08 février 2008
Rebel Angels ; Libba Bray
Delacorte Press Books for Young Readers ; 592 pages.
Rebel Angels est le second opus de la trilogie Les sorcières de Spence, par Libba Bray. Cet été, j'avais adoré le tome 1, qui m'avait été conseillé par une fan des romans de Stephenie Meyer. Du coup, j'avais immédiatement commandé le tome 2, qui n'a pas encore été traduit en français.
Nous retrouvons Gemma, qui rentre chez elle pour les vacances de Noël. Gemma retrouve son père, dont l'état de santé est préoccupant, ainsi que son lourdingue de frère et sa grand-mère. Par un étrange concours de circonstances, elle fait également la connaissance de Simon, un jeune homme de très bonne famille et ami de son frère. Avec ses amies, elle le revoit au cours de soirées de la haute société londonienne.
Elle doit cependant consacrer une partie de son temps à accomplir une mission ordonnée par les Rakshanas. Kartik est là pour la guider, tout comme ses amies Ann et Felicity.
J'ai plutôt bien aimé ce livre, mais cela est très fortement dû au fait que j'étais ravie de retrouver Gemma, Ann, et surtout Kartik. Autant j'avais vraiment été très agréablement surprise par les qualités du tome 1, autant j'ai trouvé que Libba Bray tombait un peu dans la facilité avec ce second opus. Même l'apparition de nouvelles créatures manque un peu d'intérêt et les ficelles utilisées sont à plusieurs reprises assez énormes. Les trois jeunes filles manquent vraiment de clairvoyance, leur comportement est exaspérant par moment, du coup j'avoue avoir été régulièrement inattentive au cours de ma lecture.
Après, les thèmes de l'adolescence, le poids des conventions, s'ils manquent un peu d'originalité à mon goût, m'ont beaucoup plu. En fait, j'ai été beaucoup plus intéressée par les scènes de la vie "normale" que par l'enquête de Gemma et de ses amies.
Quand même une déception donc, on verra si je succombe au troisième tome...
11 septembre 2007
Eclipse ; Stephenie Meyer
Je sais, je suis peu présente sur mon blog depuis un certain temps. J'ai pas mal de boulot, donc ça risque de durer encore un moment. Mais j'attendais ce livre avec tellement d'impatience (et je sais que je ne suis pas la seule) que je ne pouvais pas ne pas venir vous en parler. Attention, ce billet contient des spoilers, ne lisez que le premier paragraphe de mon avis si vous ne voulez rien savoir !
L'histoire : Pour ceux qui ne connaissent pas encore, il s'agit du Tome 3 de la série Twillight de Stephenie Meyer.
Dans ce tome, la fin de l'année scolaire et du lycée approche pour Bella et Edward. Bella est toujours confinée chez elle par son père pour avoir utilisé une moto et disparu trois jours. Afin d'obliger sa fille à voir d'autres gens que son petit-ami qu'il déteste ouvertement, Charlie lève la punition à la condition que Bella voit ses amies, ainsi que Jacob (qui refuse pourtant de lui adresser la parole).
Tout ceci alors qu'un vampire s'amuse à tuer des gens à Seattle...
Je l'ai dévoré en deux jours. L'histoire est prenante, il se passe beaucoup de choses dans ce tome, à la fois pour les vampires, pour les loups-garous et pour Bella. On passe du temps avec la famille Cullen dans ce livre, ce qui est extrêmement plaisant. Emmett est particulièrement drôle, tout comme l'enthousiasme un peu trop prononcé d'Alice en ce qui concerne les soirées ou autres à organiser. Cet humour, présent tout au long du livre, lui donne une ambiance plutôt conviviale (dans l'ensemble) et le rend extrêmement agréable à lire.
Rosalie et Jasper, pour leur part, racontent à Bella leur histoire, ce qui lui permet de peser davantage le pour et le contre de sa décision de devenir un membre de la famille d'Edward.
Les loups-garous ont également un grand rôle à jouer. On en apprend davantage sur les "frères" de Jacob, leur origine, et le pourquoi de certaines choses.
Mais j'avoue que ce livre m'a beaucoup contrariée quand même pour une chose. Comme les tomes précédents, Eclipse est basé sur un livre très connu que Bella lit et apprécie. D'habitude, c'est l'un des points positifs du livre. Ici, Stephenie Meyer a choisi d'intégrer certaines choses de Wuthering Heigts à son histoire (de façon légère et remaniée naturellement). J'ai beau adorer le roman d'Emily Brontë, je trouve qu'il passe mal dans Eclipse. L'héroïne de Wuthering Heights est capricieuse, égoïste et même détestable par moments.
