14 juillet 2007

Bonnes Vacances à tous !

Le soleil est de retour, j'en profite pour repartir. Ce blog sera donc en vacances jusqu'au début du mois d'août minimum. Je passerai peut-être sur vos blogs à l'occasion.

A bientôt avec de nouvelles lectures !

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11 juillet 2007

Comment je choisis mes livres...

Hélène m'a gracieusement conviée à vous révéler comment je choisis mes livres. Voici donc (encore) des scoops :

- Les auteurs qui m'ont déjà plu : ça ne marche pas toujours, mais pour Kazuo Ishiguro, Jane Austen, ou encore E.M. Forster, c'est toujours un plaisir de les lire. Quand j'ai épuisé leur bibliographie, je cherche des auteurs qui leur sont associés. Ça m'a fait découvrir plus d'une fois des romans absolument fantastiques.

- Les médias : c'est très rare, mais c'est après une émission que j'ai couru acheter Les jours fragiles de Philippe Besson, dont je n'avais jamais entendu parler. Je l'ai lu sur les bancs de la fac tellement j'ai aimé (très sérieux, je sais...).

- Les blogs : si je note beaucoup de livres que je ne lis finalement pas, ça arrive régulièrement que j'achète un livre vu sur un ou plusieurs blogs. Ça m'a permis de faire de très belles découvertes comme Léviathan de Paul Auster, L'ancre des rêves de Gaëlle (lui, je n'en aurais probablement jamais entendu parler autrement), ou Lignes de faille de Nancy Huston.

A force, je sais avec quels blogueurs j'ai des goûts en commun, donc je ne me trompe pas trop. Mais c'est vrai que la plupart du temps, je suis moins enthousiaste au final que le blogueur qui a conseillé le livre.
Et puis, je lis quand même pas mal de livres qui sont peu (voire pas) évoqués dans la blogosphère. Par exemple, les "classiques", genre assez peu prisé parmi nous (sauf quelques exceptions comme Céline, mais elle ne poste pas suffisamment !! ).

- Je suis aussi la "mode" . Par exemple, la sortie de l'adaptation de La duchesse de Langeais m'a donné envie de me remettre à Balzac. Celle de Une vieille maîtresse m'a fait acheter du Barbey d'Aurevilly.

- J'ai également mes éditeurs chouchous. Quand un livre est édité chez Folio, Phébus ou 10/18, je lui porte beaucoup plus d'attention que s'il l'est chez un autre éditeur. Leur ligne éditoriale me convient mieux, et puis j'aime beaucoup leurs couvertures.

- Et oui, la couverture est très importante pour moi. D'ailleurs, quand un livre existe chez plusieurs éditeurs, je prends presque toujours celui qui a la plus belle couverture. Le titre également a un grand rôle. Même si on ne peut pas se fier à ce seul critère...

- Enfin, le hasard, l'envie du moment y sont beaucoup dans mes choix de livres. Quand je passe à la librairie et que je farfouille, si mon regard est attiré par un livre dont je n'ai entendu parler nulle part mais qui me tente, j'ai plus de chances de le prendre que s'il est surligné sur ma LAL car j'ai tendance à remettre l'achat.

Je passe la main à La Renarde (qui n'échappera plus à aucun questionnaire désormais, je saurais y veiller), Clarabel (là, je suis très très curieuse), Anne (qui a osé nous montrer sa PAL et qui a sûrement plein d'astuces à nous confier), et Choupynette (on va enfin savoir si sa LAL en quarante-cinq tomes lui sert à quelque chose...).

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07 juillet 2007

Le liseur ; Bernhard Schlink

41BVGJD0M6LFolio ; 242 pages.
5,10 euros.

J'aime beaucoup Bernhard Schlink. Il a le grand mérite d'évoquer quelque chose dont on parle peu mais dont il est l'un des témoins/acteurs, le regard de ceux qui sont nés, pendant ou un peu après la Seconde Guerre mondiale, en Allemagne, sur les actes de leurs parents.
Cependant, j'ai ouvert ce livre sans savoir que ce qui m'attendait, c'était vraiment du costaud. J'ai même failli le refermer à plusieurs reprises tellement j'en ai pris plein la figure par moments...

