elizabeth-gaskell-les-confessions-de-mr-harrisonAmis lecteurs, j'ai une bonne nouvelle ! Mes démêlés avec l'informatique étant (je l'espère) terminés, je vais enfin pouvoir vous prouver que j'ai pris de bonnes résolutions, et qu'on trouvera plus de billets sur ce blog que l'année dernière.

Et en ce mois de février lugubre, je vous propose un retour aux sources avec un petit bijou d'humour anglais. Cela faisait longtemps que je n'avais pas lu Elizabeth Gaskell, et j'avais oublié à quel point c'était plaisant.

Mr Harrison, un jeune médecin, reçoit chez lui l'un de ses amis. Ce dernier charmé par l'épouse de son compagnon, lui demande de lui faire le récit de sa rencontre avec sa femme. C'est ainsi que nous nous retrouvons à Duncombe, où le jeune Dr Harrison doit s'établir comme médecin. Son arrivée provoque l'émulation de tout le village, rempli de vieilles filles, de veuves et de jeunes filles à marier.

Alors évidemment, nous sommes loin de Nord et Sud. Le lecteur n'est pas emporté, comme lorsqu'il suit les aventures de Margaret Hale et de John Thornton, par un souffle romanesque formidable.
Cette fois, nous sommes en pleine campagne, dans un cercle composé essentiellement de femmes dont le principal loisir est de cancaner. L'arrivée de cet homme parachuté dans une société qu'il ne connaît pas et tous les malentendus qui s'ensuivent m'ont fait rire du début à la fin. Le docteur Harrison est un homme naïf, bon, qui ne connaît pas grand chose aux femmes, et qui agit sans réaliser les conséquences que ses actes pourraient avoir. Les habitantes de Duncombe n'ont probablement pas beaucoup d'occupations. Elles vivencranford460t à la campagne, s'ennuient, et sont prêtes à voir du romanesque partout où il pourrait se cacher. L'arrivée d'un beau jeune homme célibataire (qui en plus aime Austen, Dickens et Thackeray) est donc un merveilleux prétexte pour lancer la chasse au mari.
Elizabeth Gaskell s'est clairement amusée à écrire ce petit livre. Son style est rythmé, ses phrases remplies d'humour, et elle use même d'onomatopées pour retranscrire le ridicule de certains dialogues entre femmes. Cependant, pas de panique, elle reste hors des frontières de la méchancetés.

Ce livre n'est sans doute pas la meilleure étude existante d'une petite communauté campagnarde de l'Angleterre du XIXe siècle. Emma, de Jane Austen, dont je vous parlerai bientôt, est un livre beaucoup plus fin. Cependant, en cas de coup de fatigue, voilà une lecture parfaite pour se requinquer.

A noter que ce livre a été mêlé à d'autres de l'auteur pour donner la délicieuse mini-série BBC Cranford (2008), avec un casting bien connu des adeptes d'adaptations de romans anglais.

Vous pouvez trouver de nombreux billets sur ce livre chez Titine, Lou et bien d'autres encore sur la blogsphère.

Points. 156 pages.
Traduit par Béatrice Vierne
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1851.