9782253129202_GLe Livre de Poche ; 181 pages.
Traduit par H. Bokanowski et A. Neuhoff.
1938
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Je sais, ce blog n'a pas été mis à jour depuis deux mois. J'ai eu beaucoup de mal à trouver du temps pour mes lectures plaisir, et j'ai mis longtemps à me résigner à laisser La Fortune des Rougon de côté. Pour me faire pardonner, je vais vous proposer une plongée dans la littérature américaine (d'accord, trois billets... si je suis motivée), et on commence avec John O'Hara.

Nous sommes à Hollywood à la fin des années 1930. Jim écrit et connaît un certain succès. Il couche avec Peggy, une jeune fille un peu jolie qui travaille dans une librairie, et qui vit avec son jeune frère, Keith. Il aimerait bien l'épouser parfois, mais elle a "son mot à dire sur la question".
Lorsqu'un homme originaire du même endroit que lui, et qui se présente comme un ami de son frère, vient lui demander de l'aide, Jim débute une drôle d'amitié avec cet escroc un peu dépassé par la situation dans laquelle il s'est lui-même mis.
Au même moment, le père de Peggy, disparu dans la nature depuis des années, réapparaît. Ses activités ne sont pas claires, et il est difficile pour Keith et Peggy de savoir comment réagir face à ce père qui est surtout un étranger.

Une lueur de paradis est un sympathique roman, mais je pense qu'il ne s'agit pas d'une lecture marquante.
Les personnages sont désabusés, pommés et dissimulés derrière des masques. Le monde qu'ils fréquentent n'a rien d'excitant. Certains passages sont très beaux car l'écriture de John O'Hara est faite de dialogues désinvoltes et souvent drôles qui contiennent une dimension plus grave. L'ambiance est désuète et l'on a l'impression d'avancer dans une histoire en noir et blanc. C'est sans doute ce qui m'a le plus plu dans ce livre. 
Malheureusement, et sans doute en partie à cause de la brièveté du livre, j'ai également trouvé la plupart des personnages un peu plats, trop lointains.  Cette distance a du charme, mais elle m'a aussi tenue à l'écart. La relation entre Jim et Peggy est belle, mais j'attendais davantage de cette lecture. Le récit lui même manque d'épaisseur et de maîtrise, alors qu'il aborde de nombreux genres comme le souligne la quatrième de couverture. La chasse engagé par le père de Peggy n'a suscité aucune tension dans mon esprit, pas plus que le drame final, que j'ai seulement trouvé incompréhensible. Les personnages semblent bien plus las que bouleversés, et même si je les comprends dans une certaine mesure, je suis un peu restée sur ma faim.

Mon avis est donc en demi-teinte, mais je pense que ce livre vaut malgré tout le détour. En navigant sur d'autres blogs, j'ai cru comprendre que l'auteur (que je rencontre pour la première fois) a écrit d'autres romans qui ont beaucoup plu. J'y jetterai un œil à l'occasion.