24 novembre 2006

Le joueur d'échecs ; Stefan Zweig

2253057843

Edition Le Livre de Poche ; 94 pages.
2,75 euros.

"Prisonnier des nazis, Monsieur B., en dérobant un manuel d'échecs, a pu, à travers ce qui est devenu littéralement une folle passion, découvrir le moyen d'échapper à ses bourreaux. Libéré, il se retrouve plus tard sur un bateau où il est amené à disputer une ultime partie contre le champion Czentovic. Une partie à la fois envoûtante et dérisoire... Quand ce texte paraît à Stockholm en 1943, Stefan Zweig, désespéré par la montée et les victoires du nazisme, s'est donné la mort l'année précédente au Brésil, en compagnie de sa femme. La catastrophe des années quarante lui apparaissait comme la négation de tout son travail d'homme et d'écrivain. Le joueur d'échecs est une confession à peine déguisée de cette désespérance."

La première fois que j'ai lu ce livre, je devais avoir quatorze ans, et j'ai été bouleversée. Il n'y a pas de violence physique dans ce livre, ce qui le différencie de presque tout ce qui a été écrit sur le nazisme. Et pourtant, on est peut-être davantage choqué par Le joueur d'échecs que par tout le reste. Parce que Zweig, avec ce livre, va au plus profond, au plus noir de la nature humaine. Celle-ci n'a aucune limite lorsqu'il s'agit de faire du mal. L'histoire débute sur un bateau, où se trouve un champion d'échecs, ce qui oriente les activités des passagers vers ce jeu. A un moment, un homme intervient. Il joue extrêmement bien aux échecs, pour une raison que Stefan Zweig se met à nous exposer. Après l'arrivée des nazis au pouvoir, cet homme a été arrêté. Il est simplement enfermé dans une pièce, sans même recevoir de coups. Pourtant, la torture psychologique qu'il subit est insoutenable, et va peu à peu le rendre fou. Il n'a absolument rien à faire de son temps, ses seuls contacts avec l'extérieur sont les interrogatoires auxquels il est soumis. Un jour, il parvient à dérober un livre. Quand il s'aperçoit qu'il s'agit d'un manuel sur les échecs, il est déçu, mais doit s'en contenter. Mais ce qu'il avait trouvé comme échappatoire va être un moyen encore plus fort de le torturer.
Quand Stefan Zweig a écrit ce livre, la Deuxième Guerre mondiale n'était pas encore finie, elle atteignait même le sommet de l'horreur. Ceci est peut-être la raison pour laquelle le personnage de son histoire s'en sort. Imaginer la barbarie nazie avec seulement des intuitions, c'est impossible même pour un génie comme Zweig. Ou alors, il a quand même voulu laisser un espoir à l'Humanité, même si lui-même a laissé tomber.

Posté par lillounette à 17:07 - - Commentaires [21] - Permalien [#]


Commentaires sur Le joueur d'échecs ; Stefan Zweig

    Zweig est un auteur très talenteux, il décrit très bien les sentiments et les émotions. Je vous conseille "AMOK", des nouvelles.

    Posté par valie, 02 février 2008 à 21:00 | | Répondre
  • Je l'ai lu il y a quelques mois après m'être mis aux échecs. Effectivement c'est un livre touchant. L'histoire est originale, le jeu d'échec est formidablement bien mis en avant et au centre d'une histoire très belle. Bon livre en effet !

    Posté par Antoine, 07 octobre 2008 à 20:22 | | Répondre
  • En tant que joueur, on doit encore mieux cerner l'histoire j'imagine.

    Posté par Lilly, 08 octobre 2008 à 12:38 | | Répondre
  • Ca fait longtemps qu'il est sur ma liste et je ne passe pas le pas. Je le remet en tête des livres à lire.

    Posté par gambadou, 24 novembre 2006 à 18:43 | | Répondre
  • Indispensable ce livre... comme tous ceux de Zweig d'ailleurs . As-tu assisté à une représentation de la version de ce roman adaptée pour le théâtre ? Je serais curieux de savoir ce que cela peut donner...

    Posté par InColdBlog, 24 novembre 2006 à 20:48 | | Répondre
  • Je ne connais pas Zweig en temps qu'auteur, mais avec ce titre je vais me lancer.....

