resize_9_Flammarion ; 310 pages.
Traduction de Marie Canavaggia.1850.
Titre original : The Scarlet Letter.

J'ai commencé à lire Nathaniel Hawthorne il y a seulement quelques jours. Sylvie a écrit un très beau billet sur l'un de ses contes, Le voile noir, et j'ai donc saisit cette opportunité de découvrir cet auteur dont j'ai tant entendu parler. J'ai beaucoup aimé, du coup j'ai couru acheté La lettre écarlate, l'ouvrage de référence d'Hawthorne, qui est aussi considéré comme le premier roman américain, dans la mesure où il se détache des traditions littéraires du Vieux Continent.

Je pense que tout le monde sait plus ou moins de quoi il s'agit, mais comme un résumé ne fait jamais de mal, allons-y : Nous sommes au milieu du XVIIe siècle, dans une colonie de puritains établie sur le site de ce qui deviendra Boston. Hester Prynne a mis au monde une petite fille, alors même que son époux est disparu depuis deux ans. Après trois mois passés en prison, elle est condamnée à être exposée sur la place publique et à porter à jamais un A écarlate sur son sein, afin de marquer son péché. Ce même jour, son mari reparaît, et voyant le sort réservé à son épouse, jure de se venger sur le "complice" de cette dernière, bien qu'Hester refuse de dévoiler le nom du père de son enfant : "Je chercherai cet homme comme j'ai cherché la vérité dans les livres, comme j'ai cherché l'or dans l'alchimie."

Je sens que je ne vais pas faire dans l'originalité, mais j'ai adoré ce roman. L'ambiance est plombante au possible, les personnages, tous autant qu'ils sont, donnent parfois envie de leur coller des baffes, mais ce livre ne s'en lit pas moins d'une seule traite.
J'avais énormément d'a priori concernant les personnages, car l'intrigue n'était absolument plus un mystère pour moi tellement on m'avait parlé de ce livre. A part la fin, mais j'y reviendrai. Finalement, je n'ai pas ressenti d'avis totalement tranché sur tel ou tel personnage. Le vieux mari est décrit comme le Diable, et je l'ai haï plus d'une fois. Mais en même temps, il est à plaindre ce viellard plein de haine. De même, Hester et son amant font preuve d'une telle résignation, d'un tel désir d'expiation, que je n'ai pu m'empêcher de les trouver aussi méprisables que les autres dans certains de leurs actes.
Car La lettre écarlate est un livre dans lequel la question du Bien et du Mal se pose sans cesse. Il n'y a pas de retour en arrière, on ignore tout de ce qui s'est produit avant le jour où Hester s'est retrouvée sur la potence. Nous ne voyons que l'après, la confrontation entre principes "moraux" et amour interdit. D'où la jolie petite Pearl qui se tranforme aussi en "lutin du mal", ou encore des passages presque féériques, qui contiennent également de sombres présages. Du coup, j'ai navigué entre espoir et déception tout au long de ma lecture, tout en sachant très bien qu'une telle histoire ne pouvait avoir la fin que je désirai lire. Mais tout de même, quelle fin ! Je n'en dit pas plus, il faudra que vous alliez voir ça vous-mêmes.

Un très beau livre donc, court mais puissant, que je vous conseille absolument !*

Les avis de Sylvie et Praline (qui n'a pas aimé).

*Par contre, je suis heureuse de ne pas avoir lu ce roman en anglais. Après ma lecture de Le voile noir, j'avais déjà noté que Nathaniel Hawthorne était certainement difficile d'accès en VO, je pense sincèrement que j'ai bien fait.