Canalblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
Publicité
lilly et ses livres
Newsletter
Derniers commentaires
8 décembre 2009

Le Château d'Otrante ; Horace Walpole

5276_1_José Corti ; 220 pages.
Traduit par Dominique Corticchiato.
1764
.

Le Château d'Otrante, publié trente ans avant Les Mystères d'Udolphe d'Anne Radcliffe, fait généralement figure de premier roman gothique.  Lors de sa première publication, Walpole reniait l'appartenance de son texte au XVIIIe siècle, et indiquait qu'il s'agissait d'un récit imprimé au XVIe siècle, mais sans doute beaucoup plus ancien, retrouvé dans la bibliothèque d'une antique famille catholique anglaise.

Ainsi, nous nous retrouvons en Italie, alors que des Croisades sont encore entreprises par la Chrétienté. Au château d'Otrante, où règne Manfred, un mariage doit avoir lieu entre Conrad, le Prince héritier, et Isabelle, la fille du marquis de Vicence. Cependant, le jour des noces, Conrad meurt écrasé par un énorme heaume (!!) qui s'abât dans la cour du château, laissant son père plus anxieux qu'abattu.
Cette apparition, qu'elle soit considérée comme étant d'origine divine ou magique, ne tarde pas à faire enfler les rumeurs  selon lesquelles Manfred voit la légitimité de son titre discutée. Pour assurer cette dernière, il semble indispensable qu'un membre de sa famille épouse Isabelle, et Conrad n'étant plus, Manfred complote afin de répudier son épouse légitime, la douce, pieuse (et horripilante) Hippolite, et de séduire la jeune fille. Celle-ci, apprenant les desseins de son ancien protecteur, s'enfuit du château par un passage souterrain, aidée par Théodore, le jeune paysan injustement accusé du meurtre de Conrad, et se réfugie auprès du père Jérôme.
Pendant ce temps, au château, le chevalier géant auquel appartient la première apparition du jour, semble rôder, terrifiant ainsi les serviteurs de Manfred, à bout de nerfs, qui se venge à nouveau sur le pauvre Théodore qu'il a rattrapé. Heureusement, la belle Mathilde, fille du tyran, se porte au secours du jeune homme, et entre deux évanouissements, les deux enfants tombent éperdument amoureux.

Le Château d'Otrante, en bon roman gothique, est rempli de scènes inexpliquées, de couloirs sombres, de coïncidences très pratiques, d'évanouissements, de bons sentiments et d'une sensualité sous-jacente.
Malheureusement, peut-être parce qu'il est très court,  ce roman ne croque pas les personnages de manière à les rendre sinon attachants, du moins intéressants, à de rares exceptions. Je pense que ce texte a mal vieilli, parce qu'il est essentiellement composé d'éléments qui, aujourd'hui, ne représentent pas autre chose qu'une source d'ennui pour le lecteur. L'accent est mis sur les grandes déclarations visant à établir à quel point Isabelle, Mathilde, Hippolite ou encore Théodore sont des agents du Bien. Même en essayant de les lire au second degré, je me suis vite lassée. J'ai toutefois apprécié la figure du père, qui est malmenée dans ce texte, et qui permet de mettre un peu de piment dans un récit qui en a bien besoin. J'imagine que cette position n'a pas dû être particulièrement appréciée lors de la publication du Château d'Otrante.  Non seulement à cause de Manfred, qui a très peu les caractéristiques du père idéal, mais aussi à cause du père d'Isabelle qui, après avoir souffert mille morts, est près à tout sacrifier pour les beaux yeux de Mathilde. Ce dernier est d'ailleurs celui dont l'attitude est la plus surprenante. Il s'agit d'un ancien croisé, il a été guidé par les puissances divines, mais il est incapable de résister à la tentation de la chair que son ennemi et bourreau, que le Mal, lui offre. La fin également m'a plu. Elle est presque ironique, et rappelle cette d'un autre roman gothique, bien plus achevé. 
Je suis un peu mitigée après la lecture de ce texte. Il n'a pas le charme des Mystères d'Udolphe, ni la force du Moine de Lewis (je renie en partie mon ancien billet). Certes, après avoir connu un moment de grand ennui au milieu du livre, mon intérêt a de nouveau été suscité par le dénouement de l'intrigue. J'ai lu ce texte comme un amusement, comme une façon de faire connaissance avec celui qui a inspiré de grands livres, sans doute au-delà même du roman gothique. Toutefois, je n'ai jamais été transportée par cette lecture...

Les avis de Rose et de Neph.

Publicité
Commentaires
L
Karine : il est dans quel roman de Dickens ce personnage ?
Répondre
K
J'étais tentée (il faut dire que jusqu'à cette année, je croyais que Walpole était un personnage de Dickens...) mais du coup, je ne sais plus... je lirai sans doute Udlopho mais celui-là... peut-être pour la culture!
Répondre
L
Neph : il est bien plus attachant que celui-ci, tu ne devrais pas avoir de problèmes.<br /> <br /> Dominique : j'ai lu le début de Fankenstein en septembre, mais j'ai laissé mon énorme livre chez mes parents... Sinon, "Melmoth" est dans mes prévisions de lecture, ça viendra.<br /> <br /> Ys : j'aime beaucoup "Northanger Abbey" moi aussi, c'est ce livre qui m'a donné envie de lire des romans gothiques.<br /> <br /> Mango : et tu aurais bien raison, c'est un très bon livre.<br /> <br /> Isil : je ne le renie pas complètement, mais avec le recul, on voit souvent les choses différemment.<br /> <br /> Casanova : tu es peut-être plus fan des romans gothiques que moi, donc tu pourrais aimer...<br /> <br /> George : je ne pense pas que tous les romans gothiques sont dans cette situation. On apprécie des choses différentes en eux, après il y en a des plus ou moins universels.<br /> <br /> Erzébeth : c'est absurde même, et très drôle :o)
Répondre
E
C'est aimable de nous prévenir, parce que je ne désespère pas de lire ce roman un jour, je sais grâce à toi qu'il faut le découvrir avec un certain recul...<br /> Mais quand même, mourir écrasé par un heaume, c'est con. ;-)
Répondre
M
En fait il est dans une "compil" de littérature gothique :p !
Répondre
Publicité