    Posté par patch, 24 novembre 2006 à 21:57 | | Répondre
  • Gambadou et Patch : C'est un indispensable ! En plus, c'est très court, alors vous n'avez aucune excuse ;D

    InColdBlog : Je ne savais pas qu'il existait des représentations théâtrales, mais effectivement, ça pourrait donner quelque chose de pas mal...

    Posté par Lilly, 24 novembre 2006 à 22:00 | | Répondre
  • C'est l'un des romans de Zweig que je préfère. Mes 3èmes sont en train d'ailleurs de le lire et ils aiment beaucoup aussi... Un livre à la portée de tous car chacun peut trouver une interprétation à son niveau.

    Au plaisir de te relire

    Posté par Anne-Sophie, 24 novembre 2006 à 22:21 | | Répondre
  • C'est un livre qui m'avait marqué par son histoire captivante de cet homme privé de contact qui pour survivre sombre dans la folie du jeu.

    Posté par Florinette, 24 novembre 2006 à 23:24 | | Répondre
  • Au risque de déplaire à mes compatriotes, on ne nous faisait pas lire beaucoup de livres à l'école dans ma jeunesse. Dommage, parce qu'il est clair que nous sommes passés à côté de quelque chose! J'essaie de me reprendre un peu, mais la retraite est encore loin... 94 pages c'est pas très long entre 2 chapitres d'un autre livre... :-p

    Posté par Jules, 25 novembre 2006 à 01:28 | | Répondre
  • Ce livre fait partie de lectures obligatoires en première, et quand on dit obligatoires, même pour la littéraire que j'étais, je ne lisais pas... oualors je commençais sans jamais le terminer!

    Posté par Jo Ann, 25 novembre 2006 à 01:50 | | Répondre
  • Anne-Sophie : moi aussi; c'est ma prof de français qui m'a fait découvrir ce livre en troisième, et qui nous l'avait bien expliqué. Je la remercie.

    Florinette : Je crois que l'on ne peut pas ne pas rester insensible à ce livre...

    Jules et Jo Ann : Au boulot ! ;D

    Posté par Lilly, 25 novembre 2006 à 08:56 | | Répondre
  • Mon roman préféré de Stefan Sweig reste "La confusion des sentiments", mais tout est relatif: toute sa bibliographie est un régal!

    Posté par Anne, 25 novembre 2006 à 15:43 | | Répondre
  • Je ne connais pas beaucoup Zweig, je n'ai lu que deux livres de lui, mais je ne pense pas en rester là ;D

    Posté par Lilly, 25 novembre 2006 à 17:22 | | Répondre
  • Je n'ai pas lu ce livre, ni rien de Stefan Zweig, d'ailleurs mais j'ai vu une adaptation au théâtre de ce roman et c'était vraiment très bien et passionnant.

    Posté par clarinette, 25 novembre 2006 à 19:14 | | Répondre
  • Voilà une réponse à la question d'InColdBlog ! Je vais me renseigner sur les représentations disponibles...

    Posté par Lilly, 25 novembre 2006 à 22:27 | | Répondre
  • J'ai beaucoup aimé ce livre, même si comme Anne, c'est "La confusion des sentiments" qui m'a le plus marqué parmi ce que j'ai pu lire de Zweig.
    (par contre, j'ai un peu calé sur "Marie-Antoinette", que je n'ai toujours pas fini)
    Je suis intéressée par les représentations si tu en trouves

    Posté par Marie, 26 novembre 2006 à 18:29 | | Répondre
  • Je vais noter "La confusion des sentiments", gare à vous si ce n'est pas bien... ;D Je te dis si je trouve des représentations.

    Posté par Lilly, 26 novembre 2006 à 18:45 | | Répondre
  • Merci

    Posté par Marie, 26 novembre 2006 à 20:14 | | Répondre
  • Ce livre est à coup sûr un p'tit bijou, je l'ai lu récemment et j'ai divinement adoré !!!! A lire ... !!!!

    Posté par nath, 14 mai 2007 à 11:34 | | Répondre
  • Nath : je suis bien de ton avis

    Posté par Lilly, 15 mai 2007 à 16:08 | | Répondre
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