lilly et ses livres

Un petit blog pour y décrire les livres que j'ai aimés, et que je désire partager avec les mordus de lecture ... mais aussi ceux qui m'ont déçue, et sur lesquels je serais ravie d'échanger mon point de vue.

25 janvier 2007

Le prince heureux Le géant égoïste et autres contes ; Oscar Wilde

2070516296Édition Folio Junior ; 120 pages.
4,60 euros.

" Une petite hirondelle en route vers l'Egypte décide de passer la nuit à l'abri d'une statue dominant la ville.
Couverte de minces feuilles d'or, ses yeux faits de saphirs, un gros rubis ornant le pommeau de son épée, c'était la statue du Prince Heureux. Le ciel était plein d'étoiles brillantes. L'hirondelle allait s'endormir quand, soudain, une goutte d'eau glissa sur son aile : la statue pleurait ! Le Prince Heureux pleurait sur les misères de la ville... Le Prince Heureux, Le Rossignol et la Rose, Le Géant égoïste, L'Ami dévoué, La Fusée remarquable, cinq contes d'Oscar Wilde. "

Après Le fantôme de Canterville et L'anniversaire de l'infante, j'ai voulu continuer ma découverte d'Oscar Wilde avec ce livre, conseillé par Virginie. Je suis tombée sous le charme de ces cinq contes, qui traitent de l'amitié, de l'amour, de l'égoïsme, et du sacrifice. Chez Oscar Wilde, les histoires sont souvent fantaisistes, elles décrivent pourtant une réalité. Elles sont souvent cruelles, parce qu'il n'y a pas de prince ou de princesse, ou même une bonne fée qui arrive à temps pour sauver la bonne poire le gentil de l'histoire. C'est souvent rageant, ce n'est jamais très agréable de voir la bêtise humaine en face de soi.
Il y a quand même des contes touchants dans ce recueil, qui prouvent que certains savent reconnaître leurs erreurs et se repentir. Même si cela leur coûtera la vie.
Et puis, il y a l'humour, le cynisme de Oscar Wilde qui fait de certains contes des délices (je pense en particulier à La fusée remarquable).

A noter que malgré sa classification en "jeunesse", ce livre peut facilement heurter la sensibilité des touts petits.

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19 janvier 2007

Dublinois ; James Joyce

2070385817Édition Folio ; 350 pages.
6,60 euros.

Lettre J Challenge ABC 2007 :

" Après la publication en 1907 de poésies de jeunesse, James Joyce publie en 1914 un recueil de nouvelles commencé dès 1902. Il s'agit de Dublinois. Quelle surprise pour les lecteurs de découvrir ces quinze nouvelles, si sages, si classiques, si claires. Dans ce livre, Joyce décrit, avec un sens profond de l'observation, les moeurs de la bourgeoisie irlandaise, l'atmosphère trouble et le destin tragique de la société de l'époque. Les thèmes favoris de Joyce, l'enfance, l'adolescence, la maturité, la vie publique sont ici incarnés par divers types d'habitants de Dublin, « ce cher et malpropre Dublin » que Joyce aimait tant. "

James Joyce est un auteur qui fait peur, comme l'a très bien dit Allie. Son nom est associé au monstre de 1171 pages qu'est Ulysse, ce qui a en effet de quoi en rebuter plus d'un. Dans ma tête, j'ai toujours associé Virginia Woolf et James Joyce, parce qu'il sont nés et morts la même année. C'est pourtant une simple coïncidence si j'ai débuté Dublinois et la biographie de Virginia Woolf le même jour. En lisant le livre de Nigel Nicolson, je me suis en fait aperçue qu'ils n'avaient eu presque aucune relation, à part lorsque Virginia Woolf a refusé d'éditer Ulysse, qui ne lui plaisait pas. Ca, c'était pour la petite histoire.

