29 janvier 2011

Pierre de Lune ; W. Wilkie Collins

58606190_pPhébus Libretto. 504 pages.
Traduit par L. Lenob.
1868
.

Vous vous souvenez des horreurs que j'ai dites sur Wilkie il y a quelques années ? Les deux livres que j'avais lus de lui ne m'avaient pas vraiment séduite, et j'avais été très déçue de cette rencontre manquée alors que nous étions en pleine période victorienne sur les blogs. Aujourd'hui, je retire tout (ou presque, je ne vais quand même pas relire La Dame en blanc).

En 1799, l'antipathique colonel Herncastle vole, lors du pillage d'un temple  hindou par l'armée anglaise, un énorme diamant auquel on prête de grands pouvoirs, connu sous le nom de Pierre de Lune. Rentré en Angleterre, il cache le diamant à sa banque, afin de prévenir toute action des trois brahmanes qui l'ont suivi depuis l'Inde, et qui sont prêts à tout pour rendre la pierre à son temple.
La sournoiserie d'Herncastle s'exprimera de nouveau un demi-siècle plus tard, lorsqu'à sa mort, il décide de léguer la Pierre de lune à sa nièce, Rachel Verinder, sous d'étranges conditions. C'est Franklin Blake, le cousin de la jeune fille, qui est chargé de porter le legs à sa nouvelle propriétaire le jour de son anniv
ersaire. Mais à la fin de la soirée, remplie d'inquiétude pour ceux qui ont connu le sinistre Herncastle, et interrompue par une apparition de trois Hindous selon toute évidence successeurs des trois brahmanes qui avaient suivi le voleur de la Pierre de lune en Angleterre, le diamant disparaît.

Pierre de lune est un roman captivant, que je vous recommande en ces journées glaciales sans même un peu de neige pour positiver. Le suspens est habilement distillé, avec une construction, il me semble, assez proche de La Dame en blanc, puisque différents points de vue sont proposés. Par ailleurs, cela permet de donner davantage de consistance aux personnages, étant donné que tous les narrateurs ne sont pas disposés de la même façon les uns envers les autres. Loin de n'être qu'une simple enquête policière pleine d'exotisme et de rebondissements, ce livre en dit ainsi beaucoup sur la société victorienne et l'âme humaine.
Un personnage a particulièrement retenu mon attention lors de l'enquête, le sergent Cuff. En effet, ce personnage, pourtant assez peu présent, a quelques points communs avec un certain Sherlock Holmes, dans ses méthodes comme dans son attitude. Cuff n'a certes pas le même charisme, mais je serais curieuse de savoir si Conan Doyle avait lu Pierre de Lune. Il est sûr de lui, plutôt arrogant à l'égard de ses collègues, et il perçoit avant d'autres certains détails (même s'il n'est pas Sherlock).
Mon plaisir de lecture a par ailleurs été amplifié par l'humour présent tout au long du récit. Gabriel Betteredge, le très sérieux intendant de Lady Verinder, qui ne jure que par Robinson Crusoë, n'est pas avare en petites phrases qui nous tirent un sourire, que ce soit volontaire ou non. Le personnage de Miss Clack, aussi bien antipa
thique que pathétique, permet également aux personnages et au lecteur de se moquer un peu méchamment de cette vieille fille bigote, qui lasse tout le monde à force de fanatisme religieux. Pierre de lune, qui n'est à la base pas un livre particulièrement réjouissant, gagne ainsi en légèreté, et permet au lecteur de trouver la distraction qu'il espérait en découvrant le texte de Wilkie Collins.
Ma seule surprise concerne les remarques sur les femmes qui parsèment le récit. Gabriel Betteredge s'explique au sujet de sa misogynie, cependant je ne suis pas parvenue à déterminer si ce point de vue était seulement celui de plusieurs des personnages ou celui de l'auteur.

