livre_l_572074Une fois n'est pas coutume, de nombreux livres me font de l'oeil en cette rentrée littéraire. Parmi eux se trouvait un roman islandais, une destination qui m'attire de plus en plus.

Bjarni vient de perdre sa femme. Lui-même sur le point de mourir, il entreprend d'écrire une dernière lettre à Helga, celle qu'il a aimée et perdue.

Bergsveinn Birgisson possède une jolie plume, empreinte à la fois de nostalgie et d'humour. Il offre aussi à son personnage un grand amour de la poésie, dans laquelle il puise pour exprimer ses sentiments aussi bien envers la femme qu'il aime qu'à l'égard du mode de vie pour lequel il a sacrifié son bonheur sentimental.
Tout le livre tourne en effet autour du choix que Bjarni a dû faire. Marié à Unnur, qu'il aimait, celle-ci devient physiquement incapable d'avoir des relations sexuelles suite à une opération ratée. Son amertume et sa jalousie empoisonnent dès lors son union avec Bjarni. Helga est elle-même mal mariée, ce qui conduit inévitablement à une relation adultère entre elle et son voisin.
Lorsque vient l'heure du choix, Bjarni refuse cependant de renoncer à sa ferme, à sa vie, et à la société islandaise en laquelle il croit. Nous sommes entre les années quarante et soixante, l'écart se creuse entre Reykjavik la moderne et les campagnes traditionnelles, et pour Bjarni il est inconcevable de quitter la terre de son père ou de cesser d'aller chercher des cadavres fumés dans les coins les plus isolés. Dans sa lettre écrite une fois que c'est trop tard, il tente de justifier son manque de courage et d'exprimer ses regrets.

Malheureusement, je ne pense pas garder un grand souvenir de ce livre. Je viens d'évoquer ses qualités, mais même quelqu'un comme moi qui ne connaît que très peu les auteurs scandinaves peut percevoir le manque d'originalité du roman de Bergsveinn Birgisson. L'humour noir, l'âme scandinave, les amours impossibles sont des thèmes récurrents chez les auteurs que j'ai pu lire, et bien qu'ils soient bien traités dans ce roman, on n'obtient pas grand chose de plus. Quelques passages sont magnifiques (j'ai notamment savouré le résumé de sa vie par Bjarni à la toute fin du livre, aussi triste que drôle), mais cela ne suffit pas à rendre cette lecture plaisante marquante.

Je n'ai donc pas été autant envoûtée par ce livre que je l'aurais voulu, et Jón Kalman Stefánsson peut facilement conserver son titre de romancier islandais de l'année entre ces pages, mais vous pouvez trouver des avis beaucoup plus enthousiastes que le mien chez Cathulu ou Jérôme.

Zulma. 131 pages.
Traduit par Catherine Eyjólfsson.
2010 pour l'édition originale.