2253061433Édition Le Livre de Poche ; 126 pages.
3,50 euros.

Lettre "Z" Challenge ABC 2007 :

" Au soir de sa vie, un vieux professeur se souvient de l'aventure qui, plus que les honneurs et la réussite de sa carrière, a marqué sa vie. A dix-neuf ans, il a été fascine par la personnalité d'un de ses professeurs ; l'admiration et la recherche inconsciente d'un Père font alors naître en lui un sentiment mêlé d'idolâtrie, de soumission et d'un amour presque morbide. Freud a salué la finesse et la vérité avec laquelle l'auteur d'Amok et du Joueur d'Echecs restituait le trouble d'une passion et le malaise qu'elle engendre chez celui qui en est l'objet. Paru en 1927, ce récit bref et profond connut un succès fulgurant, en raison de la nouveauté audacieuse du sujet. Il demeure assurément l'un des chefs-d'œuvres du grand écrivain autrichien. "

Encore un très bon moment avec ce roman de Stefan Zweig. Ce livre fait tellement appel aux sentiments qu'il est difficile d'en parler.
Malgré un monologue presque continu, l'auteur parvient à captiver son lecteur. Tout au long du livre il y a une ambiance tendue à l'extrême, entre le lecteur et les personnages, entre le professeur et son élève (Roland), entre le professeur et sa femme, et entre la femme du professeur et l'élève. Très rapidement, je me suis doutée que le gouffre silencieux qui séparait les deux personnages principaux et qui faisait souffrir le jeune Roland, cachait un secret terrible (à l'époque de rédaction du livre). Le dénouement délivre autant qu'il est douloureux. Alors qu'il semblait être en position de force, avoir anéanti son élève, le professeur s'effondre. Mais là encore, bien qu'il parte, l'élève ne pourra jamais plus tenter d'ignorer ce qui s'est passé. C'est avec un sentiment d'amour mêlé de peur et de dégoût, toujours aussi fort, que Roland a vécu. Ce récit est pour lui un hommage autant qu'une confession.
Encore une fois, Stefan Zweig explore une zone qu'il maîtrise à merveille, la zone entre la passion et la folie humaine.

Autre titre que j'ai prévu de lire : Vingt-quatre heures dans la vie d'une femme, que je confonds tout le temps avec la nouvelle Lettre d'une inconnue que j'avais adorée.

Les avis de Papillon et de Lisa.