Gobseck ; Honoré de Balzac
Après avoir achevé Le Père Goriot, j'ai voulu immédiatement savoir comment les choses s'étaient achevées entre Mme de Restaud et son époux. Gobseck m'a permis d'assouvir ma curiosité et plus encore.
Nous sommes vers 1830. Derville, un avoué, se trouve chez la duchesse de Granlieu. Celle-ci voit d'un mauvais oeil l'idée d'une union entre sa fille Camille, et Ernest, le fils aîné de Mme de Restaud (qui était l'une des demoiselles Goriot). Afin de venir en aide aux amoureux, Derville se propose de raconter comment sa vie a été liée à celle des de Restaud, par le biais d'une usurier hollandais, un certain Gobseck.
Ce très court texte est à nouveau un enchantement que nous offre Balzac. Il a été écrit avant Le Père Goriot, mais il met en scène des événements qui se déroulent en parallèle (l'affaire des diamants) et après cette histoire.
En moins de cinquante pages, Balzac nous donne un aperçu très piquant de la "belle société", où chacun tente de rouler l'autre, et s'incline comme la plus misérable créature devant l'argent.
Gobseck est un individu qui n'a que cette valeur, et qui est absolument impitoyable, ce qui le rend presque effrayant. On ne peut qu'apprécier sa clairvoyance à l'égard des stéréotypes que symbolisent Maxime de Trailles et Mme de Restaud :
"Ces sublimes acteurs jouaient pour moi seul, et sans pouvoir me tromper. Mon regard est comme celui de Dieu, je vois dans les coeurs."
L'usirier règne sur ces désespérés, qui semblent si sûrs d'eux par ailleurs. Je vous ai mis une illustration de l'une des scènes les plus marquantes du livre : Mme de Restaud qui met sa perfidie au service de ses enfants, mais qui ne fait finalement que les livrer un peu plus à Gobseck. Elle est complètement désemparée dans ce texte. La description de sa chambre lors de la première visite du vieil avare chez les de Restaud m'a également fait une forte impression.
Et que dire de l'ironie avec laquelle l'usurier dépeint le pauvre M. de Restaud, qui est de "ces âmes tendres qui, ne connaissant pas de manière de tuer le chagrin, se laissent toujours tuer par lui".
D'autant plus qu'au final, Gobseck ne connaît pas un destin différent, et finit par pourir comme ces gages qu'il préfère laisser à la moisisure plutôt que de céder sur son avarice.
A lire absolument !
*Illustration d'Edouard Toudouze, prise sur Wikipedia.
Commentaires sur Gobseck ; Honoré de Balzac
- Ah ben moi, j'ai pas honte du tout, même si je ne connais pas ce texte
(et si je voulais changer ça, il faudrait que je relise Goriot car j'ai une mémoire très restreinte, donc je n'y songe même pas !)
Tu as acheté les volumes Omnibus ? Que c'est mignon, cette histoire d'amour entre Honoré et toi !
(et bon courage pour ton travail, tu vaincras !!) - Leiloona : il ne s'agit pas d'un texte très connu, j'en ai appris l'existence pendant ma lecture du "Père Goriot" ;o)
Erzébeth : je les avais déjà les Omnibus. En fait j'ai plein de très vieux Balzac dans ma PAL, c'est un auteur que j'aime beaucoup depuis longtemps, même si je n'en avais jamais lu 4 en une semaine ;o)
Merci pour tes encouragements Manu ! Et non, je ne t'en tiens pas rigueur, je suis sur mon petit nuage toute seule et ça va très bien ;o) - Il faudrait que je relise d'abord "Le Père Goriot" pour l'avoir bien en tête avant d'aborder ce texte, mais je note le titre en tout cas !
Bon courage avec ton "paper" à rendre ! De mon côté j'aurais bien aimé finalement ne pas valider si vite tous mes cours (j'ai validé mon diplôme plus tôt que prévu) et avoir encore un ou deux papers à rendre cette année, ce serait finalement réconfortant comme situation
- Je viens de lire tes deux billets concernant Balzac et ton bonheur de le relire, Lilly ... J'avoue, pour ma part, que je lui préfère Zola et Maupassant ! Mais il faudrait que je me remette à lire son oeuvre pour l'apprécier comme tu sembles si bien le faire savoir. je crois que tu m'as convaincue de le reprendre !!
- Rose : je l'ai sur ma PAL, ça tombe bien !
Neph : j'espère que tu le liras !
Lou : ce texte se lit tout à fait pour lui même ! Même si j'aime bien faire des parallèles entre les romans.
Lepetitmouton : moi aussi ;o)
Laël : oui, j'ai trouvé un nouveau dada ;o)
Nanne : je ne relis pas Balzac, je ne l'ai pas encore lu ;o) Sinon, je suis prête à renouer avec Zola depuis que j'ai dévoré "Au bonheur des Dames", peut-être quand j'en aurais fini avec Balzac... Quant à Maupassant, j'ai lu "Une vie" il y a dix jours, et je l'au tout simplement adoré...
Gambadou : on voit souvent un nom cinquante mille fois en peu de temps, c'est bizarre... - Tu me donnes envie de le lire. Mon expérience avec Balzac a commencé tard, j'ai commencé à le lire à 30 ans, il m'avait toujours un peu rebuté, (dans les auteurs classiques ma préférence va à Zola). Mais une amie m'a recommandé "la Rabouilleuse", et je l'ai lu avec avidité, j'ai été épatée par le fait d'y trouver un roman à suspens, l'intrigue est passionnante.


















J'ai un peu honte d'ailleurs. :/