03 mars 2011

L'ombre de Dracula ; Fabrice Colin

61355990Gallimard Jeunesse ; 315 pages.
2010.

Je vous ai parlé du premier tome des Étranges soeurs Wilcox il y a quelques semaines. Comme j'avais le deuxième tome sous la main, je me suis vite plongée dedans.

Cette fois, Amber et Luna suivent des aventures séparément. L'aînée des deux soeurs est enlevée par Abraham Stoker, qui pensait naïvement pouvoir échapper à ses anciens amis. Elle se retrouve ainsi à bord d'un bateau à destination de New-York, sur lequel voyage également le terrifiant Lord Ciceley, dépêché par Dracula pour dérober l'un des fragments du Venefactor au Duc de Manhattan, et qui espère se servir d'Amber pour parvenir à ses fins.
De son côté, Luna fuit les Invisibles à la demande d'Elizabeth Bathory, toujours plongée dans un profond sommeil, mais capable de communiquer avec la jeune fille. Elle se rend chez une famille humaine  sur les indications de la comtesse, et avec l'aide de ces gens, dérobe le corps d'Elizabeth. Accompagnée du chat Watson, elle se rend ensuite à Liverpool, à bord du Pneumonaute, qui transporte également la comtesse.

J'ignore si mon plaisir de lecture a été influencé par le temps que j'ai mis à lire ce livre (un peu dans les transports matin et soir), mais je crois que j'ai perdu le fil.
D'un côté, le récit connaît des développements intéressants, avec l'introduction de nouveaux personnages et de nouvelles créatures, qui mettent un peu plus en place le cadre du récit. Le fait que les chapitres alternent entre les deux soeurs permet aussi de découvrir davantage les Wilcox dans leur singularité (et entre nous, je crois que je préfère Luna).
D'un autre côté, j'ai vraiment eu le sentiment de piétiner, malgré la construction à deux voix du livre, qui devrait donner du rythme (les chapitres avec Amber sont souvent trop longs). Bon, j'ai ressenti un regain d'intérêt à la fin. Il faut dire que la brouille entre Sherlock Holmes et Sir Arthur Conan Doyle est irresistible, et qu'elle justifie le comportement inconcevable du célèbre détective dans cette série que j'avais relevé lors de ma lecture du premier tome.
En fait, j'ai beau n'avoir rien d'une spécialiste de la littérature vampirique, j'ai l'impression que les mêmes ficelles reviennent toujours, et qu'il faut beaucoup de profondeur pour parvenir à sortir du lot. Dans ce cas précis, j'ai été moyennement satisfaite. J'adore les fées et le Pneumonaute est une introduction excellente, mais le coup des loups-garous et de Sekhmet, en plus de tout le reste, sonne un peu comme de la surenchère pour moi. Dans le premier tome, on avait des clins d'oeil inombrables à des personnages connus, et le procédé m'avait amusée, mais si c'est systématique, ça a un goût de facilité.
Autre reproche, nous avions quitté les soeurs Wilcox avec des questions irrésolues, L'ombre de Dracula n'apporte aucune réponse ou presque, et celles que l'on obtient ont un goût amer. Par exemple, le personnage de Rebecca, qui était prometteur et envoûtant, m'a finalement beaucoup déçue, la personnalité que l'on découvre chez la jeune femme me paraissant très éloignée de ce que le reste de l'histoire laissait espérer. 
Les personnages sont tous des énigmes et incapables d'un peu de franchise, ce qui personnellement me lasse au bout de deux tomes, d'autant plus si leurs révélations n'ont rien de folichon. L'absence des Invisibles m'a aussi beaucoup perturbée. Ils semblaient bien plus malins dans le tome 1...

Je suis donc assez mitigée en ce qui concerne ce deuxième tome. Je vais attendre de voir ce que les fans de la série vont dire sur le troisième volet pour décider si je m'y plonge dans un futur plus ou moins proche.

