04 juillet 2008
Inconnu à cette adresse ; Kressmann Taylor
Le Livre de Poche ; 89 pages.
Ce livre est un grand classique sur les blogs, mais aussi en dehors, c’est pourquoi j’avais prévu de le lire un jour. A part ça, j’avoue que je n’étais pas trop tentée. Le seul livre que j’ai lu de cet auteur ne m’a laissé aucun souvenir. De plus, quand on voit le prix du livre par rapport au nombre de pages (écrites en très gros), ça sent l’opération commerciale à plein nez.
Bref, je comptais jeter un œil à cette nouvelle, mais seulement si elle me tombait dans les mains. L’occasion s’est présentée il y a quelques jours, je l’ai lue dans la foulée, et verdict : c’est bien mais je ne hurle pas au chef d’oeuvre.
Deux amis et associés, Max et Martin, s’échangent des lettres sur fond de montée du nazisme en Allemagne. L’un est d’origine juive et vit aux Etats-Unis, l’autre est rentré en Allemagne avec femme et enfants.
Je reconnais que ce livre a beaucoup de qualités. L’auteur, même si elle a écrit Inconnu à cette adresse en 1938, livre un récit qui rappelle à tout le monde ce qu’il a appris sur ce qui s’est passé non seulement dans les années 1930, mais également sur ce qui s’est passé après. De ce fait, pas besoin d’être archi calé sur le climat d’avant la Deuxième Guerre mondiale pour que cette histoire nous parle. De plus, c’est clair que pour un texte écrit en 1938, Kressmann Taylor semble bien informée.
Sur le plan de la forme, la nouvelle est très bien construite, notamment la fin, avec ces lettres auxquelles on ne comprend rien dans un premier moment. Bémol quand même pour le début du texte. Les premières lettres ont un accent pompeux pénible qui enlève de la crédibilité aux personnages censés les écrire. Après ma lecture, j’ai lu le billet de Céline sur la représentation qu’elle a vu d’Inconnu à cette adresse, et elle parle également d’un côté un peu artificiel au début, qui se traduit par des acteurs qui surjouent.
Assurément, Kressmann Taylor a écrit un texte qui ne manque pas d’intérêt si on veut l’étudier. J’ignore si les collégiens doivent souvent lire cette nouvelle ou non, mais Inconnu à cette adresse me semble être un texte que l’on peut lire très tôt.
Je fais quand même un reproche à Inconnu à cette adresse, qui fait que je n’en garderai pas un souvenir impérissable. Cela reste trop général pour vraiment toucher. Il y a énormément de choses que l’on peut approfondir, mais si on fait simplement une lecture, c’est du vite lu et vite oublié. Pour faire un parallèle un peu tordu, cette nouvelle m’a fait penser au dernier Magazine Littéraire et à son dossier sur les romancières anglaises. Grâce à ce dernier, on trouve des pistes de lecture, on s’occupe plutôt agréablement sur la plage ou au bord de la piscine. Cependant, on n’apprend rien de vraiment nouveau.
Les avis d'InColdBlog et de Lisa.
Commentaires
De cette auteure, je n'ai lu et aimé qu’«Ainsi rêvent les femmes", mais, pour l'instant, je n'arrive pas à me décider pour celui que tu présentes...Je n'ai toujours pas lu le dossier des romancières anglaises, mais ça ne saurait tarder ! ;-)
je me rappelle avoir lu ce livre il y a quelques années, et j'ai eu le même sentiment que toi : l'idée est intéressante, mais je n'en garde pas un souvenir mémorable...
Je l'ai lu il y a longtemps et relu plus récemment et j'en garde au contraire un souvenir très précis et très fort. Il faut le lire comme un thriller plutôt que comme un document "pour apprendre". Je ne pense pas que ce soit le but.
Je garde aussi un bon souvenir de cette lecture, "piquée" à mes enfants.
Merci MIMI, je me sens moins seule ! ;o))
Isil : je vois tout à fait ce que tu veux dire. C'est d'ailleurs en ça que je trouve que cette nouvelle est objectivement bien construite : ça va crescendo, et puis paf ! Mais personnellement, je n'ai pas accroché plus que ça.
Sylire : mère indigne ;oP
On n'apprend rien de nouveau, mais ce livre permet de parler de cette période avec un autre reagrd. J'en garde un beau souvenir
Moi aussi, j'en garde un bon souvenir. J'ai regretté d'avoir manqué une adaptation théâtre, qui avait été donnée sur Nantes.
C'est marrant, parce que je me souviens avoir lu ce livre, je me souviens même de la fin (ce qui est assez rare chez moi - mais d'un autre côté, oublier cette fin-là, il faudrait presque le faire exprès...), mais en dehors de ça, rien, aucun souvenir. Du coup, je comprends ton billet, parce que j'ai effectivement vite oublié ce livre... même pas honte ! ;-)
Erzébeth : il va de soit que je ne parlais pas de la dernière page quand je disais qu'on oublie vite ce livre ;o))
Je ne l'ai pas lut et il ne me tente pas plus que ça ^^. Sinon il me fait penser à L'ami retrouvé de Fred Uhlman.
Je n'ai pas lu L'ami retrouvé, je le croise souvent sans qu'il me donne envie de le lire.
Angélique : j'imagine que c'est une question de cours. Tu trouveras très facilement la réponse dans le livre.
magazine
C'etait une nouvelle publiee dans un magazine aux USA en 1938 . Cela peut expliquer les reminiscences d'articles . L'engouement est explicable si l'on tient compte de la date de parution, AVANT la guerre .
Felicitations pour le blog .
Dominique : en fait, j'ai lu d'autres textes de cette période très bien informés, contrairement à la croyance populaire.
C'est vrai que c'est un peu court, et que ça auait pu êre encore mieux exploité, mais j'ai quand même été très touché par cet excellent roman. A lire!
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