28 octobre 2011

"Longtemps je me suis demandé si je devais me coucher de bonne heure"

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En début d'année, j'ai découvert Malika Ferdjoukh en fanfare avec l'excellentissime Quatre soeurs. Les échos que j'avais eu de ce nouveau livre de l'auteur étaient assez tièdes, et j'avoue que la couverture rose et le résumé m'inquiétaient un peu. En fait, il ne m'a fallu que quelques pages pour que je comprenne que j'allais de nouveau passer un merveilleux moment.

Willa Ayre a seize ans, et comme toutes les adolescentes, elle se trouve banale, ennuyeuse et pas très jolie. Pourtant, Iago, le frère de Fran, sa meilleure amie, qui fait craquer toutes les filles, est fou d'elle depuis quelques mois. Le soir de l'anniversaire de Fran, dans l'hôtel particulier de la famille, Iago est distant. Willa fait alors la connaissance d'un jeune homme étrange passionné de films d'horreur, Edern Fils-Alberne, qui lui propose de l'engager pour jouer de la musique avec sa petite soeur, Marni, qui aime autant la musique que Willa.
C'est ainsi que la jeune fille découvre la demeure des Fils-Alberne, Fausse Malice, qui abrite les enfants de la famille et leurs deux domestiques depuis la mort des parents dans des circonstances tragiques.
Dans le même temps, Willa voit sa vie chamboullée par des tentatives d'assassinat répétées à son encontre.

Si je vous dis que ce livre est un roman presque policier, à la fois intelligent, drôle et émouvant, je sens que le rose et le mot "amour" de la couverture vont continuer à clignoter devant vos yeux. Vous avez terriblement tort. Bien sûr, il est question d'amour dans ce livre, et l'on a la classique jeune fille discrète qui fait tomber tous les sexy men. Pourtant, dès les premières pages, on savoure surtout l'humour de Malika Ferdjoukh, et les innombrables références littéraires et cinématographiques qui parsèment le livre.
On retrouve aussi pas mal de choses qui faisaient déjà le charme de Quatre soeurs. La vieille maison un peu branlante et hantée (même si les moyens financiers des Fils-Alberne sont très différents de ceux des Verdelaine), les objets curieux, les animaux, les noms à coucher dehors (surtout chez les garçons). On a même une apparition de Valéry Clotilde, le policier qui faisait craquer Charlie.
Les parents de Willa ne sont pas en reste, entre le père aux multiples conquêtes et la mère qui s'occupe des élections de miss à travers tout le pays, métier beaucoup plus dangereux qu'on pourrait le croire...
Au niveau des garçons, même si Iago est plus appétissant au premier abord, j'ai adoré la description d'Edern par Fran :

"Quand on était petits, c'était lui le plus sympa de nous tous. Il relâchait les mouches qu'on attrapait. Il pleurait aux enterrements de lézards et de mites."

Et puis, une fille qui laisse l'amour de sa vie prendre un peu d'avance, parce qu'elle a absolument besoin de s'acheter une crêpe au sucre et à la neige, moi je trouve ça irrésistible.
Alors, oui, l'enquête est un peu cousue de gros fils blancs, mais elle contient des moments que j'ai beaucoup appréciés (les peurs nocturnes de Marni m'ont retournée quand j'ai tout compris). Et la dernière révélation m'a vraiment surprise.

Je ne mettrais pas tout à fait ce livre au niveau de ma précédente lecture de l'auteur, mais j'ai lu ce livre d'une seule traite, et je me suis régalée à chaque page. C'est un coup de coeur.

Stephie, Cathulu et Clarabel ont aussi été conquise par ce livre doudou.

Flammarion. 401 pages.
2011.

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25 octobre 2011

Hunger Games - Suzanne Collins

hunger-games_suzanne-collinsPour prouver sa domination sur les douze districts, le Capitole organise chaque année la Moisson. Ainsi, un garçon et une fille de chaque district sont sélectionnés pour participer aux Hunger Games, un jeu de télé-réalité dans lequel les participants s'affrontent jusqu'à la mort dans une arène où ils doivent aussi trouver de quoi se nourrir et un abri pour dormir. Le dernier survivant remporte le jeu.
Katniss vit dans le district Douze, le plus défavorisé. Elle nourrit sa mère et sa petite soeur, Prim, en braconnant avec son ami Gale. Mais le jour de la Moisson, le nom de Prim est tiré au sort. Katniss décide alors de prendre sa place. Le garçon sélectionné pour le district Douze est Peeta, le fils du boulanger. Il a permis à Katniss de ne pas mourir de faim autrefois, mais seul un participant peut gagner la partie.

