21 février 2007

Contes de la rose pourpre ; Michel Faber

2879295475Éditions de L'Olivier ; 187 pages.
15 euros.

" Qu'est devenue Sugar, la jeune prostituée ? Et William Rackham, le riche parfumeur qui l'avait follement aimée ? Est-il parvenu à l'oublier ? Et la petite Sophie, où est-elle ? Ces questions, nous nous les sommes posées en refermant La Rose pourpre et le Lys. Avec le vague espoir que l'auteur de ce merveilleux roman " victorien " écrit au XXIe siècle consentirait à lui inventer une suite à la manière de Charles Dickens. Michel Faber a fait bien mieux : avec ce recueil de nouvelles, il nous propose une sorte de post-scriptum, ouvrant l'éventail des possibles sur le devenir de ses personnages. Ecoutons-le... " Nous sommes en décembre 1872. Une neige duveteuse tombe sur cette partie équivoque de Londres entre Regent Street et Soho... "

Je n'ai pas lu La rose pourpre et le lys, mais ce n'est pas faute de l'avoir vu et admiré dans les librairies. En fait, les critiques que j'avais lues, et qui émanaient de personnes ayant d'ordinaire des goûts semblables aux miens en matière de littérature, étaient mauvaises. L'écriture de l'auteur était la principale visée. Alors me taper 1000 pages d'ennui pour contredire tout le monde et risquer d'abandonner un livre ayant coûté environ quinze euros, même avec mon esprit de contradiction très développé cela me contrariait.

Depuis que je fréquente les blogs littéraires, j'ai découvert que certains sont très emballés par ce livre, Marie et Bill en tête. Mais ça n'a pas suffit à me convaincre. Hier, à la librairie, je cherchais un livre à acheter quand je suis tombée sur Contes de la rose pourpre. Je connaissais vaguement, Marie (je n'ai pas trouvé le lien...) et Gaëlle en avaient parlé. Il s'agit non pas d'une suite, mais plutôt d'anecdotes, qui se passent avant ou après La rose pourpre et le lys. Finalement, je ne l'ai pas pris. Quelques minutes plus tard, je suis à la bibliothèque, j'erre dans les rayons. Pour une fois, je regarde les présentoirs. Et là, je le vois. Personnellement, les histoires de signes et toutes ces choses là me font beaucoup rire d'ordinaire. Sauf que là, il s'agissait de livres. Et que l'on ne plaisante pas avec les livres. Je l'ai donc pris.

Bien qu'il soit très intéressant, si vous n'avez pas lu La rose pourpre et le lys, ne lisez pas l'avant-propos. D'abord, il raconte la fin de l'histoire (bon, pour une personne comme moi ça n'est pas gênant, mais ça c'est une autre histoire). Ensuite, l'auteur lie un peu trop, bien involontairement, ses contes et son roman. Du coup, je me suis sentie un peu une intruse au début, parachutée dans une histoire à laquelle je n'appartenait pas. Heureusement, au bout de quelques pages, l'effet s'est dissipé.

Pénétrer dans le Londres du XIXè, dans ses bas quartiers, ses bordels, était une première pour moi (enfin je crois). Les personnages créés par Michel Faber vont dans des endroits interdits, vivent dans des lieux où il ne faut pas mettre les pieds quand on est une personne "respectable". L'idée d'avoir la possibilité de savoir ce que vont devenir ou ce qu'ont été ces personnages en lisant le roman de l'auteur permet de les quitter sans trop d'amertume. D'après les critiques que j'ai lues sur La rose pourpre et le lys, les personnages ne sont pas forcément très attachants. Ici non plus. On sent quand même des liens se tisser entre eux au fil des nouvelles. La dernière, qui est racontée par un enfant, est la plus touchante. Sans doute parce qu'elle compte plus de pages que les autres, et que Michel Faber a davantage l'occasion de prouver son talent.

Au niveau de l'écriture, elle n'est pas désagréable, mais j'ai eu du mal à imaginer une ambiance victorienne. J'ai beaucoup de mal à savoir si tel ou tel livre est bien ou mal écrit. J'attends simplement de l'auteur qu'il crée un rythme et une atmosphère qui contribuent à rendre son histoire réelle. Ce n'est pas vraiment le cas ici, on est très détaché de l'action par moments.

J'ignore si une lecture préalable de La rose pourpre et le lys m'aurait davantage permis d'apprécier ce recueil. C'est un petit livre sympathique, les ambitions initiales de l'auteur étaient plus que respectables, mais ce recueil se lit et s'oublie assez vite je pense. Je suis quand même assez intriguée, peut-être vais-je me laisser tenter par le roman...

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07 février 2007

L'état de l'Angleterre précédé de Nouvelle carrière

2070428656Édition Folio 2 Euros ; 109 pages.
2 euros.