Emmyne et Lily ont des avis beaucoup plus enthousiastes.

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07 février 2011

Les Vampires de Londres ; Fabrice Colin

ESW_01_vampires_londresGallimard Jeunesse ; 283 pages.
2009
.

Lorsque Amber Wilcox se réveille, elle est enterrée vivante. Revenue à la surface, elle constate qu'elle se trouve dans un cimetière, et délivre sa sœur, Luna, enterrée dans la tombe d'à côté. Les deux jeunes filles, qui ignorent ce qui leur est arrivé, se mettent alors à marcher dans les rues de Londres, à la recherche de leur maison. Des choses étranges se produisent : elles sont plus rapides et plus fortes, elles voient des créatures inconnues d'elles jusque là, et elles ressentent surtout une faim terrible qui les pousse à se jeter sur un rat. En d'autres termes, on dirait bien qu'elles sont des vampires. 
Les deux sœurs sont finalement recueillies par des amis de leur père, qui appartiennent à une organisation secrète reliée au gouvernement anglais, les Invisibles, dont la mission est d'empêcher les Drakul, les vampires soumis à Dracula de prendre le contrôle de l'Angleterre.
L'intérêt porté par les Invisibles aux sœurs Wilcox n'est pas entièrement désintéressé. Les membres de l'organisation secrète comptent en effet sur les capacités de vampire de Luna et Amber pour lutter contre ceux qui troublent la vie de la capitale anglaise.

J'ai ouvert ce livre avec pas mal d'attentes (Angleterre, XIXe siècle, ambiance mystérieuse, c'est du sur mesure), et j'ai été plutôt agréablement surprise. Le premier tome des Etranges soeurs Wilcox est en effet bien construit, distillant le suspens tout au long du récit, et introduisant toute une galerie de personnages très connus de l'époque victorienne aux côtés desquels on a envie d'enquêter. On croise ainsi Sherlock Holmes (qui est toutefois très différent du personnage de Sir Arthur Conan Doyle, même pour quelqu'un comme moi qui connaît peu l'original), le docteur Watson, Dracula et Abraham Stoker (qui tient ici le rôle d'un conteur mystérieux), Jack l'Éventreur, Elizabeth Bathory (que l'on voit décidément partout ces derniers temps !), et même la reine Victoria. Cela permet à l'auteur de créer un univers assez original, sans être révolutionnaire.
Les sœurs Wilcox sont bien croquées également. De tempéraments opposés, elles réagissent chacune à leur manière aux événements auxquels elles sont confrontés, se font des cachotteries, ce qui permet d'épaissir le récit. Des questions demeurent. Elles ne se connaissent pas encore en tant que vampires, ignorent ce qui leur est réellement arrivé, ainsi que ce qui s'est passé avec leur belle-mère. Les amis de
leur père (porté disparu) ne semblent pas non plus décidés à tout leur révéler, de quoi créer une ambiance angoissante, renforcée par l'omniprésence des cimetières, des parcs vides, et des rencontres au clair de lune (oui, les vampires vivent la nuit, quel scoop !).

Quelques détails m'ont agacée (on tombe à plusieurs reprises dans la facilité, et je n'en pouvais plus de lire "l'aînée des Wilcox" au bout de 300 pages), mais j'ai dévoré ce livre. Je lirai sans aucun doute la suite.

Vous pouvez trouver beaucoup d'autres avis sur BOB.
Fashion propose une interview de l'auteur autour de ce livre.

13 janvier 2011

La première fois que j'ai eu seize ans ; Susie Morgenstern

418TJ2N143LL'École des loisirs ; 205 pages.
1990
.

