17 février 2009

La cloche de détresse ; Sylvia Plath

resize_4_Gallimard ; 270 pages.
Traduction de Michel Persitz.
V.O. : The Bell Jar. 1963.

« Un mauvais rêve.

Pour celui qui se trouve sous la cloche de verre, vide et figé comme un bébé mort, le monde lui-même n’est qu’un mauvais rêve.

Un mauvais rêve. »

Je ne sais pas vraiment comment aborder ce roman. L’histoire racontée par La cloche de détresse est  tellement vraie que j’ai même du mal à parler de « roman ». Après tout, les critiques s’accordent à dire que l’auteur y a mis énormément d’elle-même. Un mois seulement après la publication du livre, elle se donnait la mort. Je crois qu’on peut aller encore plus loin. Dans ce livre, Sylvia Plath a mis énormément de nous tous.

Erzébeth disait de ce livre qu’il l’avait blessée. Je suis dans la même situation. Je n’ai jamais été dépressive, je n’en suis jamais arrivée aux mêmes extrémités que l’héroïne, mais je pourrais être elle. Ce livre nous fait réaliser à quel point on est vulnérable, à quel point on marche sur des œufs sans même le réaliser. Esther se sent nulle, qui n’en a jamais fait autant ? Il ne se passe rien de particulier, et l’on comprend difficilement comment la situation d’Esther, qui semble pourtant assez commune, peut dégénérer comme cela. Je trouve que c’est effrayant. Est-ce que tout dérape quand Esther réalise à New York que l’on est qui l’on est où que l’on soit ?

« Des filles comme ça me rendent malade. Je suis tellement jalouse que j’en perds la parole. Pendant dix-neuf ans je n’ai pas mis les pieds hors de la Nouvelle-Angleterre si ce n’est pour une ballade à New York. C’était ma première grande chance, mais j’étais là, vautrée dans mon fauteuil, la laissant filer comme de l’eau entre mes doigts. »

Etre un individu qui aime le calme et qu’il faut traîner ou piéger pour l’attirer dans les endroits branchés n’est pas toujours facile à vivre, j’en sais quelque chose. Et partir à l’aventure, changer de décor, ne modifie rien. Les jeunes filles lauréates du concours sont chouchoutées, on leur ouvre des portes, mais contrairement aux autres, Esther ne voit là que des futilités. Sa dernière soirée à New York, elle la passe à offrir au vent ces vêtements qui ne sont pas elle.

Elle pense là où les autres prennent ce qui vient, et voilà son drame. Elle cherche à définir ce qu’est le bonheur, et elle réalise que ses souhaits sont en totale contradiction :

« Névrosée ! ah ! ah ! ah ! … J’ai laissé échapper un rire plein de dédain : ‘Si c’est être névrosée que de vouloir au même moment deux choses qui s’excluent mutuellement, alors je suis névrosée jusqu’à l’os. Je naviguerai toute ma vie entre deux choses qui s’excluent mutuellement… »

Esther est un être à part, hors de son époque et de son sexe. J’ai lu que ce livre était considéré comme féministe. Je rejette ce terme pour parler de ce livre, parce qu’il est réducteur, et pourrait donner lieu à une interprétation stupide du parcours d’Esther. Elle veut vivre et n’y parvient pas, elle veut avoir le droit de choisir même si elle ne sait pas le faire. Elle refuse la maternité, le rôle de la gentille épouse, mais elle ne pense qu’à son propre bien être.

« C’était une des raisons pour lesquelles je ne voulait pas me marier. La dernière chose que je souhaitais, c’était bien la sécurité infinie et être l’endroit d’où part la flèche… Je voulais des changements, du nouveau, je voulais tirer moi-même dans toutes les directions, comme les fusées du 4 Juillet. »

Un tel être ne peut qu’étouffer quand il est confronté à une existence morose. Il erre de déception en déception, jusqu’à ce que qu’il en arrive à un point où il ne peut même plus être déçu. Car il n’a plus la moindre chose à attendre. Quand Esther rentre de New York, elle a une réponse négative à sa demande de cours d’été. Puis, plus rien. Triomphe alors l’impression d’être totalement inutile, qui est née à New York :

