17 septembre 2018

Charlie et la chocolaterie - Roald Dahl

charlieCharlie Bucket vit dans un tout petit logement avec ses parents et ses quatre grands-parents. Bien qu'il travaille dur, M. Bucket ne parvient pas à subvenir correctement aux besoins de sa famille. La seule entorse à la rigueur financière des Bucket est l'achat annuel d'une petite barre de chocolat pour l'anniversaire de Charlie. Ce chocolat n'est pas ordinaire puisqu'il vient de la fabrique de M. Willy Wonka, un créateur de génie qui vit cloîtré dans son usine pour échapper aux gens et à l'espionage industriel.
Un jour, alors que les Bucket doivent faire face à une nouvelle épreuve suite au licenciement du père de Charlie, Willy Wonka annonce qu'il a décidé d'ouvrir son usine aux cinq enfants qui trouveront un ticket d'or dans une barre de chocolat. 

J'ai découvert ce roman pour la première fois lorsque j'avais une dizaine d'années et j'avais été émerveillée. Ma relecture a été tout aussi délicieuse.
Les bruitages sont encore une fois excellents (le catalogue audio jeunesse de Gallimard est décidément irréprochable) et les comédiens font un travail remarquable. Je lirai sans nul doute d'autres titres de Roald Dahl dans ce format.
Le texte de Roald Dahl est également savoureux et intemporel. Nous plongeons avec délice dans la chocolaterie de Willy Wonka qui ressemble bien plus à un univers merveilleux qu'à une usine traditionnelle. 
L'histoire même de Charlie est un vrai conte. La pauvreté de sa famille est extrême. Malgré les sacrifices des adultes, le jeune garçon est maigre à force de manquer de nourriture. Heureusement, la famille reste unie et les relations entre Charlie et ses grands-parents sont très belles.
Je ne me souvenais pas que Willy Wonka était un homme aussi singulier, une sorte de génie à la fois hypersensible et complètement irresponsable. Moi qui aime les être inadaptés au monde, c'est sans doute le personnage qui m'a le plus touchée.

Bien qu'il soit souvent grave dans son propos, Charlie et la chocolaterie est un livre avant tout réjouissant. Roald Dahl est un maître de l'humour noir. Nous nous réjouissons de voir certains personnages caricaturés à l'extrême et les sales gosses pris dans des situations fort désagréables (d'autant qu'il ne leur arrive rien de vraiment fâcheux). L'adulte que je suis a forcément un peu froncé les sourcils en écoutant les remarques humiliantes sur le physique de certains enfant (j'ai le même problème avec la famille Dudley dans Harry Potter, série que je vénère pourtant) et les Oompas-Loompas sont un peu trop considérés comme des animaux à mon goût. Cela dit, remis dans son contexte, la magie opère, et il n'y a rien d'étonnant à ce que ce livre ait fait rêver des générations d'enfants.

Je remercie Angèle Boutin et Audible pour ce livre.

Ecoutez lire. 2h52.
1964 pour l'édition originale.

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30 août 2018

Jean-Philippe Arrou-Vignod et la série des Jean-Quelque-chose

omeletteNous sommes en Normandie en 1968, et Jean-B est le second de cinq frères. Pour que leur père réussisse à retenir les prénoms de ses enfants, il les a tous appelés Jean : Jean-A, Jean-B, Jean-C, Jean-D et Jean-E. Pour Noël, Jean-A a été très clair, les enfants ne veulent qu'une seule chose, la télévision. Mais, les parents ont une grande nouvelle à annoncer qui va tout chambouler.