Si j'étais du genre à faire des challenges à tout va (hum), j'aurais décrété qu'en 2011, je fais un challenge littérature jeunesse, domaine dans lequel mon inculture est indescriptible. Je me serais fait une liste de titres de Malika Ferdjoukh, Marie-Aude Murail, Agnès Desarthe, et d'auteurs plus classiques comme Roald Dahl, Kenneth Grahame, Dodie Smith... mais ça n'est pas du tout mon genre.
C'est donc un pur hasard si je suis revenue vers un auteur que j'ai adoré avec Lettres d'amour de 0 à 10 (j'avais onze ans, et quand je l'ai relu il y a quelques années, c'était toujours aussi bon).

La première fois que j'ai eu seize ans est l'histoire de Hoch, seize ans donc. Elle a un nez qui tire vers le bas, des centimètres en trop, mais ces défauts sont heureusement compensés par ses deux grandes sœurs, tellement belles qu'elles persuadent en dix minutes des vigiles zélés que leur cadette voleuse n'est pas la pire criminelle du monde,  et tellement affectueuses qu'elles posent affectueusement du scotch sur le nez de leur sœur dans l'espoir qu'il finisse par remonter gracieusement. La bande est complétée par la mère des trois filles, le genre de mère qui sert aussi de meilleure amie, qui attend, prête à hurler, sa fille derrière la porte d'entrée quand celle-ci revient d'un rencart (l'horreur).
Hoch a une grande passion dans la vie, la musique. Elle est d'ailleurs très douée à la contrebasse, et suite à un violent débat (vive le machisme), elle obtient sa place dans le jazz-band du lycée, jusque là exclusivement composé de membres masculins.

Je ne savais pas trop à quoi m'attendre en ouvrant ce livre, mais j'ai finalement beaucoup aimé à la fois la plume de l'auteur et l'histoire en elle-même. Ce n'est pas un hasard si je me souviens avoir énormément ri en lisant Lettres d'amour de 0 à 10, Susie Morgenstern a beaucoup d'humour. Elle écrit également très bien, ce qui donne à l'histoire beaucoup de rythme et de cohérence, malgré des chapitres a priori assez éloignés.
La question centrale de ce livre est l'identité de Hoch, cette adolescente qui est je crois très semblable à Susie Morgenstern. Chaque chapitre explore une facette de la jeune fille, et les questionnements qu'elle y associe. L'amitié, l'amour, la famille, la judéité, le physique préoccupent Hoch, confrontée à des situations bien concrètes. Elle n'a aucun gros problème, sa personnalité est plutôt très affirmée, mais comme toute adolescente elle a besoin de s'épancher, d'expérimenter et de dramatiser.

Ce n'est pas un coup de cœur, mais j'ai quand même passé un très bon moment en compagnie de Susie Morgenstern. Le genre de livre qui vous booste le moral quand vous avez du mal à garder les yeux ouverts en ces temps de grippe (un David marche très bien aussi, mais j'ai peur que vous ne deviez abandonner cette idée, il refuse obstinément de me quitter).


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16 janvier 2009

Les Contes de Beedle le Barde ; J.K. Rowling

resize_2_Gallimard ; 127 pages.
Traduction de Jean-François Ménard.
V.O. : The Tales of Beedle the Bard. 2008.

Je suis complètement débordée en ce moment, donc je m'excuse d'être encore plus lente que d'habitude à répondre aux commentaires... J'essaie de me tenir à jour dans mes billets, mais même mes lectures sont complètement désordonnées. Je lis trois livres en même temps, et je suis très ennuyée : deux d'entre eux mériteraient toute mon attention. Si je vous dis qu'il s'agit de A tale of two cities et de Titus d'Enfer, vous comprendrez aisément mon embarras... 

Histoire de me changer les idées, je vais vous parler d'une lecture récente que j'ai plutôt appréciée. Contrairement à beaucoup d'autres fans de la saga Harry Potter, je n'attendais pas vraiment ce livre comme le Messie. J'ai adoré les sept tomes de la saga, et j'avais peur qu'un simple petit ouvrage d'une centaine de pages (écrites en très gros et très très aérées) ne soit guère capable de me convaincre. Je ne m'apprête pas à vous annoncer que je tiens là LE livre des décennies à venir, mais Les Contes de Beedle le Barbe mérite qu'on s'attarde dessus.