« J’ai commencé par additionner les choses que je ne savais pas faire. »

Cette phrase semble banale, mais lorsque l’on commence à s’engager sur cette voie, il est impossible que tout s’achève bien. Surtout quand on est Esther, et que l’on pense sérieusement ce que l’on fait :

« - Comme les cadavres que tu dissèques ! Comme les gens que tu te figures guérir ! Ils sont aussi poussière qu’il est possible d’être poussière. Je suis persuadée qu’un bon poème dure plus longtemps qu’une centaine de tes clients mis bout à bout…

Et bien sûr, Buddy ne trouvait rien à répondre à ça, parce que c’était l’absolue vérité. Les gens ne sont faits avec rien de plus que de la poussière, je ne voyais pas du tout pourquoi soigner ces tas de poussière vaudrait mieux qu’écrire des poèmes dont les gens se souviendraient, qu’ils se réciteraient quand ils seraient tristes, malades ou insomniaques… »

Esther sombre, tombe tellement bas qu’elle ne peut plus descendre encore. On l’emmène, on la soigne avec les moyens du bord (les électrochocs, un peu comme si elle était une criminelle, et c’est d’ailleurs ce qu’elle est pour les autres, sa mère en tête). 

On la recolle, on la rafistole, on l’aide à se persuader que tout va bien. J’ai peur que ce ne soit pas le cas :

« Il y aurait un trou noir de six pieds de profondeur, creusé dans la terre dure. Une ombre en épouserait une autre, le sol étrangement jaune de notre localité refermerait la blessure ouverte dans sa blancheur. Une autre chute de neige effacerait toutes les traces récentes sur la tombe de Joan.

J’ai respiré un grand coup, et j’ai écouté le vieux battement de mon cœur.

Je vis, je vis, je vis. »

 

La cloche de détresse n’est pas un livre qui vous fait sombrer de bout en bout. C’est un livre qui ne plonge dans aucun extrême. Je ne sais pas comment l’exprimer correctement, mais le lecteur ne passe pas un sale quart d’heure. Il trouve des refuges qui ne sont d’aucun secours à Esther, mais qui permettent au lecteur de l’accompagner, et de ressentir les choses peu à peu. On en ressort sonné, nauséeux, parce que l’on n’a rien vu venir, et c’est ce qui fait les grands livres.

plath_1_
Sylvia Plath et son mari, Ted Hughes (1956)

Un immense merci à Erzébeth pour cette découverte (si tu arrêtes tes bêtises avant ce soir, je ne te dénonce pas). Fashion et Levraoueg, j’espère que vous tremblez maintenant…

Anne aussi a aimé.

Posté par lillounette à 16:25 - - Commentaires [43] - Permalien [#]
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Commentaires sur La cloche de détresse ; Sylvia Plath

    et bien quel billet!!! c'est drôle car je pourrais parfaitement m'identifier à l'héroïne! je le note! ton billet est bien convaincant!! en plus il tombe bien car après avoir lu Histoire de la littérature anglaise j'ai voulu lire un roman de Sylvia Plath! sans savoir lequel! grâce à toi c'est fait!!! il y a une citation de cet auteur que j'adore c'est "Embrasse-moi et tu verras combien je comptes!"

    Posté par Lael, 17 février 2009 à 16:43 | | Répondre
  • Il a l'air très "éprouvant" comme livre mais tu en parles très bien et tu donnes envie de le lire !

    Posté par Cécile, 17 février 2009 à 16:49 | | Répondre
  • Je ne connais pas du tout Sylvia Path... j'ai bien envie de lire ce livre, je te le jure, tu me donnes très très envie. Mais en même temps, tu me fais peur. Je suis très sensible à ce genre de livre et je sais que je vais complètement et totalement m'identifier à l'héroïne et que je vais avoir du mal à m'en remettre... du coup, je ne sais que faire!!!!

