieuses maintenant : 

Mes coups de coeur de l'année : (dans le désordre, à part le premier)

- Le bruit et la fureur, William Faulkner : ce roman est tout bonnement parfait. C'est LE livre qui m'a le plus touchée cette année. Du même auteur, j'ai aussi adoré Lumière d'août

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- Les grandes espérances, Charles Dickens : Il faut qu'Erzébeth se prépare au choc qui l'attend, donc je veux l'amadouer. Non, sérieusement, le petit Pip m'a vraiment amadouée (même si Thackeray reste le meilleur), et je compte bien relire Dickens en 2009. Je n'aurais pas pensé le mettre dans mes super chouchous de l'année, mais quelques semaines après ma lecture, je suis toujours imprégnée par ce livre...

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- La traversée de l'été, Truman Capote : C'est maintenant qu'Erzébeth va s'arracher les rares cheveux qu'il lui reste. J'ai complètement craqué pour le premier roman de Capote, je l'ai trouvé vraiment très fort, encore plus que Breakfast at Tiffany's.

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- Délivrez-moi ! , Jasper Fforde : j'ai été ravie de retrouver Thursday Next, mais aussi et surtout Miss Havisham. Jasper Fforde est à conseiller contre tous les coups de blues !

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- Far from the madding crowd, Thomas Hardy : il m'aura fallu plus de deux ans pour que je me décide à ouvrir un livre de cet auteur, la poule mouillée que je suis est coriace. Finalement, j'ai été enchantée par ce roman sublime au point que j'ai acheté la moitié des titres de Hardy après avoir quitté le berger Oak et sa Bethsheba...

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- La lettre écarlate, Nathaniel Hawthorne : encore un livre que j'ai mis du temps à ouvrir, mais qui m'a mis une sacrée claque !

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-Le jardin de ciment, Ian McEwan : parce que McEwan est une machine à produire des merveilles. Ce livre est le plus émouvant de lui que j'ai lu (et la barre est haute, croyez moi).

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- Genitrix, François Mauriac : un auteur que je n'aurais jamais pensé lire, et encore moins apprécier !

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- Une étude en rouge, Sir Arthur Conan Doyle : Sherlock Holmes et moi sommes en passe de devenir de très très bons amis !

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- Le treizième conte, Diane Setterfield : LE livre qui a séduit toute la blogosphère ! Je ne pensais pas que c'était possible, mais il semble que chacun y trouve son compte.

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- Xingu, Edith Wharton : merci encore Lou pour cette découverte !

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- La voleuse de livres, Markus Zusack : je l'ai ouvert un peu inquiète, mais j'y ai trouvé un livre bouleversant et délicat.

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- Sirène, Marie Nimier : une merveille de délicatesse !

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- Bitten, Kelley Armstrong : Clay...
Certainement pas le chef d'oeuvre de l'année, mais qu'est-ce que ça fait du bien un peu de légèreté de temps en temps !!

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Les déceptions :

- La Dame en blanc, Wilkie Collins et Dracula, Bram Stoker : deux livres que j'avais juré d'adorer... Je ne comprends pas ce qu'il s'est passé...

- Sans te dire adieu, Myriam Sachs : un début prometteur, puis une succession de clichés. Vraiment dommage...

- L'amant inachevé, Gaëlle Guernalec-Lévy : malgré des échanges très intéressants avec d'autres blogueuses ainsi que l'auteur, je reste déçue par ce livre...

- Inconnu à cette adresse, Kressmann Taylor : j'ai bien aimé la dernière page, mais le reste ne m'a pas touchée...

- La Passion selon Juette, Clara Dupont-Monod : cette déception m'a moins surprise, mais je reste quand même perplexe devant l'enthousiasme provoqué par ce livre sur les blogueuses...

- Son absence, Justine Augier : je pense qu'il dispute au livre précédent le titre de daube de l'année (désolée pour les fans). Ce livre est complètement vide...

Les "Je sais paaaaaaaaaas ! " : (les livres qui m'ont marquée mais également gênée)

- Ailleurs, Julia Leigh : un auteur que j'espère relire pour mieux me positionner par rapport à ses écrits.

- L'infortunée, Wesley Stace : mais pourquoi cette deuxième partie ?!?