Cela se répercute sur le caractère de Bella dans Eclipse, et ça ne la rend pas du tout attachante. Bien que son histoire avec Edward gagne en intensité dans ce tome, jouer à nouveau le coup du triangle amoureux Jacob-Bella-Edward avec en plus des histoires d'âmes soeurs et compagnie, m'a donné envie de gifler Bella un certain nombre de fois. Jusque là, je n'avais aucun problème pour m'identifier à elle, son histoire avec Edward était de celles qui font rêver toutes les petites filles. Dans ce tome, tout le monde souffre, alors c'est tout le contraire.
Certes, c'est plus subtil quand on lit l'explication de Stephenie Meyer. Selon elle, cela permet de montrer à quelle point l'amour de Bella pour Edward est fort. Contrairement à Cathy Earnshaw, elle ne choisit pas la voie de la facilité (qui pourrait pourtant la rendre heureuse dans une certaine mesure), mais celle qui lui fera tout abandonner de sa vie humaine pour une seule personne. Ce choix est naturellement difficile pour elle, il n'empêche que pour le lecteur, c'est difficile de comprendre certaines actions de Bella dans Eclipse.
Malgré cela, j'ai dévoré ce livre et j'attends déjà avec impatience la sortie de Breaking Dawn, le dernier tome de la série qui sortira dans un peu moins d'un an.
31 août 2007
Les sorcières de Spence Tome 1 : L'oeil du destin ; Libba Bray
Editions du Rocher ; 354 pages.
14,90 euros.
Vous avez du le remarquer, je lis beaucoup de romans jeunesse ces derniers temps. En fait, j'attends avec beaucoup d'impatience la sortie d'Eclipse de Stephenie Meyer, et Gladys*** m'avait conseillé ce roman en attendant. D'ailleurs, je tiens beaucoup à la remercier pour cette belle découverte.
L'histoire : Gemma Doyle vit en Inde où elle s'ennuie à mourir. Le jour de ses seize ans, elle est furieuse contre sa mère qui refuse de l'envoyer à Londres faire ses débuts dans le monde et se trouver un mari. La jeune fille, qui déplore la dégradation de ses relations avec sa mère depuis son entrée dans l'adolescence, est terrifiée à l'idée de finir vieille fille si elle reste en Inde.
En allant chez une amie, elles se disputent. Puis, elles croisent un homme étrange, dont les paroles dénuées de sens provoquent une attitude étrange de Mrs Doyle. Cette dernière donne son collier à Gemma et lui ordonne de rentrer immédiatement. Vexée, Gemma jette des méchancetés à la figure de sa mère et tourne les talons. Tout se passe alors très vite. Gemma a une vision de sa mère, poursuivie par une ombre, qui s'enfonce un poignard dans la poitrine.
Après la mort de sa mère, la jeune fille part pour l'Angleterre, où son frère la confie à Spence, un établissement pour jeunes filles. Elle y rencontre des amies et découvre avec elles qui elle est réellement.
Ce livre n'est absolument pas le banal roman pour adolescentes que j'imaginais. Il est, je pense, difficile d'accès en dessous de treize-quatorze ans, sauf pour les très bons lecteur. Et je suis la preuve que l'on peut être très agréablement surpris par ce roman même lorsque l'on n'est plus tout à fait adolescent^^.
J'ai trouvé l'écriture de Libba Bray vraiment mature, dense, bien que la traduction soit assez pénible pendant les dialogues. Les "marmonné-je", "grogné-je" et compagnie rendent très mal en français. Et j'ai également noté plusieurs fautes d'orthographe assez énormes. Mais Libba Bray n'est pas responsable de cela, et hormis ces petits détails, son style est étonnament maîtrisé. Le rythme est rapide, et le suspens présent très tôt dans le récit.
Quant au fond, je l'ai trouvé très bien construit. L'histoire débute en Inde à la fin du XIXe, lieu entouré de mystères dans notre imaginaire, et se déroule ensuite dans une école assez étrange bien que réservée aux jeunes filles convenables. Si certaines choses peuvent sembler ne pas correspondre à une reconstitution historique exacte, Libba Bray nous donne des repères temporels et spatiaux tout à fait suffisants pour se mettre dans l'ambiance de l'époque tout en ouvrant son histoire au monde de la sorcellerie. Ce dernier est intrigant, ceci d'autant plus que Libba Bray ne nous donne les explications qu'au compte-gouttes et le crée de toutes pièces à partir de personnages mythologiques.