    Posté par Pimpi, 17 février 2009 à 17:48 | | Répondre
  • Je l'ai lu il y a pas mal d'années déjà et j'ai très envie de le relire...
    au fait as-tu lu "Froidure" de Kate Moses inspiré de la vie de Sylvia Plath ? Il m'a beaucoup touchée..

    Posté par Lily, 17 février 2009 à 18:14 | | Répondre
  • J'ai bien trop peur qu'un livre pareil me plonge dans la déprime donc je passe mon tour!

    Posté par Keltia, 17 février 2009 à 18:16 | | Répondre
  • Lael : quelle belle citation ! Elle est tirée de l'un de ses poèmes ? Sinon, Sylvia Plath n'a écrit qu'un seul roman, donc tu n'avais de toute façon pas le choix...

    Cécile : oui, éprouvant est bien le mot. C'est un de ces livres qui te hantent longtemps après les avoir refermés.

    Pimpi : je suis comme toi, incapable de me protéger face à ce genre d'héroïne. Mais tu dois lire ce livre, je suis sûre que tu aimeras.

    Lily : je n'ai pas lu Kate Moses, je découvre tout doucement Sylvia Plath.
    J'ai très envie de lire Janet Frame maintenant. "Les hiboux pleurent vraiment" a hanté ma PAL pendant au moins dix ans (ma cousine me l'avait prêté et je le lui ai rendu très récemment), il évoque également le cauchemar vécu par l'auteur dans les hôpitaux psychiatriques. Tu connais ?

    Keltia : c'est dommage...

    Posté par Lilly, 17 février 2009 à 18:23 | | Répondre
  • Déjà que je tremblais pas mal avant, maintenant c'est pire. Merci Lilly !!!

    Posté par levraoueg, 17 février 2009 à 23:01 | | Répondre
  • Je n'aurais jamais eu l'idée de lire Sylvia Plath... mais tu m'en donnes le goût, avec ton si beau billet!!! Sur la liste!

    Posté par Karine :), 18 février 2009 à 03:32 | | Répondre
  • Bon. Ben va falloir s'y coller maintenant. Est-ce que tu ne crois pas que c'est un roman pour les jeunes filles finalement et qu'il y a clairement une question d'âge pour s'identifier ? (je ne sais pas si ma question est très claire mais les citations que tu as relevées me renvoient à un temps très lointain de moi-même)

    Posté par fashion, 18 février 2009 à 09:27 | | Répondre
  • Comme Lily j'ai lu ce livre il y a un moment déjà, j'ai le souvenir d'un livre qui secoue pas mal j'ai très envie de le relire et en plus je possède son journal.

    Posté par Alice, 18 février 2009 à 09:37 | | Répondre
  • Quel billet en effet ! Je serais bien incapable d'en dire plus, en revanche tu m'as vraiment donné envie de lire ce texte alors que je n'avais fait que noter le titre dans un coin de ma tête, comme un classique à découvrir un jour mais dont je ne savais rien de plus...

    Posté par Lou, 18 février 2009 à 11:40 | | Répondre
  • Oh, tu peux me dénoncer, rien ne changera, va
    (surtout que je n'ai pas internet en ce moment, et que je ne vais certainement pas me connecter sur mon blog alors que tout le monde peut suivre ce que je fais, merci bien...)
    Mon billet sur ce livre me déprimait autant que le livre itself.

    Je suis ravie que tu aies aimé, et ça me touche beaucoup que tu aies été réceptive à cette histoire - banale en apparence, mais qui recèle beaucoup si on fait attention à ce qui est caché derrière.
    Et je note avec plaisir les références citées en commentaires, mais bon, j'attendrai d'avoir le cœur débordant de bonheur pour approcher une nouvelle fois, de près ou de loin, cette chère Sylvia Plath...
    (ceci dit, j'ai lu des nouvelles d'elle, et un genre de journal édulcoré si mes souvenirs sont bons, mais ça n'avait radicalement pas la même force).

    Je parle, je parle, mais l'essentiel est : merci mille fois de m'avoir fait confiance en choisissant ce blog-o-trésor.