L'histoire est celle de Michaël, un jeune garçon de quinze ans, qui tombe amoureux d'une femme de trente-six ans, et entretient pendant plusieurs mois une étrange liaison avec elle. Un jour, elle disparaît.
Il la revoit des années plus tard alors qu'elle est jugée pour ses actes durant la Seconde Guerre mondiale. S'il passe de l'amour au dégoût en passant par la stupéfaction à l'égard de cette femme, il ne parvient jamais à l'indifférence, et doit donc entamer une réflexion qu'il ne souhaitait pas forcément.

Bernhard Schlink a eu la bonne idée de diviser son roman en trois parties, ce qui lui permet de ne pas laisser son sujet lui échapper. En effet, les pages les plus dures se trouvent dans la seconde partie, celle du procès. Les émotions qu'elle provoque sont nombreuses, toutes très fortes. Pour la cadrer, on a la première partie, qui raconte la rencontre entre Michaël et Hanna, et pose délicatement certaines questions. Quant à la troisième partie, si l'on ne peut pas dire que l'auteur y apporte la sérénité (il la rejette d'ailleurs absolument), il y crève les abcès et invite son lecteur à prendre du recul, à se remettre, et à réfléchir.
Ceci avec une écriture très agréable, sobre mais travaillée, ainsi qu'un ton neutre.

Car Bernhard Schlink ne veut pas prendre parti, ni souffler son avis au lecteur. Il a conscience de la complexité des questions qu'il pose et donc de la difficulté (voire même de l'impossibilité) de trouver leur réponse.
Tout son livre est hanté par la question "Qui est le plus coupable ? ". Il ne remet pas en cause les horreurs commises par les nazis. Condamner le système en lui même, dans sa globalité, est objectivement indiscutable. Personne ne peut dire que le régime hitlérien n'a pas atteint des summums en matière d'horreur.

Mais là où l'on peut condamner sans difficulté un système, il est beaucoup plus complexe de juger des individus individuellement.
Bernhard Schlink ne disculpe pas Hanna. Quelles qu'aient été les circonstances dans lesquelles elle a été l'un des agents du régime hitlérien, quelles que soient ses excuses, elle a commis des actes criminels, et il l'écrit à plusieurs reprises. Mais ceux qui la jugent, qui sont-ils ? Il y a les villageois, "ces autres témoins", qui " devaient prendre garde de ne pas encourir le reproche d'avoir eux-mêmes été en mesure de sauver les détenus". Car ces procès n'ont-ils pas permis à certains, qui avaient fermé les yeux, de se décharger sur les autres de leurs propres faiblesses ? C'est un peu l'avis de la génération de Bernhard Schlink, qui a honte du comportement de ses parents, et qui n'ose que "s'imposer le silence de l'horreur, de la honte et de la culpabilité". Sauf si, comme Michaël, on est amené, même à reculons, à devoir regarder les choses en face.
Et quand Hanna, sans aucune provocation, demande à son juge "Qu'est-ce que vous auriez fait ?", c'est tous ceux qui la regardent avec haine et qui semblent tout savoir du Bien et du Mal, qu'elle met au défi de répondre.

Bernhard Schlink ne donne aucune réponse dans ce livre, il n'en a pas. Il se contente de poser des questions auxquelles il n'existe pas de réponse globale et claire, et d'avancer des hypothèses. Il y a des coupables parce qu'il y a eu des crimes. Mais lorsque les crimes ont une telle ampleur, on est en droit de se demander si tout le monde n'était pas un peu coupable en fin de compte. Ceux qui ont été condamnés adhéraient pour certains totalement aux idées nazies, d'autres ont surtout été faibles. Michaël en veut à Hanna, mais une part de lui considère qu'elle a aussi payé pour d'autres. C'est par la lecture, qui a été le drame d'Hanna, que Michaël exprime à celle qu'il aime encore ce qu'il ressent.
Même aujourd'hui, quand on pense à cet épisode de l'Histoire, il ne faut pas perdre de vue que l'on aurait pu être une Hanna, ou même un villageois, et qu'en les méprisant, c'est une part de nous que l'on craint que l'on juge. 