Les personnages de Libba Bray ne sont pas lisses. Chacune des filles a ses (gros) défauts, et l'amitié qui les lie est pour le moins surprenante. Un peu comme dans la vraie vie en fait. A seize ans, elles sont totalement inexpérimentées (sans être des oies blanches non plus), et recherchent de nouvelles sensations qu'elles vont parvenir à trouver. Les personnages secondaires, pour leur part, ne servent pas à faire tapisserie. Tous ont un côté étrange, des secrets enfouis, qui contribuent à créer des interrogations chez le lecteur.
A la fois conte, roman à suspens et roman sur l'adolescence, ce livre mêle tous ces genres de façon parfaitement cohérente et m'a tenue en haleine de bout en bout. J'ai vraiment hâte d'en connaître la suite.
29 août 2007
Les désastreuses aventures des orphelins Baudelaire : Tome 1 ; Lemony Snicket
Nathan ; 176 pages.
6,50 euros.
Je suis plutôt perplexe après ma lecture du premier tome de cette série qui a rencontré un succès énorme. J'ai beau aimer la littérature jeunesse, adorer les Harry Potter et les histoires un peu farfelues, j'ai passé un très mauvais moment avec ce livre.
Il s'agit du début de l'histoire de trois enfants qui se retrouvent orphelins. Après les avoir gardés quelques temps chez lui, l'éxécuteur testamentaire de leurs parents les confie à leur oncle qui se révèle froid et dénué de scrupules.
Je pense que c'est censé être drôle par moments, mais cette parodie des contes d'enfants ne m'a pas du tout amusée. Ca commence mal, ça se passe mal au milieu, et ça finit assez mal. D'accord, mais quel est le but de l'auteur ? Aucune idée.
Le style est vraiment trop enfantin (les explications de mot, bof), les personnages sont peu attachants, l'histoire est plate (je n'ai pas trouvé les rebondissements promis)... En résumé, je me suis vraiment ennuyée alors que j'aime assez les contes en général.
La seule morale qu'on peut en tirer c'est que ce n'est pas toujours génial d'être des orphelins...
Les avis de Majanissa et d'Allie.
25 août 2007
Tentation ; Stephenie Meyer
Hachette ; 570 pages.
18 euros.
Après avoir lu Fascination, j'ai dû lutter pour ne pas me ruer sur ce livre, le second tome des aventures de Bella, l'héroïne de Stephenie Meyer. Comme le tome 3 sort dans quelques jours sur Amazon et que j'allais à la mer, j'ai décidé que je pouvais cesser d'être raisonnable.
Dans ce tome, Bella doit faire face au brusque départ d'Edward, qui a décidé de ne plus revenir à Forks. Après des mois d'apathie, elle reprend goût à la vie aux côtés de son ami Jacob, et son habitude à s'attirer des ennuis lui fait découvrir de nouvelles choses sur le monde de son ancien petit ami.
Je n'ai pas du tout été déçue par ce livre, même si je l'ai trouvé un peu en dessous de Fascination. Bizarrement, alors que Edward n'est que très peu présent, il imprègne complètement l'histoire. Je pense que c'est voulu, mais cela allourdit un peu le récit par moments et lui donne un aspect un peu nunuche qu'il n'y avait pas du tout (selon moi) dans le tome 1. La "plaie béante" de Bella est un peu trop évoquée à mon goût, même si je comprends qu'elle souffre.
A part ça, je n'ai rien à redire. On en apprend davantage sur les vampires, de nouvelles créatures fantastiques apparaissent, les personnages sont toujours aussi sympathiques, "humains", c'est bourré d'humour, percutant. Bref, on ne s'ennuie pas une seconde. Autre élément que j'adore, les nombreuses références littéraires que contiennent les romans de Stephenie Meyer. Dans celui-ci, Roméo et Juliette est beaucoup évoqué, et le choix de l'Italie pour le dénouement de l'action est sans doute un écho à ce livre.
Au final, Stephenie Meyer est parvenue à créer un univers qui tient parfaitement la route et duquel on n'a pas envie de ressortir.
L'avis d'Allie (dont je partage l'avis, également en ce qui concerne les nombreuses coquilles présentes dans ce livre).
27 juin 2007
Le journal d'Aurore : Jamais contente ; Marie Desplechin
L'école des loisirs ; 180 pages.
9,50 euros.