Pour mon challenge, j'ai décidé de m'attaquer à James Joyce, et comme il faut y aller en douceur avec moi, j'ai choisi Dublinois, ou Gens de Dublin. Il s'agit d'un recueil de quinze nouvelles qui mettent en scène des hommes, des femmes, des enfants dans leur vie de tous les jours. Les thèmes récurrents de la littérature irlandaise sont présents, l'alcoolisme, la misère, la mort, le sexe avant le mariage, l'envie de s'exiler malgré l'attachement sincère à la patrie. James Joyce parle d'une façon très simple des Dublinois, et c'est ce qui fait le charme de ce recueil.
D'un autre côté, j'ai été très surprise par l'écriture de Joyce, dont la simplicité est volontairement trompeuse. Elle frôle par moments la monotonie tellement le rythme de la lecture est monocorde. A de nombreuses reprises, j'ai dû relire des passages que j'avais lu sans concentration. C'est une volonté de l'auteur, pour servir le contenu du livre. Les choses suivent leur cours, les heures passent dans cet univers, et comme dans la vraie vie, nous avons parfois besoin de nous déconnecter de cette réalité.
L'impression que nous laisse James Joyce sur Dublin est celle d'une ville où la vie n'est pas plus facile sinon plus dure qu'ailleurs. Chacun tente de faire sa vie comme il peut, avec des scrupules ou non. Et comme partout, il y a des gagnants et des perdants, des envieux et des déçus.
Je ne sais pas trop quoi penser de ce livre, j'ai eu du mal à le lire . Les premières nouvelles s'avalent très rapidement. Mais j'ai eu l'impression d'être dans un état comateux vers le milieu. Cette atmosphère de Dublin est lourde et encore une fois, monotone. En fait, je pense qu'il faut lire ce livre tranquillement pour l'apprécier vraiment, ce que je n'ai pas fait.

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05 janvier 2007

L'anniversaire de l'infante suivi de L'Enfant de l'Etoile ; Oscar Wilde

2070522873Edition Folio Junior ; 76 pages.
2 euros.

" Pour les 12 ans de l'Infante d'Espagne, un somptueux divertissement a été organisé avant le goûter d'anniversaire. Corrida, marionnettes, prestidigitateur, tous les numéros sont réussis...mais celui qui remporte le plus grand succès est celui du nain monstrueusement disgracieux, qui fait beaucoup rire les enfants. La pauvre créature ne connaît pas sa laideur, et croit à la sincérité de la princesse qui lui offre une rose blanche. "

Le premier conte de ce livre est vraiment triste, et nous rappelle combien les enfants mais aussi les adultes peuvent être cruels. Le nain de cette histoire débute sa journée dans l'insouciance, ignorant pourquoi son père l'a vendu la veille, et inconscient de sa laideur. Ce petit garçon croit le temps d'un rêve que l'Infante lui lance une sublime rose blanche comme gage de son coeur. Mais ceci n'est que pure coquetterie. Et quand l'Infante apprend pourquoi le nain a le coeur brisé, elle n'éprouve aucune pitié, et son insouciance est d'une immense cruauté.
Oscar Wilde nous fait éprouver de la tendresse pour ce petit garçon, insulté par les fleurs pour qui seule l'apparence compte, notamment les roses qui n'hésiteront pas à user leurs épines contre lui s'il ose les approcher. Mais ces roses malveillantes, ces fleurs qui parlent dans le dos du nain, c'est parfois nous, lorsque nous nous laissons aller à nos préjugés et à notre méchanceté. Lui, le nain, il les aime ces fleurs, d'ailleurs il n'arrête pas d'embrasser la rose blanche que l'Infante lui a offerte. Même si elle refuse de lui parler. Il voudrait simplement qu'elles l'aiment aussi. Parce qu'il n'est qu'un petit garçon après tout.