Il s'agit d'un recueil de cinq contes pour enfants sorciers, écrits à la manière des contes merveilleux traditionnels que nous connaissons. Dès l'introduction, J.K. Rowling nous replonge dans le monde qu'elle a créé en nous resituant Beedle le Barbe, et en ajoutant quelques anecdotes, comme le fait que la traduction est de Hermione Granger, à partir des runes anciennes. Chaque texte est suivi de notes du professeur Dumbledore, qui lui aussi remet en contexte les contes. Personnellement, le conte qui m'a le plus plu est La fontaine de la bonne fortune, la fin m'a beaucoup fait rire.
Il est certain que ce recueil ne révolutionne pas le genre, que J.K. Rowling tombe dans des travers qu'elle avait pourtant évités jusque là (je pense notamment à l'acharnement sur les Malfoy, on avait compris que la plupart des membres de cette famille avaient des idées nauséabondes), et qu'il vaut mieux être un (jeune) amateur de Harry Potter pour apprécier, mais c'est bien sympa à lire comme ça quand même...

 

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18 septembre 2008

Notre petite vie cernée de rêves ; Barbara Wersba

resize_1_Thierry Magnier ; 187 pages.

J'ai repéré ce livre chez Clarabel il y a quelques jours, et je l'ai immédiatement commandé. Je n'avais pas réalisé qu'il s'agissait d'un roman jeunesse, ni qu'il avait été publié pour la première fois en 1968, et encore moins que l'histoire se déroulait dans les années 1960. Du coup, la surprise a été complète.

Albert Scully est un adolescent solitaire, mal dans sa peau, qui vit dans une maison où les appareils électriques sont toujours en panne, et où ses parents passent leur temps à se disputer. Un jour, sa mère lui demande d'aller menacer la vieille dame qui fait du feu dans son jardin. Cette rencontre bouleverse la vie d'Albert, et lui permet de prendre un peu confiance en lui, et d'entrevoir son avenir.

Ces derniers temps, j'ai beaucoup de mal à parler de mes lectures, alors que j'ai vraiment envie de vous les faire partager. J'espère que ça va venir...
Je vais commencer par une citation qui m'a énormément plu, comme elle a enchanté Albert lorsque Orpha la lui a récité :

"Si un homme marche à un autre pas que ses camarades, c'est peut-être qu'il entend le son d'un autre tambour. Laissons-le suivre la musique qu'il entend quelle qu'en soit la cadence." p 73

Car la couverture de ce roman est une véritable illustration de la maison de Mme Woodfin, avec tout un tas de romans empilés dans tous les coins et prenant la poussière. Comme Albert, elle aime les histoires, la compagnie des livres, les citations. J'ai souvent vu des blogueurs ou des gens dans la vie de tous les jours tenter d'expliquer ce qu'ils recherchent dans les livres. Pour ma part, je crois que je serais bien incapable de répondre à cette question, je peux simplement dire que j'aime lire. En revanche, j'aime les romans dans lesquelles les histoires ont une signification précise (j'exige souvent des autres ce dont je suis moi même incapable), et c'est le cas ici, puisque grâce aux citations qu'il note dans son carnet vert et à l'histoire de Mme Woodfin, Albert prend conscience de ce qu'il savait déjà.
En fait, il est loin d'être bête ce petit Albert. Son passage à Greenwich Village montre à quel point il est clairvoyant. Lorsqu'il voit tous ces hippies qui ont adopté un mode de vie différent, et qu'il réalise que ce n'est qu'un autre choix de conformité, je me suis dit qu'il avait vraiment tout compris (je n'ai rien contre les hippies, il se trouve simplement que le livre se situe dans les années 1960).
Le ton employé est volontairement innocent, sincère et naïf, autant que peut l'être le discours d'un enfant qui a des goûts trop prononcés pour le jardinage et la lecture quand ses camarades de classe ne pensent qu'à cacher leur mal-être adolescent en parlant de sexe et d'alcool.
C'est un peu démodé, un peu trop parfois, mais ce livre reste un roman jeunesse assez surprenant et très attachant.

