01 mai 2007

Je voudrais tant que tu te souviennes

41LmmOfAkKLÉdition Gallimard ; 17,90 euros
247 pages.

" Ce roman se déroule dans une petite ville française, divisée entre une cité et un quartier pavillonnaire cossu et somnolent. Mado y habite seule un pavillon. Elle n'a jamais eu d'autre amie qu'Albanala, une étrangère, cartomancienne à ses heures. Un jour, celle-ci lui présente sa nièce, Julide, une fillette alors âgée d'une dizaine d'années, et au fil du temps une profonde tendresse naît entre Mado et l'enfant.
Le père de Julide est né dans un pays étranger, et sa mère est issue d'une campagne française. Dans un lieu comme dans l'autre, les mariages sont le fruit de la raison et non des sentiments : ainsi l'adolescente est-elle fiancée dès l'âge de seize ans à un cousin, sort auquel elle se plie. Mais Mado la voit se résigner avec tristesse et impuissance, avec le sentiment que s'éteint la flamme qui habitait la jeune fille.
Un jour, Albanala retourne dans son pays natal sans un mot d'explication, mais avant cela elle fait jurer à sa nièce de veiller sur Mado. Arrive en ville un homme que l'on surnomme l'Indien. Dès l'instant où Mado l'aperçoit, elle en tombe éperdument amoureuse. Mais pourquoi le fuit-elle lorsqu'il cherche à l'approcher ? Et pourquoi Julide s'efforce-t-elle d'empêcher à tout prix une rencontre ?

Tous les thèmes chers à Dominique Mainard sont présents dans ce roman, l'exil, le monde imaginaire, les secrets et les mensonges, et enfin, les rencontres improbables qui seules nous permettent d'échapper à nous-mêmes. "

C'est avec beaucoup d'enthousiasme que j'ai ouvert ce livre. Le titre m'a tout de suite fait penser à La chanson de Prévert. En revanche, je n'avais jamais entendu parler de l'auteur. En fait, je m'attendais vraiment à autre chose, quelque chose de plus dynamique en tout cas, et je dois avouer que je suis un peu déçue.

Certes, ce livre possède de grandes qualités. Dominique Mainard possède une belle écriture poétique, et je n'ai eu aucun mal à me représenter les lieux qu'elle décrivait, ni les souvenirs qu'elle évoquait. J'ai également adoré cette histoire d'amour entre une femme regardant la terre, les petites choses du "royaume minuscule", et un homme qui contemple le ciel et l'immensité du monde.
En revanche, j'ai trouvé ça beaucoup trop lent. L'histoire met un temps fou à démarrer. Pendant une centaine de pages environ, il ne se passe strictement rien. J'ai lu dans un état de demi-somnolence assez désagréable. Maintenant que j'ai achevé ma lecture, je comprends la raison de cette si longue mise en route, mais j'ai failli abandonner ce roman plusieurs fois. Je ne voyais pas du tout où l'auteur voulait en venir, et les différents points de vue brouillaient encore davantage la chose.
Quant aux personnages, ils m'ont paru beaucoup trop loin de moi pour vraiment me toucher pendant toute la première partie du livre. Je les ai trouvés intrigants, mais trop repliés sur eux mêmes pour que je m'y attache. Par la suite, je me suis mise à aimer Mado, ainsi que l'Indien. Le dernier paragraphe du livre m'a bouleversée, je l'ai trouvé superbe.
Mais même après la première partie, il y a vraiment des passages où ce livre m'a pesé. En fait, j'ai aimé l'histoire que Dominique Mainard raconte. Les thèmes abordés (je ne peux pas les citer pour ne pas trahir l'histoire) le sont de façon originale. Vraiment, il y a d'excellentes choses dans ce roman, et je pense qu'il plaira énormément à beaucoup de gens. Mais c'est vraiment très lourd par moments.

" A nouveau, elle lisse ses cheveux, parfois aussi sa robe, comme si elle s'éveillait, ou se retrouvait là sans savoir comment elle y est arrivée. Un jour, il l'entend rire toute seule, un curieux rire triste et fatigué, mais ce rire lui fait plus mal que tout le reste : c'est un rire plus inconsolable que des pleurs. " (page 109)

Les avis très enthousiastes de Gambadou et de Sylire, et l'avis de Solenn (qui a été déçue).