L'avis de Flo

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06 juillet 2007

Le lys dans la vallée ; Honoré de Balzac

41PNMV07M5LFolio ; 435 pages.
4,60 euros.

Je vous préviens, il risque d'y avoir pas mal de Balzac cet été, ma PAL lui consacre une large place et plus ça va, plus j'aime.

Pour en revenir à Le lys dans la vallée, j'avoue que j'ai quelques scrupules. Je vous le dis tout de suite, j'ai adoré ce roman, et je voudrais qu'il en soit de même pour vous. Mais je sais très bien que beaucoup risquent de s'y enliser et d'y rester parfaitement insensible.

Déjà, l'histoire n'est a priori pas très attirante. Pour être honnête, il ne se passe rien dans ce livre. Enfin si, il se passe un jeune homme qui découvre l'amour auprès d'une femme mariée à un homme sujet à des crises de démence, et qui refuse d'avoir un amour physique avec lui. De ce fait, pendant plus de quatre cents pages, Felix de Vandenesse nous livre ses pensées, l'histoire de son amour platonique avec son "lys" de la vallée de l'Indre. Tout ceci sur un fond historique très bien exploité, celui des deux restaurations sous Louis XVIII.
Dit comme cela, ça me fait penser à L'éducation sentimentale de Gustave Flaubert, que je ne suis jamais parvenue à finir. D'ailleurs, j'ai buté sur quelques passages très ennuyeux dans ce livre. Quand Balzac s'emballe trop, j'ai beaucoup de mal.

Sauf que, Balzac c'est quand même Balzac, et que Balzac est capable de me bouleverser avec une histoire a priori sans aucun intérêt. C'est ce qu'il a fait avec Le lys dans la vallée. Je me suis laissée transporter avec bonheur dans la vallée de l'Indre, qui est en parfaite harmonie avec la naïveté et la profondeur de l'amour qui unit Félix à son Henriette, ces deux êtres encore enfants qui se reconnaissent dans leur besoin d'amour.
Lorsque Balzac sort son style poétique le plus juste, il est imbattable. J'ai lu ce livre avec le sentiment d'être entourée de magnifiques couchers de soleil et de nuits étoilées. A plusieurs reprises, j'ai eu envie de pleurer. Et quand je lis des passages comme celui-ci, j'oublie tous mes reproches et je les savoure avec un plaisir rare :

page 92 : " Un soir, je la trouvai religieusement pensive devant un coucher de soleil qui rougissait si voluptueusement les cimes en laissant voir la vallée comme un lit, qu'il était impossible de ne pas écouter la voix de cet éternel Cantique des Cantiques par lequel la nature convie ses créatures à l'amour. La jeune fille reprenait-elle des illusions envolées ? La jeune femme souffrait-elle de quelque comparaison secrète ? "

A ce bonheur pur, simple et discret, qui ne peut s'épanouir que dans un paysage aussi naturel que la vallée qui entoure Clochegourde, viendront s'opposer les vices humains, les séductions égoïstes des vaniteuses citadines.
Henriette enveloppe ses sentiments véritables avec de la vertu, fait confiance à Félix après l'avoir mis en garde contre les défauts de l'homme. Elle en meure. Lady Audley étale sa passion qui n'est qu'une éphémère distraction, fait mine de renoncer à sa vertu. Elle n'en retire que des avantages.
Félix est touchant par sa soif d'amour, son attachement désintéressé, sa sincérité. Pourtant, tout ceci le rend également exaspérant, et la fin (abrupte et ironique, comme souvent chez Balzac, et qui m'a beaucoup amusée, parce qu'elle est surprenante et vraie) laisse penser que pour parvenir à construire sa vie, il devra renoncer à son côté enfant qu'aimait tant son premier amour, même avec celle qu'il aimera. Comme si la vie ne servait qu'à duper les gens, et donc à devenir vaniteux dès lors que l'on n'a plus son premier amour pour nous démasquer et nous faire aimer et éprouver de l'intérêt pour autre chose que nous même.