On me vend depuis longtemps la qualité des livres de Jean-Philippe Arrou-Vignod. J'avais pourtant été un peu déçue par Le Collège fantôme il y a quelques années. L'Omelette au sucre, offert par Audible, a été un régal, à tel point que j'ai acheté La Soupe de poissons rouges pour rester avec les Jean-Quelque-chose un peu plus longtemps.
Ce sont de très jolis petits romans sur l'enfance, avec des anecdotes à la piscine, en vacances, au ski ou encore à l'école. Toutes ces scénètes regorgent d'humour et d'affection.
Dans La Soupe de poissons rouges, la famille déménage à Toulon et Jean-B fait sa rentrée en sixième. Les choses semblent mal engagées lorsqu'il insulte involontairement le surveillant général dès le premier jour et que la voisine alsacienne commence à leur offrir des spécialités immangeables de sa région d'origine. Heureusement, les Jean ont de la ressource.
Les enfants de famille nombreuse ou qui en ont fréquenté se reconnaîtront dans les disputes, les rivalités, les inquiétudes et les manigances entre frères rapportées par Jean B. Les parents sont ravis avec leurs cinq (puis six) enfants, mais ils sont souvent épuisés, et les menaces d'inscrire les garçons aux scouts marins sont quotidiennes.
soupeAu fil de la lecture, les personnalités se détachent, surtout les deux aînés : Jean-A avec ses lunettes et ses cours de latin, est obsédé par l'idée d'avoir la télévision. Jean-B, le narrateur, a quelques rondeurs, et rêve d'être agent secret puis écrivain. A se demander si l'auteur n'a pas mis de lui dans ces histoires.*

Une série à recommander à tous ceux qui ont envie de replonger dans leurs souvenirs d'enfance. Cela m'a fait penser au Petit Nicolas (mes lectures remontent à une bonne vingtaine d'années) et je pense que les petits lecteurs seront charmés dès six ou sept ans. Pour ma part, je compte bien poursuivre la série des Jean-Quelque-chose.

Gallimard propose généralement des versions audio de très bonne qualité, et celles-ci ne dérogent pas à la règle avec un lecteur impeccable et une mise en scène sonore permettant de s'imerger complètement dans l'histoire.

Clarabel est aussi conquise que moi.

*Si j'en crois Wikipédia, c'est bien le cas.

Ecoutez lire. 2h20 et 2h14.
Livres lus par Laurent Stocker.
2000 et 2007.

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07 décembre 2017

Sauveur & Fils : saison 1 - Marie-Aude Murail

murailsauveurfils1Après ma découverte du fabuleux Miss Charity il y a quelques mois, j'ai succombé à l'appel de la dernière série de Marie-Aude Murail, dont les échos sur la blogosphère sont très positifs.

Sauveur Saint-Yves est psychologue à Orléans. Dans le cabinet de sa maison, il reçoit adultes et enfants en consultation. Étonnant par son physique de géant martiniquais, Sauveur n'est pas non plus un professionnel classique.
En plus de ses horaires à rallonge, il doit s'occuper de son jeune fils, Lazare, fan de devinettes et de hamsters, qu'il élève à coups de plats préparés réchauffés au micro-ondes.
De son côté, le petit garçon n'a qu'un ami, Paul, mais de nombreuses personnes peuplent sa vie. Ce sont les patients de Sauveur, dont Lazare écoute les récits, bien caché derrière la porte de secours du cabinet paternel.

Si vous cherchez un livre doudou mais pas niais, bien écrit, facile à lire, jetez-vous sur Sauveur & Fils.
Dès les premières pages, le charme de Marie-Aude Murail opère. Il y a dans le style de cet auteur un je-ne-sais-quoi qui le rend délicieux. C'est enfantin, drôle et bouleversant à la fois. Les dialogues, les histoires des uns et des autres font mouche presque à chaque coup.
Les personnages sont nombreux mais tous travaillés. Il y a d'abord les enfants,  Lazare en tête, qui me fait fondre quand je l'imagine sur le chemin de l'école avec son cartable à roulettes ou derrière le rideau du bureau de son père. Les adultes ne sont pas en reste. Comment ne pas être marqué par Mme Dumayet, l'institutrice, qui fait de son mieux pour faire progresser ses élèves, suivant les nombreuses directives, recevant les parents, essayant de comprendre ce qu'il se passe entre les uns et les autres au point de s'oublier un peu ? Et Alexandra, la mère modèle qui a tout plaqué pour une autre femme et qui finit par exploser, incapable de supporter une seconde de plus qu'on lui dise qu'elle avait tout pour être heureuse et qu'elle est la méchante de l'histoire ? Face à eux, Sauveur est souvent démuni, malgré l'image rassurante qu'il renvoie.
En plus des patients, Sauveur et Lazare doivent également faire face à leur propre passé car quelqu'un leur en veut. Chez un autre auteur, cette enquête tomberait comme un cheveu sur la soupe, mais pas ici. On a juste envie de lire le livre plus rapidement pour savoir ce que cache Sauveur.
On peut trouver quelques défauts à ce livre, quelques traits un peu grossiers (je pense au thème de l'inceste, traité un peu facilement). N'allez pas non plus chercher trop de réalisme, la scène de Sauveur recueillant un adolescent chez lui vous semblerait bien improbable.