Si ça intéresse quelqu'un, je veux bien faire voyager ce livre. 

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29 août 2007

Les désastreuses aventures des orphelins Baudelaire : Tome 1 ; Lemony Snicket

51T02JRPS8LNathan ; 176 pages.
6,50 euros.

Je suis plutôt perplexe après ma lecture du premier tome de cette série qui a rencontré un succès énorme. J'ai beau aimer la littérature jeunesse, adorer les Harry Potter et les histoires un peu farfelues, j'ai passé un très mauvais moment avec ce livre.

Il s'agit du début de l'histoire de trois enfants qui se retrouvent orphelins. Après les avoir gardés quelques temps chez lui, l'éxécuteur testamentaire de leurs parents les confie à leur oncle qui se révèle froid et dénué de scrupules.

Je pense que c'est censé être drôle par moments, mais cette parodie des contes d'enfants ne m'a pas du tout amusée. Ca commence mal, ça se passe mal au milieu, et ça finit assez mal. D'accord, mais quel est le but de l'auteur ? Aucune idée.
Le style est vraiment trop enfantin (les explications de mot, bof), les personnages sont peu attachants, l'histoire est plate (je n'ai pas trouvé les rebondissements promis)... En résumé, je me suis vraiment ennuyée alors que j'aime assez les contes en général.
La seule morale qu'on peut en tirer c'est que ce n'est pas toujours génial d'être des orphelins...

Les avis de Majanissa et d'Allie.

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21 août 2007

Harry Potter and the Deathly Hallows ; J.K Rowling

51OD4tpAHaL

Lettre "R" Challenge ABC 2007 :

Ça y est, j'ai fini de lire la saga Harry Potter. Je ne donnerai aucun détail, vous pouvez donc lire ce billet. Ce dernier tome est vraiment bien parce que c'est Harry Potter, mais je pense quand même que c'est celui que j'ai le moins aimé.

Dans ce tome, on retrouve un Harry Potter qui va avoir dix-sept ans, ce qui correspond à l'âge de la majorité pour les sorciers, et à de nouveaux problèmes pour lui. Avec les événements de l'année précédente, Harry a décidé de mener à bien la mission qui lui a été confiée par XXX, et donc de ne pas retourner à Poudlard.

Le tome 6 s'achevait sur tout un tas de questions qui promettaient une suite palpitante. D'ailleurs, pour bien me mettre en condition, j'ai relu toute la série pendant mes vacances.
Les réponses données dans cet ultime tome sont assez surprenantes, et extrêmement émouvantes (notamment une qui m'a tiré quelques larmes). Dans ce livre, les personnages de J.K. Rowling sont envisagés sous un angle nouveau, qui les rend plus humains et plus attachants qu'auparavant. Ceci d'autant plus qu'il faut désormais jouer cartes sur table et choisir son camp. 
Nous avons également droit à beaucoup d'humour, comme toujours dans Harry Potter, à de l'amour (mais je ne vous dirais pas de qui je parle), et à beaucoup, beaucoup de larmes (je plains les lecteurs qui attendent la VF...^^).
Pour finir sur le positif (et il est largement gagnant, je vous rassure), J.K. Rowling a encore fait preuve d'une grande créativité dans ce livre (j'aimerais développer, mais bon...).

