31 mai 2007

En mai, fais ce qu'il te plaît...

Ma PAL a augmenté de façon assez effrayante depuis le début du mois. Alors, voici mes dernières acquisitions (dont vous êtes pleinement responsables, cela va de soi^^) :

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- Expiation, de Ian McEwan : vous m'avez donné envie de lire Amsterdam, et ce deuxième achat est consécutif au premier, donc vous êtes responsables.
- Le cadavre du métropolitain, de Lee Jackson : la faute est de Lou. Mais, je l'ai lu tout de suite, donc pas d'augmentation pour ma PAL...
- Sarn et La renarde, de Mary Webb : à peine débarquée dans la blogosphère, Morwenna joue les démons tentateurs (n'allez surtout pas sur son blog !!! ).
- 5 titres d'Elizabeth Goudge, auteur que Morwenna (encore elle) dévore, et que Holly et Lily semblent adorer. J'en ai commencé un, et je me régale.
- Le général du Roi ; Daphné du Maurier, toujours Morwenna.
- Ashworth Hall, d'Anne Perry : je sais, c'est le tome 17 (je crois...), et je n'en suis qu'au tome 6, mais Choupynette m'a contrainte à un achat compulsif...
- Le château de Hurlé, de Diana Wynne Jones : imposé par Virginie.
- L'invitation à la valse ; Rosamond Lehman : Ma libraire, Holly, Lily...
- La soupe Kafka ; Martin Crick : c'est la faute à Céline.
- L'infortunée ; Wesley Stace : au moins la moitié de la blogosphère.
- Le temps n'est rien ; Audrey Niffenegger : conseillé par Chimère.
- Middlemarch ; George Eliot : Cuné a adoré.

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Ça, plus mes quelques (hum) petites folies personnelles (nan, pas de liste exhaustive*, je tiens à ma crédibilité !!! ), ça fait beaucoup... Mais bon, les couvertures sont superbes, les vacances approchent, et cette année, je suis sûre que ma PAL diminuera...^^

* Je suis brave fille, alors je vous dit quand même que les Brontë ont vu leur rayon augmenter, tout comme Virginia Woolf, Colette, George Sand et la Comtesse de Ségur. Pour le reste, je préserve le suspens...

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30 mai 2007

L'hôtel Stancliffe ; Charlotte Brontë

pho1_189804_1_Éditions du Rocher ; 164 pages.
16,90 euros.

" Daté du 28 juin 1838, ce manuscrit récemment redécouvert au Brontë Parsonage Museum et inédit en France offre un exemple fascinant des premiers textes de Charlotte Brontë, alors âgée de vingt-deux ans, une dizaine d'années avant la publication de son chef-d'œuvre, Jane Eyre.
Cette novella, composée de plusieurs scènes d'une grande fraîcheur, se déroule dans un pays imaginaire, inventé collectivement par Charlotte, son frère et ses soeurs, pour leur propre distraction. Charlotte y laisse libre cours à son imagination en décrivant avec ironie les exploits et les intrigues des personnages décadents du royaume d'Angria, au centre duquel se détache la figure très byronienne du duc de Zamorna.
Texte étonnant par ses licences - on y voit décrit avec beaucoup de réalisme les effets dévastateurs de l'opium - et sa modernité formelle, L'Hôtel Stancliffe permet de redécouvrir une dimension méconnue de l'œuvre d'une des plus grandes romancières anglaises. "

Ne vous attendez pas en ouvrant ce livre, à trouver un chef d'oeuvre typiquement Brontë. Cet extrait des aventures des habitants du royaume imaginaire d'Angria n'a rien à voir avec l'ambiance gothique et l'écriture affirmée que l'on trouve dans Jane Eyre.
Ce livre est une oeuvre de jeunesse, dont l'histoire m'a un peu rappelé La rose et la bague de W.M. Thackeray. Le ton employé est très léger, même enfantin parfois.