Ce n'est pas Miss Charity, mais ça reste une très belle pioche pour petits et grands. Je lirai les saisons 2 et 3 avec plaisir.

Les avis de Saleanndre, Brize et

L'Ecole des Loisirs. 328 pages.
2016.

19 juillet 2017

Ecouter des contes lus par Marlène Jobert

9782344019313-LMarlène Jobert met en scène de nombreux contes populaires disponibles en version audio. On m'a proposé de vous en présenter deux. J'ai choisi le premier car c'est une histoire que j'ai toujours appréciée, et le second parce qu'à l'inverse, je ne connaissais pas la version originale.

Très rapidement, parce que tout le monde connaît l'histoire, je vous remets le résumé de Robin des Bois. Alors que le roi Richard est en croisade, son frère Jean a usurpé son trône avec l'aide du cruel Guy de Guisbourne. Pour venir en aide au peuple d'Angleterre, Robin de Locksley est entré en résistance et mène la lutte depuis la forêt de Sherwood.

Quant àLa Reine des Neiges, elle brise un miroir ensorcelé dont un morceau se loge dans le coeur du jeune Kay. La maléfique souveraine enlève alors le jeune garçon afin de récupérer ce qu'il lui a involontairement volé. Gerda, la meilleure amie de Kay, se lance alors à leur poursuite pour le ramener chez eux. Elle devra déjouer tous les pièges et affronter les alliés de la reine pour atteindre son but.

9782344014592

Normalement, ces histoires se lisent avec un livre support, que je n'avais pas. Si je pense qu'un enfant de quatre ans aura sûrement quelques difficultés supplémentaires à se concentrer sans les illustrations, ces lectures sont suffisamment vivantes pour maintenir l'attention des petits lecteurs. Le format est court, puisque chacune de ces deux histoires dure une quinzaine de minutes. La lecture est mise en musique et différents acteurs accompagnent Marlène Jobert pour incarner les personnages secondaires.

Les histoires en elles-mêmes ne sont pas très originales. Si vous avez simplement vu la version Disney de Robin des Bois, cette lecture en propose une version encore plus écourtée. L'écoute de La Reine des Neiges m'a davantage intéressée, puisque comme je l'ai dit, je n'avais jamais lu ce conte. Il va maintenant falloir que je lise la version d'Andersen (disponible ici).

Simple mais efficace pour les jeunes lecteurs.

Glénat Jeunesse.

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05 juin 2017

Miss Charity - Marie-Aude Murail

Mi-Charity"GLADYS - Je serais que de vous, je garderais le plus jeune, çui qui fait l'acteur."

Dès son plus jeune âge, Charity Tiddler, membre de la bonne société londonienne, recueille toutes sortes d'animaux chez elle. Des souris, des lapins, des canards, et même un corbeau qui parle, rejoignent sa ménagerie. Si ses premiers pensionnaires succombent très vite à des soins inadaptées, Charity, grâce à ses observations, ses lectures et l'aide de deux complices (sa bonne Tabitha et sa gouvernante Mademoiselle), finit par garder auprès d'elle plusieurs de ses amis.
Parmi eux, Peter le lapin va notamment suivre Charity dans la bonne société, où il est mieux vu de chasser les maris que de monter des pièces de théâtre avec ses animaux de compagnie, et où toute jeune fille bien éduquée ne peut aimer passer son temps au Musée d'Histoire naturelle tout en rêvant d'étudier les sciences.