Mais il s'agit simplement d'une interrogation, à laquelle j'aimerais bien que nos wilkimaniaques répondent, et qui n'enlève rien à la qualité de Pierre de lune. C'est un excellent roman qui tient en haleine de la première à la dernière page.

1718394131Comme je n'avais pas tenu mes engagements auprès de Cryssilda l'anné44667022_pe dernière, on va dire que je débute 2011 favorablement en ce qui concerne le challenge Wilkie Collins (je ne sais pas s'il est toujours d'actualité, mais de toute façon je suis très tolérante avec moi-même en la matière, vous le savez).

D'autres avis chez Maggie, Erzébeth, Titine, Cécile et Madame Charlotte.


24 janvier 2011

Orlando ; Virginia Woolf

orlandoLe Livre de Poche. 317 pages.
Traduit par Catherine Pappo-Musard.
1928
.

Il me reste encore un roman de Virginia Woolf à découvrir, mais je ne pense pas me tromper en disant qu'elle a écrit encore et encore le même livre, cherchant inlassablement à trouver la manière d'exprimer ce qu'elle recherchait avec l'écriture.

L'histoire d'Orlando est pourtant à première vue inhabituelle. Orlando est en effet un jeune gentilhomme de l'ère élisabéthaine, inexpérimenté, coureur de jupons, et en même temps en proie à de véritables crises de mélancolie. Après un chagrin d'amour, il part pour la Turquie, puis vit avec les Bohémiens, revient en Angleterre, rencontre Pope, Swift et Addison, se marie deux fois, a un enfant avant d'atterrir à l'époque édouardienne. Entre temps, il sera devenu femme, et aura vécu plus de trois siècles.

Comment capter celui dont on écrit l'histoire ? Cette question taraude Virginia Woolf dans toute son œuvre. Elle se met ici dans la position d'un véritable biographe, et expose avec le plus grand sérieux ses difficultés à écrire l'histoire d'Orlando, en raison d'un manque de documentation mais surtout des innombrables facettes qui constituent un être humain.

"Il est indéniablement vrai que les meilleurs praticiens de l'art de vivre, souvent des gens anonymes d'ailleurs, réussissent à synchroniser les soixante ou soixante-dix temps différents qui palpitent simultanément chez tout être humain normalement constitué, si bien que lorsque onze heures sonnent, tout le reste carillonne à l'unisson et, ainsi, le présent n'est pas une rupture brutale et n'est pas non plus totalement oublié au profit du passé. De ceux-là, nous pouvons dire sans mentir qu'ils vivent précisément les soixante-huit ou soixante-douze années qui leur sont allouées sur la pierre tombale. Des autres, nous savons que certains sont morts même s'ils déambulent parmi nous ; d'aucuns ne sont pas encore nés même s'ils respectent les apparences de la vie ; d'autres encore sont vieux de plusieurs siècles, même s'ils se donnent trente-six ans. La durée de vie réelle d'une personne, quoi qu'en dise le D.N.B., est toujours sujette à caution. Car c'est une tâche ardue d'être à l'heure ; rien ne dérègle le mécanisme comme de le mettre en contact avec un art quelconque ; et c'est peut-être son amour de la poésie qui est à blâmer quand on voit Orlando perdre sa liste et s'apprêter à rentrer chez elle sans sardines, ni sels de bain, ni botillons."

De ce fait, elle accorde à son personnage son véritable temps, celui qu'il a pris pour déployer tout son être, et justifie ainsi ce qui pourrait sembler anormal dans le livre qu'elle écrit. Le livre commence certes au XVIe siècle, mais elle n'a fait qu'écrire sur sa propre époque.