Charlotte et son frère Branwell (loin lui aussi du personnage tourmenté et limite démoniaque qu'a conservé la légende) nous racontent avec beaucoup d'humour, ou plutôt de frivolité, l'existence assez ennuyeuse des personnages du royaume d'Angria, qui aiment le bon vin, les belles tenues, et apprécient les belles femmes. Le personnage principal de l'histoire est un jeune dandy, qui malgré ses préoccupations vestimentaires et ses nombreux parfums est plutôt sympathique.
En fait, nous côtoyons des personnages vivant dans un pays imaginaire, mais qui rappellent quand même furieusement une certaine société anglaise...
Il n'y a pas vraiment d'actions frappantes dans ce livre, et le fait qu'il ne s'agisse que d'un extrait (même habilement découpé), m'a un peu donné le sentiment d'arriver comme un cheveu sur la soupe, et de repartir au moment où ça devient vraiment intéressant.

Quoi qu'il en soit, ce livre est un agréable moyen d'en savoir plus sur les enfants Brontë (c'est assez sympa, je vous assure, même si à en croire les premiers commentaires, mon avis paraît vraiment négatif).

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29 mai 2007

Encore du papotage...

Copie_de_a_room_with_a_viewVous l'avez peut-être constaté, j'ai (enfin) réussi à créer une bannière pour mon blog. Je sais que c'est la chose qui vous préoccupait le plus ces derniers mois... alors je voulais vous faire partager ce moment de bonheur. 
Vous vous bidonnez dans doute, mais pour un as de l'informatique tel que moi, même une bannière (trop courte, je sais) est un exploit. J'espère qu'elle vous plaît en tout cas.
Je vous ai mis des images de deux de mes films préférés : Chambre avec vue, adaptation de Avec vue sur l'Arno de E.M. Forster, roman dont je vous avais parlé (depuis, j'ai refait l'article) et qu'il devrait être obligatoire de connaître (j'espère d'ailleurs que Morwenna, Papillon vous ont mis l'eau à la bouche...). Je m'étend, mais je vous assure qu'il faut lire Forster.
L'image avec Kate Winslet et Emma Thomson est tirée quant à elle Raison et Sentiments de Ang Lee. Je ne vous ferais pas la même pub Jane Austen, Cuné s'en est gracieusement chargée ces derniers temps. Même s'il va de soi qu'Austen est un auteur à lire absolument.

Voilà, voilà, merci de votre attention^^

Pour les lectures, ça vient, ça vient...

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Elisez votre livre préféré...

C'est chez Virginie/Chrestomanci. Vous vous souvenez peut-être avoir été sollicités pour dresser la liste de vos dix livres préférés. A partir des votes, Virginie a établit une liste. Maintenant, à nous de choisir notre favori.

Je sais qu'on vote beaucoup ces derniers temps, mais ça ne prend pas de temps, alors au boulot !

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27 mai 2007

Au nom du Roi ; Annie Jay

51Y9tSJydHLEdition Le livre de Poche ; 222 pages.
4,80 euros.

" Paris, 1671. Exupère Lecoq, dix-sept ans, beau, dégourdi et de bonne éducation, se voit confier la mission de garde du corps auprès du fils de Madame de Sévigné. Depuis quelques temps, en effet, de riches jeunes gens disparaissent mystérieusement. Une magnifique femme serait à l'origine de ces enlèvements. Qui est-elle ? Quel est son dessein, sinon celui de détourner la fortune de ses victimes ? Exupère va lui servir d'appât... "

Ayant adoré Un complot à Versailles du même auteur, c'est avec beaucoup d'enthousiasme que j'ai ouvert ce livre.

A nouveau, Annie Jay nous fait enquêter dans le Paris de Louis XIV, aux côtés d'une police qui pourchasse aussi bien les assassins que les (trop) libres penseurs. Nous avons également accès au salon de Mme de La Fayette, ainsi qu'aux problèmes de dot de Camille, la jeune fille à laquelle ce fripon d'Exupère fait les yeux doux (sans succès naturellement). Toutefois, ce livre m'a paru un peu moins concentré sur l'aspect historique que Un complot à Versailles, afin de donner davantage de dynamisme au récit (c'est plus court également).
Les personnages, qu'il s'agisse d'Exupère, de Camille, de Mme de Sévigné, de Marcelin ou encore du vieux La Fontaine, sont très sympathiques, et résument un certain nombre de statuts sociaux de l'époque.
Ce roman est drôle, vif, et romantique. En résumé, tous les ingrédients sont réunis pour nous faire passer un très bon moment.

A noter tout de même que l'une des scènes finales est assez choquante pour des enfants trop jeunes. Mais elle reste quand même supportable, et à part ça, ce livre passe très bien !