Ce livre est un véritable bonbon, une lecture qui enchantera toute personne qui envie aux enfants ce sentiment qu'ils peuvent tout imaginer et tout faire. Attention, n'allez pas imaginer que le ton est enfantin et que c'est une histoire simple et légère.
Miss Charity est une jeune fille vive, volontaire et très mature qui manie le second degré et sa langue maternelle avec une grande habileté. Si elle nous régale avec ses histoires et son univers, elle doit également composer avec la société victorienne et les drames de la vie. J'ai eu la gorge nouée en découvrant à travers les yeux d'enfant puis de jeune fille de Charity la vraie personnalité de Tabitha, personnage qui nous fait d'abord rire aux éclats avec ses histoires horribles et indignes d'une bonne qui s'occupe d'une petite fille, avant de devenir inquiétante puis d'une tristesse infinie.

"Et soudain, je me vis telle que j'étais, agenouillée et m'adressant à un lapin. N'étais-je pas une folle parlant d'une autre folle ? Des sanglots me secouèrent les épaules. Je me cachais les épaules. Je me cachai le visage entre les mains et pleurai sur mon enfance. Mon enfance défigurée."

La société victorienne n'est pas tendre avec ceux qui sortent du moule prévu pour eux. Être une femme libre et financièrement indépendante n'est pas convenable. Charity doit surmonter bien des obstacles, escroqueries et regards en biais pour s'imposer comme auteur. Heureusement, elle est entourée d'être bienveillants et un peu à l'écart qui la soutiennent à leur façon.
Les personnages de ce livre, les humains comme les animaux, sont vraiment ce qui en fait sa fraîcheur. Je n'ai jamais eu envie de lire les romans de Beatrix Potter, auteur que j'ai découvert à l'âge adulte, mais cette biographie romancée que lui offre Marie-Aude Murail a remis cela en question. Tous les amis de Charity sont merveilleux. Herr Schmal et Mademoiselle, les King, le petit Edmund, et bien sûr Kenneth Ashley. L'humour, la simplicité et la vivacité du ton employé par Marie-Aude Murail ainsi que la présentation des dialogues rendent ce texte aussi facile à lire qu'impossible à lâcher.

Et que dire des illustrations de Philippe Dumas ? Elles sont merveilleuses, drôles et tombent toujours à point pour illustrer les situations cocasses.

Il m'a fallu presque dix ans pour enfin lire ce livre dont j'entendais tant de bien. Mes grandes attentes ont été plus que comblées.

Et comme nous sommes en plein Mois Anglais, cette lecture tombe à pic pour participer.

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L'avis de Maggie.

L'Ecole des Loisirs. 479 pages.
2008 pour l'édition originale.

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27 janvier 2017

Vango. 1 : Entre ciel et terre - Timothée de Fombelle

Source: Externe

Alors qu'il s'apprête à être ordonné prêtre à Notre-Dame de Paris, la police arrive pour arrêter Vango. Le jeune homme utilise alors ses capacités de grimpeur pour échapper aux autorités. Mais le commissaire Boulard n'est pas le seul à vouloir discuter avec Vango. Des tirs de provenance inconnue rebondissent sur les pierre de la cathédrale sans atteindre leur cible, et une mystérieuse jeune femme rousse ne rate pas une miette de la scène.
Pourquoi ce garçon dont beaucoup pensent le plus grand bien est-il pourchassé par autant de gens ? Qui est-il ? Quel danger peut-il représenter ?

