lilly et ses livres

Un petit blog pour y décrire les livres que j'ai aimés, et que je désire partager avec les mordus de lecture ... mais aussi ceux qui m'ont déçue, et sur lesquels je serais ravie d'échanger mon point de vue.

02 février 2007

Jane Austen ; Carol Shields

2762123720Édition Fides ; 234 pages.
14,50 euros.

Lettre S Challenge ABC 2007 :

" La grande romancière canadienne, Carol Shields, retrace le parcours fascinant d'une femme dont les œuvres continuent de séduire des générations de lecteurs depuis plus de deux cents ans. Shields suit Jane Austen depuis son enfance au presbytère de Steventon jusqu'à ses derniers moments à Winchester; elle se penche sur ses relations familiales, ses liens privilégiés avec sa sœur Cassandra, ses amitiés, ses espoirs matrimoniaux déçus. Au fil des pages, elle révèle aussi bien la femme privée que l'écrivain de génie, l'auteur de classiques tels Le cœur et la raison, Orgueil et préjugé et Emma. Ponctué des fines observations d'une romancière chevronnée sur le processus créatif, ce magistral portrait de Jane Austen constitue également une réflexion sur la façon dont naissent les grandes œuvres. "

Vous en avez marre que je vous parle de Jane Austen ? Tant pis, je continue. De toute façon, j'ai un esprit de contradiction particulièrement développé... En plus, je n'avais vraiment pas le choix, c'était pour mon challenge...
C'est donc sous la contrainte et pour vous embêter que j'ai adoré cette biographie de l'une de mes romancières favorites. J'ai déjà lu il y a quelques temps la biographie de Claire Tomalin, pourtant il y a peu de similitudes entre les deux ouvrages. En effet, Claire Tomalin nous parlait essentiellement de la vie de Jane Austen à travers son entourage. La taille de son livre lui permettait également de faire davantage de digressions et d'analyses historiques que la biographie de Carol Shields, qui a été publiée chez Fidès (qui, si j'en crois ce que j'en sais édite des biographies assez courtes). Elle se concentre donc presque exclusivement à Jane Austen. Elle s'appuie sur une analyse assez importante des oeuvres de Jane Austen afin de déterminer les événements marquants de la vie de cette dernière, et ainsi toucher sa personnalité. Dans cette biographie, il est facile de sentir toute l'admiration que ressent Carol Shields pour Jane Austen. Elle développe beaucoup le besoin de liberté, la malice, également le côté féministe avant l'heure, la modernité de Jane Austen. L'auteur développe beaucoup ce qui lui plaît chez Jane Austen. On sent de l'amusement lorsqu'elle nous parle d'Emma, son roman favori. Certes, cela donne une dimension très subjective à l'ouvrage, mais cela ne signifie pas que ce livre manque de sérieux, cela permet surtout de créer une complicité entre l'auteur et le lecteur. J'ai trouvé que Carol Shields le faisait avec beaucoup d'élégance et de respect.

L'avis d'Allie.

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26 janvier 2007

La maison de Carlyle et autres esquisses

CarlyleÉdition Mercure de France ; 102 pages.
13,60 euros.

" Les sept textes de Virginia Woolf qui composent ce petit livre datent de 1909 et étaient restés inédits. Quand elle rédige ses " esquisses ", Virginia Woolf n'a encore rien publié - à part des articles -, elle n'est pas mariée, et ce qu'elle appelle " les démons noirs et velus " de la dépression l'assaillent déjà. Mais elle est déterminée, comme elle le dit dans son journal, " à écrire non seulement avec l'œil, mais avec l'esprit, à découvrir la vérité sous le voile des apparences ". Et on retrouvera dans ces croquis de la vie londonienne d'alors, comme le dit si bien Geneviève Brisac dans son éclairante préface, " tout son art magistral et subtil. Ce sont des pages magnifiques, où se lisent, cachés comme dans le dessin du tapis, ses angoisses, ses deuils, son amour de l'humanité, son sens de la dérision et du mystère. Ses phrases intenses et musicales. Son génie ". "

