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Edition 10/18 ; 253 pages.

"Monteriano - Radieuse Toscane -STOP - Lilia fiancée dans noblesse Italienne - STOP - Lettre suit -STOP-" Ni duc, ni comte, le beau Gino épousera Lilia, la jeune veuve anglaise, précipitant l'étonnante rencontre du conservatisme glacé du nord et de l'insouciante beauté du Sud. Avec une tenue toute britannique, Forster nous livre là l'égal de Route des Indes en Italie: la sombre et somptueuse tresse de la passion, du puritanisme anglais et de la mort qui se dénouera violemment un soir d'orage sous le ciel mauve de Monteriano."

Il est possible de comprendre quelque chose, sans pourtant être capable de l'accepter. C'est ce qui arrive à Philippe, amoureux inconditionnel de l'Italie, qui refuse pourtant, au nom des bonnes manières, de laisser sa belle-soeur épouser un Italien. Car si ce pays est bon pour l'âme grâce à son art, ses collines, sa chaleur humaine, ses habitants n'en sont pas moins des personnes qui possèdent des manières incompatibles avec la bonne société anglaise.

Lilia, lassée d'être manipulée par sa belle-famille, fera ce mariage d'amour. Cependant, si E.M. Forster a eu parfois tendance à encourager (sous peine de sacrifices énormes cependant) ses héros qui bravent les conventions, Lilia elle, le paiera très cher.

Dans ce livre, on se laisse entraîner comme dans un rêve. Monteriano semble être l'endroit le plus beau du monde, bien loin de la froideur de Sawston, d'où viennent les Anglais de ce roman. Dès lors, on n'a de cesse d'être partagé entre la conviction que l'Italie est un pays de "barbares", et l'illusion que c'est le lieu où tout est possible, où l'on peut tout surmonter, même les plus grands malheurs. C'est une étude sur la différence de mentalités entre les deux pays que nous livre Forster. Nous pouvons sentir à la fois la fascination et l'incompréhension qu'il éprouve pour l'Italie. Forster n'a jamais cessé d'analyser, sans restrictions, la société à laquelle il appartient. Mais comme souvent lorsque l'on déteste le monde dans lequel on vit, on y est si bien intégré qu'il est impossible de ne pas y adhérer, en partie du moins.

C'est le livre le plus dur de Forster que j'ai lu pour l'instant, car la société anglaise se charge de détruire tout ce que Lilia a voulu construire en dehors de ses valeurs ; l'amour, le bonheur, et même la vie. Toutes les traces de ses "méfaits" et de son existence sont donc effacées, pour ne pas tenter les éventuel(le)s candidats à ce que les conventions condamnent. Si bien que les autres personnages n'ont plus qu'à se blâmer de ne pas avoir que de "saines" pensées.

On peut noter que certains passages de Monteriano   furent repris par James Ivory, pour la réalisation de A Room with a view  (Avec vue sur l'Arno), de manière très subtile. J'en reparlerai dans un prochain post.

" - Vous ne connaîtrez le pays qu'en sortant des pistes battues, ne l'oubliez jamais. Visitez les petites villes - Gubbio, Pienza, Cortona, San Gimignano, Monteriano. Et surtout, je vous en supplie, laissez aux touristes cet affreux préjugé que l'Italie est un musée d'antiquités et d'oeuvres d'art. Aimez les Italiens, comprenez-les : car les gens là-bas sont plus merveilleux que leur terre. "