" 12 février. On peut ruiner sa vie en moins de dix secondes. Je le sais. Je viens de le faire. Là, juste à l'instant. J'arrive à la porte de l'immeuble, une modeste baguette dans la main et la modeste monnaie dans l'autre, quand Merveille-Sans-Nom surgit devant moi. Inopinément. A moins de cinq centimètres (il est en train de sortir et je m'apprête à entrer, pour un peu on s'explose le crâne, front contre front). Il pose sereinement sur moi ses yeux
sublimes. Je baisse les miens illico, autant dire que je les jette quasiment sous terre, bien profond, entre la conduite d'égout et le tuyau du gaz. Sa voix amicale résonne dans l'air du soir :
- Tiens ! Aurore ! Tu vas bien ?
Je reste la bouche ouverte pendant environ deux
millions de secondes, avant de me décider et de lui hurler à la figure :
- Voua ! Merdi ! "
Moins délirant que les aventures de Georgia Nicolson, Le journal d'Aurore est quand même une lecture très divertissante.
Aurore, c'est une adolescente de quatorze ans, qui aime se vautrer dans les miettes de galette quand elle regarde la télé, ses copines Lola et Samira de temps en temps (surtout leurs frères en fait...), mais qui déteste le collège, ses camarades de classe, et se trouve mal aimée et incomprise (je sais, j'ai déjà dit que c'était une ado...). Comme tous les jeunes de son âge (à part les chanceux), elle est en conflit avec ses parents, s'interroge sur sa sexualité, et déteste ses soeurs.
J'ai beaucoup aimé ce journal parce qu'il m'a fait sourire à toutes les pages, et un peu rire. Même si c'était jaune : les impressions d'Aurore suite à son premier baiser m'ont fortement rappelé quelqu'un, tout comme ses relations conflictuelles avec ses parents...
C'est d'ailleurs ça qui m'a beaucoup plu dans ce livre, il est assez crédible. Aucun miracle pour Aurore sur le plan scolaire, un premier petit copain plutôt "juste pour voir" , des copines qui ne comprennent pas toujours tout, des parents complètement largués, une grande soeur exaspérante, une petite soeur lèche-bottes... Même si on a forcément eu une adolescence différente, nos préoccupations étaient assez semblables. Et j'ai beau ne pas garder un excellent souvenir des ces années là (pas si lointaines d'ailleurs), j'ai beaucoup apprécié le fait de les regarder sous autre angle. Je suis vache, mais ça m'a bien fait rire de voir Aurore engluée dans des soucis que je considère moins capitales aujourd'hui.
08 juin 2007
Le château de Hurle ; Diana Wynne-Jones
Édition Pocket Jeunesse ; 406 pages.
6,70 euros.
" Aînée de trois filles, Sophie vit dans le royaume d’Ingary, un univers où la magie fait partie du quotidien. Forcée de rentrer dans la vie active à la mort de son père, elle se croit condamnée à mener une existence insipide lorsque l’étrange château du magicien Hurle apparaît dans le paysage. Futur dessin animé du japonais Miyazaki, l’auteur de Princesse Mononoké, Le Château de Hurle est à inscrire dans la lignée de Harry Potter : beaucoup d’humour et de suspense, un peu de romance, beaucoup de magie et une vraie qualité d’écriture. "
Beaucoup d'entre nous doivent connaître cette histoire, même sans le savoir. En effet, il s'agit du roman dont Hayao Miyazaki a tiré le film, Le château ambulant. Il n'est pas évident de détacher les deux supports, d'autant plus que j'ai fait cette lecture en étant complètement imprégnée par le film.
Mais même en connaissant le film par coeur, il est intéressant de lire ce livre, parce qu'il est très différent de l'adaptation de Miyazaki.
Naturellement, on en apprend plus sur les personnages, et on comprend mieux certains points qui ne sont que brièvement mentionnés dans l'adaptation. Les personnages que l'on connaît déjà sont assez différents du film. Sophie a beaucoup plus mauvais caractère, est un peu sorcière aussi. Hurle est parfois exaspérant, et ses faiblesses sont beaucoup plus appuyées que dans le roman.
Ce sont aussi de nouveaux personnages qui apparaissent, de nouveaux lieux, et donc une intrigue nouvelle.
Et alors que les choses sont claires très rapidement dans le film, elles sont davantage voilées dans le livre. La relation entre Sophie et Hurle est assez difficile à suivre, car Hurle en sait beaucoup plus que ce qu'il ne le laisse penser. Quant à Sophie, elle passe son temps à dire du mal du magicien.