Pourtant, je suis un tout petit peu déçue par ce livre. Alors que je n'avais jamais remarqué de longueurs dans Harry Potter, certains passages m'ont ennuyée (d'autant plus que j'avais hâte de savoir la fin !!), s'étirent alors que beaucoup de questions restent en suspens.
J'ai aussi trouvé que ce tome était un peu mièvre par moment. La relation entre X et Y, que je trouvais très bien menée jusque là, m'a fait lever les yeux au ciel plus d'une fois. Et l'épilogue est complètement décalé par rapport au reste du livre. En fait, je trouve que J.K. Rowling a un peu expédié les choses. Il aurait fallu au moins un tome 8 pour éviter les gros fils blancs (et pour se préparer à quitter le monde de Harry Potter^^).

Mais bon, j'ai quand même adoré, et j'espère vraiment que J.K. Rowling publiera son encyclopédie sur Harry Potter.

Les avis de la Renarde, de Yue Yin, de Lou, d'Isil, et de Chrestomanci.

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27 juin 2007

Le journal d'Aurore : Jamais contente ; Marie Desplechin

Desplechin___jamais_contente_1_L'école des loisirs ; 180 pages.
9,50 euros.

" 12 février. On peut ruiner sa vie en moins de dix secondes. Je le sais. Je viens de le faire. Là, juste à l'instant. J'arrive à la porte de l'immeuble, une modeste baguette dans la main et la modeste monnaie dans l'autre, quand Merveille-Sans-Nom surgit devant moi. Inopinément. A moins de cinq centimètres (il est en train de sortir et je m'apprête à entrer, pour un peu on s'explose le crâne, front contre front). Il pose sereinement sur moi ses yeux
sublimes. Je baisse les miens illico, autant dire que je les jette quasiment sous terre, bien profond, entre la conduite d'égout et le tuyau du gaz. Sa voix amicale résonne dans l'air du soir :
- Tiens ! Aurore ! Tu vas bien ?
Je reste la bouche ouverte pendant environ deux
millions de secondes, avant de me décider et de lui hurler à la figure :
- Voua ! Merdi ! "

Moins délirant que les aventures de Georgia Nicolson, Le journal d'Aurore est quand même une lecture très divertissante.

Aurore, c'est une adolescente de quatorze ans, qui aime se vautrer dans les miettes de galette quand elle regarde la télé, ses copines Lola et Samira de temps en temps (surtout leurs frères en fait...), mais qui déteste le collège, ses camarades de classe, et se trouve mal aimée et incomprise (je sais, j'ai déjà dit que c'était une ado...). Comme tous les jeunes de son âge (à part les chanceux), elle est en conflit avec ses parents, s'interroge sur sa sexualité, et déteste ses soeurs.

J'ai beaucoup aimé ce journal parce qu'il m'a fait sourire à toutes les pages, et un peu rire. Même si c'était jaune : les impressions d'Aurore suite à son premier baiser m'ont fortement rappelé quelqu'un, tout comme ses relations conflictuelles avec ses parents...
C'est d'ailleurs ça qui m'a beaucoup plu dans ce livre, il est assez crédible. Aucun miracle pour Aurore sur le plan scolaire, un premier petit copain plutôt "juste pour voir" , des copines qui ne comprennent pas toujours tout, des parents complètement largués, une grande soeur exaspérante, une petite soeur lèche-bottes... Même si on a forcément eu une adolescence différente, nos préoccupations étaient assez semblables. Et j'ai beau ne pas garder un excellent souvenir des ces années là (pas si lointaines d'ailleurs), j'ai beaucoup apprécié le fait de les regarder sous autre angle. Je suis vache, mais ça m'a bien fait rire de voir Aurore engluée dans des soucis que je considère moins capitales aujourd'hui.

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08 juin 2007

Le château de Hurle ; Diana Wynne-Jones

51D2T5WN1WLÉdition Pocket Jeunesse ; 406 pages.
6,70 euros.