page 146 : "Oui, plus tard nous aimons la femme dans une femme ; tandis que de la première femme aimée, nous aimons tout : ses enfants sont les nôtres, ses intérêts sont nos intérêts, son malheur est notre plus grand malheur ; nous aimons sa robe et ses meubles ; nous sommes plus fâchés de voir ses blés versés que de savoir notre argent perdu ; nous sommes prêts à gronder le visiteur qui dérange nos curiosités sur la cheminée. Ce saint amour nous fait vivre dans un autre, tandis que plus tard, hélas ! nous attirons une autre vie en nous même, en demandant à la femme d'enrichir de ses jeunes sentiments nos facultés appauvries. "

L'avis d'Ermengarde.

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02 juillet 2007

Well, some may hate and smoe may scorn / Certains peuvent haïr d'autres avoir du dédain ; Emily Jane Brontë

En le recopiant, je réalise que je me suis trompée de poème, mais j'avoue que j'ai la flemme de recommencer. Je vous mettrais plus tard celui que j'avais prévu...

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C.D. Friedrich ; Le rêve.

Well, Some may hate, and Some may scorn

" Well some may hate and some may scorn,               " Certains peuvent haïr, d'autres avoir du dédain,
And some may quite forget thy name,                       Et d'autres oublier jusqu'à ton souvenir, 
But my sad heart must ever mourn                           Mais mon triste coeur, lui, doit toujours lamenter
Thy ruined hopes, thy blighted fame. "                      Tes espoirs ruinés, ta renommée flétrie. "

" Twas thus I thought an hour ago,                          Ainsi pensais-je, tout au moins, voici une heure,
Even weeping in wretched woe.                               Emue par le destin cruel du misérable.
One word turned back my gushing tears,                   Un mot a refoulé mes larmes jaillissantes,
And lit my altered eye with sneers. "                         Allumé dans mes yeux changés par la moquerie.

" Then bless the friendly dust, " I said,                      " Bénie soit la poussière amicale " ai-je dit,
" That hides thy late lamented head.                         Qui couvre ta tête impleurée.
Vain as thou wert, and weak as vain,                        Vain comme tu l'étais, et faible autant que vain,
The slave of falsehood, pride and pain,                      Jouet de la douleur, de l'orgueil, du mensonge,
My heart has nought akin to thine-                            Il n'est rien dans mon coeur qui s'apparente au tien,
Thy soul is powerless over mine. "                             Rien dans ton âme qui ait barre sur la mienne. "


But these were thoughts that vanished too-               Mais, à leur tour, ces pensées là s'évanouirent,
Unwise, unholy, and untrue-                                    Injustes, fausses et impies qu'elles étaient.
Do I despise the timid deer                                      Méprisé-je le daim timide dont les membres
Because his limbs are fleet with fear ?                       Se précipitent dans la fuite de terreur,

Or would I mock the wolf's death-howl                       Ou rirai-je du loup quand il hurle à la mort
Because his form is gaunt and foul ?                           Parce que sa forme efflanquée est repoussante,
Or hear with joy, the leveret's cry                             Ou m'irai-je réjouir du cri du lapereau
Because it cannot bravely die ?                                 Sous prétexte qu'il ne sait pas mourir en brave ?

No! Then above his memory                                      Non ! Alors, que sur sa mémoire
Let Pity's heart as tender be :                                   Le coeur de la Pitié mêmement s'attendrisse,
Say, " Earth lie lightly on that breast,                         Disant : " La Terre soit légère à sa poitrine
And, kind Heaven, grant that spirit rest ! "                   Et qu'il repose en paix par la grâce du Ciel ! "

Emily Jane Brontë
(traduction Pierre Leyris)

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