Posté par lillounette à 08:00 - - Commentaires [13] - Permalien [#]


Commentaires sur Je voudrais tant que tu te souviennes

    Je n'ai pas lu ce roman, mais je viens de découvrir D. Mainard avec Leur histoire, que j'ai trouvé magnifique (et pas ennuyeux du tout, d'ailleurs le roman est assez court). Un de mes gros coups de coeur de l'année.

    Posté par Lilie, 16 décembre 2007 à 13:39 | | Répondre
  • Lilie : je tenterais bien un autre titre de cet auteur. Même si ce roman m'a ennuyée, j'en garde un bon souvenir aujourd'hui.

    Posté par Lilly, 29 décembre 2007 à 15:16 | | Répondre
  • Je peux comprendre ton ressenti. C'était ton premier Mainard et tu ne savais pas ou elle voulait t'emmener. Moi la lenteur ne m'a pas dérangée car elle m'a permis de savourer les mots, de ne pas aller trop vite. Bon repos du 1er mai Lilly !

    Posté par sylire, 01 mai 2007 à 10:05 | | Répondre
  • Comme Sylire j'ai beaucoup aimé ce livre. L'univers de Mainard est toujours assez lourd et dur, mais je n'ai pas été dérangée par la lenteur. C'est un univers très spécial et je comprends que l'on n'apprécie pas.

    Posté par Gambadou, 01 mai 2007 à 12:07 | | Répondre
  • Cette auteur est peut-être à découvrir avec un autre titre?
    Bonne journée de repos!

    Posté par Anne, 01 mai 2007 à 12:16 | | Répondre
  • superbe auteur elle m'a beaucoup plu et je la comprends mieux depuis que j'ai compris qu'elle avait traduit les livres de janet Frame dont elles s'est surement inspirée pour écrire..je te conseilles de découvrir le monde de Janet Frame (si tu veux j'en parle sur mon blog..un de mes tout premier article)..moi j'ai adoré mais je reconnais que c'est un monde particulier.

    Posté par beatrix, 02 mai 2007 à 10:04 | | Répondre
  • Sylire : Il y a des auteurs dont j'apprécie la lenteur. Mais ici, j'ai trouvé ça soporifique...

    Gambadou : et moi je comprends que l'on aime Bon 1er mai en retard à toi aussi !

    Anne : Peut-être que je retenterai cet auteur, j'adore les titres de ses romans

    Beatrix : J'ai un livre de Janet Frame sur ma PAL, commencé il y a des années (j'avais déjà vu ton article sur elle). A suivre...

    Posté par Lilly, 02 mai 2007 à 12:23 | | Répondre
  • Celui-là je l'ai sur ma LAL...je vais tenter l'expérience je pense, malgré ets réticences...on verra bien ce que ça donne, au moins, je sais à quoi m'attendre ;o)

    Posté par Mme patch, 02 mai 2007 à 20:23 | | Répondre
  • Mme Patch : Je pense qu'il peut te plaire

    Posté par Lilly, 03 mai 2007 à 12:07 | | Répondre
  • Si c'est vraiment lent, je vais passer mon chemin, c'est trop dur pour moi !

    Posté par anjelica, 08 mai 2007 à 00:44 | | Répondre
  • Anjelica : Ce n'est que mon avis...

    Posté par Lilly, 09 mai 2007 à 21:51 | | Répondre
  • Bonjour Lilly,
    Dominique Mainard est un auteur-phare des éditions Joëlle Losfeld dont je parle sur mlon blog régulièrement.
    Je suis comme toi, je n'ai pas vraiment accroché... Je reconnais le style de Dominique Mainard mais je ne me suis pas laissée emporter par l'histoire. Comme toi, je n'ai pas compris où elle voulait me mener, je n'ai pas eu la patience...

    Posté par Anne-Sophie, 10 mai 2007 à 12:07 | | Répondre
  • Anne-Sophie : j'ai en effet découvert qu'elle était assez connue, mais je ne suis pas sûre de retenter l'expérience...

    Posté par Lilly, 10 mai 2007 à 13:34 | | Répondre
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