Le treizième conte ; Diane Setterfield
Je crois que je suis vraiment la dernière à lire ce roman qui a suscité un très grand enthousiasme depuis sa sortie en janvier 2007. Je l'avais acheté à ce moment là, feuilleté, mais je n'avais pas encore eu l'envie de le lire. Il faut dire qu'il avait été comparé à Possession, livre que j'ai été incapable de terminer, et les romans qui font l'unanimité m'inquiètent toujours beaucoup. Je viens donc, avec beaucoup de retard, ajouter ma voix au concert de louanges qui entoure Le treizième conte.
Margaret Lea est une jeune femme solitaire, qui aime davantage la compagnie des livres que celle des gens. Depuis toujours, elle a fait de la librairie de livres d'occasion de son père son antre. Un jour, elle reçoit une lettre, à l'écriture étrange, qui lui vient de Vida Winter, un auteur de best-sellers. Celle-ci souhaite confier l'histoire de sa vie à Margaret, qui a déjà rédigé quelques biographies succinctes. La jeune femme est très étonnée, elle n'est pas une réelle biographe. De plus, elle est sceptique. Vida Winter est réputée pour avoir fait de sa vie un mystère. Troublée par l'arrivée inattendue de cette lettre, Margaret décide de feuilleter le seul livre de l'écrivain disponible dans la librairie de son père, un recueil de treize conte selon le titre. Finalement absorbée par les douze premiers contes qu'elle lit, elle découvre avec stupeur que le treizième conte n'a jamais été publié. Sa rencontre avec Vida Winter soulève encore davantage de points obscurs, et la mène dans une histoire de fantômes, de jumelles, de famille brisée, qui renvoie à Margaret le reflet de ses propres drames.
Soyons honnêtes, la première chose qui m'a plu dans ce livre, c'est sa couverture. Tant la première que la quatrième, puisque cette dernière nous promettait une histoire à la Rebecca. Bon, sur ce dernier point, c'est raté. L'ambiance n'est pas celle des romans à tendance gothique qui était promise. La grande demeure des Angelfield tombe en ruine, le plancher craque, il y a bel et bien des cadavres dissimulés et des nuits sans lune, mais ce n'est pas cela qui rend Le treizième conte aussi angoissant, aussi bouleversant et aussi captivant. Il y a quand même un très bel hommage rendu à la littérature anglaise du XIXe siècle dans ce livre. On pense à Jane Eyre bien sûr, abondamment cité. Pour ma part, j'ai surtout pensé à Wuthering Heights. D'autres clins d'oeil parsèment également ce livre, à travers le comportement des personnages ou au cours de leurs discussions. Nous passons également du temps dans les vieilles bibliothèques des demeures que nous traversons. Et puis, j'ai adoré le fait que les personnages n'échangent que par lettres, même si le roman se déroule à notre époque.
Il y a certaines ficelles un peu grosses, quelques questions qui surviennent un peu tard, c'est vrai. Mais cela est totalement gommé par la puissance de l'histoire que raconte Vida Winter. La plume de Diane Setterfield est très belle, très énigmatique. Elle nous tient en haleine, certaines phrases ne prennent tout leur sens qu'à la fin, pour nous bluffer complètement. Les personnages ne sont pas beaux, mais leur attitude est entière et cela les rend attachants. De plus, leur histoire est tellement triste qu'elle ne peut qu'émouvoir.
Quelques questions restent en suspens, mais cela fait aussi partie des charmes de ce roman, dont on a du mal à croire qu'il est le premier-né de Diane Setterfield.
Je me suis plongée dans ce roman avec un bonheur que je n'avais pas ressenti depuis longtemps, et je vous souhaite de refermer ce roman aussi conquis que moi.
Les avis de Allie, Clarabel, Fashion, Praline, Gachucha, Karine, Cuné... J'en oublie plein, mais n'hésitez pas à mettre votre lien.
Commentaires sur Le treizième conte ; Diane Setterfield
- Quoi, c'est un roman entièrement épistolaire ?!
Bon, n'empêche, ça me donne encore très, très envie (car je fais aussi partie des gens qui ne l'ont pas lu, incredible ! son succès me donnait plutôt envie d'attendre - tu dis d'ailleurs que tu l'as lu "avec beaucoup de retard", c'est faux, archi-faux, depuis quand les livres ont une date conseillée de consommation ?
)
Tu as un sacré rythme dans tes billets, ces derniers jours, j'en suis admirative ! - Karine : tu devrais avoir honte dans ce cas ;o)
Fashion et Manu : c'est presque ennuyeux un tel consensus...
Erzébeth : ce n'est pas du tout un roman épistolaire. Je me suis mal exprimée. En fait, lorsqu'ils ont besoin de communiquer avec l'extérieur, au lieu de s'envoyer des mails, les personnages s'écrivent des lettres.
Sinon, en fait je lis presque toujours rapidement mes livres en grand format, parce que sinon je regrette de ne pas avoir attendu pour les acheter.
Pour le rythme actuel, sans vouloir être pessimiste, ça risque de ne pas durer, même si j'espère être beaucoup plus assidue que ces derniers temps. Là, je suis encore en vacances, et puis je lis des livres relativement courts (et pour "Le treizième conte", il se lit presque d'une traite). - Ah, j'ai saisi la subtilité de tes achats de brochés... je comprends mieux ton "retard", alors. Merci de m'avoir rassurée pour les lettres (parce que l'épistolaire et moi, ça coince un peu), ça confirme donc que ce livre est tout à fait pour moi. J'en salive d'avance.
(tu es étudiante ? tu sais que ton âge me perturbe au plus haut point ?
)
- Karine : la VF dit que Du Maurier n'est pas loin avec ce roman, et je ne suis pas d'accord. Pour moi, ce roman n'est pas "gothique". Il rend hommage à des livres qui le sont, mais il ne reprend pas (ou ne parvient pas à reconstituer) leur atmosphère.
Allie : je pense le relire aussi, mais sûrement pas plus d'une fois, maintenant que je connais la clé du mystère.
Erzébeth : mon âge en a perturbé beaucoup depuis que j'ai ouvert mon blog, alors que je l'ai donné publiquement à plusieurs reprises. J'ai 22 ans et je suis étudiante ;o)
Lou : j'étais sûre de t'avoir mise en lien, d'autant plus que j'ai consulté ton billet... Pour les réserves, j'en parle parce que ce livre possède quelques défauts, mais c'est l'un de mes plus gros coups de coeur de l'année.

