- The End of the Affair, Graham Greene : ou comment foirer un chef d'oeuvre avec des considérations assomantes...

- L'empreinte de l'ange, Nancy Huston : j'ai le coeur sensible, alors je suis troublée, même après un an...

La plus jolie couverture de l'année :

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Mes bonnes résolutions pour 2009 :

- Lire au moins quelques livres de mon Challenge ABC...

- Acheter moins de livres, essayer d'en emprunter au moins quelques uns à la bibliothèque.

Très joyeuse année 2009 à tous !

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29 décembre 2008

Une étude en rouge ; Sir Arthur Conan Doyle

resize_2_Librio ; 126 pages.
Traduction de Lucien Maricourt.
Titre original : A Study in Scarlet. 1887.

Je rentre de vacances, et j'ai 186 billets non lus dans mon Google Reader, 186 ! (je voulais juste me plaindre...)

Sir Arthur Conan Doyle est encore un auteur que je voulais découvrir depuis très longtemps. Je ne suis pas du tout une connaisseuse en matière de romans policiers, et je crois qu'à part une obscure BD inspirée du Chien des Baskerville, je n'avais jamais eu aucun contact avec cet auteur. Comme tout le monde, je connaissais le nom de Sherlock Holmes, et son fameux "Elémentaire, mon cher Watson ! " (qui n'est d'ailleurs pas une invention de Doyle d'ailleurs) J'espère bien profiter de 2009 (année des classiques) pour faire plus ample connaissance avec les deux associés.

Une fois n'est pas coutume, j'ai décidé de faire preuve de logique en choisissant le titre de ce livre. Il s'agit tout simplement de la première apparition de Sherlock Holmes, et de sa rencontre avec le Docteur Watson, fraîchement rentré en Angleterre. Les deux hommes sont à la recherche d'un logement confortable, et la colocation leur apparaît comme une nécessité financière. Un ami les met en relation, et voilà Watson qui se retrouve devant un individu peu avenant (je commence d'ailleurs à croire qu'être très prétentieux est la condition sine qua none pour être un grand détective de la littérature), qui joue merveilleusement du violon, et qui exerce une profession un peu étrange, puisqu'il est amené à aider la police dans ses enquêtes.
Très vite, Sherlock Holmes démontre qu'il est difficile de lui dissimuler quoi que ce soit, et le meurtre pour lequel il est amené à s'associer à la police nécessite bien un tel talent. En effet, un homme a été retrouvé mort dans une maison vide. Rien sur le corps ne laisse soupçonner que le décès n'était pas dû à une cause naturelle, excepté le mot Rache (violence en allemand) écrit avec des lettres de sang sur le mur.

Cette rencontre avec Sherlock Holmes a été une vraie réussite ! Ce qui m'a le plus bluffée est le changement total (désolée d'être si vague, mais c'est pour ne pas vous gâcher la découverte de cette enquête) qui intervient au moment où Sherlock Holmes annonce le nom du tueur. C'est à ce moment que j'ai compris que j'avais affaire à un grand auteur, qui était capable de rompre le rythme de son histoire, et de nous embarquer dans un endroit totalement différent que l'on n'aurait jamais soupçonné, et qui s'est révélé être captivant. J'entends beaucoup parler des mormons ces derniers temps, et je n'aurais jamais pensé qu'un auteur de la fin du XIXe pouvait envisager ce mouvement avec autant de recul.
A part cela, l'ambiance est délicieuse, mais je crois que je ne me lasserais jamais de Londres et du XIXe siècle. J'ai déjà dit deux mots sur les personnages, mais je vais quand même en rajouter un peu. En fait, on comprend très vite que ces deux personnages ne sont pas parfaits, qu'ils n'ont pas grand chose en commun, mais il me semble que l'auteur n'a pas totalement levé le voile sur leur identité, ce qui me donne encore plus envie de lire le reste des aventures de Sherlock Holmes et du Docteur Watson. Je ne suis pas une connaisseuse en matière de romans policiers (c'est peu de le dire), mais il me semble que certains des éléments que je viens d'évoquer pour vous parler des deux personnages principaux se retrouvent dans beaucoup d'enquêtes publiées par la suite.