J'ai découvert ce titre par Allie, et je suis immédiatement tombée sous le charme de ce livre. C'est très superficiel, mais j'aime énormément l'aspect de ce livre. Sa couverture élégante, son format et sa mise en page donnent envie de se plonger dedans.
Ce recueil contient sept esquisses d'à peine quelques pages, qui constituent des impressions, des souvenirs de Virginia Woolf.  A travers ces esquisses, c'est tout son talent d'observatrice et son jugement impitoyable d'autrui qui ressortent. Ceci d'autant plus qu'il s'agit de textes intimes, et donc non destinés à la publication. La lecture est extrêmement agréable, l'auteure s'exprimant à la première personne et fournissant à son lecteur les détails qu'elle a noté lors de ses excursions, ses impressions, ses réflexions.
Ces anecdotes sont un témoignage très intéressant de la vie à Londres au début du XXème siècle, que ce soit au niveau de la mode, des moeurs ou encore des idées. Virginia Woolf nous entraîne à la Maison de Carlyle, une célèbre demeure, puis à Hampstead (lieu que j'aime infiniment), pour y prendre le thé. L'intérêt que Virginia Woolf porte à tous les domaines de la vie anglaise, ainsi que son (futur) côté féministe transparaissent également, dans Hampstead ainsi que dans Le tribunal des divorces notamment.
C'est extrêmement court, pourtant ces récits ont un contenu très important. Pour preuve, nous avons le dossier qui accompagne les textes. Celui-ci nous permet de percevoir plus facilement la richesse des esquisses, en nous fournissant des interprétations de ces dernières. En effet, bien qu'il s'agisse d'un "journal intime", Virginia Woolf semble avoir passé sous silence ou arrangé certains événements. David Bradshaw a donc essayé, pour nous, de lire entre les lignes. 

Comme Allie, je ne vous conseillerais pas ce livre pour découvrir l'univers de Virginia Woolf. Il appartient à une période de sa vie où elle n'avait encore publié aucun roman, et il n'était pas destiné à la publication. En revanche, pour ceux qui apprécient Virginia Woolf, c'est vraiment très plaisant et très instructif.

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18 janvier 2007

Virginia Woolf ; Nigel Nicolson

2762123747Édition Fides ; 227 pages.
15 euros.

" La vie de Virginia Woolf, membre du cercle avant-gardiste de Bloomsbury, ne laisse pas d'intriguer. Nigel Nicolson, le fils des écrivains Harold Nicolson et Vita Sackville-West l'une des plus proches amies de Virginia Woolf, puise dans ses propres souvenirs pour raconter l'histoire de Virginia. Il livre ainsi un saisissant portrait de l'une des femmes les plus remarquables de l'histoire. Nicolson évoque son enfance avec Virginia, depuis ses promenades autour de la propriété ancestrale au moment où elle ébauchait Orlando jusqu'à la création des célèbres Mrs. Dalloway et Vers le phare. Cet ouvrage explore notamment les positions de Virginia Woolf sur le féminisme et la nature de la guerre, et révèle la profonde admiration de l'auteur pour cet incomparable écrivain. "

Il y a des écrivains qui ne peuvent laisser de glace. Leurs livres sont indissociables de leur personnalité. Virginia Woolf est de ceux là. Elle intrigue, fait couler beaucoup d'encre. Je la considère comme un être extraordinaire depuis plusieurs années déjà. Ses livres m'envoûtent autant qu'ils m'inquiètent tellement le questionnement qu'ils provoquent en moi est important. Lorsqu'on lit un roman de Virginia Woolf, il est difficile de ne pas s'apercevoir que c'est un personnage aussi complexe que tourmenté qui l'a écrit. "Rien n'est vraiment arrivé avant qu'on ne l'ait couché sur le papier" a t-elle dit à Nigel Nicolson, l'auteur de cette biographie, alors qu'il était encore un enfant. Virginia Woolf, elle, a écrit sa vie, a rendu les événements réels. Ses tourments, ses interrogations, ses souffrances aussi, elle les a couchées sur le papier. Étrangement, malgré toutes ces confessions, elle donne l'image d'un personnage extrêmement mystérieux.

