9782070302581Folio ; 371 pages.
Traduit par Philippe Giraudon.
2002
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Tomasu, un adolescent membre de la communauté des Invisibles, dans un Japon ancien et imaginaire, vit paisiblement avec sa mère, son beau-père et ses soeurs. Mais cette communauté est méprisée par Iida le plus important chef de guerre Tohan. Un soir, alors qu'il rentre dans son village, il découvre que les siens ont été massacrés. Repéré, il offense Iida en personne, avant de s'enfuir. Dans sa course, il rencontre sire Shigheru, un seigneur Otori, qui le place sous sa protection et le ramène chez lui où il lui donne un nouveau nom, Takeo.
Là-bas, il se trouve mêlé à des intrigues de palais, mais découvre également ses origines et les étonnantes facultés qui en découlent. Il rencontre également l'amour, à travers la belle Kaede, et le désir de vengeance, qui lui était jusqu'alors défendu.

Heu... Vous m'aviez bien dit que cette série était géniale, non ? Juste pour que les choses soient claires, voici un extrait savoureux, bien écrit, auquel il est impossible de résister. Kaede vient de rencontrer Takeo, et il lui a fait un effet dingue :

"Quand le garçon fut hors de vue, elle eut l'impression d'avoir perdu une part d'elle-même. Elle rentra à l'auberge avec Shikuza, qu'elle suivit comme une somnambule. En regagnant sa chambre, elle tremblait comme sous l'effet d'une fièvre violente."

Très franchement, le traitement des relations amoureuses est vraiment moyen dans ce livre, et cela sans doute en raison de la faiblesse du traitement du personnage de la jeune fille, que j'ai trouvé à la fois contradictoire et caricatural. Kaede a été négligée depuis son enfance, mais elle fait preuve d'une très grande lucidité d'esprit et d'une capacité à encaisser les chocs remarquable malgré tout, sans oublier d'être nunuche à souhait, à la fois femme affirmée et princesse en détresse (et le pire est que l'on va forcément se farcir cette intrigue amoureuse dans les tomes suivants... sauf si Lian Hearn en élimine un, mais je vais y revenir).
Au niveau du reste du récit, je suis davantage convaincue, même si je n'ai malheureusement pas ressenti le coup de coeur que j'attendais. Lian Hearn développe ainsi longuement les valeurs et les traditions des cultures qu'elle décrit. Celles-ci ont une importance de premier plan, d'autant plus que la magie a sa place  dans ce livre, et c'est ainsi que Takeo découvre peu à peu ses origines. Si j'ai trouvé que l'intrigue peinait à décoller, cet aspect est bien traité et crée une ambiance un peu onirique et poétique.
De plus, l'auteur ne s'enfonce finalement pas entièrement dans une histoire facile et prévisible. La violence de certaines scènes en témoigne, on ne fait pas que se regarder dans le blanc des yeux quand on est amoureux (ou pas), et la fin est loin de ressembler à celle des contes de fées. Même si encore une fois, la séparation des deux amoureux, est un aspect traité un peu trop facilement.   

Le tout est donc plutôt sympathique, permet de se dépayser un peu, mais est surtout assez creux.  Sur un support différent, mais dans un genre assez proche et beaucoup plus réussi, j'avais été envoûtée par Princesse Mononoke d'Hayao Miyazaki. La série de Lian Hearn s'arrête là pour moi...

L'avis de Lou, complètement opposé au mien (ça change !).