Je ne sais pas quoi vous dire de plus. Ce livre m'a vraiment enchantée, et j'ai déjà commencé à acquérir d'autres ouvrages de Sir Arthur Conan Doyle. Comme nous sommes bientôt en période de voeux, et qu'il faut garder espoir, on va dire que je vous en reparle très vite !   

23 décembre 2008

Joyeux Noël

Je vous souhaite un très Joyeux Noël à tous et à tous !

Je pars réveillonner en famille, alors je vous laisse entre les mains de Christian

(je suis d'une générosité
incomparable en période de Noël)

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Little Women (1994)

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22 décembre 2008

Typhon ; Joseph Conrad

41VPG5PTQ9LFolio ; 153 pages.
Traduction d'André Gide ; 1903.
Titre Original : Typhoon.

Joseph Conrad est l'un de ces auteurs que j'avais prévu de découvrir depuis pas mal de temps, mais je ne savais pas vraiment par où l'attaquer. Au coeur des ténèbres est sans doute son titre le plus connu, mais le résumé ne me tentait pas tellement. C'est Manu qui a tranché pour moi, en le glissant dans mon colis Swap, par hasard.
Pour tout vous avouer, je n'ai appris qu'il y a quelques semaines que Conrad n'était pas un auteur américain mais bien un auteur anglais. En fait, c'est encore plus compliqué que cela, puisqu'il est en fait Polonais par ses parents, mais né en Ukraine. Conrad n'est devenu Anglais que vers trente ans, lorsqu'il s'est engagé dans la marine britannique.
Si je vous dit tout ça, c'est effectivement parce que je suis fatiguée, et que je parle beaucoup pour ne rien dire quand je suis fatiguée, mais aussi parce que cela me semble être important.

Je ne pense pas surprendre grand monde en disant que Typhon se déroule sur un bateau (la couverture, qui n'est d'ailleurs pas celle de mon livre, vous l'aura fait comprendre), mais savoir que Conrad a été marin lorsque l'on aborde ce texte me parait éclairant. Je ne suis pas une grande amatrice de livres dont l'intrigue repose davantage sur une atmosphère que sur des personnages, et ici, on ne peut pas dire que ces derniers soient très captivants au premier abord. Je vous laisse apprécier les quelques lignes qui introduisent le capitaine du Nan-Sham, le bateau qui va affronter le typhon auquel le titre fait allusion :   

" L'aspect du capitaine Mac Whirr, pour autant qu'on en pouvait juger, faisait pendant exact à son esprit et n'offrait caractéristique bien marquée de bêtise, non plus que de fermeté ; il n'offrait caractéristique aucune. Mac Whirr paraissait quelconque, apathique, indifférent. "

En fin de compte, Mac Whirr s'avère beaucoup plus intéressant que je l'imaginais. Il ne prend pas toujours les bonnes décisions, et est responsable du fait que son navire se retrouve au coeur d'un typhon, mais sa façon de vivre seulement de faux semblants m'a émue.
Je vous parlerais bien des autres membres de l'équipage, seulement il me semble que ce sont les relations qu'ils ont entre eux qui sont intéressantes. Car ce livre est un tout, chaque élément permet de créer l'atmosphère exacte que Conrad a voulu, et c'est ce qui rend ce texte si puissant, si beau, et surtout si réel. Je crois que je n'avais jamais lu un livre qui permettait de ressentir aussi fortement le calme d'abord, avec des personnages à moitié endormis, une mer tranquille, un navire qui fait paisiblement sa route, puis le déluge :

"Un faible éclair tremblota tout autour comme sur les parois d'une caverne, d'une chambre de la mer secrète et noire, au pavement d'écume et de flots. Sa palpitation sinistre découvrit un instant la masse basse et déchiquetée des nuages, le profil allongé du Nan-Sham, et sur le pont, les sombres silhouettes des matelots à la tête baissée, surpris dans quelque élan, butés et comme pétrifiés. Puis les flottantes ténèbres se rabattirent. Et c'est alors enfin que la réelle chose arriva.
Ce fut je ne sais quoi de formidable et de prompt, pareil à l'éclatement soudain du grand vase de la Colère. L'explosion enveloppa le navire avec un jaillissement tel qu'il sembla que quelque immense digue venait d'être crevée à l'avant. Chaque homme aussitôt perdit contact. Car tel est le pouvoir désagrégeant des grands souffles : une avalanche s'attaque à l'homme incidemment pour ainsi dire et sans colère. L'ouragan, lui, s'en prend à chacun comme à son ennemi personnel, tâche à l'intimider, à le ligoter membre à membre, met en déroute sa vertu.
" 