Timothée de Fombelle est un auteur que je souhaite découvrir depuis qu'il a séduit les lecteurs avec Tobie Lolness il y a déjà dix ans. Vango avait tout pour me plaire, et je suis à la recherche d'un coup de coeur jeunesse du niveau de La Passe-Miroir (dont le troisième tome est enfin achevé !!! ).
Timothée de Fombelle est un conteur de grande qualité. Ici, il mélange les genres. Certains personnages ont réellement existé : Hugo Eckener en tête, tentant de résister à la montée du nazisme, même si le plus inquiétant est évidemment Staline, dont l'ombre se contente de planer de façon menaçante pour l'instant. D'autres personnages semblent sortis tout droit des contes de fées, comme le violoniste, la jeune fille aisée qui passe ses nuits sur les toits, Mademoiselle, ses protecteurs et évidemment le grand amour de Vango (je n'en dis pas plus pour l'instant). Nous croisons même quelques pirates et une île mystérieuse et secrète.
Si Vango est le point vers lequel convergent tous les événements, nous découvrons son histoire par le biais des différents personnages qui l'ont cotoyé. Lui-même n'a pas tous les éléments en tête, et il devient vite évident qu'un mystère qui le dépasse largement entoure son passé. Quel rôle Hugo Eckener et ses amis ont joué pour qu'un cruel mafieux les pourchasse ? Quel est le lien avec Vango ? Où le commissaire Boulard a-t-il mis les pieds sans en avoir encore conscience ?

Il est difficile de se faire un véritable avis avec la seule lecture du premier tome de Vango qui expose les faits et soulève d'inombrables questions. Il suscite une curiosité et une envie vorace de découvrir le fin mot de l'histoire, ce que je vais m'empresser de faire.

Titine, Saleanndre et la chèvre grise ont également été conquise.

Je remercie Folio pour ce livre.

Folio. 448 pages.
2012 pour l'édition originale.

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08 juin 2016

La Passe-miroir. 2. Les disparus du Clairdelune - Christelle Dabos

couv49338046Après un premier tome enchanteur qui a conquis de nombreux lecteurs (dans l'actualité, Gallimard a proposé son concours du premier roman jeunesse pour la deuxième fois, et le lauréat vient d'être dévoilé), Christelle Dabos nous permet de retrouver ses personnages dans un deuxième opus à nouveau très réussi.

Ophélie doit cesser de dissimuler son identité et faire son entrée officielle en tant que fiancée du sinistre Thorn à la cour de Farouk, le redoutable esprit de famille du Pôle. Bien que celui-ci tombe curieusement sous le charme de la maladroite jeune fille, la position du clan des Dragons, décimé depuis le terrible accident de chasse du tome précédent, reste précaire. Quelqu'un semble de plus décidé à ce que le mariage de l'intendant et de la jeune animiste n'ait jamais lieu, par crainte qu'il ne permette le déchiffrage du Livre de Farouk. Cet enjeu semble si important que des disparitions commencent à se produire au Clairdelune, l'ambassade, le seul lieu sûr du Pôle jusqu'à présent.
Et comme la situation n'était pas assez inquiétante, la famille d'Ophélie annonce son arrivée au Pôle.

J'avais dévoré le premier tome, je n'ai fait qu'une bouchée du second. Retrouver le Pôle et ses illusions, ses complots, la maladresse d'Ophélie, les tentatives de Thorn de se comporter en être humain, a été un véritable délice.
L'intrigue avance beaucoup. Bien entendu, de nombreuses questions restent en suspens (Christelle Dabos ayant décidé de nous gâter avec quatre tomes), mais les personnages se dévoilent, et leurs projets également. Par ailleurs, nous quittons Ophélie à intervalles réguliers dans ce tome pour découvrir les souvenirs intrigants d'un jeune être. Le fameux "Dieu" (dont il est question de façon si succinte dans le tome précédent, qu'on pense à des passages sans importance), commence à apparaître, et il ferait presque peur.
La Déchirure qui a fait naître les arches se met à occuper une place de plus en plus centrale. L'intrigue amoureuse est également développée, et si les ficelles utilisées n'ont rien de très original, je n'ai pas boudé mon plaisir et le couple formé par Ophélie et Thorn a fait battre mon grand coeur.

Je pourrais regretter le fait que les membres de l'entourage d'Ophélie (Bérénilde en tête) semblent avoir été privés des aspects de leur personnalité qui en faisait des êtres avec lesquels on ne savait pas sur quel pied danser, mais ce deuxième tome est autant un coup de coeur que le premier.

