29 juillet 2010

Sous le charme de Lillian Dawes ; Katherine Mosby

mosby Folio ; 346 pages.
Traduit par Cécile Arnaud.
2009
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Gabriel est un jeune homme de dix-sept ans issu d'une bonne famille, qui se fait renvoyer de son établissement scolaire. C'est ainsi qu'il est accueilli par Spencer, son grand frère, un jeune homme à l'allure désinvolte qui a préféré poursuivre ses rêves plutôt qu'une brillante carrière en politique ou en droit.
C'est ainsi qu'il se met à fréquenter des individus qui tentent de gérer chacun à leurs façon les liens qui les attachent à la haute société. Parmi eux, Gabriel est très vite fasciné par la mystérieuse Lillian Dawes.

J'ai ouvert ce livre sans trop savoir ce qui m'attendait, et j'ai été séduite. Lillian Dawes est clairement une cousine éloignée d'Holly Golightly, le genre d'être qui n'en finit pas de vous filer entre les doigts et qui semble perdu.

"Elle parla jusqu'au matin, recroquevillée sur le canapé, la tête du chaton, qui s'était assoupi sur ses genoux, posée sur son bras ; Spencer et moi étions assis dos à la fenêtre, comme pour bloquer la lumière et retenir le jour qui risquait de nous arracher Lillian et de sonner la fin du conte de fées, quand le bûcheron se retrouve de nouveau tout seul dans les bois."

On pense aussi à Francis Scott Fitzgerald ou même à Edith Wharton face à d'autres personnages , qui essayent de tirer parti d'un monde dans lequel les cartes sont redistribuées suite aux deux guerres mondiales, à l'explosion de nouveaux modèles économiques et culturels, tout en sachant inconsciemment que la richesse ne suffit toujours pas et que le sang est encore primordial dans ces milieux. Les scènes comme celle où Gabriel et Spencer réalisent que la bibliothèque de Clayton révèle en fin de compte davantage la malhonnêteté et la superficialité du personnage qu'un quelconque intérêt pour la culture, sont éloquentes.
Gabriel, qui est encore très jeune pour ce milieu pas toujours très sain, essaie de saisir les rouages de ce monde qu'il doit apprivoiser pour sortir de l'enfance. Il est très gauche, et bien sûr il n'aura pas la fille, mais c'est lui qui nous raconte cet été particulier dans sa vie.

J'aime les ambiances un peu désabusées, les personnages hauts en couleurs, ce qu'offre ce livre. On peut lui reprocher son côté conventionnel, un suspens pas forcément très bien maîtrisé en ce qui concerne l'une des intrigue, mais c'est un joli livre malgré tout.

D'autres avis chez Lou, George, Lily, ou Cocola.
Merci à Lise pour le livre.

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07 juillet 2010

La séance ; John Harwood

9782749114934R2Le Cherche Midi ; 358 pages.
Traduit par D. Mazingarbe. 2009
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Attention, mon billet contient de gros spoilers !

Londres, fin du XIXe siècle. Constance Langton a cinq ans lorsqu'Alma, sa petite soeur, décède brutalement. Sa mère ne s'en remettra jamais, ce qui laisse la petite survivante dans un état de solitude et d'incompréhension qui déterminera son existence jusqu'à l'âge adulte. Sa nourrice est la seule personne avec laquelle elle parvient à tisser des liens. Alors qu'elles se promènent souvent aux abords de l'orphelinat des enfants trouvés, la jeune Constance commence à s'interroger sur ses origines.
Des années plus tard, M. Langton quitte sa femme et sa fille, lassé par l'apathie de la première et indifférent à la seconde. Constance, désespérée, commence à s'intéresser au spiritisme qui, pense t-elle, pourrait aider sa mère, en la faisant entrer en contact avec Alma.
Plus tard, réfugiée chez son oncle, elle reçoit la visite d'un mystérieux notaire qui lui annonce qu'elle a hérité d'un manoir dans le Suffolk, demeure qui a été le témoin d'événements aussi épouvantables qu'inexpliqués, et qui continue à effrayer les alentours.
Constance se lance dès lors à la recherche de ses origines.

Sauf si vous avez fait la grève de la blogosphère ces dernières semaines, vous ne pouvez pas ignorer l'existence de ce livre. Pour moi, c'est le genre auquel je ne peux absolument pas résister, celui qui rend hommage au roman anglais, comme c'était le cas dans Les Maîtres de Glenmarkie, Le Treizième conte ou De pierre et de cendre.
Tous les ingrédients sont en effet présents pour nous envoûter, la demeure effrayante et le bois qui l'entoure, les secrets non résolus, les journaux intimes, les personnages ambigus et manipulateurs, les amours brisées. Le récit est parsemé de coups de théâtre très bien amenés, ce qui le rend très rythmé, et nous permet de nous éclipser du monde réel l'espace de quelques heures.
Pourtant, j'avoue que cette lecture a globalement été une déception pour moi. Plusieurs blogs ont évoqué avant moi le style, qui n'est pas extraordinaire en effet. Il y a également quelques situations qui paraissent un peu incongrues dans une intrigue censée se dérouler à la fin du XIXe, mais mes réserves sont ailleurs. Ainsi, je trouve que le grand méchant est éliminé bien trop facilement. Il n'a aucune occasion de s'exprimer, de livrer sa version des faits et d'éclairer le récit, alors que jusque là il était parvenu à tromper tout le monde et à échapper à toutes les justices. En bonne trouillarde, j'ai tremblé pendant les quelques pages où l'on découvre de qui il s'agit, mais je suis restée sur ma faim.
De plus, j'ai été perplexe en apprenant que Constance n'est pas Clara. Certes, si cela avait été le cas, la chose n'aurait pas été amenée avec beaucoup de subtilité puisqu'on s'en doute dès le début. Cependant, le choix de l'auteur me paraît très discutable également. Les doutes de Constance depuis son enfance, l'attitude de ses parents (qui pour le coup est incompréhensible), cette quête d'identité, tout cela aura finalement été vain...
A mon sens, la fin manque de cohérence et ne tient pas les promesses faites au fil du récit.
Ce livre semble ne pas aller au-delà de sa dernière page, et pour moi c'est un sérieux défaut.

Je ne suis donc pas complètement convaincue par ce livre, mais il m'a tout de même permis de passer un bon moment, et je ne doute pas qu'il en sera de même pour beaucoup d'autres lecteurs.

Les avis de Titine, Lou, Maggie, Karine, et Caro[line], emballées. Tiphaine et Emjy sont plus mitigées.

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