J'ai mis la dernière phrase en gras, parce que je l'aime tout particulièrement. Mais le passage entier est juste sublime.
Tout est parfait dans ce livre. Conrad a parfaitement su doser tout les éléments dont il avait besoin : les dialogues au compte-goutte, l'attitude des personnages (il n'y a pas que la mer qui s'agite), et même la construction du livre (la fin du typhon permet de terminer admirablement l'histoire)... 

Un excellent livre que je vous conseille absolument donc !

20 décembre 2008

Victorian Christmas Swap...

Et ma swappeuse était... Manu !!!

Quand mon paquet est arrivé, j'avoue que j'étais encore tranquillement en train de dormir. Heureusement, je n'étais pas seule. J'ai d'abord entendu les grelots qui faisaient beaucoup de bruit, alors je suis descendue en trombe me jeter sur mon paquet.

J'ai tout juste eu le temps de me rappeler qu'il fallait que je prenne des photos. Le colis était éventré en moins de dix secondes.

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Manu n'aurait pas pu me faire un plus joli colis. Tout ce qu'elle a choisi m'a rendue à moitié dingue. Admirez un peu :

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Les livres d'abord : j'avais complètement succombé au billet de Lou sur Les maîtres de Glenmarkie, au point que j'ai failli l'acheter quelques jours avant d'avoir mon paquet. Le portrait de Madame Charbuque était encore une envie due à Lou. Quant à Conrad, il était sur ma liste d'auteurs à découvrir depuis quelques temps déjà. Excellente enquête de la part de Manu donc, j'en ai d'ailleurs déjà lu deux (le billet sur Typhon arrive d'ici dimanche soir je pense). 

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Ensuite, les douceurs : la fan de thé que j'ai fini par devenir a été comblée par ces deux boîtes que je n'ai jamais goûtées. J'ai aussi eu droit à des confiseries de Noël, qui ne raviront pas que moi d'ailleurs...

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Ce n'est pas fini, j'ai aussi eu droit à une superbe boîte de Noël, à des décorations de Noël ravissantes, à une bougie en forme de Père Noël, et à une boule pour le bain :

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Le tout accompagné d'une jolie carte de Noël ! C'est ce que j'appelle être pourrie gâtée. Encore mille merci pour tous ces cadeaux Manu !

Et merci à nos organisatrices, Lou et Cryssilda, qui nous ont vraiment gâtées avec ce swap.

Pour ma part, j'ai envoyé un colis chez Praline.

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16 décembre 2008

Le portrait de madame Charbuque ; Jeffrey Ford

untitledLe Livre de Poche ; 354 pages.
Traduction de Jacques Guiod. 2002.
Titre Original : The Portrait of Mrs Charbuque.

Ma merveilleuse swappeuse avait mis ce livre dans mon colis (que vous découvrirez le 20 décembre). Je l'avais repéré chez Lou, alors j'ai sauté de joie quand je l'ai trouvé. En fait, l'action de ce livre ne se déroule pas en Angleterre mais aux Etats-Unis. Cela dit, je n'en voudrais jamais à ma swappeuse de m'avoir offert un livre qui me tentait autant^^.

Nous sommes donc à New York, à la fin du XIXe siècle. Piambo est un peintre reconnu, qui reçoit de nombreuses commandes de portraits de la part de l'aristocratie. Un soir qu'il rentre ivre et troublé chez lui, un homme aveugle lui apporte un message le priant de se rendre chez une dame inconnue, qui désire recourir à ses services. Lorsqu'il la rencontre, elle est dissimulée par un paravent, et lui fait une étrange requête : réaliser son portrait sans qu'il la voit jamais.
Dans le même temps, des jeunes femmes sont retrouvées mortes, après avoir pleuré du sang, et la police a bien du mal à étouffer l'affaire.

