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Le Livre de Poche ; 127 pages.
1950.

Lettre V du Challenge ABC :

Je sais, j'avais dit que je lirai L'écume des jours cette année, et pas Elles se rendent pas compte. Mais je trichais déjà à la base, puisque j'ai lu au moins la moitié de L'écume des jours quand j'étais au lycée*. Je n'y avais rien compris, ce qui explique pourquoi je l'avais refermé avant la fin. Toutefois, il m'a énormément marquée, puisque je m'en souviens encore très bien. Depuis, il attend que je le reprenne et que je le finisse. En fait, j'ai préféré lire Elles se rendent pas compte, parce que je sortais de plusieurs lectures franchement déprimantes, et j'avais besoin de rire un peu.

Francis est invité à une fête costumée chez son amie Gaya, une jeune fille de bonne famille. Il s'y rend déguisé en femme, et prend beaucoup de plaisir à tromper tout le monde sur son identité.
Sa pseudo enquête commence lorsqu'il aperçoit un type bizarre, et qu'il retrouve Gaya complètement droguée (ce qui l'amuse encore à ce stade). Peu après, Gaya lui annonce ses fiançailles, et Francis a du mal à se contenir lorsqu'il rencontre le promis, qui aime clairement les garçons, et qui fait partie d'une bande plus que louche.

Je me suis véritablement éclatée avec ce très court roman. Le tout est éminemment impertinent et provocateur. L'auteur se lâche complètement dans ses idées, utilise un langage familier, met des pointillés pour signaler les scènes de plaisir qui auraient pu choquer les bonnes âmes, en rajoute autant qu'il peut. On a droit à autant de sexe et de violence qu'il est possible d'en mettre en si peu de pages et en aussi peu de temps (le tout décrit d'une manière totalement réjouissante),  les femmes et des hommes ne sont vraiment pas à leur place traditionnelle, le sauvetage de l'héroïne l'est encore moins... 
Le personnage principal se retrouve ainsi propulsé en héros et n'est évidemment pas à la hauteur de sa mission, bien que plein d'imagination (autant pour se mettre dans le pétrin que pour s'en sortir d'ailleurs). Il faut vraiment le faire pour tenter d'échapper à ses poursuivants en se travestissant ou pour songer à acheter ceux qui veulent vous tuer en couchant avec (et en les remettant sur le "droit chemin" par la même occasion). D'ailleurs, ces méchants, s'ils font grimacer, ne font pas vraiment peur pour autant. On est loin des histoires de meurtre habituelles.
   
Je n'ai pas beaucoup plus à dire sur ce livre, mais il m'a procuré un excellent moment de lecture, et j'espère trouver très rapidement les autres livres "légers" de Boris Vian.

L'avis de Tamara.

* Mon père en a trois exemplaires, ce qui était plutôt intrigant.