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25 mai 2007

Doggy Bag Saison 1 ; Philippe Djian

41_KFYYwLMLÉdition 10/18 ; 266 pages.
7,30 euros.

" Marc et David Sollens, la quarantaine sexy, ont tout pour être heureux. A la tête d'un florissant garage de voitures de luxe, leur vie s'écoule avec ses faiblesses, ses accélérations, ses rencontres d'un soir, ses passions et ses tracas. Vingt ans plus tôt, ils faillirent pourtant s'entretuer pour une jeune femme, Edith, qui disparut comme elle était venue. Les plaies furent pansées et nos deux frères enterrèrent la hache de guerre. Mais par un beau matin, la belle pointa de nouveau le bout de son nez. Le " plus américain des romanciers français " nous offre avec Doggy bag une série romanesque mixée sur les platines des séries télé auxquelles il a eu la bonne idée d'emprunter les codes, la vitesse, et la structure en 24 images seconde. "

Je vous délaisse un peu ces derniers temps, je dois réviser mes examens. J'essaie quand même de lire quelques pages par jour, ce qui m'a permis de faire une belle découverte avec ce livre. J'ai très bien vu pourquoi la quatrième de couverture parle de côté "américain" à propos de Philippe Djian. Pour les points communs avec les séries américaines, j'avoue ne pas trop connaître. Mais il s'agit d'une chronique comme on en retrouve beaucoup chez 10/18. Stephen McCauley, Louis Bayard ou Jonathan Tropper (si Patch passe par là...) ont un peu le même genre.

En fait, c'est exactement le genre de lecture dont j'avais besoin pour me détendre. C'est dynamique, drôle et attachant. J'aime beaucoup les différents points de vue sur une même situation. Ils nous montrent que les choses sont plus compliquées qu'on le pense, et qu'en fin de compte, chacun fait ce qu'il peut. N'allez pas croire non plus qu'il s'agit d'un livre hautement philosophique. Ce que j'essaie de dire, c'est qu'on apprécie tout de suite ces personnages, dont la vie peut être d'abord perçue comme un véritable désastre. Il nous font oublier nos propres soucis en nous intéressant aux leurs, forcément beaucoup plus passionnants (d'autant qu'on peut critiquer...). Tout cela grâce à de gros clichés, qui donnent une dose très appréciable de second degré à l'histoire.

Je vous ferais peut-être une critique un peu plus détaillée plus tard, mais là je suis vraiment fatiguée. En tout cas, je peux vous dire que j'ai hâte de lire la suite  de cette série! (6 livres sont prévus, dont 4 sont déjà sortis)

L'avis de Livrovore et celui de Val.

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21 mai 2007

La fontaine de sang ; Charles Baudelaire

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John William Waterhouse ; Hylas et les nymphes.

La fontaine de sang

Il me semble parfois que mon sang coule à flots,
Ainsi qu'une fontaine aux rythmiques sanglots.
Je l'entends bien qui coule avec un long murmure,
Mais je me tâte en vain pour trouver la blessure.

À travers la cité, comme dans un champ clos,
Il s'en va, transformant les pavés en îlots,
Désaltérant la soif de chaque créature,
Et partout colorant en rouge la nature.

J'ai demandé souvent à des vins captieux
D'endormir pour un jour la terreur qui me mine ;
Le vin rend œil plus clair et l'oreille plus fine !

J'ai cherché dans l'amour un sommeil oublieux ;
Mais l'amour n'est pour moi qu'un matelas d'aiguilles
Fait pour donner à boire à ces cruelles filles !

Charles Baudelaire

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17 mai 2007

Décidément...

... l'humour anglais m'épatera toujours ! Saviez-vous qu'un chat baptisé Humphrey avait été employé au 10 Downing Street, la résidence du Premier ministre britannique ? Pour connaître son histoire et rire un peu de ses péripéties, cliquez ici (article traduit de l'anglais depuis wikipedia.org).

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16 mai 2007

Le cadavre du métropolitain ; Lee Jackson

51pCs2FG9yLEdition 10/18 ; 285 pages.
7,30 euros.