Il a été dit qu'Orlando était en fait une lettre d'amour à Vita Sackville-West, avec laquelle Virginia Woolf a entretenu une relation amoureuse. Certains détails attestent sans doute de cette expérience, et expliquent la grande place de la sexualité dans ce roman (on trouve aussi un petit épagneul, mais là je pars dans le hors-sujet, rassurez-vous), toutefois il s'agit d'un texte qui a bien plus d'intérêt qu'une déclaration d'amour à une personne. Virginia Woolf reprend en effet ici plusieurs thèmes qui lui sont chers, comme la place des femmes, et développe son idée des innombrables facettes caractérisant l'individu dont je viens de parler.
Dès le début, Orlando est incertain quant à sa sexualité. Il a plusieurs aventures avec des femmes, mais il prend d'abord l'une d'entre elles pour un homme avec lequel il regrette de ne pouvoir satisfaire le désir qu'il lui inspire. Par la suite intervient le changement de sexe d'Orlando, qui devient une femme alors qu'elle est encore ambassadeur et qu'elle vient de se marier. Malgré cela, le travestissement est encore abordé, par le biais du personnage d'Orlando, mais pas seulement. Chez Woolf, on est, point barre. Mais la société est là pour tenter de poser des barrières contre la nature profonde des individus.
Malgré son ton souvent badin, et une histoire qui semble loufoque à première vue, la révolte de l'auteur contre ces principes inacceptables est perceptible. Après son changement de sexe, si les réactions d'Orlando sont drôles, elle ne se retrouve pas moins dans une situation délicate. Rentrée en Angleterre,
elle subit la remise en cause de nombre de ses droits maintenant qu'elle n'est "que" femme.

"Et c'est le dernier juron auquel j'aurai droit", songea-t-elle, "dès que j'aurai posé le pied sur le sol de l'Angleterre. Et je ne pourrai plus assommer un homme, le traiter de menteur en face, ni tirer mon épée et la lui passer à travers le corps, je ne pourrai plus siéger parmi mes pairs, porter une couronne ducale, marcher en procession, condamner à mort, conduire une armée, ni caracoler le long de Whitehall sur mon destrier, ni arborer soixante-douze médailles différentes sur la poitrine. Dès que je serai en Angleterre, j'en serai réduite à servir le thé et à demander à ces messieurs s'ils trouvent ça à leur goût. Vous sucrerai-je ? Un nuage de crème ? "

Dans l'écriture, qui est l'un des grands thèmes qui traversent le roman, Orlando se heurte aussi à des désillusions, qui sont renforcées lorsqu'elle devient femme. Orlando en a fait l'un des deux objectifs majeurs de son existence. Ses rencontres avec les grands hommes lui inspirent cependant des déceptions, leur vivacité d'esprit étant contrebalancée par des attitudes indignes de leur génie. De son côté, elle passera trois siècles à écrire son poème Le Chêne, et à le garder sur elle, et n'est jamais satisfaite de son travail. Il lui sera finalement arraché pour la publication.

Virginia Woolf semble beaucoup s'amuser avec ce livre. Elle intervient souvent, en prenant un ton des plus sérieux cachant une ironie mordante pour appuyer son propos. J'avais déjà tenté une lecture d'Orlando il y a quelques années, mais ce livre m'avait déroutée. Aujourd'hui il me semble qu'il est effectivement l'un des romans les plus difficiles à appréhender de l'auteur, mais c'est à nouveau une lecture incontournable.1718394131

Vous pouvez lire d'autres billets sur ce roman chez Titine, Delphine, ainsi que sur l'ancien blog d'Erzébeth. Canthilde n'a pas aimé.

Je rajoute le logo du Challenge nécrophile, que je débute ainsi.

17 janvier 2011

Un Scandale en Bohême ; Sir Arthur Conan Doyle

9782290348420FSLibrio. Traduit par Lucien Maricourt.
1891
.

2010 a été une année plutôt placée sous le signe de Sherlock Holmes en ce qui me concerne, avec une nouvelle lecture, mais aussi un film, et finalement une  excellente série diffusée par la BBC, et ces dernières semaines par France 4 (pour ceux qui l'ont ratée, il y a une séance de rattrapage fin janvier).
Parmi les personnages qui m'intriguent se trouvait la fameuse Irene Adler, dont je ne connaissais que l'estime que Sherlock lui porte, par le biais de cette phrase :
"Pour Sherlock, elle est toujours la femme."  Elle apparaît dans le film de Guy Ritchie, mais la vision du personnage y est fortement éloignée de l'original.

