La double vie de Virginia Woolf ; Geneviève Brisac & Agnès Desarthe
J'ai acheté plusieurs études sur Virginia Woolf depuis le début de l'année, dont la biographie d'Hermione Lee, qui fait plus de mille pages, mais j'ai préféré opter pour un format plus pratique pour la plage.
Je ne connais pas du tout Geneviève Brisac, et j'ai seulement lu Je ne t'aime pas Paulus d'Agnès Desarthe, mais je sais que cette dernière connais bien Virginia Woolf, dont elle a traduit La Chambre de Jacob et La Maison de Carlyle et autres esquisses, et pour laquelle elle a écrit une préface à L'Art du Roman.
La double vie de Virginia Woolf est donc un essai écrit par deux romancières qui tentent de dresser un portrait de l'auteur anglaise en ne se soumettant pas aux règles de la biographie traditionnelle, et en se basant presque exclusivement sur les écrits que Virginia Woolf a laissé : romans et nouvelles, mais aussi journal, essais, lettres et articles.
Je trouve ce parti pris intéressant. Beaucoup de passages m'ont plu dans ce livre. Il est prescripteur, et donne envie de se lancer dans les textes évoqués. Geneviève Brisac et Agnès Desarthe aiment leur sujet, et transmettent sans difficulté leur enthousiasme. Ce livre a aussi le mérite d'être synthétique, de ne pas donner dans le sensationnel en évitant de succomber à la légende qui entoure l'auteur britannique, et de donner des pistes concernant les différentes facettes de Virginia Woolf. Avec Geneviève Brisac et Agnès Desarthe, on découvre aussi l'environnement de l'auteur de Mrs Dalloway, ses amis, ses proches, son humour et ses époques. Et dans tout cela, sa vision de la vie et de ses travaux.
Alors bien sûr, tout n'est pas parfait. Il y a un manque de cohérence qui m'a gênée pafois. La chronologie est présente essentiellement au début et à la fin, et comme je l'ai noté, les auteurs de cet essai ont tenté de ne pas en être les esclaves, mais cela donne lieu à une impression que l'auteur n'a pas vraiment évolué entre 1915 et les dernières années de sa vie (j'exagère, mais je veux dire que l'on ne repère pas le parcours de Virginia Woolf de façon distincte ; le repère avec les textes cités existe, mais il est flou), et aussi à une impression de déjà-vu par moments.
Autre élément qui m'a surprise, les premiers romans de Virginia Woolf sont à peine évoqués (pour parler des relations de Virginia avec ses demi-frères), et pas du tout exploités. C'est contradictoire avec les objectifs des auteurs de cet essai, qui visaient justement à dresser un portrait de Virginia Woolf à travers ses écrits. Certes, elle n'a pas écrit seulement des romans, mais je trouve étrange de ne pas évoquer l'entrée en littérature de l'auteur que l'on étudie.
Je m'étale sur ce qui m'a déplu, mais cette lecture a été très agréable en réalité. Je pense qu'il faut la considérer comme une mise en bouche, et en cela le pari est tenu.
Commentaires sur La double vie de Virginia Woolf ; Geneviève Brisac & Agnès Desarthe
- Manu : pour ma part, ça dépend. Mais les biographies m'attirent de plus en plus, parce que, comme j'apprécie souvent des auteurs liés entre eux, j'ai envie de savoir dans quel contexte ils ont écrit, afin d'avoir de nouvelles clefs de lecture.
Levraoueg : si tu parles du monde, je ne vais pas sur des plages vraiment très peuplées, loin de là. Donc je peux me laisser bercer par les vagues, et bronzer (hum ! cramer) sur un seul côté ;o)
Pimpi : si tu arrives à trouver "Nuit et Jour" ("Night and Day"), il te plaira certainement (billet à suivre, qui ne doit surtout pas te décourager).
Theoma : c'est presque fini ;o) - Tu es donc partie en vacances à la plage, dis-moi que tu étais obligée et que tu n'aimes pas vraiment les maillots de bain, le soleil qui te crame l'épiderme, le sable qui s'incruste entre les orteils...
(je suis méchante, et rien ne changera entre nous si tu aimes vraiment la plage, va)
(mais quand même
)
Niveau biographie, je préfère voir ce que tu penseras de celle d'Hermione Lee, parce que quand j'en lis une, j'ai justement besoin de repères chronologiques, alors celle que tu présentes aujourd'hui ne me conviendrait pas, je pense... - Cathulu : je comprends parfaitement ce que tu veux dire. En fait, il faut absolument lire les sources citées après cette lecture pour lui donner du sens.
Titine : le livre que tu as lu est celui-ci, le titre a été modifié par l'édition de poche.
Lou : oui, c'est bien elle, je l'ai noté dans mon billet d'ailleurs ;o)
Erzébeth : ne t'en fais pas. J'adore la mer, nager, mais effectivement les maillots de bain sont un cauchemar (mais je me soigne), et plus ça va, plus je me prends des méchants coups de soleil. D'ailleurs, je suis très heureuse de ne jamais passer mes vacances sur la Côte d'Azur sans piscine privée, parce qu'en plus je n'aime pas les endroits bondés où les gens agissent comme s'ils étaient seuls chez eux.
