    Posté par erzébeth, 18 février 2009 à 12:20 | | Répondre
  • Quel billet en effet ! Je serais bien incapable d'en dire plus, en revanche tu m'as vraiment donné envie de lire ce texte alors que je n'avais fait que noter le titre dans un coin de ma tête, comme un classique à découvrir un jour mais dont je ne savais rien de plus...

    Posté par Lou, 18 février 2009 à 14:10 | | Répondre
  • Je garde un souvenir horrifié des électrochocs décrits dans ce récit

    Posté par Anne, 18 février 2009 à 16:04 | | Répondre
  • Magnifique billet et tu me donnes envie de le découvrir. Mais je me demande si il ne faut pas un moral d'acier pour le lire ?
    Je croyais qu'elle écrivait de la poésie, suis-je à côté de la plaque?

    Posté par Manu, 18 février 2009 à 19:45 | | Répondre
  • Je me pose la même question que Fashion. Donc je vais attendre qu'elle le lise pour voir si je me lance mais ce livre commence à m'intriguer.

    Posté par Isil, 19 février 2009 à 08:51 | | Répondre
  • Ton billet m'interpelle. Après ça, je ne peux que lire ce livre.
    J'ai l'impression qu'il faut se blinder émotionnellement avant de commencer ce livre mais j'ai aussi l'impression qu'il absolument lire ce livre.

    Posté par Jumy, 19 février 2009 à 11:10 | | Répondre
  • Levraoueg : héhéhé ! ;o)))

    Karine : pourquoi ne te tentait-elle pas ?

    Fashion et Isil : alors là, votre question est très intéressante. Mais comme je ne suis pas beaucoup plus vieille que l'héroïne, peut-être que ce qui me semble universel est une question d'âge. Cela dit, je ne suis pas sûre que la sensation d'étouffement soit une question d'âge (cf. "Les noces rebelles"), même s'il est évident que la situation d'Esther est quand même en rapport avec ses dix-neuf ans.

    Alice : il y a aussi "Son mari", la biographie de je ne sais plus qui chez Phébus qui me tente. Je pense que je lirai aussi son journal.

    Lou : Je ne sais pas du tout ce que tu peux penser d'un tel texte, mais ton avis m'intéresserait beaucoup.

    Mais merci à toi, chère Erzébeth pour cette découverte. C'est dommage que tu t'auto-censures de cette façon. J'ai lu ton billet il y a longtemps, mais il était admirable.

    Anne : c'est sûr que ce n'était franchement pas une méthode douce. D'autant plus qu'elle est ici mise en parallèle avec le passage sur la chaise électrique de criminels...

    Manu : Sylvia Plath était avant tout une poétesse, comme son mari ;o)

    Jumy : il faut attendre le moment où l'on est prêt à prendre un bon coup...

    Posté par Lilly, 19 février 2009 à 14:09 | | Répondre
  • Exact Lilly, il y a son mari Ted Hughes : Contes d'Ovide chez Phébus et Birthday letters (lettres-poèmes)chez Gallimard. Après la lecture de ce livre qui fut un choc j'ai eu envie de connaître mieux Sylvia Plath (femme superbe entre parenthèse).
    Mais je pense que je vais relire ou lire ce que je possède la concernant

    Posté par Alice, 19 février 2009 à 15:04 | | Répondre
  • Alice, "Birthday Letters me tente beaucoup, visiblement Ted Hughes y évoque justement Sylvia Plath.