L'Enfant de l'Etoile est beaucoup plus amusante. Un jour que deux bûcherons rentrent d'une journée de travail particulièrement rude, ils voient une étoile s'écraser un peu plus loin. Pensant trouver un trésor, ils accourent. A leur grande surprise, ils découvrent un bébé enveloppé dans un drap d'étoiles. L'un des deux refuse de le laisser dans la neige, et le ramène chez lui où il parvient à convaincre sa femme de l'élever malgré leur pauvreté. En grandissant, l'Enfant de l'Etoile devient particulièrement beau, mais aussi terriblement orgueilleux et cruel.
Un jour, une mendiante aux pieds meurtris et au ventre affamé s'arrête dans le village pour se reposer un peu. L'Enfant de l'Etoile s'apprête à lui jeter des pierres quand le bûcheron qui l'a recueilli intervient. La mendiante confie alors à ce dernier être la mère de cet être détestable. Lorsqu'il l'apprend, l'Enfant de l'Etoile se sent humilié, et la chasse. C'est alors qu'il se transforme en un être hideux que tout le monde méprise. Meurtri par les remords, il part à la recherche de sa mère, et subit trois ans durant les humiliations de ceux qui croisent son chemin, qui refusent de le renseigner et de l'aider.

Je sais, j'ai dit que c'était amusant. En fait, ça l'est. Parce qu'un jour, l'Enfant de l'Etoile rencontre un petit lièvre qui va changer sa vie. Et tout est bien qui finit bien ? Presque... Parce que ce cher Oscar Wilde n'a pu s'empêcher de faire une petite farce pour conclure son conte. Mais ce cynisme est tellement fin que je n'ai pas pu m'empêcher de trouver cela très drôle.

Ces deux contes reprennent des éléments du merveilleux, ce qui est extrêmement plaisant. Ceci ajouté à l'humour noir d'Oscar Wilde, qui n'a pas son pareil dans ce domaine. Pas aussi drôle et plaisant que Le fantôme de Canterville, mais vraiment sympa si vous voulez approfondir votre connaissance de cet auteur.

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20 décembre 2006

Le fantôme de Canterville ; Oscar Wilde

2290334022Edition Librio ; 93 pages.
2 euros.

" Un ministre américain et sa famille achètent à Lord Canterville son château et tout ce qu'il contient... fantôme compris. Mais la famille Otis n'a vraiment pas peur des fantômes. Alors, lorsqu'un spectre qui a l'habitude de terroriser tout le monde se trouve confronté à deux jumeaux qui ne pensent qu'à lui jouer de mauvais tours, il est plus que déconcerté. "

Voilà un livre qui vous mettra du baume au coeur en cette période de fêtes. Certes, l'histoire n'a rien à voir avec Noël, mais elle est très agréable à lire, et si j'avais eu une cheminée, je me serais calée dans un fauteuil à côté pour lire.
Ça me gêne un peu de mettre Oscar Wilde dans la catégorie des auteurs irlandais, parce qu'il a vécu en Angleterre, ses romans se passent en Angleterre. C'était un auteur irlandais très anglais, autant dans son mode de vie que dans ses livres. D'un autre côté, il fait la fierté de son pays, et je n'ai pas envie de me brouiller avec les amoureux de l'Irlande dont je fais partie.
Bref, ceci étant dit, passons à ce qui est intéressant, le livre. Vous vous souvenez de Un chant de Noël de Charles Dickens ? Je suis sortie de ce livre tout aussi émerveillée. D'un côté, nous avons un fantôme qui hante son château, puni pour avoir assassiné son épouse trois siècles auparavant. Il a pris beaucoup de plaisir à faire mourir de frayeur ceux qu'il a rencontrés au cours de son errance.
Mais voilà que le dernier Lord Canterville décide de vendre sa demeure à un ministre américain, Mr Otis. Celui-ci vient avec son épouse, Mrs Otis, son fils aîné, Washington ( "prénommé ainsi par ses parents dans un instant de patriotisme qu'il n'avait jamais cessé de regretter" ), sa fille Virginia, et ses terribles jumeaux. Par avance, le fantôme de Canterville se réjouit à l'idée de jouer bien des tours à cette famille venue du Nouveau Monde.
C'était sans compter sur la personnalité américaine que nous dépeint avec beaucoup d'humour Oscar Wilde. Au lieu de s'émouvoir devant une tache de sang impossible à laver, Washington Otis s'attache à la nettoyer chaque jour avec le Super-Kinettoy et Extra-Détersif Pinkerton. Et quand il entend le bruit des chaînes que traîne le fantôme derrière lui, Mr Otis n'a pas les cheveux qui se dressent sur la tête. Non, il vient poliment lui demander de mettre du lubrifiant Soleil Levant Tammany dessus, pour que le bruit cesse...
En plus, notre pauvre fantôme n'est pas un fantôme comme les autres. Les jumeaux ne cessent de le maltraiter, il s'enrhume, doit garder le lit des jours durant. Et quand il croise un autre fantôme, il s'enfuit terrifié... pour s'apercevoir ensuite que ce n'est qu'un mauvais tour de plus de la part des enfants Otis. Parce que la Noblesse anglaise et ses fantômes, c'est dépassé...
Heureusement, la petite Virginia prendra la peine d'écouter le fantôme de Canterville, et essayera de lui faire retrouver la paix.