" Dans un bar enfumé à Londres, deux scénaristes s'escriment à peaufiner leur texte, tandis qu'à Hollywood les grosses machines du marketing éditorial s'affairent pour lancer sur le marché mondial le nouveau sonnet d'un poète anglais - un producteur songe même à en faire un remake !
Comment faire bonne figure lors d'une course à pied dans l'école huppée de son fils, lorsqu'on est un petit malfrat récemment divorcé et toujours amoureux de sa femme, bisexuel et qu'on s'est fait tabasser la veille ? Entre vision iconoclaste du milieu de l'édition et errements sexuels et sentimentaux de personnages pathétiques, Martin Amis dresse avec un comique décapant un portrait du monde anglo-saxon. "

Mouais. Voilà une lecture plutôt sympathique, mais dont je risque de ne pas me souvenir dans quelques temps. Ça se lit, mais "comique décapant"... il ne faut pas exagérer. Ou alors nous n'avons pas le même humour, l'éditeur et moi. C'est vrai qu'un homme qui téléphone à sa femme à qui il a demandé d'aller se cacher derrière un buisson pour la supplier de le reprendre, ça fait sourire.
Mais ces hommes, quand même, Martin Amis ne nous dresse pas d'eux un portrait flatteur, loin de là. Les femmes, quant à elles, servent davantage à décorer qu'à autre chose.
En fait, j'ai eu l'impression que ce n'était pas un monde réel que nous décrivait Martin Amis. L'histoire d'un poète qui écrit un sonnet qui se transforme en remake... j'ai trouvé ça un peu étrange. De même, la relation entre Mal et sa nouvelle compagne. En revanche, la relation du père avec son fils, et celle d'Eliza et de Mal prête à sourire.

S'il y a parmi vous des connaisseurs de Martin Amis, je serais ravie d'en apprendre un peu sur cet auteur. Peut-être pourrais-je apprendre à l'apprécier davantage.

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13 novembre 2006

Gelée Royale ; Roald Dahl

2070314537

Edition Folio 2 euros ; 117 pages.
2 euros.

"Comment faire grossir un bébé qui refuse de manger ? Son père, passionné d'apiculture, a une idée qui pourrait bien révolutionner l'alimentation des nourrissons ! Comment garder un œil sur sa femme après sa mort ? William Pearl, avec la complicité d'un ami neurochirurgien, tente une expérience inédite. Mais on ne revient pas impunément d'entre les morts... Plongez dans l'effroi pour éclater de rire à la page suivante - avec Roald Dahl, maître de l'humour noir so british !"

Ce nouveau Folio 2 euros est composé de deux nouvelles, William et Mary, déjà lue dans Coup de gigot, et Gelée royale. Cette dernière est assez effrayante. Déjà, elle parle des abeilles, de leurs pattes, de leur abdomen, bref, le genre de détails qui fait froid dans le dos. Ensuite, le bébé qui refuse de s'alimenter, et que son père décide de nourrir comme une reine des abeilles. Enfin, la chute de l'histoire, qui est encore plus terrifiante... En même temps, c'est drôle, même s'il s'agit d'un humour assez déplacé. J'ai quand même beaucoup plus apprécié Coup de gigot. Les ménagères meurtrières et sadiques, c'est vraiment très distrayant !

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10 novembre 2006

Coup de gigot et autres histoires à faire peur ; Roald Dahl

2070551814

Edition Folio Junior ; 116 pages.
3 euros.

"Qui pourrait croire que derrière cette paisible ménagère, si tendre et si attentionnée avec son mari, se cache une terrible meurtrière ? Et cette logeuse débordante d'amabilité et de gentillesse, comment ne pas lui faire confiance ? Mais attention ! Les apparences sont parfois trompeuses..."

Moi qui croyait que Roald Dahl écrivait pour les enfants, je me suis lourdement trompée. Ses nouvelles sont délicieusement cruelles et très drôles. Cette logeuse dont on devine peu à peu à peu la monstruosité, et surtout ces ménagères, paisibles et dévouées à leur mari en apparence, mais qui décident sur un coup de tête de faire ce qu'elles ont toujours rêvé de faire. C'est à dire, se délivrer de ces maris qui ne se sont jamais souciés de leurs désirs, et qui ont agit sur leurs vies comme s'ils en étaient les propriétaires. J'aime beaucoup "Mary et William", c'est un véritable retournement de situation, de l'homme qui donne des conseils domestiques à sa femme même après sa mort au "bébé" totalement soumis aux désirs presque vengeurs de son épouse. Certes, l'image de la douceur féminine prend un sacré coup, mais quel régal !

Merci  à Allie de m'avoir fait découvrir ce petit recueil...

Posté par lillounette à 17:10 - - Commentaires [14] - Permalien [#]