Le docteur Watson est désormais un homme marié, mais malgré l'agréable routine de sa nouvelle vie, il continue à conserver son amitié pour son ancien colocataire du 221B Baker Street. Un soir où ses pas le conduisent près de son ancienne adresse, il décide de s'arrêter pour voir Sherlock Holmes, qu'il trouve en train d'attendre un prestigieux visiteur.
Celui-ci tente d'abord de cacher son identité, mais est évidemment démasqué sur le champ par le détective. Il s'agit du roi de Bohême, qui sollicite l'aide de Sherlock Holmes à cause d'une photo compromettante que son ancienne maîtresse menace de dévoiler alors que le souverain s'apprête à annoncer ses fiançailles avec une jeune princesse à la morale rigoureuse. Cette maîtresse est Irene Adler, une jeune femme au visage d'ange qui sait cependant très bien préserver ses intérêts.
Sherlock se lance donc à la recherche de la photo que son client souhaite voir disparaître, mais il va être le plus déboussolé de l'histoire.

Cette courte nouvelle n'est pas intéressante du fait de l'enquête menée par Sherlock, qui est loin d'avoir la complexité que l'on peut trouver dans les deux romans que j'ai déjà lus mettant en scène ce personnage. J'ai davantage été sensible à ce que l'on découvre de la personnalité du détective. Sherlock reste toujours aussi observateur, friand d'un peu de mise en scène, secret. Toutefois, sa capacité à anticiper les mouvements de son adversaire est quelque peu mise à mal par la belle Irene Adler. 
Attention, cette dernière ne fait en rien trembler le cœur de Sherlock dans le sens amoureux, le détective sait se garder de tels sentiments. "pour le logicien entraîné, admettre de telles intrusions dans son tempérament précis et bien organisé, c'était introduire des éléments de trouble susceptible de jeter un doute sur tous les résultats obtenus par son intellect." Mais il se révèle admiratif d'un autre être humain, qui plus est une femme et cela sans broncher, ce qui constitue une nouveauté dans l'image que je m'étais forgée du détective.   1718394131
Un scandale en Bohême est par ailleurs original dans la mesure où l'issue de l'enquête est inhabituelle. Même Watson n'imaginait plus une telle situation possible. Dommage qu'Irene Adler n'apparaisse que dans ce texte. 

Je finis en vous signalant le blog de Cécile, qui est très actif autour de cet auteur.

13 janvier 2011

La première fois que j'ai eu seize ans ; Susie Morgenstern

418TJ2N143LL'École des loisirs ; 205 pages.
1990
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Si j'étais du genre à faire des challenges à tout va (hum), j'aurais décrété qu'en 2011, je fais un challenge littérature jeunesse, domaine dans lequel mon inculture est indescriptible. Je me serais fait une liste de titres de Malika Ferdjoukh, Marie-Aude Murail, Agnès Desarthe, et d'auteurs plus classiques comme Roald Dahl, Kenneth Grahame, Dodie Smith... mais ça n'est pas du tout mon genre.
C'est donc un pur hasard si je suis revenue vers un auteur que j'ai adoré avec Lettres d'amour de 0 à 10 (j'avais onze ans, et quand je l'ai relu il y a quelques années, c'était toujours aussi bon).

