2742740295Edition Actes Sud ; 179 pages.
15 euros.

" La petite enfance de Michel Tremblay contient en germe la sensibilité et l'émotivité si vives de l'œuvre à venir. Quand il ouvre le tiroir de ce paradis perdu, les trésors qu'il y découvre sont plus vivants que jamais, plus savoureux parce que plus de cinquante ans ont passé, qui les ont affinés en vibrants récits. C'était l'époque où la magie du père Noël opérait encore et où les gentils mensonges des adultes tenaient lieu de vérités : ceux de son frère Jacques et de sa marraine Robertine, ceux de son oncle Josaphat et de sa grand-mère Tremblay, mais surtout ceux de sa mère Nana, qui mêle bonne et mauvaise foi avec un égal bonheur et dont le rire sonore fuse à travers tout l'univers de l'écrivain. "

Toujours sur le conseil d'Allie, j'ai ouvert ce nouveau livre de Michel Tremblay. Le début m'a fait craindre une grave désillusion alors que La nuit des princes charmants m'avait vraiment enthousiasmée. Et puis, dès la seconde nouvelle, je suis entrée dans les souvenirs de ce petit garçon qui se débat lorsque son père, qui le tient dans ses bras pour la première fois depuis des années, décide de l'emmener dehors en plein orage. Pour admirer le ciel, blotti contre lui. Ce recueil de souvenirs est drôle, touchant. On peut facilement se moquer de la famille Tremblay, un peu ridicule, mais qui ressemble finalement un peu à la nôtre. Même si, pour la plupart, nous ne vivons pas avec notre grand-mère, notre tante, nos oncles et nos cousins, ce qui réduit considérablement le nombre d'occasions de se chipoter...
Certes, Michel Tremblay se moque un peu dans ce livre, de sa famille, de lui même. Mais  chaque histoire dévoile un amour profond pour ceux qui en sont les acteurs. Car c'est beaucoup par amour pour sa "moman" que le petit Michel accepte de porter des souliers affreux et trop petits le jour de sa première communion. Et c'est également par amour que la "moman" donne à son fils de quoi acheter "dix petits chinois", ou plutôt leurs "âmes". Même si cela lui coûte le prix d'un "festin pour douze personnes", elle refuse que son petit garçon soit la cible de moqueries.
Nos parents sont souvent maladroits, comme nous, mais ils ne nous blessent pas volontairement. J'ai été triste pour Michel le soir de Noël, quand il reçoit un ours en peluche à la place de la poupée dont il rêvait depuis des mois. Parce qu'un petit garçon, ça ne joue pas à la poupée pensent les adultes. Heureusement que Papa est là et réconcilie son garçon avec le teddy bear, pour ne pas l'empêcher d'être un enfant.