En fait, plus on avance dans le livre, plus on perd de vue les repères que l'adaptation nous avait donnés. C'est un peu déstabilisant, et c'est un peu pour cela que je n'aime pas trop lire les livres après avoir vu leur adaptation. Toutefois, l'histoire que nous raconte Diana Wynne Jones est vraiment amusante, et c'est avec beaucoup de plaisir que je l'ai suivie.
L'avis de Virginie.
27 mai 2007
Au nom du Roi ; Annie Jay
Edition Le livre de Poche ; 222 pages.
4,80 euros.
" Paris, 1671. Exupère Lecoq, dix-sept ans, beau, dégourdi et de bonne éducation, se voit confier la mission de garde du corps auprès du fils de Madame de Sévigné. Depuis quelques temps, en effet, de riches jeunes gens disparaissent mystérieusement. Une magnifique femme serait à l'origine de ces enlèvements. Qui est-elle ? Quel est son dessein, sinon celui de détourner la fortune de ses victimes ? Exupère va lui servir d'appât... "
Ayant adoré Un complot à Versailles du même auteur, c'est avec beaucoup d'enthousiasme que j'ai ouvert ce livre.
A nouveau, Annie Jay nous fait enquêter dans le Paris de Louis XIV, aux côtés d'une police qui pourchasse aussi bien les assassins que les (trop) libres penseurs. Nous avons également accès au salon de Mme de La Fayette, ainsi qu'aux problèmes de dot de Camille, la jeune fille à laquelle ce fripon d'Exupère fait les yeux doux (sans succès naturellement). Toutefois, ce livre m'a paru un peu moins concentré sur l'aspect historique que Un complot à Versailles, afin de donner davantage de dynamisme au récit (c'est plus court également).
Les personnages, qu'il s'agisse d'Exupère, de Camille, de Mme de Sévigné, de Marcelin ou encore du vieux La Fontaine, sont très sympathiques, et résument un certain nombre de statuts sociaux de l'époque.
Ce roman est drôle, vif, et romantique. En résumé, tous les ingrédients sont réunis pour nous faire passer un très bon moment.
A noter tout de même que l'une des scènes finales est assez choquante pour des enfants trop jeunes (et pour moi aussi d'ailleurs...). Mais elle reste quand même supportable, et à part ça, ce livre passe très bien !
05 mai 2007
La laide au bois dormant ; Gregoire Solotareff et Nadja
Édition L'École des Loisirs ; 45 pages.
5,20 euros.
" Un jour que la reine se baignait dans une mare, une grenouille sortit de l'eau et dit : " Combien ? " C'était une grenouille sorcière qui prédisait le temps, l'argent et les enfants.
Ainsi la reine eut des jumelles. La première était très belle, et elle l'appela Belle. La deuxième était très vilaine, pas horrible, mais assez moche quand même, et on la cacha au deuxième sous-sol, où une sage-femme la prit en pitié, l'appela Lady, ce qui était joli, et lui donna à manger. La sage-femme, auparavant, avait jeté un sort à Belle : quand elle aurait quinze ans, elle se piquerait le doigt avec un fuseau, et elle en mourrait...
Et voici la véritable histoire du château au Bois Dormant, de ce qui s'y passa, pendant que Belle dormait, que le prince s'approchait, que la pauvre Lady attendait son heure, dans son sous-sol, en réfléchissant, parce qu'elle était moche, mais spécialement intelligente. Un livre pour les enfants qui aiment déjà lire tout seuls. "
C'est le titre du livre qui m'a interpellée. Quand j'étais petite, La Belle au bois dormant était mon dessin animé préféré. Je m'attendais à une histoire inversée, romantique et tout le tralala qui va avec.
Et bien pas du tout. Ce livre est tout sauf un conte de fées. Un prince charmant qui arrive avec une tronçonneuse et qui fonce demander la main de la soeur de la Laide au Bois dormant, une héroïne qui vieillit jusqu'à atteindre les cent quinze ans, une mère indigne, et pas de "ils se marièrent et eurent beaucoup d'enfants", on est très loin du compte.
Il n'empêche que j'ai bien rigolé. Les dessins sont vraiment sympas, pas du tout réalistes, pas du tout selon nos canons de beauté, mais plein d'humour. On est à la limite du grotesque, et pourtant on s'amuse beaucoup à voir Belle (la soeur jolie) aller se piquer le doigt comme la première des nunuches alors que tout le monde savait que ça allait arriver. De la même façon, penser que le roi embrasse un poux (en fait, la reine métamorphosée) pendant cent ans est aussi répugnant que plaisant.