Etant donné que je ne suis pas une spécialiste en matière de science-fiction (c'est peu de le dire...) et que j'étais très curieuse de découvrir le steampunk (et non chipmunks, mes associations d'idées sont toujours assez surprenantes), je suis ravie de cette lecture. En cette période de Noël, me retrouver dans une histoire où l'on parle des flocons de neige, dont deux très spéciaux, m'a beaucoup plu. Tout comme Piambo, je me suis imaginé divers portraits de Mme Charbuque, et sa personnalité demeure un mystère jusqu'à la fin. Le récit de ses jeunes années m'a beaucoup touchée, et ses erreurs de jugement qui ont brisé l'enfant qu'elle était ne peuvent laisser indifférent. J'ai vraiment eu du mal à ne pas aller regarder les dernières pages du livre, mais j'ai résisté. En tout cas, l'auteur m'aura bien fait enrager, et c'est une chose que j'apprécie dans un livre.
A part Mrs Charbuque, il y a aussi Watkin, son serviteur terrifiant, qui m'a beaucoup plus. Sa personnalité complexe et sa situation, difficile à comprendre au premier abord, le rendent détestable. Mais lui non plus n'est pas le monstre qu'il parait.
Nous rencontrons aussi des peintres amis de Piambo, ainsi que Samantha, sa compagne, ce qui permet au récit de rester ancrer dans l'époque à laquelle se déroule l'histoire, même si Jeffrey Ford se contente de dresser les grandes lignes de la société new-yorkaise de la fin du XIXe siècle, et de quelques remarques sur ses codes et ses hypocrisies.   
En fait, je dirais que certains aspects auraient mérité d'être davantage développés. J'attendais mieux de Mrs Reed par exemple (même si j'adore voir les ordures s'empêtrer dans leurs mensonges pour ne pas se faire étriper par leur femme). De même, si tout n'est pas rationnel, l'aspect fantastique du livre n'est pas ce qui ressort le plus.
Par ailleurs, les scènes sensuelles impliquant Mrs Charbuque manquent de naturel, ce qui m'a davantage fait rire que percevoir en quoi Piambo pouvait avoir les sens en éveil au contact de cette femme.

Pas un coup de coeur, mais j'ai quand même beaucoup apprécié cette lecture. Cela me rappelle une fois de plus que j'aimerais vraiment développer mes connaissances en matière de fantastique/science fiction.

Encore merci à ma swappeuse pour le cadeau !

Nanne a adoré. 

13 décembre 2008

Dracula ; Bram Stoker

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J'ai Lu ; 574 pages.
Traduction de Lucienne Molitor. 1897.

Après ma lecture de Carmilla, je me suis jetée sur Dracula en pensant qu'il allait avoir l'étoffe qui manque au texte de Le Fanu. J'ai été amèrement déçue.

Jonathan Harker, clerc de notaire, se rend en Transylvanie pour affaires chez le comte Dracula, qui vient d'acquérir une propriété en Angleterre. D'abord rassuré par la présence du comte, Jonathan Harker réalise bientôt qu'il est prisonnier de son château, et que Dracula n'est pas celui qu'il prétend être.

