418TJ2N143LL'École des loisirs ; 205 pages.
1990
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Si j'étais du genre à faire des challenges à tout va (hum), j'aurais décrété qu'en 2011, je fais un challenge littérature jeunesse, domaine dans lequel mon inculture est indescriptible. Je me serais fait une liste de titres de Malika Ferdjoukh, Marie-Aude Murail, Agnès Desarthe, et d'auteurs plus classiques comme Roald Dahl, Kenneth Grahame, Dodie Smith... mais ça n'est pas du tout mon genre.
C'est donc un pur hasard si je suis revenue vers un auteur que j'ai adoré avec Lettres d'amour de 0 à 10 (j'avais onze ans, et quand je l'ai relu il y a quelques années, c'était toujours aussi bon).

La première fois que j'ai eu seize ans est l'histoire de Hoch, seize ans donc. Elle a un nez qui tire vers le bas, des centimètres en trop, mais ces défauts sont heureusement compensés par ses deux grandes sœurs, tellement belles qu'elles persuadent en dix minutes des vigiles zélés que leur cadette voleuse n'est pas la pire criminelle du monde,  et tellement affectueuses qu'elles posent affectueusement du scotch sur le nez de leur sœur dans l'espoir qu'il finisse par remonter gracieusement. La bande est complétée par la mère des trois filles, le genre de mère qui sert aussi de meilleure amie, qui attend, prête à hurler, sa fille derrière la porte d'entrée quand celle-ci revient d'un rencart (l'horreur).
Hoch a une grande passion dans la vie, la musique. Elle est d'ailleurs très douée à la contrebasse, et suite à un violent débat (vive le machisme), elle obtient sa place dans le jazz-band du lycée, jusque là exclusivement composé de membres masculins.

Je ne savais pas trop à quoi m'attendre en ouvrant ce livre, mais j'ai finalement beaucoup aimé à la fois la plume de l'auteur et l'histoire en elle-même. Ce n'est pas un hasard si je me souviens avoir énormément ri en lisant Lettres d'amour de 0 à 10, Susie Morgenstern a beaucoup d'humour. Elle écrit également très bien, ce qui donne à l'histoire beaucoup de rythme et de cohérence, malgré des chapitres a priori assez éloignés.
La question centrale de ce livre est l'identité de Hoch, cette adolescente qui est je crois très semblable à Susie Morgenstern. Chaque chapitre explore une facette de la jeune fille, et les questionnements qu'elle y associe. L'amitié, l'amour, la famille, la judéité, le physique préoccupent Hoch, confrontée à des situations bien concrètes. Elle n'a aucun gros problème, sa personnalité est plutôt très affirmée, mais comme toute adolescente elle a besoin de s'épancher, d'expérimenter et de dramatiser.

Ce n'est pas un coup de cœur, mais j'ai quand même passé un très bon moment en compagnie de Susie Morgenstern. Le genre de livre qui vous booste le moral quand vous avez du mal à garder les yeux ouverts en ces temps de grippe (un David marche très bien aussi, mais j'ai peur que vous ne deviez abandonner cette idée, il refuse obstinément de me quitter).