A quand la suite ?

Gallimard. 549 pages.
2015.

 

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30 janvier 2016

Les fiancés de l'hiver (La passe miroir, tome 1) - Christelle Dabos

 

61xRkwKL9wLDepuis la Déchirure, le monde est divisé en arches qui n'ont que peu de contacts entre elles. Chacune de ces arches est gérée par un esprit de famille, aïeul de tous les habitants de son territoire. Ophélie vit sur Anima avec ses parents, ses frères et soeurs, ses tantes et oncles, et surtout ses inombrables cousins. Son rôle est de tenir le musée familial qui renferme des objets se rapportant à l'histoire de sa famille. C'est une lectrice remarquable. En effet, en touchant les objets, elle peut lire leur histoire et celle de leurs propriétaires successifs. Par ailleurs, c'est une passeuse de miroirs, ce qui lui permet de se déplacer d'un miroir à l'autre et parfois d'échapper aux pressions exercées sur elle par sa mère et sa soeur. Car cette jeune femme maladroite et peu attentive à son apparence a la mauvaise habitude de décevoir sa famille quand il s'agit de la marier. Elle a déjà refusé deux cousins, mais le troisième mariage qu'on lui propose semble difficile à refuser. Il a été organisé par les Doyennes, sans consultation de sa famille, et surtout, avec un habitant du Pôle !
La rencontre avec son fiancé, le brutal et taciturne Thorn, la laisse perplexe. Pourquoi les Dragons veulent-ils de cette union alors que Thorn semble aussi hostile qu'Ophélie à l'idée de se marier ? Pourquoi les Doyennes d'Anima ont-elles choisi Ophélie ? Et surtout, pourquoi les gens semblent-ils si hostiles les uns envers les autres sur la Citacielle du Pôle, la nouvelle demeure d'Ophélie ?

J'ai ouvert ce livre avec énormément d'attentes. Il est encensé de partout, le second tome vient de sortir et semble provoquer l'hystérie chez certaines (je n'ai pas encore lu d'avis de garçons). Pourtant, ces derniers temps la littérature jeunesse m'agace. J'en ai toujours lu, j'y ai découvert des pépites, mais mes dernières lectures étaient pleines de clichés et de facilités.
Je vais tout de suite mettre un terme à l'insoutenable suspens que j'ai créé avec mon premier paragraphe : j'ai absolument adoré Les fiancés de l'hiver. Cela faisait longtemps, tous genres confondus, que je n'avais pas plongé dans un livre avec un tel plaisir.
Le monde créé par Christelle Dabos s'inspire de nombreux autres que j'apprécie énormément. L'auteur plante son décor essentiellement dans la première partie du roman, mais prend le soin de décrire chaque nouvel objet ou nouveau personnage avec soin, de façon à ce que l'on s'imerge complètement dans cet univers. On pense à Philip Pullman, à Hayao Miyazaki pour la Citacielle, la magie et les illusions, mais aussi pour son personnage féminin.
Ophélie est une jeune femme peu attrayante (et peu soucieuse de son apparence), maladroite, mais surtout doté d'un fort caractère et d'une grande curiosité. Les autres personnages ont tous leur place, aucun n'est là pour le décor (même si certains cachent très bien leur jeu). On pourrait penser que le duo (trio ?) amoureux risque de glisser du côté du cliché (la jeune et effacée jeune fille qui se révèle peu à peu rencontre le taciturne et brutal Thorn et va briser la glace qui lui sert de coeur...), mais Christelle Dabos gère parfaitement cet aspect de l'histoire en le développant juste assez pour lancer l'intrigue sentimentale tout en nous épargnant le moindre passage dégoulinant. Les histoires d'amour ne sont d'ailleurs pas heureuses au Pôle ou sur Anima.
L'intrigue se met doucement en place dans ce premier tome, et nous fait essentiellement nous interroger sur le fonctionnement de la société du Pôle. Loin de l'ambiance familiale d'Anima, le monde de Thorn est divisé en castes, en familles rivales aux pouvoirs redoutables. Les faux-semblants, les meurtres et les complots sont légions. Ophélie tente tant bien que mal de se faire discrète tout en enquêtant sur les raisons de sa présence dans ces lieux et sur les très nombreuses choses que son fiancé lui cache. On a beau être dans un roman jeunesse, Christelle Dabos ne se gêne pas pour décrire des scènes et des personnages à la limite du glauque, Farouk en tête (bon, on n'est pas chez Ian McEwan à ses débuts non plus).