" Aînée de trois filles, Sophie vit dans le royaume d’Ingary, un univers où la magie fait partie du quotidien. Forcée de rentrer dans la vie active à la mort de son père, elle se croit condamnée à mener une existence insipide lorsque l’étrange château du magicien Hurle apparaît dans le paysage. Futur dessin animé du japonais Miyazaki, l’auteur de Princesse Mononoké, Le Château de Hurle est à inscrire dans la lignée de Harry Potter : beaucoup d’humour et de suspense, un peu de romance, beaucoup de magie et une vraie qualité d’écriture. "

Beaucoup d'entre nous doivent connaître cette histoire, même sans le savoir. En effet, il s'agit du roman dont Hayao Miyazaki a tiré le film, Le château ambulant. Il n'est pas évident de détacher les deux supports, d'autant plus que j'ai fait cette lecture en étant complètement imprégnée par le film.

Mais même en connaissant le film par coeur, il est intéressant de lire ce livre, parce qu'il est très différent de l'adaptation de Miyazaki.
Naturellement, on en apprend plus sur les personnages, et on comprend mieux certains points qui ne sont que brièvement mentionnés dans l'adaptation. Les personnages que l'on connaît déjà sont assez différents du film. Sophie a beaucoup plus mauvais caractère, est un peu sorcière aussi. Hurle est parfois exaspérant, et ses faiblesses sont beaucoup plus appuyées que dans le roman.
Ce sont aussi de nouveaux personnages qui apparaissent, de nouveaux lieux, et donc une intrigue nouvelle.   
Et alors que les choses sont claires très rapidement dans le film, elles sont davantage voilées dans le livre. La relation entre Sophie et Hurle est assez difficile à suivre, car Hurle en sait beaucoup plus que ce qu'il ne le laisse penser. Quant à Sophie, elle passe son temps à dire du mal du magicien.

En fait, plus on avance dans le livre, plus on perd de vue les repères que l'adaptation nous avait donnés. C'est un peu déstabilisant, et c'est un peu pour cela que je n'aime pas trop lire les livres après avoir vu leur adaptation. Toutefois, l'histoire que nous raconte Diana Wynne Jones est vraiment amusante, et c'est avec beaucoup de plaisir que je l'ai suivie.

L'avis de Virginie.

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27 mai 2007

Au nom du Roi ; Annie Jay

51Y9tSJydHLEdition Le livre de Poche ; 222 pages.
4,80 euros.

" Paris, 1671. Exupère Lecoq, dix-sept ans, beau, dégourdi et de bonne éducation, se voit confier la mission de garde du corps auprès du fils de Madame de Sévigné. Depuis quelques temps, en effet, de riches jeunes gens disparaissent mystérieusement. Une magnifique femme serait à l'origine de ces enlèvements. Qui est-elle ? Quel est son dessein, sinon celui de détourner la fortune de ses victimes ? Exupère va lui servir d'appât... "

Ayant adoré Un complot à Versailles du même auteur, c'est avec beaucoup d'enthousiasme que j'ai ouvert ce livre.

A nouveau, Annie Jay nous fait enquêter dans le Paris de Louis XIV, aux côtés d'une police qui pourchasse aussi bien les assassins que les (trop) libres penseurs. Nous avons également accès au salon de Mme de La Fayette, ainsi qu'aux problèmes de dot de Camille, la jeune fille à laquelle ce fripon d'Exupère fait les yeux doux (sans succès naturellement). Toutefois, ce livre m'a paru un peu moins concentré sur l'aspect historique que Un complot à Versailles, afin de donner davantage de dynamisme au récit (c'est plus court également).
Les personnages, qu'il s'agisse d'Exupère, de Camille, de Mme de Sévigné, de Marcelin ou encore du vieux La Fontaine, sont très sympathiques, et résument un certain nombre de statuts sociaux de l'époque.
Ce roman est drôle, vif, et romantique. En résumé, tous les ingrédients sont réunis pour nous faire passer un très bon moment.

A noter tout de même que l'une des scènes finales est assez choquante pour des enfants trop jeunes. Mais elle reste quand même supportable, et à part ça, ce livre passe très bien !

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