La première fois que j'ai eu seize ans est l'histoire de Hoch, seize ans donc. Elle a un nez qui tire vers le bas, des centimètres en trop, mais ces défauts sont heureusement compensés par ses deux grandes sœurs, tellement belles qu'elles persuadent en dix minutes des vigiles zélés que leur cadette voleuse n'est pas la pire criminelle du monde,  et tellement affectueuses qu'elles posent affectueusement du scotch sur le nez de leur sœur dans l'espoir qu'il finisse par remonter gracieusement. La bande est complétée par la mère des trois filles, le genre de mère qui sert aussi de meilleure amie, qui attend, prête à hurler, sa fille derrière la porte d'entrée quand celle-ci revient d'un rencart (l'horreur).
Hoch a une grande passion dans la vie, la musique. Elle est d'ailleurs très douée à la contrebasse, et suite à un violent débat (vive le machisme), elle obtient sa place dans le jazz-band du lycée, jusque là exclusivement composé de membres masculins.

Je ne savais pas trop à quoi m'attendre en ouvrant ce livre, mais j'ai finalement beaucoup aimé à la fois la plume de l'auteur et l'histoire en elle-même. Ce n'est pas un hasard si je me souviens avoir énormément ri en lisant Lettres d'amour de 0 à 10, Susie Morgenstern a beaucoup d'humour. Elle écrit également très bien, ce qui donne à l'histoire beaucoup de rythme et de cohérence, malgré des chapitres a priori assez éloignés.
La question centrale de ce livre est l'identité de Hoch, cette adolescente qui est je crois très semblable à Susie Morgenstern. Chaque chapitre explore une facette de la jeune fille, et les questionnements qu'elle y associe. L'amitié, l'amour, la famille, la judéité, le physique préoccupent Hoch, confrontée à des situations bien concrètes. Elle n'a aucun gros problème, sa personnalité est plutôt très affirmée, mais comme toute adolescente elle a besoin de s'épancher, d'expérimenter et de dramatiser.

Ce n'est pas un coup de cœur, mais j'ai quand même passé un très bon moment en compagnie de Susie Morgenstern. Le genre de livre qui vous booste le moral quand vous avez du mal à garder les yeux ouverts en ces temps de grippe (un David marche très bien aussi, mais j'ai peur que vous ne deviez abandonner cette idée, il refuse obstinément de me quitter).


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07 janvier 2011

On dirait vraiment le paradis ; John Cheever

9782070337347FSFolio ; 132 pages.
Traduit par Laeticia Devaux.
1982
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Sears est un homme déjà âgé, qui aime patiner sur l'étang gelé de Janice. Il découvre un jour que celui-ci a été transformé en décharge, et qu'il est en train de dépérir. Il décide alors de contacter des avocats afin de mettre un terme à cette entreprise.
Au même moment, il rencontre Renée, dont il tombe amoureux, qui lui échappe, et qui ne cesse de lui répéter qu'il ne comprend rien aux femmes.

Voilà un livre qui est agréable à lire, mais auquel il manque de la densité pour vraiment marquer les esprits. Plusieurs voix se mêlent. A celle de Sears se joignent occasionnellement celles d'habitants de Janice, et de l'avocat environnementaliste que Sears a employé.
Le rythme est lent, mais il y a quelque chose de brutal dans ce récit, et l'on ne s'ennuie pas une seconde.
De quoi ce livre parle t-il ? Difficile à dire. Regard sur le monde qui avance, en bien ou en mal, questionnement sur l'amour, le temps, l'environnement. Il y a aussi un bébé oublié au bord d'une autoroute, un chien froidement tué, une empoignade entre deux voisines ennemies au supermarché, et un avocat assassiné en quelques lignes.

"Toutes ces autoroutes qui se rejoignaient, le bruit de la circulation qui claquait comme un fouet, et Betsy se demanda -bêtement, elle le savait- si la vie moderne et son goût prononcé pour les autoroutes n'avaient pas volé aux hommes et aux femmes la beauté intrinsèque de ce monde."

J'ai trouvé cette première rencontre avec John Cheever à moitié satisfaisante. La présence1718394131 de l'auteur m'a beaucoup marquée, mais le récit en lui même me laisse assez indifférente.

La fin est cependant excellente, avec une chute à la fois cynique et drôle.

Merci à Lise pour le livre.

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