Sans avoir la profondeur d'A la croisée des mondes (la série à laquelle j'ai le plus pensé en lisant ce livre), La Passe-Miroir est un roman remarquable et passionnant de bout en bout. Il me tarde de découvrir la suite.

Gallimard. 528 pages.
2013.

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15 juin 2014

Harry Potter et la Chambre des Secrets - J.K. Rowling

arton495Attention, introduction très ennuyeuse. Vous pouvez passer directement au paragraphe 4 si vous le souhaitez.

Lorsqu'on découvre un livre qui nous marque comme Harry Potter m'a marquée, on ne se souvient pas seulement de ce que sa lecture nous a procuré. On se souvient de tous les détails qui ont conduit à sa lecture, du lieu où on l'a lu, et avec le recul, on découvre à quel point il nous a construit. C'est Harry Potter qui m'a fait comprendre que je pouvais être bonne en anglais. Je me rappelle avoir lu ce deuxième tome lors d'un voyage à l'autre bout du monde, tout en révisant le vocabulaire de la série pour le contrôle d'anglais qui m'attendait à la rentrée. Ca m'avait passionnée, et c'est ce qui m'a permis de me lancer dans la lecture du troisième tome en version originale quelques mois plus tard, encore lors d'un voyage.

Sans Harry Potter, je n'aimerais peut-être pas autant l'Angleterre et la langue anglaise. Je n'aimerais peut-être pas autant les livres. Je n'aurais peut-être pas fait les études que j'ai faites, ni choisi le métier que j'exerce aujourd'hui. Il n'y aurait peut-être pas eu Virginia Woolf, puis E.M. Forster, ou Jane Austen.

Pour résumer, au cas où vous ne l'auriez pas compris, j'aime, je vénère Harry Potter, alors pour débuter le mois anglais par ici, il fallait bien lui consacrer un petit billet.

Dans ce deuxième tome, on retrouve notre jeune sorcier encore en vacances chez les horribles Dursley, attendant avec impatience de retrouver Poudlard et ses amis Ron et Hermione.
Mais la veille de la rentrée, un elfe de maison nommé Dobby apparaît dans sa chambre, et le supplie de ne pas retourner dans son école de sorcellerie. Sans rentrer dans les détails, il le prévient qu'un danger mortel le guette.
Harry est intrigué, mais il n'est pas question pour lui d'obéir à la prudence. Il fait donc sa deuxième rentrée entouré de ses amis, retrouve la maison Gryffondor, le Professeur Dumbledor, Hagrid, et surtout la joie d'être dans un lieu où il se sent à sa place.
Cependant, très vite, des agressions se produisent dans le château. Des habitants sont retrouvés pétrifiés, sans que leur agresseur puisse être identifié. Une rumeur se répand alors, disant que la Chambre des Secrets a été ouverte, libérant dans l'école une terrible créature.

