9782842054915_G_1_Mille et Une nuits ; 63 pages.
1,55 euros.

Je sais, ce blog est vraiment désert depuis un bon moment. Je n'ai pas vraiment eu le temps de lire, et encore moins la motivation pour écrire un billet. Si je viens vous donner des nouvelles, c'est pour vous parler d'un petit livre qui m'a beaucoup plu. Il est arrivé il y a quelques semaines dans ma boîte aux lettres (merci à Lou), et je l'ai dévoré très rapidement.

Edith Wharton est sur ma PAL depuis des mois avec Le fruit de l'arbre. Elle fait partie de ces auteurs que je veux absolument lire un jour, mais que je ne sais pas trop par quel titre aborder. Xingu avait déjà piqué ma curiosité. Le titre a une consonance asiatique un peu surprenante, et j'avais lu plusieurs billets enthousiastes au sujet de cette courte nouvelle.

A Hillbridge, les dames "respectables" se réunissent régulièrement pour parler de choses très intellectuelles et déballer leur érudition. Le passage de la célèbre Osric Dane, écrivain de son état, dans leur petit cercle, met toutes ces vipères en émoi. Lorsque la célèbre dame arrive, ses hôtesses sont mortifiées devant le dédain dont elle fait preuve. Suite à un mouvement de panique dû à une défaillance de la mémoire de la quasi totalité des femmes présentes, le mot Xingu est lancé par Mrs Roby, la paria du groupe. Toutes se mettent alors à donner leur point de vue sur le nouveau sujet de conversation. 

Quelle nouvelle agréable ! J'ai trouvé cela frais, dynamique, et vraiment très drôle. J'ai tout de suite compris de quoi il retournait quand Xingu est évoqué pour la première fois, mais  je n'en ai que plus savouré le récit d'Edith Wharton. Je crois que je ne me lasserais jamais de ces auteurs qui savent si bien cerner les travers de la société dans laquelle ils évoluent.
De plus, le sujet est indémodable. Les fameux manuels sur les livres ou les films à connaître à tout prix dont certains blogs avaient parlé l'an passé lors de la sortie de je ne sais plus quel titre prouvent bien que faire bonne figure est encore important pour beaucoup de gens.
Ici, la situation est complètement hilarante, et la réaction des vipères de Hillbridge est révélatrice d'une immaturité proche du pathétique (même si encore une fois, elle n'est pas surprenante). Une belle revanche pour Mrs Ruby, qui avec un seul mot, parvient à déstabiliser celles qui la méprisaient jusque là. Certes, ces dames sont trop pédantes pour admettre qu'elles se sont fait avoir, et c'est là la chance des personnes de leur espèce. Toutefois, pour le lecteur, c'est une vraie satisfaction que de pouvoir contempler leur bêtise.
Ce livre me fait également penser aux relations entre les personnes de même sexe. J'ai pu constater à de nombreuses reprises à quel point les ambiances "filles" peuvent être mauvaises. Il y a toujours les pestes, incapables d'avoir un avis propre, qui se croient supérieures et qui désignent une ou plusieurs autres jeunes filles dont il faut se moquer. Aujourd'hui, ces dernières sont les "ringardes", à l'époque d'Edith Wharton c'étaient les femmes qui n'avaient pas les mêmes manières que les autres.   
Tout ça en très peu de pages, mais Edith Wharton maîtrise parfaitement son sujet, jusqu'à la chute, judicieuse, qui m'a tiré un dernier sourire.

Le colis de Lou comportait également un autre roman d'Edith Wharton, donc je pense vous en reparler un de ces jours.

Les avis de Lou (dont j'aime beaucoup l'introduction), Papillon, Allie, Caroline, Gachucha, Stéphanie, Cathulu et La Conteuse.