2070522873Edition Folio Junior ; 76 pages.
2 euros.

" Pour les 12 ans de l'Infante d'Espagne, un somptueux divertissement a été organisé avant le goûter d'anniversaire. Corrida, marionnettes, prestidigitateur, tous les numéros sont réussis...mais celui qui remporte le plus grand succès est celui du nain monstrueusement disgracieux, qui fait beaucoup rire les enfants. La pauvre créature ne connaît pas sa laideur, et croit à la sincérité de la princesse qui lui offre une rose blanche. "

Le premier conte de ce livre est vraiment triste, et nous rappelle combien les enfants mais aussi les adultes peuvent être cruels. Le nain de cette histoire débute sa journée dans l'insouciance, ignorant pourquoi son père l'a vendu la veille, et inconscient de sa laideur. Ce petit garçon croit le temps d'un rêve que l'Infante lui lance une sublime rose blanche comme gage de son coeur. Mais ceci n'est que pure coquetterie. Et quand l'Infante apprend pourquoi le nain a le coeur brisé, elle n'éprouve aucune pitié, et son insouciance est d'une immense cruauté.
Oscar Wilde nous fait éprouver de la tendresse pour ce petit garçon, insulté par les fleurs pour qui seule l'apparence compte, notamment les roses qui n'hésiteront pas à user leurs épines contre lui s'il ose les approcher. Mais ces roses malveillantes, ces fleurs qui parlent dans le dos du nain, c'est parfois nous, lorsque nous nous laissons aller à nos préjugés et à notre méchanceté. Lui, le nain, il les aime ces fleurs, d'ailleurs il n'arrête pas d'embrasser la rose blanche que l'Infante lui a offerte. Même si elle refuse de lui parler. Il voudrait simplement qu'elles l'aiment aussi. Parce qu'il n'est qu'un petit garçon après tout.

L'Enfant de l'Etoile est beaucoup plus amusante. Un jour que deux bûcherons rentrent d'une journée de travail particulièrement rude, ils voient une étoile s'écraser un peu plus loin. Pensant trouver un trésor, ils accourent. A leur grande surprise, ils découvrent un bébé enveloppé dans un drap d'étoiles. L'un des deux refuse de le laisser dans la neige, et le ramène chez lui où il parvient à convaincre sa femme de l'élever malgré leur pauvreté. En grandissant, l'Enfant de l'Etoile devient particulièrement beau, mais aussi terriblement orgueilleux et cruel.
Un jour, une mendiante aux pieds meurtris et au ventre affamé s'arrête dans le village pour se reposer un peu. L'Enfant de l'Etoile s'apprête à lui jeter des pierres quand le bûcheron qui l'a recueilli intervient. La mendiante confie alors à ce dernier être la mère de cet être détestable. Lorsqu'il l'apprend, l'Enfant de l'Etoile se sent humilié, et la chasse. C'est alors qu'il se transforme en un être hideux que tout le monde méprise. Meurtri par les remords, il part à la recherche de sa mère, et subit trois ans durant les humiliations de ceux qui croisent son chemin, qui refusent de le renseigner et de l'aider.

Je sais, j'ai dit que c'était amusant. En fait, ça l'est. Parce qu'un jour, l'Enfant de l'Etoile rencontre un petit lièvre qui va changer sa vie. Et tout est bien qui finit bien ? Presque... Parce que ce cher Oscar Wilde n'a pu s'empêcher de faire une petite farce pour conclure son conte. Mais ce cynisme est tellement fin que je n'ai pas pu m'empêcher de trouver cela très drôle.

Ces deux contes reprennent des éléments du merveilleux, ce qui est extrêmement plaisant. Ceci ajouté à l'humour noir d'Oscar Wilde, qui n'a pas son pareil dans ce domaine. Pas aussi drôle et plaisant que Le fantôme de Canterville, mais vraiment sympa si vous voulez approfondir votre connaissance de cet auteur.