Cette biographie se lit avec une extrême facilité. Son auteur a connu Virginia Woolf, et l'on sent non seulement son admiration mais aussi son affection pour l'écrivain. Pourtant, il essaie d'être le plus objectif possible. Virginia Woolf est dépeinte comme une personne souvent cassante, méchante parfois, et peu tolérante sur certains sujets. Nigel Nicolson nous parle de son côté xénophobe, et même s'il le tempère, cela démontre que V. Woolf n'était pas toujours une femme très en avance sur son temps. Il nous la décrit également comme une femme au caractère entier, aussi arrogante que peu sûre d'elle, qui savait aimer et défendre les êtres qui lui étaient chers autant qu'elle pouvait en blesser d'autres.
Après cette lecture, j'éprouve une drôle de sensation. J'ai énormément apprécié, et pourtant je ne me trouve pas beaucoup plus avancée. J'ai appris beaucoup de choses sur l'entourage de Virginia Woolf, sur les événements de sa vie. Mais c'est dans sa tête que j'aurais aimé aller. Ou peut-être pas finalement. Parce qu'elle semble avoir été tellement tourmentée que pour la comprendre, il faudrait que je vive la même chose qu'elle. Cette femme a eu une vie passionnante, une personnalité très affirmée. Pourtant, en 1941, Virginia Woolf, qui avait déjà fait plusieurs crises de folie et plusieurs tentatives de suicide, met fin à ses jours. Ce qui achève de prouver son mal de vivre.
Cette biographie m'a beaucoup touchée. Léonard Woolf apparaît vraiment comme un personnage d'une qualité extraordinaire. Nigel Nicolson a mis une part de lui même dans ce livre. Il ne nous parle pas seulement de Virginia Woolf. Sa mère est très présente, et on sent que Nigel Nicolson est très fière d'elle. Ce livre n'est pas vraiment une biographie. C'est surtout un hommage à Virginia Woolf, mais aussi à tous les gens qu'elle a connus, surtout ceux que Nigel Nicolson a aimé également. Et c'est sans doute cette subjectivité qui fait que c'est très plaisant.

" Invaincue, incapable de demander grâce,
c'est contre toi que je m'élance, ô mort. "
(page 227)

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18 novembre 2006

Rencontre avec J.K. Rowling ; Lindsey Fraser

2070545806

Edition Gallimard ; 63 pages.
Existe en anglais An interview with J.K. Rowling, 5,47 euros.

"Hany Potter, le jeune apprenti sorcier, est devenu en quelques années un phénomène de la littérature. Mais derrière ce personnage se cache un auteur, Joanne K. Rowling, aussi passionnante et pétillante que son héros. Au cours de cette interview vivante, authentique, suivie d'une brève présentation des premiers volumes de la série, faites connaissance avec celle qui captive des millions de lecteurs à travers le monde. Un livre indispensable pour tous les jeunes fans, et même les plus grands, de la magie Potter."

Ce petit livre est composé de deux partie. La première est une interview de J.K. Rowling très intéressante, au cours de laquelle on apprend des petites anecdotes sur cette auteure à succès, ses rapports avec la lecture (on a beaucoup de lectures en commun d'ailleurs), les petites choses de sa vie qu'elle a intégrées à ses livres, même s'il y en a peu. Le gros problème, cependant, est la date de cet échange. En effet, J.K. Rowling étant encore en vie, elle évolue nécessairement, et l'on sent que certains de ses propos ne sont plus d'actualité. L'exemple le plus frappant est le fait que les films n'étaient pas encore sortis, et que sa notoriété était encore loin d'être celle d'aujourd'hui.
La seconde partie intéressera davantage ceux qui ne connaissent pas bien Harry Potter, car il s'agit d'une analyse très synthétique de l'oeuvre de J.K. Rowling.
La lecture n'est tout de même pas inutile, j'ai appris à voir certaines choses de Harry Potter sous un angle que je n'avais pas envisagé. Jamais je n'avais pensé à considérer le professeur Lupin comme une personne souffrant d'un handicap. Comme quoi, J.K. Rowling peut nous apprendre de façon très subtile en nous accueillant dans son monde magique à regarder notre propre monde avec un oeil différent.

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11 novembre 2006

Jane Austen. Passions discrètes ; Claire Tomalin

2746700115

Editions Autrement ; 411 pages.
22,95 euros.

"A l'enfant, pour qui les livres étaient un refuge. A la petite fille que son imagination entraînait dans des directions surprenantes à mesure qu'elle se découvrait le pouvoir de raconter des histoires. A la jeune fille énergique qui aimait danser et plaisanter ; qui rêvait d'un mari et s'exerçait à écrire des romans de toute la force de son intelligence. A la jeune personne de vingt-cinq ans qui jugea qu'elle n'aimait pas les gens et qu'elle ne pouvait plus écrire ; qui fut tentée de faire un mariage rassurant et sans amour et en repoussa la tentation. A la femme qui donnait son amitié aux gouvernantes et aux domestiques. A l'auteur publié, rayonnant de sa réussite et de la maîtrise de son art. A la mourante qui a affronté la mort avec courage et continua à écrire jusqu'à ses derniers instants. La Jane Austen que je préfère est celle qui se rit des opinions du monde. C'est une chance qu'elle ait une telle faculté de rire."