    Posté par Lilly, 20 février 2009 à 11:26 | | Répondre
  • Si vous voulez vraiment avoir froid dans le dos, allez sur youtube "Sylvia Plath reads Daddy" Vous entendrez Sylvia Plath lire elle-même son célèbre poème Daddy écrit peu de temps avant son suicide après sa séparation d'avec Ted Hughes et dans lequel elle revient sur sa première tentative de suicide (car en effet, la "Cloche de détresse est autobiographique) et où elle exprime toute sa rage contre Ted Hughes. (Je précise que son père d'origine allemande mais américain n'était pas un nazi qu'elle prend le nazisme comme symbole d'autoritarisme et de cruauté).
    Avant de lire "Birthday letters" qui est une manière pour Ted Hughes de chercher un peu tardivement le pardon pour avoir trahi Sylvia Plath, il me paraît important de commencer par le début, c'est à dire par le journal de Sylvia Plath, plus intéressant que "Letters home", les lettres à sa mère, sauf si on veut approfondir et découvrir combien la version officielle qu'elle donne des événements à sa mère diffère de ce qu'elle écrit dans son journal. Pour ceux qui lisent l'anglais le journal est plus complet en anglais. Sylvia Plath était maniacodépressive, et tromper sa femme alors qu'elle est enceinte et qu'on la sait fragile n'est pas joli joli.De plus, Ted Hughes a détruit le dernier cahier de son journal pour protéger ses enfants disait-il, mais personne n'est dupe. Car, comme on l'a fait remarquer, il pouvait également en faire don à une bibliothèque ou à une université avec interdiction de l'ouvrir avant une certaine date. Sylvia Plath n'a pas prémédité son geste, car le 4 février 1963, elle écrivait à sa mère qui lui avait suggéré de lui envoyer Frieda, sa petite fille au Etats-Unis pour la soulager puisqu'elle savait que Sylvia allait mal:
    "I appreciate your desire to see Frieda, but if you can imagine the emotional upset she has been through in losing her father and moving, you will see what an incredible idea it is to take her away by jet to America. I am her one security and to uproot her would be thoughtless and cruel, however sweetly you treated her at the other en."
    En résumé: Après la séparation et le déménagement, je suis la seule chose sûre pour elle et la déraciner pour l'envoyer en Amérique serait cruel.
    Le 12 février 1963,au matin, Sylvia Plath ouvrait la fenêtre de la chambre de ses enfants, calfeutrait leur porte, calfeutrait les accès de la cuisine et mettait sa tête dans le four.
    Vous pouvez également lire ses nouvelles que vous trouverez en bibliothèque.

    Posté par Elsa, 26 février 2009 à 12:46 | | Répondre
  • Elsa : merci pour ces informations, elles me seront sans doute précieuses par la suite.

    Posté par Lilly, 28 février 2009 à 08:21 | | Répondre
  • En version originale

    Bonjour, ton commentaire est très intéressant. Je suis en train de lire ce roman en version originale, et je suis contente de voir que les petits extraits que tu as mis correspondent à ma traduction perso.
    Ce roman est très approuvant. Il est très poétique, je dois surement perdre une partie de l'atmosphère que le livre dégage avec, par exemple, toutes ces descriptions qui renvoient à la mort, à la disparition et à l'effacement. C'est pourquoi, je suis bien contente d'avoir lu ton commentaire, pour bien saisir les enjeux de l'oeuvre. Cheers
    Une autre fan de la littérature

    Posté par Naya, 24 mars 2009 à 15:29 | | Répondre
  • Naya : j'espère que la suite de ce livre te touchera également.

    Posté par Lilly, 25 mars 2009 à 09:10 | | Répondre
  • Une lecture difficile mais important :-)

    Je l'ai terminé . Effectivement, ce livre est très touchant. Il était plutôt difficile à lire en anglais parce qu'il est très poétique, et le temps n'est pas linéaire du tout ; il y a beaucoup de flash back au début et de petites coupures vers la fin, qui sont parfois introduites une phrase qui revient dans le paragraphe. Ce livre est assez éprouvant, mais en effet, surtout à la moitié du livre, c'est vraiment contrebalancé par l'humour noir. Enfin, les images, tout d'abord celle de la cloche et l'importance du paysage souvent trop chaud ou hivernal et presque mortuaire , donne aussi une atmosphère particulière au roman. Enfin, la jeune fille présente bien ce désespoir féminin, dans un univers masculin et ce désir d'émancipation et de liberté. Le roman se termine donc sur une note d'espoir. Même si, elle prévient que la cloche de détresse peut resurgir n'importe où, n'importe quand. C'est vraiment un livre très beau et très intéressant.
    Autrement, j'apprécie vraiment ton blog. En plus Il y a là, énormément de livres que je souhaite lire et certains que j'ai lu. C'est un vrai plaisir.

