22 février 2007

L'inespérée ; Christian Bobin

2070394557Éditions Folio ; 115 pages.
3,50 euros.

"Je suis fou de pureté. Je suis fou de cette pureté qui n'a rien à voir avec une morale, qui est la vie dans son atome élémentaire, le fait simple et pauvre d'être pour chacun au bord des eaux de sa mort noire et d'y attendre seul, infiniment seul, éternellement seul. La pureté est la matière la plus répandue sur la terre. Elle est comme un chien. Chaque fois que nous ne nous reposons sur rien que sur notre coeur vide, elle revient s'asseoir à nos pieds, nous tenir compagnie. "

Le monde dans lequel nous vivons est "affreusement noir en dessus". Christian Bobin nous le démontre en évoquant un fait divers. Pendant la guerre en Yougoslavie, un homme et sa famille ont été décapités par les Serbes. Ils étaient considérés indignes de vivre, car musulmans... Après ce crime, une table dressée par l'homme assassiné a été découverte. Il voulait accueillir les soldats serbes avec hospitalité...

"Rien ne nous est dû dans cette vie, pas même l'innocence d'un ciel bleu." Parce qu'il est facile de voir la vie en noir, Christian Bobin nous tend la main et nous démontre que le bonheur est facile à trouver. Il est dans l'amour naturellement, mais aussi dans une parole, dans un geste, dans une séance de repassage, dans une abbaye, ou même parfois, dans la souffrance et dans la mort. La beauté également est partout. Dans la pureté, la sainteté, l'évasion. Ces choses sont faciles à atteindre, il faut seulement un peu de sincérité et de volonté. Enfin, pour conserver ces instants de bonheur, il suffit de les fixer dans une lettre, une rose desséchée depuis des mois, sur des visages inconnus, ou encore dans un arbre.

Ces récits ne sont que des impressions comme nous en avons tous chaque jour. Cependant, nous n'avons pas toujours conscience de ce que ces impressions peuvent/pourraient représenter. Christian Bobin nous ouvre donc les yeux en nous parlant de nous et de notre monde "miraculeusement pur en dessous", avec une écriture pleine de poésie. Cette philosophie selon laquelle "il faut profiter de chaque instant" est vieille comme le monde. Mais parce qu'il parle d'aspects courants du quotidien, Christian Bobin parvient à nous toucher (bon d'accord, ses lettres sont des lettres d'amour comme toute femme aimerait en recevoir, et ça aussi ça fait mouche. Parce que Christian Bobin, c'est un homme qui comprend les termes "galanterie" et "délicatesse". Il a bien raison quand il dit que rien ne vaut une lettre d'amour dans le style "XIIe siècle". Ah là là, le "Allez va, va petit bateau chahuté par les vagues, va délivrer ta cargaison de lumières"... Mais juré, il y a bien plus que ça ! ).

Bref, savourez-le !

Les avis de Florinette et de Caro[line].

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02 février 2007

Lanzarote et autres textes ; Michel Houellebecq

2290334405Édition J'ai Lu (Librio) ; 90 pages.

« Vous-avez passé une bonne journée ? attaquai-je avec déconcentration. J’ai supposé que vous aviez fait l’excursion pour Fuerteventura.
- C’est exact. » Il secoua la tête avec indécision avant de répondre :
- « C’était nul, complètement nul.
- Aucun intérêt, vraiment.
- Et maintenant, j’ai fait toutes les excursions proposées par l’hôtel.
- Vous restez une semaine ?
- Non, quinze jours », dit-il accablé.
Effectivement, il était dans de beaux draps. Je lui proposai un cocktail. »

Incisif, railleur, de cette même plume grinçante que nous lui connaissons, Michel Houellebecq s’épanche ici sur les affres du touristes, pauvre écorché des voyages organisés. Dans ce recueil, l’auteur nous livre sa vision, amère, de la fin d’un siècle, sur la littérature, le progrès, les rapports amoureux, le monde en général. 

Tout ça pour ça. C'est un peu ce qui ressort de ma lecture de Lanzarote (et des ébauches qui complètent mon Librio). Certes, Michel Houellebecq traite de sujets actuels et de phénomènes réels sans mâcher ses mots.  Mais j'ai quand même eu du mal à lire ces quelques pages. La première nouvelle m'a rappelé, au début, La fascination du pire de Florian Zeller. Cependant, au bout de deux ou trois chapitres, j'ai commencé à pas mal m'ennuyer. Après, mon livre a disparu quelques jours. J'ai rangé ma bibliothèque et l'ai embarqué dans un rayon où il n'avait rien à faire (je crois que mon côté bordélique est incurable...). Je l'ai repris et terminé sans vraiment être enthousiasmée. Mais comme je l'ai dit, ce livre n'est pas sans intérêt et je comprends qu'il puisse avoir des adeptes.
Les autres textes font la taille des esquisses de Virginia Woolf, mais ils n'ont absolument pas leur charme et leur finesse (c'est même tout le contraire). Là, je n'ai vraiment pas pris. Je suis peut-être une "chochotte" (n'est-ce pas Patch ? ), mais j'ai du mal avec la provocation et la vulgarité, même lorsqu'elles ont le mérite de poser de vraies questions.
Bref, un auteur que je suis contente de connaître un peu, mais que je ne pense pas relire (on ne sait jamais).