Il s'agit de la première biographie que je lis, sauf erreur de ma part, pour le plaisir. Et je dois bien avouer que je me suis régalée. Un peu comme dans un roman, plus on avance, et plus l'histoire que nous raconte Claire Tomalin est passionante. On a l'impression, avec tous les détails donnés par l'auteur, d'avoir été introduits dans le monde de Jane Austen. Les personnages de son entourage sont décrits avec précision pour que l'on comprenne au mieux le milieu de Jane Austen, malgré le manque de sources existantes à son sujet. Des tas de petites anecdotes sont contées, et nous montrent que l'on peut supposer que dans tel ou tel personne, Jane Austen a trouvé l'un des personnages de son roman.
Par ailleurs, d'un point de vue historique, cette biographie est extrêmement riche sur la façon de vivre au XIXème siècle d'une jeune fille comme Jane Austen, mais pas seulement, cette dernière ayant des frères qui ont dû mener à bien leurs affaires, d'autres qui s'embarquent dans la marine au moment des guerres contre les révolutionnaires français, un membre de sa famille (par alliance) guillotiné.
Ce contexte est celui dans lequel Jane Austen a rédigé ses oeuvres. J'aime beaucoup les passages où Claire Tomalin nous parle des pièces de théâtre de James Austen, le frère aîné de Jane, des premiers écrits extrêmement cyniques de cette dernière. D'ailleurs, lorsque l'on connaît le goût prononcé de Jane Austen pour les fins heureuses, on se demande quel est le lien avec ses oeuvres toujours très noires de jeunesse. En fait, c'est probablement la "maturité" (le mot n'est pas très pertinent quand on sait qu'elle a écrit plusieurs de ses romans avant l'âge de trente ans...) qui l'a amenée à modérer ses écrits, et à récompenser les gentils et les repentants. Ceci tout en gardant son ironie implacable qui me ravit tant. C'est ceci qui est absolument inimitable chez Jane Austen, l'alliance de l'étude du genre humain sur fond d'une sublime histoire d'amour avec un regard d'une sévérité absolue sur la société qui entoure ses héros.
J'ai quelques désaccords avec Claire Tomalin sur l'interprétation des livres de Jane Austen ; pour moi Marianne Dashwood épouse bel et bien le Colonel Brandon par amour, il est écrit qu'elle découvre que l'on peut aimer deux fois. En revanche, je n'ai jamais pensé qu'Elizabeth Bennet puisse être amoureuse de George Wickham. Elle a un faible pour lui, mais ce n'est pas de l'amour selon moi.
Mais sinon, vraiment, c'est une lecture que je recommande à tous ceux qui aiment Jane Austen. L'hommage que lui rend Claire Tomalin est vraiment à la hauteur du personnage.

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24 octobre 2006

Lettre à un otage ; Antoine de Saint Exupéry

207031703X

Edition Folio 2 euros ; 72 pages.
2 euros.

"Il nous semble, à nous, que notre ascension n'est pas achevée, que la vérité de demain se nourrit de l'erreur d'hier, et que les contradictions à surmonter sont le terreau même de notre croissance. Nous reconnaissons comme nôtres ceux mêmes qui diffèrent de nous. Mais quelle étrange parenté ! elle se fonde sur l'avenir, non sur le passé. Sur le but, non sur l'origine. Nous sommes l'un pour l'autre des pèlerins qui, le long des chemins divers, peinons vers le même rendez-vous. " Un appel à tous ceux qui, épris de liberté, refusent de subir. Un texte d'une rare actualité. "

Si vous aimez Saint Exupéry, vous serez comblés par cette lettre, qui est écrite de façon poétique et envoûtante, comme toujours chez cet auteur. Dans cette lettre, Antoine de Saint-Exupéry écrit à un ami, Léon Werth, et s'adresse à travers lui, à toute la France occupée. Il ne souhaite pas seulement des jours meilleurs à son ami, comme cet après-midi au bord de la Saône qu'il évoque, où le ciel était bleu, où les oiseaux chantaient, et où le soleil se reflétait probablement dans l'eau, ainsi que dans le coeur des deux amis... Une très belle préface précède la lettre, où il est expliqué qu'Antoine de Saint-Exupéry ne parle pas de Vichy. Car il veut penser à la France qui souffre, pas à celle qui se déchire. Cette lettre est un hommage à tous les exilés, à tous ceux qui ont pris conscience de l'importance de leurs racines, et qui se raccrochent vainement à leur bonheur passé, mais aussi et surtout à tous les Français, pris en otage par le régime hitlérien.

"Mais rien de ce passé, puisqu'ils s'expatriaient, n'allait plus leur servir. C'était encore tout chaud, tout frais, tout vivant, comme le sont d'abord les souvenirs d'amour. On fait un paquet de lettres tendres. On y joint quelques souvenirs. On noue le tout avec beaucoup de soin. Et la relique d'abord développe un charme mélancolique. Puis passe une blonde aux yeux bleus, et la relique meurt. Car le copain aussi, la responsabilité, la ville natale, les souvenirs de la maison se décolorent s'ils ne servent plus.