    Posté par Naya, 29 mars 2009 à 13:39 | | Répondre
  • Naya : tu trouves que ce livre s'achève sur une note d'espoir ? J'ai l'impression qu'Esther tente surtout de se convaincre elle-même de quelque chose en laquelle elle ne croit pas...

    Posté par Lilly, 30 mars 2009 à 11:06 | | Répondre
  • Oui, C'est vrai que c'est vraiment infime, mais, il me semble qu'il y a tout de même une faible lueur d'espoir à la fin. Même si, tu as raison, elle tente clairement de se convaincre en répétant certaines phrases pour se donner du courage. En plus, elle prévient qu'elle est en sursis avec la métaphore de la cloche. Cependant, elle accède à une certaine liberté, même si c'est une liberté sur parole, si je peux dire. Il me semble que sa situation à légèrement évoluée. Elle fait des choix au lieu de rester simplement spectatrice, même si les conséquences ne sont pas forcement celles qu'elle espérait. Je pense que la lucidité qu'elle acquiert et la dernière scène ne laissent pas le lecteur sur une note dépressive.

    Posté par Naya, 30 mars 2009 à 21:03 | | Répondre
  • Naya : tu as de la chance, moi j'étais lessivée ;o) Je n'y crois pas trop, surtout quand on connaît la suite des événements pour Sylvia Plath...

    Posté par Lilly, 30 mars 2009 à 21:22 | | Répondre
  • Là, je suis tout à fait d'accord, il ne faut pas se leurrer. D'ailleurs, je me suis même demander si écrire un livre aussi douloureux n'avait pas contribuer à raviver davantage sa "pathologie" dont je ne me rappelle plus le nom. Après tout, l'écriture de "De sang froid" à complètement vampirisé Truman Capote et il a passé le reste de sa vie, alcoolique, dépressif, et solitaire. ha la la, c'est pas gai tout ça Et franchement, j'avoue que le livre m'a laissée en pleine rumination , lol

    Posté par Naya, 30 mars 2009 à 22:09 | | Répondre
  • Naya : je n'ai pas lu ce livre de Capote, il est en prévision...

    Posté par Lilly, 31 mars 2009 à 13:00 | | Répondre
  • Tu verras, c'est extrêmement bien écrit. Et je trouve que ça se lit vite, on est vraiment emporté par le livre, comme s'il s'agissait d'une fiction, malgré l'horreur de la réalité. Le film sur la création du livre avec Seymour Hoffman est vraiment très bien, fascinant.

    Posté par Naya, 31 mars 2009 à 17:17 | | Répondre
  • Naya : Capote est sur ma liste d'auteurs dont je veux connaître l'oeuvre intégrale, donc ce titre sera sans doute dans un avenir pas trop lointain entre mes mains...

    Posté par Lilly, 31 mars 2009 à 21:34 | | Répondre
  • Capote te plaira certainement, il écrit extrêmement bien. Et outre ses romans, il y a ses nouvelles qui ont toutes une coloration fantastique. J'aime le fantastique, c'est pourquoi, je l'ai découvert à travers ses nouvelles. Mais , je n'ai pas encore lu "La traversée de l'été", que j'ai dans ma bibliothèque.

    Posté par Naya, 31 mars 2009 à 22:15 | | Répondre
  • Naya : j'ai déjà lu Capote, donc je sais qu'il écrit très bien et qu'il me plaît énormément ;o)
    D'ailleurs, "La traversée de l'été" avait été un énorme coup de coeur l'été dernier.

    Posté par Lilly, 01 avril 2009 à 11:41 | | Répondre
  • Oui, tu as commenté "La traversée de l'été", je lirai la critique une fois que j'aurai lu l'œuvre. J'aime souvent lire en détail le commentaire après la lecture du livre. Je parcours vite pour savoir si c'est bien, et l'idée générale. Puis, je lis et ensuite, je lis la critique. Je fais pareil pour les films. De bonnes critiques permettent de rester dans l'atmosphère du film ou du livre et de mieux les comprendre ou d'avoir d'autres point de vue C'est pour ça que je suis vraiment contente d'être tombée sur ton blog

    Posté par Naya, 01 avril 2009 à 19:48 | | Répondre
  • Naya : je suis contente que tu te plaises ici

    Posté par Lilly, 03 avril 2009 à 09:22 | | Répondre
  • C'est marrant, j'ai découvert C. McCullers et S. Plath il y a deux, tes lectures de ces deux auteurs se suivent aussi
    Cette lecture m'avait beaucoup marquée (un peu trop peut-être).