Bon, quand même, ça ne se finit pas trop mal. La Laide au Bois dormant apprend à relativiser, et à se trouver tout à fait acceptable. Le vrai prince charmant n'est peut-être plus très loin après tout...
28 avril 2007
Fascination ; Stephenie Meyer
Édition Hachette ; 525 pages.
18 euros.
" Bella, seize ans, décide de quitter l'Arizona ensoleillé où elle vivait avec sa mère, délurée et amoureuse, pour s'installer chez son père, affectueux mais solitaire. Elle croit renoncer à tout ce qu'elle aime, certaine qu'elle ne s'habituera jamais ni à la pluie ni à Forks où l'anonymat est interdit. Mais elle rencontre Edward, lycéen de son âge, d'une beauté inquiétante. Quels mystères et quels dangers cache cet être insaisissable, aux humeurs si changeantes ? A la fois attirant et hors d'atteinte, au regard tantôt noir et terrifiant comme l'Enfer, tantôt doré et chaud comme le miel, Edward Cullen n'est pas humain. Il est plus que ça. Bella en est certaine. Entre fascination et répulsion, amour et mort, un premier roman... fascinant. "
Depuis quelques temps, je vois un engouement se créer autour des livres de Stephenie Meyer. Après lecture de Fascination, je dois bien avouer que cet enthousiasme me paraît plus que justifié. C'est une lecture dont je me suis délectée. Quitter mon livre seulement quelques heures a été très difficile, et je me suis ruée dessus dès que je suis rentrée.
Difficile de parler de ce livre sans vendre la mèche (même si on se doute rapidement de ce qui se passe, mieux vaut préserver le suspens), mais je vais quand même essayer de vous tenter, parce qu'il en vaut vraiment le coup.
C'est aussi passionnant que Harry Potter, mais peut-être en plus grave (quoique les derniers tomes des aventures du jeune sorcier ne sont pas que des parties de plaisir). C'est un récit fantastique, mais qui tient extrêmement bien la route, grâce à un bon dosage entre le surnaturel et le réel.
En fait, je n'ai eu aucun mal à me mettre dans la peau de Bella, à partager son amour passionné pour Edward. En plus, elle aime Jane Austen et Emily Brontë, ce qui prouve que c'est une fille bien... Non ?
C'est une adolescente comme les autres, peut-être un peu plus gauche que la moyenne, qui manque d'assurance, mais qui sait ce qu'elle veut.
Comme elle, j'ai été irrésistiblement attirée vers les Cullen. Les mystères qu'ils renferment m'ont captivée. Edward, jeune garçon obstiné et tourmenté, est le genre de garçons qui fait craquer toutes les filles dans une cour de récréation. Bella y compris. Et bien évidemment, la jeune fille ne va avoir aucun mal à exercer sur lui une fascination aussi grande que celle qu'il lui inspire.
Mais, même si la principale ligne du roman est la relation entre Bella et Edward, je n'ai pas eu l'impression de lire un roman à l'eau de rose. Il s'agit de l'éveil des sentiments de deux jeunes gens, de leurs doutes, de leurs craintes face à un avenir qui semble compromis malgré leur très jeune âge.
Tout ceci dans un environnement fascinant (c'est vraiment le mot), créé par Stephenie Meyer, qui a reconstitué à sa façon certains personnages "spéciaux" pour mieux les fondre dans la masse. La partie de base-ball façon Cullen doit vraiment valoir les parties de Quidditch d'Harry Potter ! Et les courses à dos d'Edward sont certainement aussi impressionnantes que les vols à dos de Buckbeack. Grâce à Bella, on entrevoit un monde différent du nôtre, aussi attrayant qu'effrayant. Car il y a aussi une intrigue bien menée, avec de vrais méchants, dont une qui risque de prendre de l'ampleur dans les prochains tomes.
Les dialogues sont plein d'humour (les taquineries entre Bella et Edward, deux têtes de pioche, sont vraiment craquants), l'écriture est aérée, aucune longueur n'est à déplorer. Les cinq cents pages passent à toute allure. C'est un de ces livres dont j'ai une terrible envie de connaître la fin tout en redoutant d'en tourner la dernière page. Heureusement, le tome 2 est sur ma PAL. Par contre, il va falloir attendre un peu pour le tome 3...
Les avis d'Elfe et de Margoulette. Le site de Stephenie Meyer ici.