Ils le sentaient bien. De même que Lisbonne jouait au bonheur, ils jouaient à croire qu'ils allaient bientôt revenir. Elle est douce, l'absence de l'enfant prodigue ! "

"Ce n'est pas à nous d'apporter la flamme spirituelle à ceux qui la nourrissent déjà de leur propre substance, comme d'une cire. Vous ne lirez peut-être guère nos livres. Vous n'écouterez peut-être pas nos discours. Nos idées, peut-être les vomirez vous. Nous ne fondons pas la France. Nous ne pouvons que la servir. Nous n'auront droit, quoi que nous ayons fait, à aucune reconnaissance. Il n'est pas de commune mesure entre le métier de soldat et le métier d'otage. Vous êtes les saints. "

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12 octobre 2006

Le Palenquin des larmes ; Chow Ching Lie

palanlarme_1_" "Je suis née dans la Chine de la misère et des larmes. Petite fille, j'ai souffert et pleuré de bonne heure. J'étais jolie : ce n'est pas un mérite, ce fut une malédiction. Laide et difforme, je n'aurais sans doute pas été mariée de force à l'âge de treize ans. " Choisie pour son exceptionnelle beauté, Chow Ching Lie est contrainte d'épouser l'héritier d'une des plus grosses fortunes de Shanghai. Elle incarne ainsi, sous le règne de Mao Tsé-toung, le drame de la femme chinoise et de son asservissement séculaire. D'un bouleversement à l'autre, Chow Ching Lie est donc soumise à rude épreuve. Heureusement, son don pour la musique la sauve. Envers et contre tout, elle poursuit ses cours de piano et entre au Conservatoire. Artiste et virtuose, elle voit alors s'ouvrir à elle une carrière internationale."

Ce livre est un véritable témoignage de la vie d'une jeune fille dans la Chine du milieu du XXème siècle. On s'attache sans difficultés à la petite Chow Ching Lie, à la fois émouvante et simple. Elle nous décrit avec beaucoup de finesse et de détails sa vie, son existence innocente, durement éprouvée par ce mariage arrangé avec un homme malade, bien que très gentil et sincèrement amoureux (auquel elle finit par beaucoup s'attacher), qui tente d'atténuer l'hostilité de sa mère et de ses soeurs à l'égard de Chow Ching Lie. C'est également le poids des traditions, de l'honneur, que nous dévoile l'auteure. L'histoire d'une femme courageuse, qui a su saisir les opportunités qui se sont présentées à elle, et qui est parvenue à surmonter tous les obstacles qui lui barraient la route de sa destinée de pianiste reconnue et de femme indépendante.

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28 septembre 2006

La vie renaîtra de la nuit ; Martin Gray

2266062662L'histoire de Martin Gray est bien connue, il a publié plusieurs ouvrages sur sa vie, notamment Au nom de tous les miens, qui raconte son enfance, pendant la Deuxième Guerre mondiale, dans le ghetto de Varsovie, où il perd une première fois les "siens". A la fin de ce livre, il évoque brièvement le terrible drame qui le touche en 1970, lorsque sa femme et ses quatre enfants périssent dans un incendie.

La vie renaîtra de la nuit débute avec la naissance de Barbara, le premier enfant qu'il a de sa seconde femme. Il nous décrit cette naissance, après laquelle il s'enfuit quelques heures, dans sa maison, où il écrit pour retrouver la paix. Il décrit ce qui s'est produit depuis qu'il a une deuxième fois perdu les "siens", ses relations, sa douleur, sa maison, et surtout sa rencontre avec Virginia.

Je suis admirative de ce qu'a su endurer cet homme, mais je n'ai pas pris autant de plaisir à lire ce livre que je le pensais. Sans doute a t-il de très bonnes excuses, mais je ne trouve pas d'humilité dans ce livre. J'ai lu un roman sur un homme qui possède une très grande opinion de lui-même. Il évoque ses succès, montre à quel point il est courageux, et combien il est apprécié. Certes, c'est le cas, sans doute, mais ce livre tourne au narcissisme, et c'est vraiment dommage. Il y a tant de choses que j'aimais chez cet homme, c'est ce qui m'avait poussée à acheter ce livre. Il a fait de ce qui est censé être un témoignage, du vécu, une apologie de sa personne. Aujourd'hui, je n'arrive plus à le voir comme un homme en mesure de nous donner des leçons.

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