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22 décembre 2006

Histoires de Noël ; Bernard Clavel

2226118616Edition Armand Colin ; 192 pages.
12,50 euros.

" Voici le temps de Noël, le temps de tous les mystères, de tous les possibles... Les dix contes de Bernard Clavel, quels qu'en soient le lieu et l'époque, évoquent la justice retrouvée, la générosité qui se révèle, la solidarité simple et belle: Entre neige et feu de bois, tour à tour allégoriques et modernes, féeriques et inquiétantes, ces histoires prouvent combien la magique poésie des nuits de Noël sait nous émouvoir, encore et toujours. "

Que dire de plus ? Ces dix petites histoires se lisent d'une traite. La première histoire est assez déconcertante au début, puis la magie de Noël arrive pour nous rassurer. Ce petit livre est destiné aux grands enfants, il tente d'allier l'ambiance féérique de Noël et la dure réalité quotidienne des hommes et des femmes, de tous temps et de tous horizons.
Parce que quel que soit notre âge, notre lieu de vie, ou notre époque, nous avons besoin de retrouver l'espoir. Mais, comme parfois il nous faut de l'aide pour rêver d'un monde enchanté, Bernard Clavel a décidé de recréer pour nous nos illusions d'enfants. Chaque histoire commence mal, et même si toutes ne s'achèvent pas bien, leurs héros ont ressenti un peu de cette joie si vive qui nous prend le coeur en cette période de fête.
Mes histoires préférées sont Julien et Marinette, une histoire vue et revue, mais toujours aussi belle, et Les soldats de plomb, ou l'on assiste de façon totalement imprévue à la naissance du Père Noël.

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23 novembre 2006

Je voudrais que quelqu'un m'attende quelque part ; Anna Gavalda

2290311782Edition J'ai Lu ; 156 pages.
4,50 euros.

"Les personnages de ces douze nouvelles sont pleins d'espoirs futiles, ou de désespoir grave. Ils ne cherchent pas à changer le monde. Quoi qu'il leur arrive, ils n'ont rien à prouver. Ils ne sont pas héroïques. Simplement humains. On les croise tous les jours sans leur prêter attention, sans se rendre compte de la charge d'émotion qu'ils transportent et que révèle tout à coup la plume si juste d'Anna Gavalda. En pointant sur eux ce projecteur, elle éclaire par ricochet nos propres existences."

Après Ensemble, c'est tout, j'avais très envie de lire un autre livre de Anna Gavalda. J'espérais découvrir de nouveaux personnages humains, attachants, dans lesquels je pourrait me retrouver, un peu. Les premières nouvelles m'ont fait craindre une déception. Puis, j'ai pris le rythme, et j'ai vraiment aimé ce recueil. Certes, il s'agit bien à nouveau de personnages un peu "cabossés", mais on ne se lasse pas quand c'est Anna Gavalda. Chaque héros de quelques pages, je lui ai donné ma sympathie (je sais, ils n'existent pas, mais c'est plus fort que moi...), j'ai eu envie que les choses s'arrangent pour lui, ou pour eux, quand il y avait plusieurs points de vue exprimés. A noter que certaines nouvelles sont assez "crues". J'ai pu lire que certains trouvaient le vocabulaire employé trop familier, pour ma part je trouve qu'il donne un caractère plus vraisemblable aux réçits du recueil.
A lire dans le bus, dans un parc, dans un café ou tout simplement chez soi, bon moment garanti !

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25 septembre 2006

Le Petit Prince ; Antoine de Saint Exupéry

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Edition Folio Junior ; 95 pages.
5,50 euros.

"Un homme perdu au milieu du désert, suite à une panne d'avion, rencontre un étrange petit bonhomme, qui lui dis : "dessine moi un mouton." De là va naître une merveilleuse amitié. Le petit prince va raconter à l'aviateur d'où il vient, une autre planète, et sa traversée dans l'espace, pleine de découvertes et de fabuleuses rencontres. Chaque phrase de ce livre est pleine de douceur, de sincérité et de poésie. Un regard candide et drôle sur le monde des adultes. Après avoir lu ce livre, on regarde tous le ciel en espérant y apercevoir le petit prince et sa rose...

"Tu regarderas la nuit, les étoiles. C'est trop petit chez moi pour que je te montre la mienne. C'est mieux comme ça. Mon étoile, ça sera pour toi une des étoiles. Alors toutes les étoiles, tu aimeras les regarder."

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