Ce que j'aime dans les premiers tomes d'Harry Potter, c'est leur côté un peu enfantin. Il n'y a pas encore eu les horribles pertes des tomes suivants, et finalement on est aussi émerveillés que Harry face à ce monde magique créé par J.K. Rowling.
Les matches de Quidditch sont toujours aussi formidables à suivre, les bêtises de notre petit trio amusantes, et voir Harry grandir, se chercher, toujours aussi émouvant.
Dans ce deuxième tome, le fil conducteur est l'enquête qui vise à découvrir qui est l'héritier de Serpentard, et comment, si elle existe, la Chambre des Secrets a été ouverte. Cela nous amène à remonter dans le passé, et à en apprendre davantage sur Voldemort et sa jeunesse. Son lien avec Harry est exploré plus en profondeur, et comme notre héros, on se demande ce que signifient ces ressemblances troublantes entre le jeune sorcier et le terrible mage noir. Il est agréable de noter que des éléments des tomes suivants sont introduits. Il est question de la prison d'Azkaban, Ron est moins agacé qu'autrefois par Hermione, et un certain objet n'a pas du tout la même importance lorsqu'on connaît déjà la fin de l'histoire.
Ce que j'aime dans ce tome, c'est aussi qu'il permet à J.K. Rowling d'aborder des thèmes graves comme le racisme en les transposant dans son univers. L'appellation "Sang-de-Bourbe" pour désigner les sorciers nés de parents Moldus équivaut sans aucun doute aux surnoms ignobles donnés aux personnes de couleur ou juives par exemple. On retrouve dans les propos et l'attitude de Malefoy et ses amis la même méchanceté, la même ignorance, et la même éducation lamentable que l'on constate chez les individus racistes, homophobes ou autres.

Encore une relecture dont je ressors enchantée.

C'est ma première participation au mois anglais de Titine, Lou et Cryssilda.

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30 avril 2014

Divergente - Veronica Roth

CV-prov_Divergente12Parmi toutes les séries dans la même veine que Hunger Games publiées ces dernières années, Divergente semble particulièrement bien s'en sortir puisque le premier tome vient d'être adapté au cinéma. J'ai débuté ma lecture un peu pour suivre le mouvement, il faut bien l'avouer, mais être une brebis a parfois du bon.

Pour mettre un terme aux guerres, il a été décidé de diviser la société en cinq factions, chacune étant au service d'une qualité. "Les Altruistes répondent à notre besoin en responsables politiques dévoués. Les Sincères nous fournissent des responsables juridiques honnêtes et dignes de confiance. Les Erudits nous donnent des enseignants et des chercheurs de haut niveau. Les Fraternels nous procurent des conseillers et des soignants compréhensifs. Et les Audacieux nous protègent des menaces extérieures."
Beatrice appartient à une famille altruiste. Elle a seize ans, et son frère Caleb et elle s'apprêtent à choisir la faction où ils feront leur vie. Pour les guider, des tests sont réalisés. Cependant, lorsque vient le tour de Beatrice, il apparaît qu'elle ne correspond à aucune des cinq factions. Elle est Divergente, ce qu'elle doit absolument cacher sans comprendre pourquoi.

J'ai passé un excellent moment avec ce livre pour plusieurs raisons. D'abord, on ne s'ennuie pas une seconde. Beatrice (qui devient Tris lorsqu'elle choisit de rejoindre les Audacieux) subit une initiation très dure, pleine de rebondissements pour devenir une Audacieuse.
La peinture des personnages est également réussie. On a des méchants très méchants, mais la plupart des personnages montrent plusieurs facettes. Les novices audacieux sont en compétition, et les coups bas sont d'autant plus nombreux que certains sont des tueurs nés. La jeune fille se rend aussi compte rapidement que même l'amitié a des limites, et que dans certains contextes il est difficile de ne pas devenir soupçonneux. Même le monde des adultes dirigeants comporte des surprises et démontre que l'on ne peut effacer l'homme derrière des valeurs.
La façon dont est traitée l'histoire est aussi intéressante. Le style n'est pas très poussé, mais il y a beaucoup de passages amusants et les surprises sont nombreuses sans paraître trop artificielles. J'ai particulièrement apprécié le fait que ce livre soit moins aseptisé que beaucoup de romans du même genre. Il y a des passages très violents, d'autres qui coupent le souffle au lecteur, et il est même question de sexualité (non, parce que des fois on a vraiment l'impression que les adolescents des livres jeunesse ne sont jamais tourmentés par leurs hormones) même si ça reste très sage. Mon seul bémol concerne la traduction de certaines phrases. J'ai trouvé étrange que la mère de Tris parle de se faire "rembarrer" par exemple.

Un bon livre pour réfléchir sur l'importance du libre-arbitre tout en se divertissant.

Nathan. 445 pages.

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