lilly et ses livres

Un blog pour y décrire les livres que j'ai aimés, et que je désire partager avec les mordus de lecture ... mais aussi ceux qui m'ont déçue, et sur lesquels je serais ravie d'échanger mon point de vue. Les billets, notamment dans la catégorie jeunesse, qui

18 janvier 2007

Virginia Woolf ; Nigel Nicolson

2762123747Édition Fides ; 227 pages.
15 euros.

" La vie de Virginia Woolf, membre du cercle avant-gardiste de Bloomsbury, ne laisse pas d'intriguer. Nigel Nicolson, le fils des écrivains Harold Nicolson et Vita Sackville-West l'une des plus proches amies de Virginia Woolf, puise dans ses propres souvenirs pour raconter l'histoire de Virginia. Il livre ainsi un saisissant portrait de l'une des femmes les plus remarquables de l'histoire. Nicolson évoque son enfance avec Virginia, depuis ses promenades autour de la propriété ancestrale au moment où elle ébauchait Orlando jusqu'à la création des célèbres Mrs. Dalloway et Vers le phare. Cet ouvrage explore notamment les positions de Virginia Woolf sur le féminisme et la nature de la guerre, et révèle la profonde admiration de l'auteur pour cet incomparable écrivain. "

Il y a des écrivains qui ne peuvent laisser de glace. Leurs livres sont indissociables de leur personnalité. Virginia Woolf est de ceux là. Elle intrigue, fait couler beaucoup d'encre. Je la considère comme un être extraordinaire depuis plusieurs années déjà. Ses livres m'envoûtent autant qu'ils m'inquiètent tellement le questionnement qu'ils provoquent en moi est important. Lorsqu'on lit un roman de Virginia Woolf, il est difficile de ne pas s'apercevoir que c'est un personnage aussi complexe que tourmenté qui l'a écrit. "Rien n'est vraiment arrivé avant qu'on ne l'ait couché sur le papier" a t-elle dit à Nigel Nicolson, l'auteur de cette biographie, alors qu'il était encore un enfant. Virginia Woolf, elle, a écrit sa vie, a rendu les événements réels. Ses tourments, ses interrogations, ses souffrances aussi, elle les a couchées sur le papier. Étrangement, malgré toutes ces confessions, elle donne l'image d'un personnage extrêmement mystérieux.

Cette biographie se lit avec une extrême facilité. Son auteur a connu Virginia Woolf, et l'on sent non seulement son admiration mais aussi son affection pour l'écrivain. Pourtant, il essaie d'être le plus objectif possible. Virginia Woolf est dépeinte comme une personne souvent cassante, méchante parfois, et peu tolérante sur certains sujets. Nigel Nicolson nous parle de son côté xénophobe, et même s'il le tempère, cela démontre que V. Woolf n'était pas toujours une femme très en avance sur son temps. Il nous la décrit également comme une femme au caractère entier, aussi arrogante que peu sûre d'elle, qui savait aimer et défendre les êtres qui lui étaient chers autant qu'elle pouvait en blesser d'autres.
Après cette lecture, j'éprouve une drôle de sensation. J'ai énormément apprécié, et pourtant je ne me trouve pas beaucoup plus avancée. J'ai appris beaucoup de choses sur l'entourage de Virginia Woolf, sur les événements de sa vie. Mais c'est dans sa tête que j'aurais aimé aller. Ou peut-être pas finalement. Parce qu'elle semble avoir été tellement tourmentée que pour la comprendre, il faudrait que je vive la même chose qu'elle. Cette femme a eu une vie passionnante, une personnalité très affirmée. Pourtant, en 1941, Virginia Woolf, qui avait déjà fait plusieurs crises de folie et plusieurs tentatives de suicide, met fin à ses jours. Ce qui achève de prouver son mal de vivre.
Cette biographie m'a beaucoup touchée. Léonard Woolf apparaît vraiment comme un personnage d'une qualité extraordinaire. Nigel Nicolson a mis une part de lui même dans ce livre. Il ne nous parle pas seulement de Virginia Woolf. Sa mère est très présente, et on sent que Nigel Nicolson est très fière d'elle. Ce livre n'est pas vraiment une biographie. C'est surtout un hommage à Virginia Woolf, mais aussi à tous les gens qu'elle a connus, surtout ceux que Nigel Nicolson a aimé également. Et c'est sans doute cette subjectivité qui fait que c'est très plaisant.

" Invaincue, incapable de demander grâce,
c'est contre toi que je m'élance, ô mort. "
(page 227)

Posté par lillounette à 09:40 - A propos d'auteurs - Commentaires [11] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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