Enorme coup de coeur pour le premier volet de la trilogie de Suzanne Collins. J'avais à peine entamé sa lecture que je ne pouvais plus m'arrêter de lire. A partir de l'entrée des participants dans le jeu, c'était encore pire. J'avais succombée au voyeurisme le plus honteux, que le roman dénonce clairement, même si c'est loin d'être ce qui est le plus mis en avant ou ce qui fait le plus le charme de l'histoire. Bien sûr, un tel jeu de téléréalité peut sembler irréaliste, mais quand on voit certains programmes télévisés et leur succès, on peut se demander si les gens seraient capables de résister à l'appel du sang au cas où la fiction deviendrait réalité.
Dans l'arène, c'est un peu le retour de Lord of the flies, les alliances se forment, et les candidats laissent s'exprimer leur instinct de survie. Certains meurtres sont terriblement tristes, et j'avais beau savoir dès le début que mon héroïne allait s'en sortir (le suspens ne tient pas dans l'originalité de l'histoire), je me demandais dans quel état, et ce que les autres allaient se faire subir entre eux.
Mais j'ai aussi aimé ce livre grâce à son histoire d'amour pas du tout banale, ni facile (hum !). Mon coeur balance entre Gale et Peeta, mais je savoure chaque moment où ils sont évoqués quand même. Peeta, qu'il n'est pas toujours simple de cerner, surtout au début, et qui n'est pas autant le chevalier en armure que ce que l'on croyait au début (ce qui lui permet peut-être de ne pas basculer du côté obscur). Et Gale, plus sauvage, qu'on devrait revoir rapidement. Si je ne vois pas forcément l'intérêt d'une suite en ce qui concerne le jeu, je sais déjà que je succomberai pour connaître le fin mot du triangle amoureux.

Un excellent roman jeunesse, pour adolescents et grands adolescents (voire très grands adolescents) !

Vous pouvez vous rendre chez Cuné, Laël, Caro[line], Stephie, Praline, Kalistina..., vous verrez que c'est un incontournable.

En plus, un film doit bientôt sortir !!

08 octobre 2011

Entre chiens et loups - Malorie Blackman

Je sais, je délaisse beaucoup ce blog, encore une fois. Plein de boulot, les séries préférées qui recommencent, la flemme... Mais, je n'arrête pas de lire, et j'ai fait quelques découvertes en littérature jeunesse dont il faut absolument que je vous parle.

9782745918499FSOn commence avec le premier tome d'une série sur laquelle je n'ai entendu que des louanges, auxquelles je vais me joindre.

Sephy est une Prima, et son père est membre du gouvernement. Elle vit dans une belle maison, avec sa mère et sa soeur, va dans une école réputée, jusque là réservée aux Primas.
Seulement, Callum, son meilleur ami, fils d'une employée de la maison, est Nihil. Lorsque le roman commence, Sephy et Callum sont encore des enfants qui profitent de leur insouciance.
Trois ans plus tard, Callum a réussi l'examen d'entrée au collège de Sephy. Les deux adolescents sont heureux à l'idée de se voir tous les jours, mais les choses vont se révéler bien plus difficiles, et les vexations ne vont pas tarder à envahir leur relation.

Ce livre traite du racisme en adoptant un point de vue intéressant, puisque les Blancs sont dans la position d'inférieurs, et certains personnages et événements, comme les escortes policières accompagnants les élèves dans les lycées d'élite, rappellent singulièrement ce qui s'est réellement passé pour les Noirs aux Etats-Unis au milieu du XXe siècle. En théorie, il n'y a plus d'esclavage ni d'inégalités dues à la couleur de peau. En pratique, les Primas refusent d'abandonner leurs privilèges, et les considérations que Primas et Nihils ont les uns pour les autres n'ont pas bougé.
Du côté des personnages, bien qu'ils soient esquissés simplement, ils sont tellement malmenés qu'il n'est pas possible de rester indifférent. Lorsqu'ils sortent de l'enfance, Callum et Sephy ne vont cesser de se blesser mutuellement, par maladresse, et découvrir à quel point leur relation est impossible. De part et d'autre de la population, les attaques fusent, et font monter en Callum (parce qu'il est celui qui prend le plus) une haine farouche de tout ce que Sephy représente. On en arrive alors à la question inévitable de savoir si les aspirations justes justifient de recourir à n'importe quoi. Ce balancement perpétuel des personnages entre victime et bourreau est habilement mené, et ajoute à la qualité de l'étude de la nature humaine que propose Malorie Blackman dans ce livre.

L'histoire rapportée par Entre chiens et loups se déroule sur plusieurs années, et s'achève sur un point de non retour (je ne peux en dire plus sans tout raconter). J'ignore si je lirais la suite (j'ai terminé ma lecture complètement écoeurée), mais je ne peux que vous inciter à vous plonger dans cette histoire.

Si vous n'êtes pas convaincus, allez chez Laël.

Milan. 396 pages.
Traduit par Amélie Sarn. 2001.

Posté par lillounette à 18:05 - - Commentaires [14] - Permalien [#]
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