J'ai beaucoup de mal à comprendre comment il est possible de prendre plaisir à la lecture de ce roman. Je me suis un peu documentée au cours de ma lecture, et je veux bien croire que Dracula puisse être intéressant à étudier. En revanche, ma lecture "plaisir" de ce livre s'est vite transformée en une grosse déception.
Je ne sais pas à quoi je m'attendais, mais pour un roman qui est censé être plus ou moins angoissant, je trouve que la forme épistolaire est inapropriée. Toutes les actions sont rapportées, les dialogues sont posés, peu nombreux. Cela gâche totalement le suspens, et rend le roman long, mais long....
De plus, les personnages qui racontent l'histoire ne sont pas les plus importants. C'est Dracula qui donne son titre au roman, mais on a rarement vu un héros aussi absent. A aucun moment, le lecteur n'a accès à ses pensées, à qui il est vraiment. Il est vu par tous comme un monstre, mais ce ne sont que des avis rapportés. On passe davantage de temps à attendre la mort de Lucy, à attendre que les choses se passent en fait, qu'à être réellement dans l'action. Et dès qu'il se passe quelque chose, on n'a droit qu'à de vagues explications (du fait de la construction du roman), qui font de Dracula une idée plus qu'un être bien réel. J'attendais des explications à la fin, mais rien n'est venu. Tout est bâclé en quelques lignes, alors que Stoker nous a raconté en long en large et en travers le voyage des poursuivants de Dracula depuis l'Angleterre jusqu'à sa demeure, et tout un tas d'autres choses tout aussi captivantes... A plusieurs reprises, l'auteur lance des phrases qui m'ont fait espérer voir le personnage de Dracula prendre de l'épaisseur, mais Stoker ne les exploite pas.
L'autre personnage qui pouvait être intéressant est Van Helsing, mais lui aussi reste plutôt inaccessible. Par ailleurs, afin de ménager le suspens, le professeur dissimule des informations, ce qui a des conséquences fâcheuses.
Le seul personnage qui m'a paru intéressant est Renfield. Il se dévoile bien plus que Dracula, et ce n'est qu'à travers lui que j'ai ressenti le pouvoir du comte.
Pour ne pas être trop méchante, je dirais quand même que la première partie du livre (en gros, lorsque Jonathan est chez le comte) est bien. Les descriptions du château, le pouvoir du comte sur les loups, les découvertes de Jonathan, créent une ambiance gothique conforme à ce que j'attendais de ce livre. Malheureusement, ça ne dure pas.

Un livre que je n'ai pas du tout apprécié, donc. J'espère que l'adaptation de Coppola (qui s'éloigne beaucoup de l'histoire originale) sera plus appréciable.

Les avis beaucoup plus enthousiastes de Karine :), Isil, Hydromielle, et Romanza.

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09 décembre 2008

Carmilla ; Joseph Sheridan Le Fanu

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Titre original : Carmilla.1871.

Cela faisait quelques temps déjà que je voulais découvrir Le Fanu, le Victorian Swap m'en a donné l'occasion.

Un soir qu'elle se promène avec son père et ses deux gouvernantes, Laura est témoin d'un accident de carrosse très violent. Deux femmes se trouvent dans la voiture. Si la mère est indemne, ce n'est pas le cas de sa fille. Le père de Laura, alors que la dame lui confie qu'il lui faut immédiatement reprendre la route, implore cette étrangère de lui confier son enfant jusqu'à son retour.
Une amitié naît immédiatement entre Laura et Carmilla, mais cette dernière refuse toujours obstinément de donner des détails de son passé. De plus, Carmilla tient des discours très étranges, tandis qu'au dehors, plusieurs femmes périssent après avoir juré avoir été victimes d'un monstre.

J'ai beaucoup aimé ce court texte, même si je pense comme d'autres blogueuses qu'il n'a rien de transcendant non plus. Il s'inscrit clairement dans le courant gothique, mais comporte quand même des éléments nouveaux par rapport à ce que j'avais pu lire jusque là. Chose appréciable, Laura est un personnage beaucoup plus étoffé que les héroïnes gothiques du XVIIIe siècle. Elle reste encore fragile, mais elle narre l'histoire, et semble beaucoup plus perspicace que ses consoeurs.
Carmilla est un peu décevante en revanche. Il est évident que, du fait de la brièveté du texte, le suspens ne tienne pas bien longtemps. Cependant, pour un vampire qui survit depuis des décennies, son numéro de charme semble faiblard. Cela dit, ses sentiments pour Laura, presque amoureux, ont dû choquer les bonnes âmes de l'époque (un rien m'amuse). De plus, les préjugés que l'on a à l'égard des vampires aujourd'hui (ceux des romans, je n'y crois pas en vrai, rassurez-vous), correspondent peu ou prou aux caractéristiques vampiriques de Carmilla. D'ailleurs, j'ai commencé le Dracula de Bram Stoker, pour qui Le Fanu a été une source d'inspiration.
En ce qui concerne la narration, il a déjà été souligné que la même histoire est répétée de façon quasi identique à deux reprises. C'est maladroit, mais ça ne gâche pas non plus la lecture.

Une bonne découverte pour les novices en matière de vampires dont je suis, donc. Le Fanu et moi n'en avons pas fini !

Les avis d'Isil et de CryssildaCryssilda.

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Posté par lillounette à 11:23 - - Commentaires [13] - Permalien [#]
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