41LmmOfAkKLÉdition Gallimard ; 17,90 euros
247 pages.

" Ce roman se déroule dans une petite ville française, divisée entre une cité et un quartier pavillonnaire cossu et somnolent. Mado y habite seule un pavillon. Elle n'a jamais eu d'autre amie qu'Albanala, une étrangère, cartomancienne à ses heures. Un jour, celle-ci lui présente sa nièce, Julide, une fillette alors âgée d'une dizaine d'années, et au fil du temps une profonde tendresse naît entre Mado et l'enfant.
Le père de Julide est né dans un pays étranger, et sa mère est issue d'une campagne française. Dans un lieu comme dans l'autre, les mariages sont le fruit de la raison et non des sentiments : ainsi l'adolescente est-elle fiancée dès l'âge de seize ans à un cousin, sort auquel elle se plie. Mais Mado la voit se résigner avec tristesse et impuissance, avec le sentiment que s'éteint la flamme qui habitait la jeune fille.
Un jour, Albanala retourne dans son pays natal sans un mot d'explication, mais avant cela elle fait jurer à sa nièce de veiller sur Mado. Arrive en ville un homme que l'on surnomme l'Indien. Dès l'instant où Mado l'aperçoit, elle en tombe éperdument amoureuse. Mais pourquoi le fuit-elle lorsqu'il cherche à l'approcher ? Et pourquoi Julide s'efforce-t-elle d'empêcher à tout prix une rencontre ?

Tous les thèmes chers à Dominique Mainard sont présents dans ce roman, l'exil, le monde imaginaire, les secrets et les mensonges, et enfin, les rencontres improbables qui seules nous permettent d'échapper à nous-mêmes. "

C'est avec beaucoup d'enthousiasme que j'ai ouvert ce livre. Le titre m'a tout de suite fait penser à La chanson de Prévert. En revanche, je n'avais jamais entendu parler de l'auteur. En fait, je m'attendais vraiment à autre chose, quelque chose de plus dynamique en tout cas, et je dois avouer que je suis un peu déçue.

Certes, ce livre possède de grandes qualités. Dominique Mainard possède une belle écriture poétique, et je n'ai eu aucun mal à me représenter les lieux qu'elle décrivait, ni les souvenirs qu'elle évoquait. J'ai également adoré cette histoire d'amour entre une femme regardant la terre, les petites choses du "royaume minuscule", et un homme qui contemple le ciel et l'immensité du monde.
En revanche, j'ai trouvé ça beaucoup trop lent. L'histoire met un temps fou à démarrer. Pendant une centaine de pages environ, il ne se passe strictement rien. J'ai lu dans un état de demi-somnolence assez désagréable. Maintenant que j'ai achevé ma lecture, je comprends la raison de cette si longue mise en route, mais j'ai failli abandonner ce roman plusieurs fois. Je ne voyais pas du tout où l'auteur voulait en venir, et les différents points de vue brouillaient encore davantage la chose.
Quant aux personnages, ils m'ont paru beaucoup trop loin de moi pour vraiment me toucher pendant toute la première partie du livre. Je les ai trouvés intrigants, mais trop repliés sur eux mêmes pour que je m'y attache. Par la suite, je me suis mise à aimer Mado, ainsi que l'Indien. Le dernier paragraphe du livre m'a bouleversée, je l'ai trouvé superbe.
Mais même après la première partie, il y a vraiment des passages où ce livre m'a pesé. En fait, j'ai aimé l'histoire que Dominique Mainard raconte. Les thèmes abordés (je ne peux pas les citer pour ne pas trahir l'histoire) le sont de façon originale. Vraiment, il y a d'excellentes choses dans ce roman, et je pense qu'il plaira énormément à beaucoup de gens. Mais c'est vraiment très lourd par moments.

" A nouveau, elle lisse ses cheveux, parfois aussi sa robe, comme si elle s'éveillait, ou se retrouvait là sans savoir comment elle y est arrivée. Un jour, il l'entend rire toute seule, un curieux rire triste et fatigué, mais ce rire lui fait plus mal que tout le reste : c'est un rire plus inconsolable que des pleurs. " (page 109)

Les avis très enthousiastes de Gambadou et de Sylire, et l'avis de Solenn (qui a été déçue).