    Posté par Marie, 05 avril 2009 à 14:02 | | Répondre
  • Marie : je suis dans une phase de découverte de la littérature américaine, c'est peut-être pour ça que je les ai lus à des dates rapprochées...

    Posté par Lilly, 05 avril 2009 à 20:21 | | Répondre
  • Bonne nouvelle, Lilly, je viens de le trouver en VO et je suis ressortie de la librairie avec le livre dans les mains. Je redoute la lecture, mais elle ne devrait pas tarder, je pense... merci déjà maintenant de me l'avoir fait découvrir!!!

    Posté par Pimpi, 30 avril 2009 à 20:42 | | Répondre
  • Pimpi : j'espère que la rencontre sera belle, pas comme pour Emily Pearl (sinon, tu ne suivras plus jamais mes conseils ;o))

    Posté par Lilly, 30 avril 2009 à 21:58 | | Répondre
  • je reviendrai te dire et de toute façon, je publirai mon billet! Et ce n'est pas parce que j'aime moins que toi un livre que tu as adoré que je ne vais plus suivre tes conseils, crois-moi!!

    Posté par Pimpi, 01 mai 2009 à 00:13 | | Répondre
  • commentaire d'une inconnue

    Bonjour,

    Tombée au hasard sur cette critique de Sylvia Plath, je ne peux que l'approuver. J'y ajoute mon opinion personnelle.
    Pendant un temps, "La cloche de détresse" n'a été considéré que comme "psychologiquement intéressant", certains l'ont lu pour se régaler de la dépression d'une femme, en voir les dessous, les hauts et les bas. Mais je ne crois pas qu'un roman qui touche autant de monde puisse se réduire à cela. Parce que pour moi, ce que Sylvia Plath décrit, c'est la vie, n'en déplaise à certains. La vie qui ne tient pas à grand chose, s'échappe. C'est la beauté de tout petits instants, immense, qui ne parvient pas à combler l'Homme et qui s'enfuit. Il suffit de lire ses descriptions de New York de nuit pour comprendre. Juste quelques lumières, une ambiance, un sentiment fugace. Tout au long de ce roman, Sylvia Plath écrit sa perception du monde. Et je me refuse à croire que cette femme n'était que la désespérée que l'on voudrait nous montrer. Son suicide ne change rien. Peut-être que ce qui nous touche autant dans ce livre, c'est qu'elle a décrit ce que l'on arrive pas à saisir, une impression, un lieu qui nous émeut sans que l'on puisse définir pourquoi. Sylvie Doizelet, qui a préfacé l'édition française des "Arbres d'hiver" (ed. Gallimard) a écrit que toute sa vie, Sylvia Plath a voulu écrire un roman sans y parvenir. Parce que seul un roman pouvait lui apporter la plénitude qu'elle recherchait. Un roman, c'est maîtriser le temps, le temps de ses personnages et ainsi de l'écriture. Sylvia Plath a écrit un roman, a maîtrisé son temps, et elle est partie, tâche accomplie.

    Je suis peut-être indécrottablement romanesque mais n'est-ce pas le propos ici ? On ne saura jamais vraiment pourquoi Sylvia Plath s'est tuée. Seule compte l'oeuvre qu'elle laisse derrière elle.

    Posté par Lena, 06 janvier 2010 à 19:42 | | Répondre
  • Lena : c'est vrai que ce que l'on retient surtout de Sylvia Plath est sa mort. Le suicide crée souvent la légende, mais comme pour Virginia Woolf, les choses sont bien plus compliquées je pense (je ne connais pas du tout Plath).

    Posté par Lilly, 09 janvier 2010 à 17:42 | | Répondre
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