A noter que je vous ai indiqué l'édition Librio pour son prix très bas. Cependant, l'édition Hachette BiblioCollège est illustrée, pour seulement 1 euro de plus. C'est celle que je possède.2011682096

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08 décembre 2006

Les créatures de la terre ; John McGahern

2253082791

Edition Le Livre de Poche ; 152 pages.
5,50 euros.

" Les " créatures de la terre " sont des êtres ordinaires confrontés aux situations élémentaires de la vie, et qui peuvent révéler des gouffres de méchanceté ou de bêtise, aussi bien que des trésors de bonté. Allez savoir... John McGahern nous offre, à travers trois nouvelles, une série de portraits hauts en couleur : deux vagabonds capables de tuer des animaux innocents, sans même savoir pourquoi ils le font ; deux policiers chargés d'arrêter l'homme qui leur offrait, en toute amitié, des billets pour la coupe de l'Ulster ; trois frères contraints d'assister aux obsèques d'un oncle qu'ils détestaient... Prenant prétexte de situations simples sinon banales, le grand romancier irlandais explore les thèmes de la solitude, de l'abandon, de l'incompréhension entre les êtres. Bien que sa vision du monde soit sombre, son humour et son exceptionnel talent de conteur éclairent ces récits d'une lumière contrastée comme celle qui ennoblit les paysages d'Irlande. "

C'est Yvon qui m'a conseillé cet auteur. Oui, en ce moment, j'achète beaucoup de livres grâce aux critiques que j'ai lues... Bref, donc, j'ai lu ce recueil de nouvelles, et j'ai beaucoup aimé. Le rythme est assez lent, mais l'atmosphère rappelle bien l'Irlande embrumée, les paysages de campagne, les tourbières, l'herbe très verte, les moutons. Chacune des nouvelles nous donne le sentiment de débarquer au milieu de l'histoire, notamment la deuxième, où l'on comprend ce qui se passe seulement vers la fin. Finalement, ces gens sont un peu comme nous, ils vivent leur vie, n'ont rien d'extraordinaire, mais nous la font quand même un peu partager. Puis, ils ressortent de notre lecture, comme ça, sans nous dire comment l'histoire finira. L'auteur nous donne une vision assez pessimiste du monde, des hommes surtout, qui agissent sans scrupules, qui n'hésitent pas à manipuler ou à céder à la cruauté et à l'hypocrisie. Cependant, j'ai beaucoup apprécié l'écriture pleine de poésie et de piquant d'une certaine manière de John McGahern.

Posté par lillounette à 16:45 - Contes et Nouvelles Irlande - Commentaires [14] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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