" A la fin du XIXe siècle, Londres est une cité tentaculaire aussi monstrueuse que fascinante où le crime s'épanouit sans vergogne. Cette capitale est le terrain de chasse de Decimus Webb, inspecteur de Scotland Yard au flegme tout britannique... Lorsqu'une jeune femme est étranglée dans le métro fraîchement inauguré, la presse s'empare de l'affaire et le public en émoi réclame l'arrestation du " meurtrier du métropolitain ". L' inspecteur Webb aura besoin de toute sa clairvoyance pour progresser dans cette enquête qui va l'entraîner des taudis londoniens jusqu'au " Foyer d'Holborn pour femmes repenties ", dirigé par l'intraitable Miss Philomena Sparrow. "

C'est Lou qui m'a fait découvrir ce livre, qui quitte les beaux quartiers où enquête Thomas Pitt pour les milieux plus modestes (voire misérables) de la capitale anglaise.

J'ai été surprise de constater que ce "polar" n'en est pas vraiment un, dans la mesure où l'intrigue semble reléguée au second plan dans ce livre (on la perd d'ailleurs presque complètement de vue), et sert surtout à nous entraîner dans les bas quartiers de Londres où évoluent les personnages. La lecture est assez agréable globalement, mais je n'ai pas trouvé cette histoire captivante non plus. Les chapitres sont courts, mais cela sert davantage à faire alterner les personnages qu'à donner du rythme au livre (même s'il y a une accélération sur la fin). Il m'a fallu un peu de temps pour me rappeler qui était qui, et cela a un peu gêné ma lecture.
La reconstitution est intéressante, mais j'ai trouvé que les expressions employées étaient parfois lourdes. Après, cela vient peut-être de la traduction...
Peu à peu, les personnages deviennent familiers, certains se révèlent attachants, et on se met à se soucier de leur sort. L'explication finale est bien trouvée, et je suis contente d'avoir lu un livre illustrant la condition de certaines couches de la société londonienne au XIXe. 
Mais j'ai trouvé l'hécatombe qui accompagne la résolution de l'affaire plutôt grotesque. Quant à la fin, qui se veut malicieuse, je l'ai trouvée plutôt banale, et mon côté fleur bleue en aurait préféré une autre...

Pour résumer, je suis un peu mitigée. L'inspecteur Webb n'est pas vraiment un personnage sympathique, j'attendrais de voir ce que les fans ont pensé du tome 2 pour y jeter un oeil.

L'avis de Marie.

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14 mai 2007

Cette fois, c'est la femme... Arthur Rimbaud

Je n'aime pas beaucoup la prose d'ordinaire, mais ce poème est magnifique, notamment le dernier paragraphe.

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L'étoile ; Edgar Degas

Cette fois, c'est la Femme...

Cette fois, c'est la Femme que j'ai vue dans la ville, et à qui j'ai parlé et qui me parle. J'étais dans une chambre sans lumière. On vint me dire qu'elle était chez moi : et je la vis dans mon lit, toute à moi, sans lumière ! Je fus très ému, et beaucoup parce que c'était la maison de famille : aussi une détresse me prit ! j'étais en haillons, moi, et elle, mondaine, qui se donnait ; il lui fallait s'en aller ! Une détresse sans nom, je la pris, et la laissai tomber hors du lit, presque nue ; et dans ma faiblesse indicible, je tombai sur elle et me traînai avec elle parmi les tapis sans lumière. La lampe de la famille rougissait l'une après l'autre les chambres voisines. Alors la femme disparut. Je versai plus de larmes que Dieu n'en a pu jamais demander.

Je sortis dans la ville sans fin. Ô Fatigue ! Noyé dans la nuit sourde et dans la fuite du bonheur. C'était comme une nuit d'hiver, avec une neige pour étouffer le monde décidément. Les amis auxquels je criais : où reste-t-elle, répondaient faussement. Je fus devant les vitrages de là où elle va tous les soirs : je courais dans un jardin enseveli. On m'a repoussé. Je pleurais énormément, à tout cela. Enfin je suis descendu dans un lieu plein de poussière, et assis sur des charpentes, j'ai laissé finir toutes les larmes de mon corps avec cette nuit. - Et mon épuisement me revenait pourtant toujours.

J'ai compris qu'elle était à sa vie de tous les jours ; et que le tour de bonté serait plus long à se reproduire qu'une étoile. Elle n'est pas revenue, et ne reviendra jamais, l'Adorable qui s'était rendue chez moi, - ce que je n'aurais jamais présumé. - Vrai, cette fois, j'ai pleuré plus que tous les enfants du monde.

Arthur Rimbaud

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